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Michel Onfray contre le reste du monde

Ce doit être épuisant de vivre parmi les imbéciles. C’est pour cela qu’il faut être clément avec Michel Onfray. Il faut songer à sa souffrance quotidienne, à sa vie de tous les jours. Rendons-nous compte du calvaire perpétuel de ce Sisyphe moderne Chaque matin, il se lève et allume la radio : des sots y débitent des niaiseries. Il se prépare un café et ouvre le journal du jour : des journalistes incultes (tautologie ?) rapportent - en les déformants - les propos de politiciens véreux (tautologie ?), quand ils ne colportent tout simplement pas ces ragots faciles qui font la joie des ménagères décérébrées (tautologie ?).

Un peu plus tard, il ouvre son courrier. Des abrutis lui ont écrit pour lui dire qu’ils ne pensaient pas comme lui. Quelle bande de cloportes ! Quelle bande de mammifères. Ces gens là vivent comme des légumes, persuadés que leur tête ne leur sert qu’à porter un chapeau et ils osent lui faire la leçon à lui, LE philosophe ! L’humanité est désespérante.

Midi arrive et Michel commence à avoir faim. Attention, pas d’impair ! LE philosophe ne mange pas n’importe quoi comme tous ces zombis qui ne font pas la différence entre un cheeseburger et une blanquette de veau ! Passons donc à la cuisine où, il va sans dire, madame Onfray n’a pas sa place (la bouffe est une affaire trop sérieuse pour la confier à une femme !)

L’après midi vient et Michel prend sa plume. On va les mater tous ces cons ! se dit-il en se lançant dans de lyriques invectives contre tous ces sots qui s’acharnent à vivre et à penser autrement que lui. Faut-il en avoir une couche aussi pour ne pas être onfraysien ! Merde à la fin, il faut juste que tout le monde jouisse pleinement sans gêner les autres : jouir de la vie sans entraves, ce n’est quand même pas compliqué comme programme ! Il faut vraiment être obtus pour ne pas comprendre cela !

C’est bien ça le problème : le monde est peuplé d’esprits obtus et l’auguste penseur, lui qui a si bien compris le sens du Grand Tout, lui dont le regard pénétrant a tout saisi de la complexité du monde, se sent soudain envahi par une incompressible lassitude ! A quoi bon penser si juste pour une humanité si niaise !

Pauvre Michel ! Quand je pense que certains méchants s’en prennent à toi presque tous les jours pour critiquer les imprécisions de ta pensée, ton manque de rigueur intellectuelle, ta violence haineuse, la faiblesse de tes argumentations… S’ils savaient à quel point tu es seul, perdu sur cette terre malsaine, semblable à l’albatros de Baudelaire :

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Tes ailes de géant t'empêchent de marcher…

Mais le philosophe est courageux, peu lui importe les résistances, les critiques et autres peaux de bananes jetées sous ses pas pour le faire trébucher. Le menton décidé, le regard brillant d’espoir, les cheveux au vent, Michel le Magnifique continue à aller droit devant lui, bousculant tout sur son passage, tel un terrible Gengis Khan de la pensée. Tant pis pour les ânes, les rustres, les handicapés de la pensée et autres culs bénis, vendeurs d’arrières mondes, peines à jouir ! On ne transige pas avec la Vérité !

Ainsi va Michel, seul… contre le reste du monde !
Ecrit par stephane, à 21:15 dans la rubrique "Culture".

Commentaires :

  Anonyme
04-10-05
à 22:59

Ah Onfray... ça faisait longtemps.

J'ai lu plusieurs fois la lettre aux gardiens du temple en me posant une seule question : un anarchiste peut-il vraiment parler ainsi des anarchistes (et de tous les anarchistes car personne n'échappe à ses sermons et sentences). Je suis arrivé à la conclusion que non. C'est de quelque importance dans la mesure ou aux yeux du bon peuple de France Onfray est l'anarchisme.

Dans la petite polémique récente entre lui et le bien pire houellebecq la seule chose qui me soit venue à l'esprit est qu'ils sont l'un et l'autre les purs produits d'une époque, houellebecq dans une médiocrité semi consciente (je crois) et Onfray dans une érudition futile. Vaneigem est passé un peu à coté du gâteau, un peu par fainéantise, beaucoup car tous les situs l'attendaient au tournant, et Onfray a bien investi le créneau, mais est-ce que, oublions la littérature, la révolution onfraiste n'est pas finalement plus massivement servie par T.Ardisson et individus similaires ?

Je me souviens que dans sa lettre aux gardiens Onfray utilisait même un de ses arguments favoris, la jalousie - il n'aime vraiment pas qu'on le critique - dont le moins médiatique Bouveresse disait quelque part, mais pas à propos d'Onfray son accablement de le voir employé si souvent, et plus seulement dans les bars PMU.

Et puis bon, parlons concret : il est anarchiste Onfray ? Très bien, alors maintenant que la gloire est définitivement acquise et les comptes définitivement garnis, et que par conséquent son hédonisme (j'ai rarement vu des hédonistes-et j'en ai connu quelques-uns - avec des tronches d'enterrement pareilles mais c'est une autre question) futur est assuré, et bien qu'il fasse au moins ce que font tant, presque tous d'ailleurs, de gens en pareil cas : qu'il file du piston. A qui ? Aux anarchistes. Il y a plein d'anarchistes qui écrivent des bouquins passionnants -et pas seulement au rayon épanouissement "individuel" - et dont personne ne parle jamais nulle part. Allez Onfray l'anar, à toi de jouer. Et si c'est trop demander et bien qu'il fasse simplement acte de présence pour la cause. Comme il n'aime personne il n'a qu'à aider toutes les orgas en suivant. Un débat chez l'une, une danse chez l'autre, une séances de dédicaces pour la troisième, enfin j'en sais rien moi, quelque chose quoi.

J'ai mal démarré mais le final manque vraiment de classe. Pardon.


Félix
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
05-10-05
à 17:26

Re:


Je ne crois pas qu'Onfray se définisse vraiment comme anarchiste. Bon écrivain oui, anarchiste faut voir, ça dépend ce qu'on met derrière ce mot. Il y a le texte de Guillon sur Onfray qui est pas mal.
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  Anonyme
05-10-05
à 21:05

La logique du pire

Encore qu'entre lire du Guillon et lire du Onfray, finalement...
Répondre à ce commentaire

  rdj
06-10-05
à 00:05

Onfray n'a jamais eu de prétention politique.Comme tout le monde, il subit une avalanche médiatique sans grand  intérêt sinon de contribuer à l'abrutissement général (retour  tout azimuth des réligions, importance des fringues, gadgets etc..). A un moment donné, on finit par "avoir les glandes". Cela  a permis  à Onfray d'écrire des bouquins qui se vendent bien et lui assurent une vie facile et une future retraite sans problème.
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  Anonyme
06-10-05
à 09:09

Re:

Ca peut aussi créer des "ponts" pour les non-initiés à la culture philosophique libertaire. Des lecteurs qui, grâce à cela, pourront cheminer et peut-être devenir très critique à l'égard de Michel Onfray.
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
06-10-05
à 09:36

Re: Re:



Dire qu'Onfray n'a pas de prétention politique, oui dans le sens ou il ne se présente pas aux présidentielles.

 

Entre lire Onfray et lire Guillon ? Comme marchandise, produit de consommation ? C'est une défense d'Onfray curieuse, les chaussures Onfray seraient plus agréables au pied que les chaussures Guillon ? A ce moment là on peut dire aussi que Jean d'Ormesson est plus plaisant que Malatesta.

 

Onfray se fait du blé sur les modes, il a raison. Ca aussi c'est une défense curieuse, en harmonie avec l'époque, mais singulière sur un site comme l'en dehors.

 

 

Mais précisément, cette mode ci nous intéresse dans la mesure ou c'est la mode libertin-libertaire-anar.

 

Voici ce qu'Onfray dit des anarchistes :

 

http://biblionline.site.voila.fr/reserve_4/aux_gardiens_du_temple_anarchiste.doc

 

De ce texte il ressort principalement que tous les anarchistes, hormis Onfray of course, sont des cons. Intéressant aussi le fait que la bile d'Onfray coule sur les anarchistes du passé aussi.

 

On peut bien évidemment se foutre complètement de ce que dit Onfray sur l'anarchisme, et on peut se foutre aussi qu'aux yeux des français il soit l'anarchisme, puisque de l'anarchisme il ne connaissent que lui et ce qu'il en dit. Moi je préfère ne pas trop m'en foutre car cela me semble avoir certaines conséquences qui ne sont pas toutes positives, loin de là.

 

D'un autre coté on peut comprendre que le désespoir d'être sans cesse relégués dans l'obscurité pousse certains anarchistes à se réjouir de la notoriété durable d'Onfray. Il n'y a que deux anarchistes grand public au monde : Onfray et Chomsky, encore que ce dernier n'a pas tellement l'honneur des plateaux de télévision ni aux USA ni ailleurs, et bien de même qu'il est légitime, et sain, et anarchiste, de critiquer Chomsky, ne faudrait-il pas en faire autant avec Onfray ? On est tous d'accord que quelques pages d'Onfray avant de se mettre au lit c'est plus plaisant que quelques pages de Chomsky, mais c'est absolument hors sujet.

 

Onfray fait partie des références de l'en dehors, c'est en toutes lettres, mais cela ne doit pas empêcher d'être critiques à son égard. Toutes les références des anarchistes s'en prennent de temps à autres plein la gueule sur ce site, ce qui est salutaire, pourquoi Onfray ferait-il exception ? Parce qu'il est vivant ? Célèbre ? C'est vrai qu'il a été discuté ici parfois, mais pas suffisamment par rapport à l'importance objective qu'il a aujourd'hui. Onfray a un rôle politique. Lequel ?

 

 

 

 

Répondre à ce commentaire

  anonym3
06-10-05
à 12:29

Re: Re: Re:

michel-onfray : l'individualiste libertaire de gauche, proche de besançenot, pour un capitalisme libertaire, scientiste ?
l'individualiste libertaire "victor serge" l'a déjà fait, mais c'était avec les bolchéviques (et son ami trotsky).
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  stephane
06-10-05
à 13:29

Re: Re: Re:

Mais si, mais si, Onfray est bien un anarchiste. La preuve? Il correspond parfaitement à la définition qu'il donne des anarchistes : " eux seuls disposent de la vérité révélée, et le monde entier se trompe, eux seuls se comportent comme il faut, et les autres sont des collaborateurs, des opportunistes, des arrivistes, des carriéristes, des bourgeois, des salauds, des corrompus, eux seuls sont purs alors que l’humanité se vautre dans l’impureté. Le vrai, le juste, le beau, le bien d’un coté, le leur ; le faux, l’injuste, le laid, le mal de l’autre. En quoi ils s’avèrent également platoniciens, tendance gnostique."

...

Rappelons également qu'il y a quelques années de cela, alors que le fait d'être "de gauche" ou "libertaire" était moins "tendance", Onfray savait également dire tout le bien qu'il pensait du Général De Gaulle... Autre grande figure de l'anarchisme. 

 

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  Anonym3
06-10-05
à 15:29

Re: Re: Re: Re:

Il se définit bien en effet... :)

Je serais intéressé de connaitre où il aurait pu écrire du bien du GDG ?
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  stephane
06-10-05
à 16:23

Re: Re: Re: Re: Re:

Je vais essayer de te retrouver cela...
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
06-10-05
à 16:54

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Onfray sur le GDG ça m'intérésse également.  Si vous avez des citations d'Onfray sur économie de marché-capitalisme-libéralisme je suis preneur aussi

Répondre à ce commentaire

  stephane
06-10-05
à 18:30

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Dans "Le Désir d'être un volcan, Journal hédoniste" vol.1 (1996), p.120 à 129, chapitre intitulé "Trois photos du Général".

Onfray n'y tarit pas d'éloge à l'égard du Général, pour "l'homme d'action à la volonté trempée comme un glaive", pour le "visionnaire" pour la "monade rebelle", pour le "génie politique", pour le "dernier grand poète" de la politique...

A cette époque, Onfray n'avait pas encore décidé d'être un maître à penser de la gauche et c'est encore assez naïvement qu'il avouait que "la politique ne l'intéresse que lorsqu'elle est situéesur le terrain tragique" (p.120).
De l'art de picorer à tous les rateliers...
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  Anonyme
07-10-05
à 09:01

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:



Je vois ici des anarchistes qui semblent avoir des vieilles idées démodées.

 Pour ma part je ne tiens pas à être un anarchiste fossilisé et par conséquent je vais suivre les conseils d’Onfray et devenir un libertaire de l’avenir en lisant Toni Negri Bourdieu et Derrida.

Libertaires et  barricades selon Onfray :

http://culture-et-debats.over-blog.com/article-320955.html

F

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  stephane
07-10-05
à 09:17

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Je ne vois pas trop en quoi le fait de s'étonner de l'affection d'Onfray pour De Gaulle est une marque de fossilisation... M'enfin bon.

Et ca ne m'empèche pas de lire Negri, Bourdieu et Derrida...

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  Anonyme
07-10-05
à 10:07

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

J'aurais du rajouter  un :-)

Derrida et Negri c'est  compliqué pour moi, les portes de l'hédonisme libertaire me sont donc fermées, à moins que  Onfray en ait déjà fait un résumé grand public auquel cas j'ai encore une chance.

En ce moment je n'ai que 4 livres en cours, je songe à en rajouter un cinquième, et je me demande ce qu'Onfray me conseillerait.  Si j'avais l'énérgie j'irais jusqu'à Caen pour lui demander "Monsieur Onfray auriez-vous une lecture à recommander pour un jeune comme moi (avant de partir j'aurais mis un peu de teinture capillaire et du fond de tein de qualité) qui veut s'initier à la pensée libertaire".  En 96 il m'aurait répondu les mémoires du GDG mais aujourd'hui ?

    
F
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  GOOLAGG
07-10-05
à 10:15

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

ouaaahhh... merci je viens de lire "aus gardiens du temple anarchiste" de Onfray.... J'avais plutot bien aimé son Politique du rebelle, le seul bouquin de lui que j'ai lu ca fait déja quelques années. Par contre ce texte est plutot imbécile ... Ce type ne se rend meme pas compte qu'il se décrit lui-meme (il reproche aux anars le délire de persécution mais il prétend qu'on veut lui bruler ces bouquins et qu'on le voue aux goulags alors que ces bouquins sont assez bien reçus chez les anars, qu'il a meme écrit 1 ou 2 articles deans le Monde Libertaire , interviewé à Radio Libertaire.... il prétend ne pas vouloir juger mais c'est plutot raté mais son texte n'est qu'une long sentence... enfin bon). En le lisant a t'il fréquenté aux moins quelques militants anarchistes ? Il généralise comme c'est pas possible "ILS" (quoi y'a pas de nuances ? on a tous la haine de soi, culpabilisés, on fantasme tous sur l'Ouvrier (sans savoir qu'une partie des militants anars sont des ouvriers manuels, ou d'autres chomeurs, et la plupart salariés), qu'on est tous bloqué sur la sainte trinité (Proudhon-Bakounine-Kropotkine) ? ). Y'a rien de pire que de faire un long texte en généralisant ainsi. Il prétend faire le portrait de l'anarchiste mais ce n'est qu'un caricature, il y a des trucs  pertinents dans ce qu'il dit mais il ruine son propos en en restant à la caricature. Il n'est pas content car les anars ne l'ont pas porté aux nus ? on a plus l'impression d'aigreur qu'autre chose.... Et comme on est des "graines de commissiares du peuple" pourquoi a t'il pris le temps de faire un si long texte ?

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  anonym3
07-10-05
à 11:05

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

sur onfray et le capitalisme, je vais créer un article, car le texte est long et je poserais un lien ici une fois l'article mis en ligne.
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
07-10-05
à 12:27

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:


http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=24

F
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  BTR
07-10-05
à 13:57

Y'a que les morveux qui se mouchent, dit l'adage

Dans Aux gardiens du temple anarchiste, Onfray a raison comme il a sûrement rarement eu raison. Certains ici se sentent visés par le texte, il l'accueille mal. Mais sachez que des anarchistes (dont je fais partie) se retrouvent complètement sur ce texte, mais peut-être parce nous ne nous voyons pas nous-mêmes comme des gardiens du temple.

Etre ou ne pas être un gardien du temple...

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  Anonyme
07-10-05
à 20:12

Re: Y'a que les morveux qui se mouchent, dit l'adage

BTR, tu appartiens donc aux anarchistes "solaires" , la seule catégorie épargnée par Onfray.

J'ai déjà beaucoup de mal à comprendre qui sont les anarchistes dont parle Onfray, ce que je ne comprends pas du tout c'est qui sont les anarchistes solaires ? Quelles sont leur références ? Leurs filiations ? Quels sont les contemporains avec lesquels ils se sentent en harmonie de pensée? Negri , Bourdieu, Deleuze, je vois, Onfray les a mentionné, mais tu pourrais me citer d'autres noms ? Dans les vivants de préférence.

Moi aussi je suis en accord avec ce que dit Onfray dans son texte, mais seulement 20 ou 30%, alors que toi c'est 100%, donc ton opinion m'intérésse et m'intrigue.

Je met ci-dessous de larges extraits du texte d'Onfray dont tu partages entièrement les points de vue, ça peut alimenter le fil.



Onfray sur les anarchistes :

"Les critiques les plus violentes de cette option libertaire-versus politique de l’hédonisme viennent des anarchistes encartés, des militants regroupés en sections, des apparatchiks du dogme conservé plus pieusement que le Saint-Sacrement."

"En matière de procès subtils, la nébuleuse anarchiste officielle vaut le Vatican de l’Inquisition, le Kremlin de l’époque bolchevique, le Berlin des années national-socialistes ou la rubrique média des journaux de l’époque capitaliste dans laquelle nous vivons-les moyens de nuire en moins : on ne pense pas, on exécute ; on ne réfléchit pas, on condamne ; on instruit moins des dossiers avec patience et travail qu’on envoie a priori dans les geôles, avant tout examen sur texte et lecture digne de ce nom."

"Après Bakounine et Proudhon, on devrait se réjouir d’Elisée Reclus et Sébastien Faure, de Daniel Guérin ou de Louis Lecoin ? Peu excitant… Qui donc, pour aujourd’hui ? Les anarchistes répondent : rien, sinon une pléiade de noms confidentiels, tous du sérail, reproducteurs des tics universitaires, des auteurs d’articles ou de livres auto-édités, des militants exercés dans l’édification de leur chapelle accrochés aux dogmes comme à un ventre maternel impossible à quitter."

"Haine de soi, haine du monde, haine du réel et installation de l’idée, de la cause au sommet des préoccupations éthiques, métaphysiques et ontologiques, ils jouissent de se mettre au service, ils jubilent de n’être rien individuellement et de sacrifier leur existence propre pour accélérer et réaliser le jour et l’heure du salut."

"Leur moteur ? Le ressentiment et une formidable passion perverse pour le négatif, un véritable culte voué à la négativité. Leur logique ? Celle qui anime tous les individus mécontents d’eux, de leurs petites vies sans relief. Comme les chrétiens, ils transfigurent leur haine de soi en haine du monde. L’envie, la jalousie les taraude, mais plutôt que de l’avouer, ils concentrent leur mépris sur la totalité du réel qui les opprime et les confine. A la manière du renard et des raisins d’Esope, ils détestent d’autant plus qu’ils sont privés. Plus ils se découvrent interdits de jouir du monde, plus ils dirigent leur violence contre ce monde."

"En quoi ils sont encore chrétiens, en quoi ils se réduisent à une version du christianisme : dolorisme, culpabilité, incapacité à jouir et à faire jouir, volonté d’inscrire en permanence son existence sous le signe de l’expiation des péchés du monde, de la douleur des autres, de l’empathie généralisée, de la sympathie pour la créature opprimée partout ou elle souffre, ils jouissent de ne pas jouir, de se retenir, de se l’interdire. Ainsi s’assurent-ils de ne jamais jubiler et de connaître une vie entière de frustration et de haines recuites puisque toujours il restera sur terre de la douleur, de la souffrance, de l’exploitation, de la peine-car c’est malheureusement l’essence du réel."

"De sortes que les anarchistes vivent en parasites : le négatif est nécessaire à leur existence, il induit leurs thèses, leurs thèmes et leurs options. Le monde comme il va les justifie, les légitime. A la manière d’un animal agrippé puis incrusté dans l’organisme d’un autre, ils se nourrissent du sang vicié de la société, l’appellent, le nécessitent, le sollicitent. L’état d’âme qui les caractérise le mieux ? Celui du prédateur d’évènements sombres"

"Leur but ? Supprimer la négativité-pourtant consubstantielle au réel. Défendu aveuglément aujourd’hui, l’anarchisme d’hier est un optimisme, parmi les plus naïfs et les plus sommaires."

"Présomption d’imaginer sa petite vie de militant utile et nécessaire dans la perspective d’une modification du réel tout entier ! Arrogance de penser qu’une volonté singulière pourra à elle seule entraver les lois de l’espèce, de l’histoire et du monde ! "

"La morale de l’anarchiste, tout comme sa psychologie, trahit le christianisme recyclé en formules laïques et en formes politiques. Elle suppose la haine de tout ce qui est fort, grand, élégant, debout ; elle méprise la singularité, l’individualité et la puissance des exceptions ; elle vénère les figures de la négativité : la faiblesse, la petitesse, la laideur ; elle aime la mort, la crasse, le sang, la sueur, la saleté, la décomposition."

"De sorte que s’entendent encore et toujours aujourd’hui les vieilles scies militantes d’hier et d’avant-hier : cosmopolitisme des citoyens du monde, fraternité universelle, abolition des classes et des races, disparition du travail et du salariat, suppression du capitalisme, pulvérisation de toutes les aliénations, égalitarisme radical, suppression des différences, uniformité généralisée, construction d’une société naturelle d’hommes heureux de vivre ensemble, avènement de loisirs généralisés, réalité purifiée des scories haineuses et mortifères ; autant dire- s’en aperçoivent-ils ? - instauration du paradis chrétien sur terre laïque…"

"que le capitalisme social paraît défendable comme remède au capitalisme libéral et que l’alternative n’est pas capitalisme ou soviètisme ; Que les progrès de la technique contemporaine valent mieux que les regrets nostalgiques et passéistes ; voilà qui n’effleure pas l’anarchiste intégriste."

"Que disait Politique du rebelle ? Que la politique libertaire d’aujourd’hui passe par la volonté d’en finir avec l’idée préhistorique de révolution collective et prolétarienne ; qu’elle suppose l’abandon de cette croyance ridicule que la disparition de la propriété privée des moyens de production et la réalisation de l’appropriation collective desdits moyens règleraient l’ensemble des problèmes "


"Les leçons quintessenciées ? Des propositions de ré appropriation de soi par soi. A chacun d’inventer sa résistance aux micro-fascismes rencontrés par lui seul ; à chacun de promouvoir ses méthodes pour s’in soumettre et ne pas collaborer aux mouvements violents du monde, s’y soustraire et construire plutôt un hédonisme politique dans sa vie propre ; A chacun de chercher et trouver sa voie pour réaliser personnellement ce projet excitant et roboratif dans son quotidien immanent ; à chacun de créer des formes de désobéissance, d’inertie, de refus, de désertion, là où il est, dans sa situation spécifique- familiale, culturelle, intellectuelle, sociale, etc. ; à chacun de pratiquer ici et maintenant le refus de suivre autant que de guider ; à chacun de ne plus consentir aux servitudes volontaires dans lesquelles se trouvent habituellement des satisfactions sociales."

"Trop tristes, pas assez rieurs, pas assez joyeux ; trop sinistres ; trop prêtres, les gens de cette engeance sont trop soucieux de juger les autres, de les corriger, de les condamner, ils me paraissent trop pourvoyeurs de corde à pendu et de poteaux d’exécution."


"En fait, trop viscéralement ennemis des libertins diurnes, ils génèrent sur le terreau des civilisations décomposées la graine avec laquelle monte le commissaire du peuple. "
Répondre à ce commentaire

  stephane
07-10-05
à 21:03

au gardien du temple... onfraysien

Bien sûr que l'anar tendance gardien du temple tel qu'Onfray nous le dépeint existe. Et il a raison de le dénoncer. Mais de là à en faire l'archétype de l'anarchiste c'est ça qui cloche. Et c'est d'autant plus bête qu'à force d'outrer ses attaques, Onfray leur retire toute crédibilité. C'est pareil avec sa critique des chrétiens (et pourtant je ne suis pas fan de ces oiseaux là) : à force de les diaboliser il ouvre la porte à des critiques (celle d'Irène Fernandez par exemple) qui n'ont que l'embarras du choix pour le prendre en flagrant délit de mensonge, d'approximation ou d'erreur. Et c'est vrai que ça m'agace...

Répondre à ce commentaire

  Fabrice DANT
07-10-05
à 21:50

Anar-schisme

Bon, sincèrement, quand un mouvement social comme l'anarchisme n'est pas capable d'avancer les valeurs qui fédèrent ses membres de manière explicite, c'est clair qu'on finit par s'y perdre : il y a les anar individualistes, les nihilistes, les "solaires", les punks etc.
Comme tout groupe, il y a des valeurs et des principes à défendre : la liberté, l'égalité, la solidarité pour ce qui est des valeurs. Pour le principe, il est dans la racine du mot "anarchie" : la structuration d'un lien social non fondé sur la hiérarchie.
Donc, à part les anars qui passent leur temps à se contredire et s'envoyer des chicanes, la liberté est pour un anar une valeur relative à son principe anti domination. Implication à cela : pas de domination de l'Etat ou toute autre entité élitiste, pas de pouvoir inégalement réparti sur des critères de race, de sexe etc.
Promouvoir une liberté relative à une structuration du lien social sans hiérarchie, c'est promouvoir l'égalité. Il n'y a donc pas de contradiction, pas de non sens, pas de nihilisme dans l'anarchie. Le tout est de savoir si c'est applicable et de ne pas utiliser de moyens contradictoires aux buts (du style "dictature du prolétariat").
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
08-10-05
à 12:22

Re: Anar-schisme

Et puis il déconne vraiment notre libertaire hédoniste : il est tout faché parce que les libertaires lui ont envoyé des lettres  et écrit quelques rares articles sans le couvrir d'éloges. Le pauvre, si les anarchistes étaient vraiment aussi méchants qu'il le dit les critiques seraient nettement plus sévères et régulières.

En fait le libertaire Onfray sait pertinament qu'il est une cible facile pour la critique anarchiste, et comme l'anarchisme c'est son fond de commerce........   

Hein ? Il cogne meme sur Reclus ? Y manque pas de culot. Entre  Reclus et le """libertaire""" Onfray, mon choix est vite fait. Le  prof d'hédonisme à la gueule d'enterrement il devrait regarder de plus près les CV des gens dont il parle et les comparer au sien avant de s'élancer.  

Quand l'anarchiste Onfray aura fait le centième de ce qu'a fait Bakounine...... the poules will have des dents   

Et Louis Lecoin quoi ? Qu'est-ce qu'il a Louis Lecoin qui plait pas à Onfray ?

Merçi à l'anonyme qui compile sur Onfray et capitalisme.

Ca pourrait etre utile aussi de rassembler les propos de l'anarchiste Onfray sur l'anarchisme.

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  Anonyme
08-10-05
à 13:33

Re: Anar-schisme

Promouvoir une liberté relative à une structuration du lien social sans hiérarchie, c'est promouvoir l'*autonomie*.

L'egalité n'est pas un concept des individualistes, ni mêmes des communistes, tout au plus des collectivistes.
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
08-10-05
à 14:04

L'ANAR' CHIE SUR LE TRÔNE ou Michel et Moi

Fabrice Onfray ou Michel Dant, je ne sais pas à qui je m'adresserai, mais je vais le faire... parce que j'ai envie.

Calmement et à dessein d'être clairement compris, je vais m'exprimer, affablement même... j'espère...

L'anarchisme, contrairement à d'autres "mouvement", n'est pas définissable d'en haut, se reflète sur les lunettes opaques du sociologue, mais  son spectre reste diffus.

L'anarchisme, depuis longtemps, n'est plus un, unique, indivisible et propriétaire de quoi que ce soit ; depuis les origines qui servent de repère (1er congrès de l'AIT et quelques réunions de la même période) ; l'anarchisme se caractérise par sa diversité, ses schismes (faut bien respirer, non ??), ses conflits internes (y a d'la vie, ça bouge, tant mieux) et sa foultitude de tendances ; pas très commode à saisir pour l'esprit aplati de quelqu'un qui doit tout ramener à la norme ( par exemple les flics qui cherchent les chefs anarchistes ou les trotskystes qui chercheront encore et toujours à dénoncer tel ou tel dogme anarchiste, et bien sûr le chercheur ou l'étudiante qui doit faire rentrer "le mouvement" dans son travail "scientifique"...)

Les anarchistes... c'est quoi ? C'est les autres. Ce n'est pas unE ou l'autres, c'est les unEs et les autres.

Pourquoi vouloir faire correspondre unE punk avec unE ancienNE d'espagne ? l'individualiste à la suffisance Michel Onfray ? Quelles affinités entre unE cyberveganqueer et un vieux poilu IWW ? pourquoi vouloir, telle des poupées que l'enfant marie dans ses jeux, demander à des gens, qui n'ont peut être qu'une étiquette en commun,  de se tenir par la main pour faire joli, pour comprendre, pour les ranger dans des petites étagères du savoir universitaire ?

En ce moment, j'écoute réné binamé en racontant ma vie sur l'endehors, je suis un exhalté qui adore expliquer à des non-initiéEs comment Bakounine interprète le peché originel, je suis également syndicaliste (anarco ou révolutionnaire, suivant le samsara ;-) ), je connais l'état-major social-démocrate de ma ville (on se tutoye et tout et tout, prout, prout ), j'ai passé la soirée d'hier avec un descendant d'un pape anarchiste, et j'aime chanter la semaine sanglante et la makhnovstina... ah oui, et j'ai la semelle qui se décolle parce que je bois tout mon argent...

Typique, caca, bouuuh, pas bien, passéiste, fétichiste, pauvriste, anaristocrate, petit bourgeois qui se la joue frère des pauvres !

Pas de problème, quitte à être le con de quelqu'un, et on l'est toujours, je trouve que ce costume est seillant.

Cela donne raison à Mr. Onfray, je (comme toutes et tous là, les nanars) corresponds à ces élucubrations, je rentre dans la petite boîte, tout juste à bon à caser dans les étagères du mépris.

M. Onfray est grand, il ne sait jouir pas, M. Onfray est la jouissance, M. Onfray n'est pas solaire, il est le soleil.

Je suis une peine à jouir, un petit caniche de la pensée, un petit soldat de la connerie qui louchera toujours sur son doigt alors qu'il m'offre sa lune ; très bien, peu m'importe.

Sauf que ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il est jaloux. Il sait que la vérité est autre, il envie mes expériences ; il sait qu'il raconte des conneries écrites dans un style aussi lourd que rythmiquement moche. Il sait qu'il fait de la caricature. Il tente de nier des jouissances qui lui échappent ; il sait les plaisirs et les vies colorées, mais plutôt que d'ouvrir sa fenêtre hédoniste sur de nouveaux plaisirs, il claque ses volets à coup de pamf'laids.

Face aux jouissances des anars qu'il nie, il fait comme Ibubolo face aux gardiens du temple de la connaissance ; il sabote l'ouvrage qui lui échappe (c'est là, peut-être, son seul côté anar).

Sauf qu'Ibubolo, tente maladroitement, avec son peu de moyens, de fuire quelque chose qui lui semble aliénant, qui menace son individualité ( l'école et la hiérarchie qui en  découle... et qui coule à flots sur l'en dehors ) sans vouloir instaurer un nouveau pouvoir. Ibubolo pratique le pied de nez pour se sortir d'affaire. Il veut vivre libre un max'...

Michel Onfray pratique l'amalgame et cela lui confère un pouvoir ; il prend aux anars leurs images, leurs impacts dans l'imaginaire collectif et se fait claquer les bretelles en trinquant ( il boit sûrement pas la villageoise l'enfoiré...) à la santé des imbéciles que nous (!) sommes et qui lui permettent de se payer le casse-crôute et tout le reste.

Alors, l'idée de mettre touTEs les anars en cercle pour décider de l'image que l'on veut offrir au monde ne me semble pas, mais alors pas du tout, pertinente.

Je ne vais pas commencer à fabriquer des boîtes pour m'y faire enfermer ( par Michel, Fabrice (je ne souhaite pas t'être désagréable, je ne te hais point, je situe, je situe), ou par moi-même).

milles bises


P.S : malgré mes théories sur la longueur des commentaires, je viens de faire du pâté ; j'espère qu'il sera digeste pour celles et ceux que j'aime et pèsera quelques minutes sur la pansée (<---- pas très clair comme jeu de mots ; panse + pensée, mais bon je laisse quand même, c chôli) de celles et ceux que je n'aime pas encore.
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  ibubolo
08-10-05
à 14:31

Re: L'ANAR' CHIE SUR LE TRÔNE ou Michel et Moi

c'était moi, facile à comprendre.

Juste, ma remarque sur la hiérarchie de la scolastique et l'en dehors n'était point une attaque, mais quelque chose que je ressens ici, comme partout.

Je suis farouchement autodidacte et c'est vrai que je me sens facilement menacé (mon indépendance), alors en bon chat noir, je feule.

Toutefois je sais très bien que je n'échappe à aucune influence, je suis une éponge.
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  Anonyme
08-10-05
à 16:00

Re: Re: L'ANAR' CHIE SUR LE TRÔNE ou Michel et Moi


L'anarchiste "mille bises-ibubolo" me parait typique de ces gens qui ont besoin de prendre des cours d'hédonisme.  

Avec Onfray buvez moins buvez mieux ! (boisson alcoolisée)

Il y a quelques jours j'étais dans une lieu ou personne n'avait lu Onfray (j'en suis certain) mais ou le  prof d'hédonisme aurait eu beaucoup de mal à suivre les activités proposées (J'en suis certain aussi).   

Il aspire tout, tout, tout  (aspirateur)

Onfray il chante la semaine sanglante ?  Un anarchiste de son age connait nécéssairement par coeur plusieurs chansons (non ? J'y crois pas).

Voilà le test : demander à Onfray de chanter sans prompteur 3 ou 4 chansons anarchistes. 
Pas sur du tout qu'il passe ce premier test, si oui après il y en a d'autres de tests.

Je pars pour  Caen. J'écoute le maitre-jouisseur, à la fin du cours magistral je lève le doigt, "allez michel avec moi une.. deux.. trois  né en nonante ..."   Coup de coude de ma voisine en fausse fourrure , "c'est quoi cette chanson que vous voulez faire chantez au maitre ?" "une chanson anarchiste Madame"  "oooh , anarchiste, anarchiste comme le maitre ?"  "presque Madame, presque Madame".  "Né en nonantesix" "non michel on recommence, pas grave c'est l'émotion, les débuts dans la chanson ça fout le trac", "nom d'une pipe"  "Ah non michel, bon on reprend tout."  

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  Anonym3
08-10-05
à 17:23

Re: Re:

"Je ne crois pas qu'Onfray se définisse vraiment comme anarchiste."
Ben apparemment si, j'ai regardé ce lien et il se définit ainsi :

"Je me sens effectivement anarchiste, au sens de Sébastien Faure, Jean Grave ou Han Ryner. Une tradition française moins « marxiste » que celle d’un Bakounine par exemple. J’aime aussi Proudhon qui malgré des options définitivement indéfendables (antisémitisme, misogynie) propose des idées intéressantes avec le fédéralisme, le mutuellisme, la coopération, la justice. Cette tradition française m’intéresse. Mais je crois qu’un libertaire qui lirait ces auteurs comme les prophètes d’une religion révélée se tromperait... D’autant que l’anarchisme est une dynamique, un état d’esprit – ne pas obéir, ne pas commander, récuser autant l’obéissance que le commandement – qui, après Auschwitz, Hiroshima, le Goulag, les purifications ethniques du XX° siècle, appelle des redéfinitions."
D'ailleurs, comment se fait il que l'endehors définisse uniquement Onfray tel un individualiste ?! réappropriation ? ;) Mais un anarchiste solaire :)).


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  Anonyme
08-10-05
à 18:09

Bon volià ce qu'on fait : on lance un défi à Onfray ;

Il doit tenir sur une jambe pendant 4 heures à poil sur un rocher au Cap Fréhel en Décembre un jour de tempète.

Si il réussi on sura vraiment si c'est un anarchiste.

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  Anonyme
08-10-05
à 18:12

Re:

Ca doit etre pour ça que cet expert en plaisirs à l'air toujours si grave et triste : il s'est inspiré de quelqu'un, Faure, qu'il juge peu excitant. Une hypothèse comme une autre.

Et les redéfinitions c'est quoi ? Negri ? Bourdieu ? Corcuff ? Bensaid ?
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  Anonyme
08-10-05
à 19:12

Re: Re:

Onfray et nous
http://refractions.plusloin.org/textes/refractions2/livre6.html
http://endehors.org/news/415.shtml

______________
poltique du rebelle
http://www.plusloin.org/refractions/textes/refractions2/livre8.html

________________
Le miroir aux alouettes
http://membres.lycos.fr/vfolle/BeuglementA.html
http://membres.lycos.fr/vfolle/BeuglementB.html

_______________________
Radio libertaire 03-02-04 Pas de Quartier

Note introductive sur le site:

"Interview de michel Onfray sur la laïcité, le voile ou autres sujets (je suis trés loin d'étre d'accord avec les propos tenus par l'interviewé, sur son coté économique -capitaliste-, ses positions politiques de gauche, son coté scientiste, et malgré que ce monsieur se revendique "libertaire", je ne peux y voir que des propos d'un individualiste de gauche capitaliste. Je dépose quand même cette émission, l'audi.teur.trice sera prévenue)"

__________
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 20:37

Re: Re: Anar-schisme

"L'egalité n'est pas un concept des individualistes, ni mêmes des communistes, tout au plus des collectivistes."
Les anars ne sont pas tous individualistes nihilistes. Ce que promeut Proudhon, c'est exactement ce que je dis (le mutualisme, la banque du peuple, la démocratie sans Etat etc.)
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 20:57

Re: Re: Re: Anar-schisme

Y a quand même des posts qui indiquent que bon nombre de jeunes ou moins jeunes en quête d'identité (politique), un peu revenus du communisme sans doute, essaient de réinvestir le champ de la pensée politique en se casant sur l'anarchisme en perte de sens et de valeur.
Faut quand même pas intégrer le débat anar en se disant plusieurs mois plus tard : merde c'est ça l'anarchisme?
Chacun est libre de dire ce qu'il veut, mais il est invité à réfléchir et travailler sa rhétorique, sans quoi le débat en patira à coup sûr. Mais on sent que certains se fichent pas mal de se lancer dans l'absurde en se croyant ironiques (y en a un qui va se reconnaître), pour autant qu'on critique ici Michel Onfray (ainsi que moi-même, car ça y est allé), on n'aura pas l'occasion non plus de le voir se défendre sur ce blog.
Perso, j'aimer mieux lorsqu'on évoque ses points de vues à débattre publiquement plutôt que lorsqu'on étale sa petite personne et ses attitudes ridicules.
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:01

Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Enfin, ça dépend comment on fait
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:18

Re: Re: Re: Anar-schisme

Faudrait parler peut être aussi de l'antisémitisme dans le socialisme (Hitler n'était pas loin du socialisme et apparemment, Proudhon stigmatisait aussi les banquiers juifs etc.)
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:20

Re: Re: Re: Anar-schisme

Enfin, pour en revenir au concept d'égalité, il n'échappe au contraire à aucun mouvement politique. Tout dépende de la manière dont on voit "l'égalité" (des chances, des droits, des conditions de vie etc.). 
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  stephane
08-10-05
à 21:27

Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Il est cool ce Fabrice, il débat tout seul !
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:30

Re: Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Ouaip, j'ai pas toujours besoin de quelqu'un pour débattre mes idées objectivement, mais je prends aussi en compte ce qui se dit.
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:33

Re: Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

En fait, pour faire un débat plutôt que de faire des posts en commentaires discrets, j'écris mes questionnements (et mes réponses, et parfois, c'est comme à la pêche, y a quelqu'un qui veut bien mordre et s'insérer dans ce questionnement).
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 21:37

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Sincèrement, des personnes qui se posent des questions au lieu de balancer des thèses archi redites, c'est un avant tout ce que je recherche ici.
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  Fabrice DANT
08-10-05
à 22:03

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Bon quoi, merde ! On va bien finir par trouver un gars qui se dit anar et qui prone l'inégalité sociale et le pouvoir sans partage... tant qu'on y est.
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  ibubolo
08-10-05
à 22:25

Anarchié

ça y est, on t'a reconnu Michel Onfray, va te faire élire !
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  Serial Joker
08-10-05
à 23:20

Re: Anarchié

Retrouvez bientôt Le miroir de la pensée dantesque de Fabrice sur fabricedant.org! (quand le serveur de L'En-Dehors aura pété...)

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  Anonyme
08-10-05
à 23:59

Re: Re: Anarchié

On n'a vraiment pas autre chose à foutre que de perdre son temps dans ce genre de discussion ! ! ! ! ! ! ! ! !
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  Anonyme
09-10-05
à 09:29

Re: Re: Re: Anarchié



06-10-05 à 09:09 a émis une hypothèse intéressante :

 "Ca peut aussi créer des "ponts" pour les non-initiés à la culture philosophique libertaire. Des lecteurs qui, grâce à cela, pourront cheminer et peut-être devenir très critique à l'égard de Michel Onfray."

 C'est la question que je me pose aussi. Onfray sert-il ou dessert-il l'anarchisme ? En d'autres termes l'activité d'Onfray est-elle de nature à retarder ou accélérer la venue d'une société centrée sur les idées d'égalité de fraternité et de liberté (changez l'ordre des mots à votre guise selon votre tendance :-)) ?

Onfray étant le philosophe le plus médiatisé de France avec Finkie - BHL n'est plus mentionnable- j'exclus à priori l'idée d'une activité à effet nul.

 

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  ibubolo
09-10-05
à 10:56

Re: Re: Re: Re: Anarchié

oui, sauf que la vision anar' tente de faire correspondre fins et moyens...

Comment arriver à "former" des esprits avec des inepties, caricatures, mensonges ou autres slogans publicitaires ?

On doit déjà une génération de crypto-sociaux-démocrates à l'ami Chomsky... je pense que le "mouvement" a déjà donné, en terme de messianisme, pour les 10 prochaines années.

Puis on a assez de plumes de qualité dans notre camp pour ne pas avoir à se farcir un dindon pareil.
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  Anonyme
09-10-05
à 12:01

Re: Re: Re: Re: Anar-schisme

Bonsoir,

Tout d'abord, permets-moi lecteur une petite digression, qui j'en suis sur, dans ce flot continu (à flux-tendu pourrait-on dire ?) ne dénotera pas.
Fabrice, je prend bonne note du fait que malgré tes dires sur la responsabilité, tu me réponds.

Parlons égalité si tu le veux bien, on verra si le reste peut tenir debout sans cette notion qui semble décisive. Tu sembles bien sûr de la justesse de ta méthode, ou bien n'est-ce qu'un jeu de feinte, une répétition avant l'épreuve ? Pour te le dire franchement tes motivations pour venir ici me semblent floues. Des fois, j'ai le sentiment d'être un cobaye. Je vais donc te payer en présence.

Tu te situes où toi, sur le grand échiquier politique ? Tu votes ? Tu observes ? En tout cas tu es instruit ; reste à voir sur quelles périodes. Car tu n'es pas sans savoir que l'anarchisme est lié au prolétariat, que c'est là -du temps de Proudhon- qu'il a pris réellement une figure historique. Il a mobilisé des centaines de milliers de personnes du temps de l'AIT jusqu'à la première guerre mondiale. Tout cela avec un discours "lutte des classes". Le syndicalisme, par exemple doit beaucoup à l'anarchisme, avec des organisations comme la FORA  ( http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=127 ) au brésil, les IWW aux USA ( http://increvablesanarchistes.org/articles/etranger/Iww.htm ).
Je trouve remarquable que deux organisations aux buts si opposés :
        l'une
 "déclare que non seulement [elle] approuve mais qu’[elle] recommande à tous ses adhérents, le plus amplement, la propagande et l’illustration par l’exemple des principes économico-philosophiques du communisme anarchiste [.../...] [elle] ne voit dans le syndicalisme autre chose que ce qu’il peut être : un moyen qui, parce qu’il est aux mains des déshérités, se positionne face au régime d’iniquité actuel, mais un moyen qui, en dernier examen, est en quelque sorte un enfant de ce même régime. Créé dans les entrailles de la société bourgeoise, dans l’autoritarisme du monde ambiant, le syndicalisme est une arme, et, justement, parce qu’il est une arme, il peut servir autant la cause du bien que celle du mal (et nous sommes avertis que les armes se prêtent plus facilement au mal qu’au bien !)."
        et l'autre
"
proposai[t] la solidarité effective de tous les travailleurs (alors que les trade-unions restaient dans la collaboration de classe et le corporatisme), et se présentaient comme la structure du nouveau monde.",
elles sont pourtant toutes deux qualifiées d'anarchistes.

Tu te demandes peut-être où je veux en venir et quel rapport tout cela a avec les propos de Dant sur l'égalité, valeur centrale de l'anarchisme. Parce que si on n'est pas égalitariste, on ne peut qu'être pour l'inégalité et aussi de la hiérarchie, si je comprends bien ta façon de voir, Dant.
Mais j'ai bien peur que l'égalité soit quelque chose de plus complexe, qu'elle s'incarne historiquement dans l'institution.
Prend l'exemple des IWW : la condition de l'adhésion qui donnait pleine participation aux décisions était d'être travailleur (ouvrier en gros), leur slogan était même "un seul grand syndicat" ; de là une égalité formelle de tous les travailleurs dans l'organisation, tout en sachant pertinemment que dans le syndicat, parfois dans la même cellule de base, deux syndicés pouvaient avoir des choix politiques différents, et même parfois contraires.
La Fora elle est un regroupement idéologique, donc qui ne cherche pas a égaliser les travailleur sur leur status social, mais plutot qui cherche à trancher dans la masse sociale. Ce qui ne signifie pas que ces militants là se croient supérieurs au reste de la population, ce que prouve leur vision du syndicat comme un moyen transitoire de lutte dans le monde actuel, moyen qui n'a plus sa place dans le monde nouveau à venir.

On a la même problématique en europe si on compare la france et l'espagne.
"La CGT a tenté d’inventer une approche nouvelle de l’unité ouvrière en refusant les divisions « politiques » des « partis » et « philosophiques » des « sectes ». La CNT se considérait, et se considère encore, comme la continuatrice de la section espagnole de la Ire Internationale, d’orientation bakouninienne, concurrente de la fraction marxiste constituée en groupe séparé depuis 1872 et devenue un syndicat social-démocrate dès 1888. La recherche de l’unité ouvrière dans une seule organisation, qui permettrait la cohabitation des diverses tendances du socialisme et de l’anarchisme, n’est nullement, pour la CNT, une priorité ; dès son origine, la CNT a pris acte de la division du mouvement ouvrier et socialiste."
http://refractions.plusloin.org/refractions7/toublet-anarchosyndic.htm

Je n'ai toujours pas assez de temps... Je te laisse Dant, tirer tes conclusions sur la question de l'égalité chez les anars.

Cordialement
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  Anonyme
09-10-05
à 12:04

Re: Re: Re: Re: Re: Anarchié

Sauf qu'on aura jamais de penseurs à l'anarchisme "purement intègre", et cela pour trois raisons:

1)la perfection n'est pas de ce monde

2)un intellectuel est forcément en partie réprouvable car comme tout un chacun il vit dans un monde non-anarchiste, donc il peut avoir autant de prétentions anarchistes que possible, il ne sera jamais l'anarchiste parfait.

3)l'anarchisme est un courant (une multitude de courants en fait) et en perpétuelle construction. Les moyens ne seront jamais parfaitement adaptés à la fin car la fin n'existe pas dans l'absolu, elle n'est qu'un idéal (par définition ce vers quoi l'on tend sans jamais pouvoir l'atteindre complètement).

De +, ce n'est pas forcément parce que des Chomsky ou des Onfray paraissent un peu mous du genou que des générations le sont aussi. C'est peut-être aussi parce que ces générations sont déjà réceptifs à leur discours que ce dernier trouve son public. Chomsky & Onfray n'ont peut-être pas généré ces "générations de sociaux-démocrates", ils ne sont peut-être que des enfants de ces générations là.

Et puis, c'est très peu constructif d'envoyer au diable chaque personne qui n'est pas à 100% recommandable intellectuellement. Car à ce petit jeu-là, on peut tous aller au diable. Cette attitude est la raison pour laquelle Onfray a écrit Aux gardiens du temple anarchiste, c'est une réponse à cela. Et que répondent à leur tour les anti-Onfray? Ils le cassent en se positionnant comme les gardiens du temple. Ca tourne en rond.

Onfray est criticable mais il est une (grande) porte vers l'anarchisme. Les intégristes anars, eux, ne savent que fermer les portes. Et la maison pue le renfermé.

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  Anonyme
09-10-05
à 12:13

Antisémitisme ?

Proudhon antisémite ? franchement ... Marx l'était aussi, Bakounine pareille, ....

On va pas abandonné tous les auteurs parce qu'ils étaient antisémites, avant la guerre il devait y avoir quelquechose comme 85% d'antisémites.

Mais je crois que il y a pas mal de jeunes juifs qu'ont rejoints les anars non ?

Aujourd'hui on insulte plus les gens pour leurs couleurs ou leurs religions mais pour leurs idées, ...

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  Anonym3
09-10-05
à 12:25

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

L'article sur le capitalisme et onfray est lisible ici : http://endehors.org/news/8625.shtml


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