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La communauté de Jansiac - La nef des fous

Lu sur Vivre autrement-Projet Orgone : "Communauté qui a fait le choix d'une alternative radicale pour vivre en dehors du système monétaire. Elle existe depuis 25 ans et se définit comme utopique, écologique et libertaire.

La création, les bases

La Communauté de Jansiac, aussi appelée "La nef des fous", est située aujourd'hui dans la montagne au-dessus de Sisteron, dans la vallée du Jabron, à environ 1000 m d'altitude. Elle est directement issue de l'agitation de mai 1968. Pour se remettre dans le contexte de ces années-là, il faut se souvenir que beaucoup de gens pensaient que l'on allait vers une explosion brutale de la société avec le risque d'affrontements entre les groupes sociaux (le sous-titre de la "Gueule Ouverte", créée en 1972, était "le journal qui annonce la fin du monde"). Il était donc important de prévoir des lieux de repli pour ne pas mourir dans les villes où la nourriture n'arriveront plus.



Au départ, plusieurs urbanistes de Paris qui mènent une action militante
pour éviter que les vieux quartiers centraux ne soient rasés ou rénovés, décident de créer une communauté de travail. Comme il n'est pas question de rester en pleine ville, une première maison est louée vers Tournus (Saône-et-Loire), à proximité d'un nœud autoroutier, pour pouvoir aller travailler en région parisienne quand cela sera nécessaire. Cette première installation se fait en décembre 1970. Ce retour à la campagne provoque très vite des envies et un premier déménagement de deux kilomètres est fait pour s'installer dans une zone plus agricole et commencer à développer un projet plus autonome. Comme c'est le début de l'implantation des centrales nucléaires, un des premiers choix du groupe va être de couper le compteur électrique et de voir comment on peut s'organiser sans la participation d'EDF.
Très rapidement l'autarcie alimentaire est obtenue. La communauté se fixe alors comme objectif de rompre avec la "vie en tranches de saucisson" en ne distinguant plus le travail du loisir, la vie privée de la vie professionnelle et évitant la distinction vie individuelle / vie de groupe, c'est-à-dire en développant une alternative à la famille. Le deuxième objectif est alors de penser la communauté comme l'élément fondateur d'une société.

Pour que cela puisse se faire, il fallait alors réfléchir à un espace suffisamment grand pour permettre la présence de plusieurs communautés dans un même lieu et ainsi étudier les échanges possibles entre ces communautés. Un terrain vaste est alors recherché. C'est comme cela qu'ils trouvent Jansiac, plus de 300 hectares qu'ils achètent pour une bouchée de pain (le prix d'un studio à Paris !). Ils s'y installent définitivement en août 1974.
A cette époque, ils sont 16 personnes dont les enfants.

L'abolition du salariat


Alors que la fièvre militante retombe, les idées vont évoluer. Mais le groupe reste persuadé que l'échéance d'une implosion de la société n'est que retardée et qu'il est important de montrer qu'un autre mode de vie est possible, en particulier en refusant d'exercer une profession spécialisée.
Il s'agit pour le groupe de sortir du système monétaire pour montrer que l'argent ne répond pas à un besoin mais au contraire crée ces besoins. Le travail n'est alors plus une fatalité, car seules des activités de subsistance sont indispensables si l'on accepte de sortir de la société de consommation.

Si l'on dispose de la place suffisante, tout le monde peut se faire sa nourriture et se construire un logement, sans pratiquement aucun besoin financier. Non seulement cela coûte moins cher que de le faire faire, mais en plus, ayant moins de besoins, cela permet de n'y consacrer qu'un  temps limité. Ceci étant une théorie, le sens de la communauté va être de montrer que cela est possible.

Critique de la division du travail


La communauté choisit de ne pas totalement boycotter l'ensemble de la société. Trois points sont acceptés : les moyens de communication (les routes et le téléphone qui ne sera installé que lorsque les systèmes radio permettront d’éviter les fils), la santé et l'information et journaux. Elle va devenir un lieu d'expérimentation en tout genre avec un fort intérêt pour les modes de production alternatifs d'énergie. Ainsi, pour assurer la production de pain par une méthode autonome, il faut prévoir un fauchage à la main du blé, le ramassage des gerbes avec une charrette tirée par un cheval, lui-même alimenté par du foin cultivé sur place, l'utilisation d'une batteuse récupérée fonctionnant avec un groupe électrogène alimenté par du gaz de gazogène provenant de coupes de bois faites à la cognée,
l'utilisation d'un moulin à céréales mécanique et la cuisson du pain au four à bois. C'est tout à fait possible et cela ne demande pas plus de temps que de travailler pour se payer un pain tout fait.

Martin, l'un des fondateurs de la communauté, est passionné par ce genre de substitutions et la communauté a réussi ainsi pendant tout ce temps à ne pas avoir recours à l'électricité et à compléter ce qui lui manque par une ressource énergétique souvent mal utilisée : la récupération et la
restauration (en particulier pour les véhicules et machines-outils ...).


A la recherche d'un modèle de société post-occidental


Véritable creuset de philosophie, le groupe essaie de comprendre ce qu'est le désir et pourquoi celui-ci se comptait dans les biens matériels, le gaspillage, la consommation. Si l'on arrive à faire que ce désir se tourne vers d'autres valeurs : les relations entre les gens, la beauté du paysage, alors on peut définir un mode de vie extrêmement peu coûteux en ressources et donc se libérer du travail.

Les relations entre les gens sont remises en cause par une critique de la famille, milieu fermé et développant l'individualisme. Les relations avec le paysage remettent en cause la concentration urbaine: le désir ne se trouvant plus dans son environnement, il se recentre sur les biens matériels.
Le choix de Jansiac, une vallée suspendue au sommet de la Lure, l'une des régions où le ciel est le moins pollué, avec l'impossibilité d'où que l'on soit de voir la vallée du Jabron ou Sisteron pourtant très proche (à vol d'oiseau), le relatif isolement du lieu, accessible uniquement par un chemin
forestier, tout devait concourir à créer une sorte d'émerveillement capable de sevrer le consommateur urbain qui rejoindrait le groupe. Plus qu' un terrain, le groupe a acheté un site, un paysage.

Les lieux étaient abandonnés depuis l'hiver 1941 et seules des ruines étaient présentes pour l'installation du groupe. Après 25 ans de présence, il faut reconnaître que l'impact de la communauté sur l'environnement a été extrêmement limité... même s'il n'y a pas de problème de permis de
construire puisque cela ne générait aucun voisin. Face aux questions que pose le système dominant, la communauté a plus défriché les idées que le site. Période de rénovation, et de multiples tournées pour faire de la récupération, le groupe s'étant fait tout un réseau de collectes. L'argent a été limité
aux allocations familiales, cet argent permettant de financer quelques achats, en particulier dans le domaine de la santé.

Le refus de l'école


De la même manière que le ,troupe a refusé l'électricité, les enfants n'ont jamais été scolarisés. Le refus de l'Éducation nationale a été l'un des premiers actes du groupe (dès 1971). En effet, dès le départ ils ont toujours considéré les enseignants comme les premiers gardiens du système en
assurant sa reproduction. L'Éducation Nationale qui "éduque" est beaucoup plus efficace que l'armée qui n'intervient qu'après... et pendant bien moins longtemps. Dans ce contexte de bourrage de crâne perpétuel, avec la complicité des grands médias, il n'y a donc pas à s'étonner du peu d'initiatives alternatives qui se mettent en place, ni non plus de la faiblesse de la radicalité de la plupart de ces initiatives. L'aliénation est extrêmement forte et Martin avance qu'il n'existe probablement pas a
priori d'hommes mauvais, mais beaucoup de personnes qui n'ont pas les sources d'information, qui n'ont pas le recul nécessaire.

Viable mais pas enviable ?

Les logements sommaires dans lesquels vivent les habitants de Jansiac ont changé plusieurs fois de place - ayant tendance à s'élever dans la montagne pour chercher un ensoleillement maximum en hiver... avec comme limite la hauteur des sources - et chaque fois, les chemins ont été modifiés. De même, en accord avec l'ONF qui fournit les plants, un gros travail de plantation d'arbres a été effectué. Mais certains projets - comme un barrage hydraulique - restent en chantier depuis dix ans faute de temps, faute de mains.

D'autres ont vu le jour et fonctionnent relativement bien. Ainsi, à partir du gaz de gazogène produit localement, il a été mis au point une machine à vapeur qui fournit de l'électricité -pour de grosses machines et dont la chaleur est récupérée pour le chauffage des habitations (principe de la
co-génération). De même, des véhicules fonctionnent au gazogène, d'autres au propane. Une machine expérimentale toujours à partir de la biomasse disponible est actuellement en chantier destinée à remplacer tous les moteurs. L'année 1995 a vu l'inauguration d'une scierie et d'une menuiserie.

Par la récupération, il a été possible de se pourvoir en matériel mis à la casse mais encore en parfait état de marche : des métiers à tisser le lin pour faire des draps, des fours de fonderie pour fabriquer des pièces métalliques. C'est déjà énorme que ce matériel ait pu être ramené sur place.
Ainsi, en 25 ans, Jansiac est devenu un site toujours plus ouvert, avec plus de potentialités. Malheureusement, les ressources humaines n'ont pas vraiment suivi.

Pourtant des centaines et des centaines de personnes ont rendu visite à  Jansiac, découvrant ce haut-lieu philosophique, participant souvent aux travaux, restant parfois plusieurs mois sur place. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'une discussion avec les gens qui ne sont pas restés ne donne jamais un aspect négatif des choses : il y a bien quelques tensions interpersonnelles, mais tout le monde a eu conscience de trouver là les questions qu'il se pose, d'y voir des amorces de réponse, d'y vivre un
moment exceptionnel pour son évolution personnelle, mais bien peu ont franchi le pas d'y rester. Trop dur. Usant. "Viable mais pas enviable" dit Martin, l'un des fondateurs.

Autour de Jansiac


Toutefois, si la rupture demandée était trop importante, de nombreux visiteurs ont souhaité poursuivre l'expérience en apportant une aide d'une manière ou d'une autre. Vers le milieu des années 80 s'est alors mis en place un réseau d'entraide nommé Oïkos qui devait permettre d'élargir la
notion de partage avec des gens ne vivant pas à Jansiac, mais qui en soutiennent les idées. Ainsi, il a été envisagé que des gens puissent, en milieu urbain, se lancer dans des activités demandant peu de place (comme par exemple la préparation de confitures) ou pour participer à certains travaux (collectes de fruits dans des exploitations abandonnées, récupération de matériel auto ensuite stocké à Jansiac qui devient rapidement un lieu de remise en état pour les autos.... Un journal de liaison voyait même le jour. Mais, alors que le peu d"argent circulant à Jansiac était géré en commun, ce n'était plus possible dans cette structure mixte et l'on a eu une nouvelle fois un glissement progressif du partage
vers le troc, c'est à dire d'un échange sans estimation de valeur à un échange avec valeur. Ce réseau d'entraide a donc été remis en cause après trois ans de fonctionnement. Toutefois s'il n'existe plus de manière formelle, il continue à y avoir des échanges avec des personnes extérieures.

Le sens de la fête

Le besoin de faire la fête n'est-il pas le symptôme que l'on ne se sent pas bien dans le fonctionnement au quotidien du groupe. Si effectivement travail et loisir ne font qu'un, la fête n'est-elle pas permanente ? Les fondateurs du groupe pensent que lorsque ce besoin apparaît, c'est qu'une question se pose et qu'il faut en chercher la réponse. Cette opinion a soulevé des objections : si la fête institutionnelle est effectivement un moyen de faire passer la pilule dans une société qui méprise l'homme, il n'en est pas de
même avec l'humeur de fête que l'on peut avoir un jour simplement parce que ce jour-là il fait beau... De plus les enfants, qui lisent beaucoup, posaient beaucoup de questions sur les fêtes traditionnelles (Noël en particulier).

Il a donc été décidé de marquer par des journées spéciales les changements de saisons (le jour le plus long, la nuit la plus longue, les premières fleurs... ). Il a également été mis en place la possibilité pour
chacun de pouvoir changer de nom s'il voulait indiquer aux autres son intention de prendre un nouveau départ. Chaque changement de nom donne l'occasion de faire un gâteau... et les enfants ont vite compris le truc en changeant parfois de nom toutes les semaines.

Le mieux est l'ennemi du bien


Le visiteur qui se rend à Jansiac ne peut que s'étonner de ce que la Nef des Fous n'en soit restée qu'à ce stade expérimental. L'idée de base d'arriver à créer plusieurs communautés pour tester un "modèle de société post-occidental" n'a pas réussi à se stabiliser et surtout, le groupe, trop pris dans ses expérimentations, n'a pas réussi à donner envie à beaucoup de personnes de le rejoindre : le noyau de base a presque toujours navigué entre 10 et 20 personnes. L'autarcie poussée à ce niveau semble décourager beaucoup de bonnes volontés et l'un des échecs les plus ressentis dans le groupe est aujourd'hui le risque de départ progressif des enfants.

Ce genre de lieu devrait pouvoir accueillir un grand nombre de personnes. Les exclus du système pourraient trouver dans ce site de quoi se lancer dans leurs propres expériences. Mais cela suppose peut-être des "fous" de Jansiac d'accepter certaines concessions collectives, d'aller discuter un peu plus à l'extérieur... en particulier avec d'autres communautés (même si l'on diverge sur certains points).
Une des raisons régulièrement évoquées pour ne pas aller parler à l'extérieur est la modestie des résultats, les erreurs commises, le temps perdu, l'absence de réponses... Cette question d'avoir quelque chose à dire à l'extérieur a divisé récemment le groupe : faut-il attendre que quelque chose soit parfait pour en parler ? Trois parmi les derniers arrivants ont animé un débat sur le droit à l'erreur. Cela s'est envenimé et ils sont partis. Mais cela a permis d'enclencher une certaine volonté d'ouverture. En effet, la situation actuelle est un cercle vicieux : comme il manque de monde pour être à la hauteur des projets, on travaille dans l'urgence, comme il y a trop de travail, on n'a pas le temps d'aller discuter à l'extérieur, comme on ne discute pas à l'extérieur, il n'y a pas assez de monde...

Puisque le groupe n'a pas le temps de s'exprimer à l'extérieur, l'une des solutions choisies a finalement été d'accepter que l'on écrive sur eux de l'extérieur... et après 13 ans d'attente, Silence a enfin pu faire cet article !
Autre changement récent : la récupération à Genève pour un prix très faible d'un chalet de 270 m2 va permettre d'améliorer le confort du groupe et d'accueillir des visiteurs. (à ce jour - novembre 2002- le chalet attend toujours les bonnes volontés pour le monte
L'avenir de Jansiac et son savoir encyclopédique n'est pas aujourd'hui assuré : les personnes vieillissent. "On aime toujours autant courir dans ce paysage, mais on court moins vite" nous confie Marjolaine. Tant pis si la destruction de 1"État" n'est pas absolue : progressivement le groupe apprend à mieux doser les compromis. Espérons que cela sera suffisant pour qu'enfin le projet prenne son envol. Sinon, quel gaspillage intellectuel ce serait.

Michel BERNARD
(Revue SILENCE - 1998) 

 

L'utopie, ici et maintenant !

Nous voici donc réunis dans ce palais, nous autres occidentaux, nos cartes de crédit et de sécurité sociale en poche, nos points de retraite acquis, pour dire au Tiers-Monde : il faut défaire le développement et refaire le monde ! Pardi ! Les enfants disent : "C'est celui qui dit qui fait".   
 
Aussi vais-je tenter d'apporter ma modeste contribution à notre crédibilité incertaine.
 Les sociétés se forment, se déforment et se transforment selon des utopies, pas sur des analyses. Les images ont un pouvoir de séduction que n'ont pas les théories.
 
Il y a actuellement 4 utopies sur le marché :
 
- Au hit-parade, l'american way of life qui fonctionne bien depuis longtemps avec le bonheur que l'on sait. Mais ses jours sont comptés, pour des raisons techniques, pas sur le fond hélas.  
 
- Vient ensuite le capitalisme à visage humain qui s'élabore à Millau et Porto Alegre. Théorisé depuis longtemps, il monte très fort depuis qu'il est devenu utopie. Imaginez toutes les grandes surfaces autogérées par leurs caissières et ne vendant que des produits du terroir, deux fois plus chers il est vrai, mais tellement bons. Ou le remplacement de l'euro par des grains de sel. La face de la planète en serait fondamentalement bouleversée, n'est-ce pas ?  
 
- Vient ensuite l'économie distributive de Jacques Duboin, utopie collectiviste très cohérente, sur le marché depuis 70 ans, mais qui a du mal à se faire entendre.
 
- Vient enfin l'utopie du philosophe inuit Aper Sonn, complètement confidentielle, et dont je vais vous parler, histoire d'enrichir le marché des rêves qui guident nos pas dans la vie.  
Aussi parce que la Nef des Fous, que je suis sensé représenter ici, explore cette utopie depuis 1974.
 
L'utopie du philosophe inuit Aper Sonn
 
Le monde idéal selon Sonn est un réseau de "lieux" sans propriétaire. Chaque lieu est équipé des moyens de production des besoins élémentaires de la vie quotidienne (nourriture, vêtements, énergie, construction, mobilier,...), ainsi que des moyens de communication, d'expression et d'accès à la culture. Par ailleurs, chaque lieu se donne des moyens d'assurer une ou plusieurs productions spécialisées, destinées à être distribuées aux autres lieux d'une même vallée ou d'une même région (poterie, imprimerie, filature, entretien des chemins, recherche, hôpital, aéroport,...). Ces lieux sont gérés par ceux qui y séjournent (10-20 personnes), organisés en association paysanne. Ils décident à l'unanimité exprimée (et non au consensus).  
 
Toute la production est donc décentralisée, il n'y a pas d'usines mais que des ateliers et des laboratoires. Les personnes ne possèdent rien, mais sont assurées de pouvoir survivre, communiquer, s'exprimer et se cultiver, où qu'elles aillent. La propriété n'est ni privée ni collective, elle est absente. De même l'argent est inutile car il n'y a pas d'échanges.  
 
Cette utopie n'est donc ni individualiste ni collectiviste. Elle est fondamentalement écologique, car elle n'est pas fondée sur la personne mais sur le lieu en tant que milieu, c'est à dire sur l'autre terme du rapport au monde, qui devient l'élément de sécurité, de stabilité, anhistorique, laissant le champ libre au développement des histoires personnelles.  
 
Une autre caractéristique intéressante de cette utopie est qu'elle ne nécessite ni révolution ni concertation entre un grand nombre de personnes pour se réaliser, car elle permet une phase intermédiaire très simple : la surproduction spécialisée prévue dans chaque lieu et destinée aux autres lieux du réseau peut, dans un premier temps, être vendue pour subvenir aux frais de fonctionnement relativement faibles de chaque lieu. Des lieux viables peuvent donc être créés immédiatement sur l'initiative de petits groupes. Un autre monde peut naître peu à peu dans la société actuelle sous forme d'îlots, jusqu'à ce que les îlots soient contigus.  
 
Ainsi se développe une économie domestique qui remplace peu à peu l'économie mondiale, qui se trouve plutôt abandonnée que combattue.  
 
Cette utopie n'est pas plus surréaliste que l'utopie libérale : sachant que la majorité des humains rêvent du mode de vie américain, que les Etats-Unis représentent 5% de la population mondiale, polluent comme quatre et consomment près de la moitié des ressources de la planète, et que donc le modèle n'est pas généralisable, que va-t-il se passer ? Le recours à l'utopie de Sonn sera peut-être nécessaire.  
 
Depuis 1974, la Nef des Fous étudie et expérimente les conditions psychologiques, sociologiques, politiques, économiques, juridiques, et technologiques qu'il faudrait réunir pour que cette élucubration ne soit pas impossible.  
 
La méthode d'expérimentation
 
Pour expérimenter l'utopie de Sonn, il nous fallait un terrain. Nous avons donc acheté pour le prix d'un 3 pièces à Paris un domaine de 320 ha (2 fois la principauté de Monaco) à 1100m d'altitude, isolé géographiquement et visuellement, abandonné aux moutons depuis 40 ans. Nous nous sommes installés là, les mains vides, en 1974, en effectuant une espèce de table rase à la manière de Descartes, mais concrète. Nous ne voulions pas importer des besoins préconçus, des faux problèmes, des réponses antérieures à des questions nouvelles. Nous voulions voir apparaître les questions en situation, et inventer des réponses spécifiques, autant que possible avec les moyens du site.  
  
Nous pensions au début qu'il fallait s'approprier le savoir scientifique existant, et oublier le savoir technique, pour inventer des solutions adaptées aux conditions inhabituelles dans lesquelles nous nous trouvions, mais nous avons constaté que même en physique il y a des idées reçues et des anthropocentrismes. Deux exemples :  
1. les motoristes croient qu'un moteur thermique est condamné à un mauvais rendement à cause du principe de Carnot qui dit que toute la chaleur fournit au cycle par la source chaude ne peut être transformée en travail : une partie doit être cédée à la source froide. Le principe est indiscutable mais contournable : en mettant en série les 2 générateurs de sources qui, eux, ne sont pas soumis au principe de Carnot, on recycle dans la source chaude la chaleur cédée à la source froide. On raisonne alors sur un rendement théorique de 100% ; ça ne marche pas avec les moteurs à combustion interne, et il faut réunir certaines conditions pour que ce soit possible. Nous n'avons trouvé pour l'instant qu'une solution, avec un cycle d'Ericsson, mais je suis sûr qu'il y en a d'autres. Un prototype est en cours de construction.  
  
2. les physiciens disent que la chaleur est une forme dégradée de l'énergie alors que c'est l'énergie mécanique qui est dégradée : si je monte avec ma voiture au sommet du Mont-Blanc, je peux récupérer à la descente l'énergie que j'ai dépensée à la montée. Tout va bien, nous sommes dans un cas de figure conforme aux principes thermodynamiques. Mais si je fais un aller-retour au supermarché à l'horizontale, je dégrade de la chaleur en travail inutile, le système se retrouvant à son état initial. Si on isole thermiquement un système, Paris par exemple, les va-et-vient incessants à l'horizontale vont le refroidir irrémédiablement sans qu'il soit mécaniquement modifié.  
 
Les questions rencontrées nous ont amenés à étudier des savoirs aussi variés que la diététique pour définir nos plans de culture et d'élevage, le droit pour définir notre statut juridique et fiscal dans la société française, la thermodynamique pour imaginer des moteurs nouveaux, l'électronique pour la régulation automatique de nos machines à partir de composants récupérés dans des vieux téléviseurs, le filage au rouet pour faire des pulls-over avec la laine de nos moutons, etc.  
 
Dans l'utopie de Sonn, les lieux sont équipés de telle manière que les générations puissent s'y succéder en se transmettant les savoirs et les savoir-faire, et puissent refaire le matériel qui s'use ou se casse.
 
Nous avons donc constitué une bibliothèque technique d'ouvrages du 18° siècle à nos jours, notamment l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert en fac-similé, des ouvrages de la fin du 19° siècle qui a été particulièrement inventif, des bouquins traitant des techniques "ersatz" utilisées pendant les guerres mondiales particulièrement faciles à mettre en œuvre, et surtout des manuels pratiques des nombreux métiers d'autrefois : manuel du savonnier, du tourneur, du conducteur de chaudières à vapeur, du fabricant de peignes et boutons, etc. Tous les savoirs et savoir-faire que nous avons acquis proviennent de cette bibliothèque.  
 
Parallèlement nous avons acheté pour une bouchée de pain à une vente de matériel de l'Etat toutes les machines nécessaires pour fabriquer des machines, donc capables de se reproduire elles-mêmes. Pour abriter ces machines, nous avons démonté d'anciens logements de harkis sur un terrain communal, et les avons remontés autour des machines, celles-ci étant trop grandes pour passer par les portes. Il a fallu apprendre à se servir d'un tour, d'une fraiseuse, d'une rectifieuse...  
 
Pour fabriquer l'électricité nécessaire à ces machines, nous avons accouplé un moteur de Ford Anglia et un alternateur provenant de l'armée américaine en Allemagne. Entre le militaire américain et la vieille anglaise, le courant passait bien. Mais le moteur consommait de l'essence. Nous avons alors fabriqué un gazogène, appareil qui transforme le bois en gaz et qui était en usage pendant la dernière guerre mondiale. Nous avons un bouquin de 1942 sur la question qui commence par cette phrase : "La femme enfante dans la douleur ; les peuples dans l'épreuve". Quelle époque épique ! Nous avons donc produit notre électricité à partir du bois.
 
Nous en avons profité pour mettre le gazogène sur une remorque derrière un fourgon et sommes allés nous promener sur la route sans essence. Ce moment a été pour nous une émancipation mentale. Après avoir constaté qu'on pouvait même se passer des émirs, nous n'avons plus eu peur de rien.  
 
Nous voulions par exemple faire de la sérigraphie, et il nous fallait une base à vide, machine très chère qui aspire le papier par un grand nombre de trous pour le maintenir à plat. Après avoir demandé leur documentation à tous les marchands de bases à vide de Paris, nous avons fait une synthèse des différents modèles proposés et l'avons fabriquée de toute pièce à partir de matériaux de récupération. Il a fallu percer 5000 trous. 3 jours. Elle semblait sortir du magasin, et marchait très bien.  
 
Le nucléaire ou la bougie, disent EDF et les braves gens. Nous avons choisi de dîner aux chandelles comme dans les restaurants de luxe. Nous les fabriquons (400 dans la journée) par trempage comme les cierges des églises, à partir de paraffine qui est un sous-produit du raffinage du pétrole. Cette solution est donc provisoire pour nous, parce que non généralisable.  
 
Nous avons étudié toutes les sources d'énergie existantes (sauf le nucléaire, allez donc savoir pourquoi) en distinguant énergies renouvelables c'est à dire nouveaux marchés, et énergies alternatives c'est à dire décentralisables. Les cellules photovoltaïques des multinationales, les éoliennes à 23000E et les chaudières à bois à 5000E ne sont pas alternatives, ni les microcentrales hydrauliques à 13000E (c'est le prix qu'un fabricant italien m'a proposé récemment pour une puissance de 4kW ; nous sommes en train d'en fabriquer une équivalente qui nous coûtera moins de 300E, génératrice et régulation comprises).  
 
(récit interrompu ici par manque de temps et repris pour la conclusion)  
 
Nous avons donc opté pour la biomasse, qui est de toute façon la seule source décentralisable possible pour les transports. Mais sous quelle forme ? L'utilisation comme carburant de l'huile de colza ou de tournesol est une insulte à ceux qui ont faim, car la forêt demande 400 fois moins au sol que les champs pour produire la même biomasse. Le biométhane et les alcools causent une perte d'1/3 du carbone manipulé sous forme de dioxyde lors de la fermentation, ce qui diminue d'autant le rendement de la filière. Reste donc le bois.  
 
Or les "lieux" de Sonn sont des sites boisés dans lesquels sont taillées des clairières cultivées. La proportion entre terres et forêts est d'environ 1 à 10. La forêt, habitat naturel des ruminants, est pâturée. Elle produit donc à la fois les protides animales (ce qui rend caduc l'argument classique des végétariens qui dit qu'il faut 7 fois plus de surface cultivée pour produire de la viande que pour produire des protides végétales), le bois d'œuvre (construction et mobilier), la chimie organique (on obtient par distillation du bois, simplement, environ 400 molécules différentes, semblables à celles qu'on tire du pétrole) et l'énergie, qui se trouve ainsi intégrée à la question agricole.  
 
En fourrant un serpentin dans un poêle ou une chaudière qu'on relie à un vieux moteur de tondeuse à gazon transformé en machine à vapeur, accouplé à un alternateur, et en reliant l'échappement à un radiateur pour condenser la vapeur, on produit de l'électricité en se chauffant. Produire son électricité soi-même à partir du bois est donc à la portée de n'importe quel antinucléaire de base, à peu de frais. Ce qui supprimerait cette curiosité française : comme les pronucléaires sont minoritaires, ce sont surtout les antinucléaires qui financent les centrales en payant leur redevance EDF.
 
Ceux qui critiquent le développement préconisent des mesures masochistes (sens de la mesure, décroissance, restrictions, frugalité, autolimitation,...). L'utopie de Sonn propose un autre mode de vie dont naissent d'autres besoins, d'autres désirs, qui peuvent être assouvis sans excéder les possibilités des sites. Bien que vivant avec 150E par mois par personne, nous ne manquons de rien. Le pouvoir d'imaginer remplace le pouvoir d'achat. Exemple matérialiste : nous fabriquons tous les 2 à 3 jours des boissons gazeuses (3 sortes, et 7 ou 8 parfums différents) qui valent bien le célèbre soda américain dont rêvent les habitants du Sahel.  
 
On ne peut pas tout faire soi-même sans s'associer. La famille est une unité sociale insuffisante. On est très vite submergé par l'ampleur de la tâche. Nous avons eu l'occasion de vérifier la théorie de Sonn : moins on est, moins on fait des économies d'échelle ; plus on est, plus on risque de tomber dans le collectivisme, pouvoir de tous sur chacun, émergence d'un intérêt collectif distinct des intérêts individuels (certains aiment ça). 8 à 10 personnes, sans compter les enfants, les handicapés et les vieux comme moi, est un optimum.  
 
C'est alors qu'apparaît un problème de haute technologie : la coexistence pacifique de tout ce petit monde, savoir que nous n'avons pas fini de nous réapproprier...
 
Conclusion : l'écologie personnelle
 
Se réapproprier le savoir n'est qu'un moyen pour se réapproprier le milieu au sens écologique.
Car s'il est vrai, comme le veut la phénoménologie, que la conscience est toujours conscience de quelque chose, alors ceux qui décident de notre milieu construisent notre conscience, ce qui est inacceptable.
 
Nous avons adopté l'utopie de Sonn, non pas parce que nous n'avons pas assez joué au Meccano dans notre enfance, mais parce qu'elle nous est apparue comme le seul moyen de reconquête de la souveraineté du sujet sur son vécu.
 
La question du sujet, ce qu'est un sujet dans le monde, est la question première, car l'idée que les humains se font d'eux-mêmes façonne la surface de la planète. L'idée que les Talibans se font d'eux-mêmes bouleverse le sort des femmes afghanes. L'idée que les Américains se font d'eux-mêmes... etc.
 
La psychologie étudie le sujet en considérant le milieu comme donné. Une science symétrique est possible qui considère le sujet comme donné et étudie le milieu en tant que vécus possibles.  
 
C'est cette écologie personnelle qui fait l'objet de notre recherche, à travers l'utopie de Sonn.
 
P.S. : le philosophe inuit Aper Sonn n'est pas un individu mais un jeu de mots qui désigne un moyen de vivre sans nuire, aux autres, à la planète, aux générations futures.
  
"Diogène", février 2002
 


La Nef des Fous
Jansiac; Alpes-de-Haute-Provence.

(Discours paru en partie dans l'Ecologiste du mois de juin 2002)

LA LIGNE D'HORIZON, COLLOQUE 2002 A L'UNESCO
atelier "se réapproprier les savoirs"
intervention de la Nef des fous  

 


Ecrit par libertad, à 14:19 dans la rubrique "Le privé est politique".

Commentaires :

  Anonyme
30-11-03
à 07:33

Je ne suis pas sûr que les photos en haut de page soient très adaptées à une co-habitation avec un article sur Jansiac... quand on connait un peu le lieu, ça prète même à rire!
Est-ce qu'ils sont au courant que vous parlez d'eux sur Internet?
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  libertad
30-11-03
à 09:32

Re:

Cet article ne comporte pas de photo, la seule photo est celle de l'entête du journal et n'a rien à voir avec l'article. Le texte reproduit est sur le web ( la source est citée en haut ), donc public, comme il n'est pas indiqué de copyright, il est reproduit sur l'En Dehors pour son intérêt d'autant que cette communauté se réclame de l'idéologie libertaire. Il n'est bien sur pas possible de contacter toutes les personnes dont les textes sont reproduits ici, mais il est évident que si les auteurs demandaient à ce que ce texte soit enlevé, ce serait fait.
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  Thomas
17-01-04
à 19:59

Bonjour, je m’appelle Thomas, j’ai vingt ans





Et un rêve, avec quelques amis très proches, depuis cinq ans ; un projet d'une autre vie, basée sur la liberté de se créer ses propres moyens (et donc ses propres choix) d’existence. Si au départ, ma démarche s'est formée par opposition à notre société, elle se constitue aujourd'hui par la volonté d'un mode de vie basé non plus sur l'individu mais sur le milieu naturel. J'ai un rapport particulier avec la nature que j'entretiens surtout par le camping sauvage dans des conditions particulières mais j’aimerais que cette relation avec le milieu soit plus profonde et quotidienne.

J'ai été très touché de découvrir que ce rêve n'était pas qu'un rêve, et j'espère trouver des personnes par l'intermédiaire des éco-villages pour participer (ou même former peut-être) un lieu de vie écologique. Je suis actuellement étudiant en ethnologie et ça fait trop longtemps que je réfléchis sans agir.

Aussi j'aimerais, par la participation à un éco-village, vivre ce rêve de manière concrète, réelle, acquérir par le contact de la nature et le contact humain une expérience. Je n'ai pas d'Objectif particulier, je ne veux pas Accomplir des choses, mais m’accomplir moi-même avec les autres, dans un milieu social et environnemental qui me convienne et à qui je conviens.

Désolé pour le « bla-bla » mais je vois là un moyen de réaliser mon rêve, une chance que je ne pensais plus attendre, et j'ai hâte et découvrir ce milieu des éco-villages qui semble correspondre à mes aspirations les plus profondes.



Quelques sujets qui me font tripper / réalisation éventuelle dans un éco-village

- écouter, jouer de la musique, construire des instruments.

- l’argile, sculpter, dessiner, peindre, construire son mobilier artisanal et artistique

- le chamanisme, les esprits de la forêt, apprendre des techniques d'expression et de prise de conscience corporelle (la musique en est un)

- soigner la nature (et par elle), « élever » des animaux

- tout ce qui est psychédélique, absurde, surréaliste, coloré, simple, doux, brumeux, crémeux, croquant, lisse, la contemplation et l’action.

- partager ...



Contact : téléphoner au 06 64 28 11 92 sur mon portable ou écrire un e-mail (Thierry.Balliner@free.fr) pour enrichir cette petite liste et partager des idées, des infos pratiques, un contact humain
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  grosset
25-02-04
à 12:11

Re:

merci pour votre recherche et votre témoignage.
Je suis moi-même en recherche et j'ai découvert un groupe qui me semble tres intéressent;
Je vous communique les coordonnées:
Tibut de cheval debout
8550 SETAO MONCHIQUE
PORTUGAL
Pour y aller,ils sont le long du rio grandé
Pascal GROSSET
Av de Grémont
86130 JAUNAY-CLAN
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  devuyst christian
29-04-06
à 22:36

Re: vie en communauté

Bonjour

je viens de découvrir ton commentaire et surtout tes aspirations et désirs....Je suis belge,pharmacien de profession et depuis 2 ans j'ai décidé de changer ma vie.deja 2 ans de vie aux Canaries mais assez insatisfaisant car je cherche aussi le groupe,la tribu et la vie autonome.je suis actuellement a la recherche de ce type de communauté de préférence dans le sud France.As tu trouvé ta voie et ou?car pour ma part tt mes démarches sont restées sans réponse malgré mes nombreux mails envoyés(ecovillages,ecolieux..)

Merci de me répondre.a bientot

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  devuyst christian
29-04-06
à 22:38

Re: Re: vie en communauté

mon email ...j ai oublié... devuyst7(a)hotmail.com

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  toto2
30-04-06
à 08:59

inuit aper sonn


Bravo libertad pour ces delicieux textes.
J'avais déjà lu l'histoire de jansiac mais c'est tres interesant à diffuser dans le milieu anar.

Ensuite, le texte sur les utopies est vraiment bon.

Je crois que c'est seb qui était scpetique sur le projet de reseaux d'écovillages que je proposais dans mon article "retour au paradis" et je lui avais répondu que les échanges seraient réduits à des échanges d'infos sur comment se demerder avec le lieu tout en le respectant ecologiquement.

J'avais improvisé.

Et quelle n'est pas ma surprise de découvrir que c'est au final l'utopie de l' inuit aper sonn !

En plus le coté mac giver écolo est tres impressionant.

ça répond aux discussions de salon sur les primitivistes.

On peut tres bien projeter de quitter Babylon ou de lui survivre sans pour autant tomber dans le trip primitiviste.

Le mélange du rouet et des machines outil , comme à carapa d'où je reviens, ça signe un certain pragmatisme et ça donne la réponse : l'essentiel est de controler son milieu. La techn ologie adéquate dépendra du lieu.

L'essentiel est aussi de respecter le minimum commun aux lieux : écologiquement stable, techniquement transparent.

La vie dans un tel lieu vaut 10 000 fois une scolarité bornée comme je suis chargé de l'enseigner (ch' ui prof)

Apres Longo Mai et carapa devinez quel sera l'objet de ma prochaine visite (en plus j'habite marseille donc pas loin) ?
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  detred
30-04-06
à 11:49

cool! encore un projet qui ne va jamais aboutir! bonnes branlettes les gars!
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  toto2
30-04-06
à 14:26

Re:



detred il ne s'agit pas d'un projet mais d'une communauté existant depuis 30 piges.

Ensuite il s'agit d'une utopie écolo-libertaire.

Si tu relies le fil concernant le renouveau du mouv anar, je t'avais dit que le lien entre anar des villes et anars des chmps pouvait etre un point supplémentaire à tes propositions. Formulation que tu semble s avoir retenu dans une réponse sur le meme fil alors ....?

Pour les autres,

j'ai fait des recherche sur jansiac et il existe un autre texte plus complet que celui publié sur la philo de sonn mais rien de fondamentalement différent.

Ensuite j'ai téléphoné à jansiac pour prendre rendez vous.

Ils m'ont recommandé un texte sur www.solidarité.asso.fr mais ce serveur reste introuvable depuis ma becane. Enfin ils sont tres méfiants sur les textes qui parlent d'eux et ne viennent pas d'eux. Ce qui ne pose pa de probleme à mon sens pour les textes publiés.
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  Cercamon
30-04-06
à 18:56

Re: Re:

Toto2, le texte dont tu parles est .


D'ailleurs je le mets en première page.



PS : avec l'orthographe que tu indiques, c'est normal que tu ne puisse accéder au serveur : pas d'accent dans les url.
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  Seb
30-04-06
à 22:16

Re: Re:

Merci Toto2 de te souvenir de mon post, je demandais si des textes s'étaient frottés au problème "culturel" de la société en éco villages (le risque ques des villages autosuffisants deviennent des sociétés claniques et sclérosées), ce texte répond déja bien... Le fait que chaque village ait une surproduction spécialisée à échanger avec les autres par exemple est une réponse intéressante..
Et le fait que le "grand prophète" soit en fait un jeu de mot m'est franchement sympathique.
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