L'En Dehors quotidien anarchiste individualiste

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L'En Dehors


Karezza
J'ai eu récemment entre les mains la traduction française de ce livre qui porte comme sous-titre Ethique et Esthétique du Mariage, par Alice B. STOCKHAM, doctoresse en médecine. Edité par la Librairie Richonnier, rue des Saints-Pères, 40, à Paris, on ne le trouve plus guère dans le commerce, je crois. Cette librairie s'était cantonnée dans les publications d'ordre occulte. Alice B. Stockham, en l'enveloppant en toutes sortes de phrases spiritualistes, préconise le coïtus reservatus, c'est-à-dire, comme l'explique le glossaire qui termine le « Précis de Psychologie Sexuelle » d'Havelock Ellis, les « rapports sexuels prolongés en retenant l'acte de l'émission séminale qui peut avoir lieu après retrait ou n'avoir pas lieu du tout ». Alice B. Stockham parle d'un certain Zugassen qui l'aurait précédé et dont j'ignore les écrits.

Nous avons déjà dit que chez les Perfectionnistes d'Oneïda, cette pratique régnait et que la prospérité dont a joui cette colonie peut, en grande partie, lui être attribuée. « Cette pratique, fait remarquer Havelock Ellis (p. 328 de son « Précis de Psychologie sexuelle »), n'est généralement pas facile, excepté pour les hommes qui ont un système nerveux sain et bien équilibré ; ceux-ci n'éprouvent en général aucune conséquence fâcheuse de cette pratique, à la condition pourtant de ne pas la pousser jusqu'à l'excès.».
Abstraction faite de son spiritualisme (elle écrivait pour des anglo-saxons), Alice D. Stockham exposait d'excellentes idées sur la carence de l'éducation sexuelle dispensée aux humains, sur la maternité non consentie, sur le fardeau que la maternité impose à la femme, la reléguant air rôle de femme de ménage, l'asservissant en un mot.. Elle voulait que les relations sexuelles entre époux soient davantage une manifestation de tendresse amoureuse qu'une jouissance. Elle s'élevait contre le gaspillage de la semence. « La sécrétion séminale - écrivait-elle – a une valeur étonnante et si elle est retenue et absorbée dans l'organisme, elle ajoute énormément à la force magnétique mentale et spirituelle de l'homme ».
Alice Stochhain était eugéniste, d'ailleurs, préférait, pour la progéniture, la qualité à la quantité. Elle pensait que son système de subordination de la chair à l'esprit » susciterait « une race nouvelle, plus saine et meilleure » .
Quant à savoir si le coitus reservatus conserve et maintient l'amour entre cohabitants, par suite de la substitution des caresses à la consommation de l'acte sexuel, il faudrait examiner cela de très près. A Oneïda, à cause de l'espèce de communisme sexuel qui était de mode, cette méthode réussit. L'habitude doit tout autant émousser le désir, dans cette pratique, qu'il l'affaiblit, dans les autres procédés de faire l'amour.
Pour nous, nous ne voyons pas l'utilité de faire intervenir « l'esprit » dans cette méthode ; pour la pratiquer, le raisonnement et la réflexion suffisent. Mais, d'ores et déjà, elle fait comprendre, si on l'appliquait à « la camaraderie amoureuse » , à laquelle on objecte les conséquences du coït, que celui-ci, compris à la façon des « charretiers » (comme disait Tolstoï) pourrait, puisqu'il s'agit de camarades, ne jouer pour ainsi dire aucun rôle parmi des individus en possession d'une éducation sexuelle sérieuse et être remplacé par des caresses et des méthodes tout autant productrices de plaisir, sinon davantage. -

FRED ESMARGUES

L'En Dehors #271 mi-juin 1934

Pour en savoir plus lire : KAREZZA, L'ART DE L'AMOUR
Mis en ligne par libertad, le Samedi 30 Septembre 2006, 21:23 dans la rubrique "L'En Dehors d'Armand".
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Commentaires :

  Je suis un animal qui pense
01-10-06
à 21:52

hum,... merci pour le tuyau...

Plus facile à dire qu'a faire. Ce qui est de bien quand je coïte c'est justement l'éjaculation. C'est bon , c'est naturel , c'est relaxant... Notez que je suis ouvert à tout , je vais essayer pas plus tard que ce soir. Je ne garantis rien, je vous tiendrais au courant.

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  Je suis un animal qui pense
01-10-06
à 21:57

Re: hum,... merci pour le tuyau...

Je viens tout juste à l'instant d'en parler à ma femme, je lui ai expliquer le concept...
Elle a dit :"d'accord , mais pas aujourd'hui ,..., je suis crevée".
Bref , c'est pas gagné.
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  flop
17-02-07
à 11:48

hahaha

Bravo! Introduisons la frustration généralisée dans nos pratiques sexuelles! "Et pourquoi pas déjà les joujoux et l'encens?". Et surtout protégeons le "sème" séminal! Au fait, un spermatozoïde, est-ce que c'est déjà un être humain? A-t-on le droit de les cloner? J'avais déjà lu des conneries mais alors là...
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  Rakshasa
17-02-07
à 15:35

Re: hahaha

En tout cas, le site des éditions Ganesha pue le fournisseur de sectes. On y parle du Christ, de Boudha, on y loue Dieu et le couple et ce n'est qu'un petit aperçu...beurk, que du cul béni bien réac!
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  libertad
17-02-07
à 15:56

Re: Re: hahaha

Je crois plutôt que c'est New-age, autant le savoir c'est vrai. Mais rien trouvé d'autre sur cette technnique sexuelle pronée par l'En Dehors d'Armand et qui existait bien avant toutes les conneries new-age.
On voit qu'à cette époque les anars parlaient de tout et étaient un peu moins coincés qu'aujourd'hui.
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  Rakshasa
17-02-07
à 16:06

Re: Re: Re: hahaha

Ca je ne te le fais pas redire...j'ai l'impression qu'on s'éclate plus du côté des libertins non-anar. Pas mal d'anar se questionnent encore sur la libération sexuelle, là où d'autres pratiquent sans entraves. 
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  libertad
17-02-07
à 16:17

Là je suis un peu plus sceptique que la libération sexuelle soit beaucoup plus paratiquée ailleurs. On est plutôt en pleine période victorienne de répression sexuelle et de puritanisme. Ce qui peut être trompeur c'est que la représentation du sexe est partout omniprésente ( images, publicité ) conversations, fantasmes mais quand au passage à la pratique c'est une autre question. Le couple est plus sacré qu'au pire moment de l'époque victorienne, les relations hors-couple sont devenues plus clandestines que les relations homosexuelles, la position du missionnaire du samedi soir et l'éjaculation précoce ont encore de beaux jours devant eux, alors la libération sexuelle, d'ailleurs mis au ban de la société par le féminisme victimiste...à moins qu'il n'existe des réseaux de résistants.
Tu vois aujourd'hui Alternative libertaire ou l'émission "femmes libres" de Radio libertaire faire quelque chose sur la Karezza ? :-) Broutchoux est bien mort !
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  Rakshasa
17-02-07
à 16:38

Re:

Tu penses que les réseaux libertins (nombreux sur le net par exemple) sont simplement l'oeuvre de couples exclusifs ou de "cyber-fantasmeureuses" ?
Il y a aussi un vrai business du libertinage et il faut bien une clientèle pour maintenir ou agrandir le marché... En tout cas, je n'ai pas rencontré beaucoup d'anarcho-libertins revendiqués sur la toile, ni ailleurs. Quant au féminisme pro-sexe, ça semble tourner aussi au business.
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  libertad
17-02-07
à 18:08

Re: Re:

Je pense que les réseaux libertins sur le net font partie d'une mouvance échangiste assez limitée mais l'échangisme n'est pas très dangereux pour le système et bien récupéré commercialement, il ne remet pas du tout en cause le couple et au contraire vise plutôt à le renforcer. Quant au féminisme pro-sexe tout dépend de qui on parle, c'est plus le fait d'individu(e)s que d'un mouvement organisé.
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  Rakshasa
17-02-07
à 18:40

Re: Re: Re:

Mais il y a quand même une différence avec le couple exclusif. Il y a les verrous psychologiques de la jalousie à faire sauter et l'échangisme peut aussi être une passerelle vers le mélangisme, le pluri-partenariat et la bi-sexualité. La posséssivité n'est peut-être pas complètement remise en question mais il me semble que l'on s'éloigne du couple fidèle aux valeurs chrétiennes (religieuses)  conscientes ou inconscientes. Il y a une compréhension du corps avec l'acceptation d'un certain spectre de ses désirs, et quand on met le doigt dans l'engrenage... Il y a aussi pas mal de célibataires que le confort de relations éphémères attire.
Après, c'est pas la révolution, et la fidélité comme confort social a très certainement encore de beaux jours devant elle.
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  libertad
17-02-07
à 20:53

Dans l'échangisme il y a une notion d'échange que je trouve rébarbative et contraire à la liberté de l'individu. Dans l'échangisme, c'est du donnant donnant et en plus il y a une notion de contrôle de l'autre ( pas sans moi ). Ca ne me semble pas mettre grand chose en cause. En plus c'est très récupéré par des clubs ultra-commeciaux, bourgeois, il faut être BCBG pour y aller, il y a des tenues vestimentaires exigées, l'esprit y est vraiment bourgeois. En fait c'est le dernier truc pour maintenir une sexualité attractive dans le couple au bout de quelques années quand ça s'use sérieusement.
Je ne vois rien de révolutionnaire de ce côté là.
Par contre l'amour libre, au sens où l'entendaient les individualistes du 19ème et du début du 20ème est devenu un tabou social. Ceux qui veulent encore y recourrir sont obligés de se cacher, c'est devenu plus clandestin que d'être homo car ça remet en cause le couple et le couple est sacré aujourd'hui... même s'il ne dure pas longtemps.
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  folamour
18-02-07
à 02:37

Re:

"j'ai l'impression qu'on s'éclate plus du côté des libertins non-anar"

C'est une version du vieil adage "ce n'est pas toujours ceux qui causent le plus qui..." qui bien que primaire correspond parfois à une certaine réalité :-)

Libertad parle souvent de période de regression/repression. Je ne sais pas. D'un coté il est certain que l'apparition du Sida à été l'occase pour pas mal de puritains/réacs/etc. de retrouver un peu de vigueur perdue après les années 60.  Mais de l'autre il faut quand même raison garder et penser par exemple que dans le spéctacle de service public, il y avait un guignol monarchiste a grosses audiences qui chaque semaine invitait le peuple de france à l'echangisme et à toutes  de pratiques. On peut en penser ce qu'on veut mais si on compare aux temps de l'ORTF, il n'est quand même pas certain que l'on soit en "regression"

De plus il faut faire attention avec les apparences. Par exemple aux USA, l'apparence serait celle d'un pays enfoncé dans le puritanisme, mais dans la réalité la fesse ne se porte pas si mal que ca là bas (sauf peut-être chez ceux qui ont sur leurs rayons de biblio trop de prose
religieuse  ou, au contraire, "émancipatrice".)    

Karezza ca me gonfle un peu, encore et toujours des manuels et des conseils (mais vu l'époque mon indulgence est grande :-)  ils ne pouvaient pas prévoir...)     mais pour ceux qui pensent qu'il y a tabous et silences, j'invite a aller à la FNAC, ou plus simplement sans se faire chier à aller, de son fauteuil,  sur des sites comme amazon.com pour y découvrir les centaines et les milliers de titres de manuels et traités de comportement sexuel/affectif/ etc.




   
  
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  libertad
18-02-07
à 09:43

Re: Re:

Folamour, ce que tu dis est réel, on peut lire, regarder tout ce qu'on veut sur le sexe. Il est partout effectivement. Mais là tu parles du spectacle du sexe, éventuellement du sexe marchand qui est une aubaine en période de frustration sexuelle : sur le web les sites les plus visités sont les sites de sexe. On l'observe également sur l'En Dehors d'ailleurs où nos articles sur la sexualité figurent parmi nos best sellers en audience.
Tout celà est le signe d'une profonde frustration et non d'une libération. Oui aujourd'hui, il semble que plus rien nesoit tabou... virtuellement mais la pratique c'est un autre monde et là ça a plutôt régréssé.
En fait le système marchand organise la frustration pour vendre, c'est la logique habituelle.En effet qui irait acheter ce qu'il peut avoir gratuitement ? La frustration sexuelle sert le jeu du capitalisme en créant le marché du sexe. Là où il y a abondance, il n'y a pas de valeur d'échange.
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  ibubolo
18-02-07
à 10:01

Re: Re: Re:

de la même manière, notre époque est caractérisée par un autoritarisme toujours plus total, conquérant de nouveaux terrains (biotech, informatique, génome, etc...)...   pourtant, l'anarchisme n'a jamais été aussi facile à rencontrer, les bibliothèques et le commerce regorgent d'ouvrages antiautoritaires.

Dans notre société, le spectacle de la liberté règne sans partage ; les femmes ont été libérées à coups de minijupes, les peuples à coups d'états, les esprits à cout réduit et le sexe à coups de reins... le modèle présupposé de libération sexuelle est éminament machiste et le sexe appartient dorénavant, sida oblige, au champ de la mort.

En fait oui, notre société est traversée par la liberté politique, économique, sociale, sexuelle ou à la bergamotte, mais cela n'a pour but que de faire peur, en présentant ces choses comme des pertes de soi, une fin de la civilisation... un peu de la même manière que les penduEs ou décapitéEs (tabous) accueillent les visiteurs (en leur expliquant les coutumes locales) à l'entrée d'une cité.

Comme tu l'as dit... c'est pas parce que la société en parle que...
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  libertad
18-02-07
à 10:16

Re: Re: Re: Re:

Tu dis : "le modèle présupposé de libération sexuelle est éminament machiste", il me semble qu'il s'agit là d'une affirmation qui mériterait démonstration. Car quel modèle ? et cela laisse entendre que ce modèle aurait été prédéfini d'avance, par qui ?
C'est il me semble, mais je peux me tromper, une critique de la dite "libération sexuelle" qui émane souvent des milieux dits féministes radicaux-victimistes qui rendiquent une morale sexuelle jamais définie mais puisée aux sources du féminisme bourgeois, féminisme dénoncé par Emma Goldman au nom de l'anarchisme.Dès sa naissance le féminisme bourgeois a été marqué par le puritanisme et les femmmes anarchistes de "mauvaise vie" qui avortaient, faisaient l'amour avec qui elles avaient envie,  comme Emma se sont toujours élevé contre ce puritanisme bourgeois. La critique de la  dite "libération sexuelle" ne tombe pas du ciel.On aurait pu penser que les anarchistes auraient été vaccinés.
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  ibubolo
18-02-07
à 10:42

Re: Re: Re: Re: Re:

pardon, tu as raison, j'aurais du préciser... le modèle spectaculaire, celui qui fait dire que la femme est libre chez nous (et pas en iran par exemple, comme l'article du ML).
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  Rakshasa
20-02-07
à 19:49

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Oui, mais alors, aujourd'hui, si le sexe, notament sur le net, n'est que le spectacle, comment expliquer par exemple que l'industrie du film porno ne se porte pas très bien ces dernières années au profit du porno amateurs ? Je pense que l'on assiste au même phénomène que pour l'industrie du disque qui craint le net pour sa propension à créer du gratuit et du "do it yourself".
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  Rakshasa
20-02-07
à 19:51

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

L'ordre moral veille...dès qu'on parle de sexe, les commentaires tirent vers la droite...
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  ibubolo
21-02-07
à 12:56

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

le spectacle ne résume pas à sa dimension marchande
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  Rakshasa
21-02-07
à 13:21

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Oui, enfin il n'y a pas que de la représentation chez les libertins aujourd'hui, ça se saurait. Il faut bien agir pour faire du cul en dilletante et le plaisir ressenti ne trompe pas. Que cette activité sexuelle emprunte des schémas conformistes, conforme à une certaine image de liberté dans le sexe, ok, mais cela reste néanmoins non-conformistes par rapport à l'image dominante de la sexualité de coucouple. Je suis bien d'accord sur le fait que cela ne soit pas révolutionnaire, mais de là à envisager tout le milieu libertin non anar comme réactionnaire, j'ai un gros doute !
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  ibubolo
21-02-07
à 13:27

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

le milieu libertin est généralement soumis aux exigeances de monsieur ou à une vision machiste du monde...

mais bon, on se débrouille comme on peut...

mais que le milieu anar soit coincé du cul, il n'en fait nul doute.
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  Rakshasa
21-02-07
à 13:36

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Oui, et en fait, c'est ça qui me gêne. J'ai l'impression que ce milieu coincé du cul adopte une vision tronquée d'un autre milieu pour mieux masquer ses propres carences en matière de libération. Pendant que les uns théorisent et ne font que ça, les autres pratiquent. A quand une grande campagne d'entrisme des anars dans le milieu libertin ? Ne pourrions nous pas organiser des free partouzes ?
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  ibubolo
21-02-07
à 15:10

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

t'y tiens à tes partouzes... ;-) y aussi d'autres modalités de décoinçage... rien que dans l'attitude pour commencer... dans les regards, les mots, les gestes...     comment tu imagines partouzer avec des carmélites ? faut d'abord faire acte d'apostasie...
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  libertad
21-02-07
à 17:33

Un petit coup à gauche ...pour recenter le débat ;-)
Tout d'abord le milieu libertin, j'aimerais que l'on m'explique ce que c'est. Avant de voir s'il peut y avoir des convergences intéressantes pour les anarchistes, il faudrait savoir où l'on met les pieds ! J'ai tendance à penser que le milieu libertin se confond avec le milieu échangiste, mais je me trompe peut-être ? Si c'est le cas, je crois qu'il faut tout d'abord s'interroger sur ce qu'est l'échangisme avant de dire c'est super, organisons des partouzes :-)
Or il suffit d'aller voir sur les sites web des clubs échangistes ( pas bien difficile avec un moteur de recherche ) pour voir que c'est bourgeois et pas du tout subversif à propos du couple, qu'il ne s'agit pas du tout d'amour libre mais de propriété sur l'autre ( tout en acceptant que l'autre ai des relations sexuelles avec d'autres mais en votre présence ). Les échangistes présentent d'ailleurs cette pratique comme un moyen de renforcer le couple. Ce n'est qu'un maigre "progrès" par apport au couple traditionnel.
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  Anonyme
21-02-07
à 17:52

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Rakshasa, désolé mais Ibu a raison, tu ne penses qu'à partouzer



Essaye d'organiser une partouze avec des visiteurs de l'En Dehors, si t'arrive a faire poser les livres au vestiaire, alors qui sait
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  Anonyme
21-02-07
à 18:27

Re:

Oui, c'est vrai, pour ce qui est de la subversion du couple les milieux libertins
c'est pas le Pérou

Mais libertaire libertin c'est plus performant de ce point de vue, les couples explosent
vite fait, surtout quand la femme se fait tirer par le dogme,  au bout d'un moment y en a qui disent ras le bol de ces partouzes

J'ai connu un gars comme ca, une histoire triste, un vrai anar, option amour libre , il avait une copine. Les partouzes c'était pas son truc à la copine, mais c'était dans un contexte libéré ou elle osait pas dire non, lui était gentil mais ne s'en rendait pas compte.  L'inévitable s'est produit au bout de quelques années, j'ai eu de la peine pour lui car il était vraiment sincère dans son engagement et en plus sa copine était très chouette. Elle a supporté une petite dizaine d'années - pas mal déjà, mais elle l'aimait beaucoup - et puis un jour elle a dit plein le cul de toutes ces bites, et pis voilà. Une histoire classique.

 Les libertins non libertaires c'est sans théorie à la clé, pour les volontaires, mais faut pas rêver, y a souvent un déséquilibre. La femme est très demandée dans les milieux libertins "grand public". Quand t'es libertin homme, il suffit de trouver une vraie libertine (rare)  et tu deviens le roi de la nuit. Y a même des batailles autour des vraies libertines, la denrée étant rare, on se l'arrache. Et puis il y a aussi les libertines tendance vénale, enfin c'est tout un  monde quoi.

Franchement pour un anarchiste c'est pas vraiment un univers a recommander. Ou alors faut penser qu'à la fesse et à rien d'autre, réflechir le moins possible.

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  Rakshasa
21-02-07
à 18:55

Alors que faire contre cette misère ?

Juste pour finir sur les free partouzes, l'idée me fait "rire" lorsque l'on connait la répression qui s'abat sur les free party, le matériel est confisqué. Je me demande quelle serait la réaction des autorités en cas "d'orgival", réunissant des centaines ou des miliers de personnes venues s'envoyer en l'air au même endroit.
Ca à l'air de pas mal déranger le cul pour le cul chez les anars. Une amie anar qui fût streaptiseuse à Londres dans les années 60 était un peu catastrophée par les verrous de chasteté (psychiques, moraux ou intellectuels) des jeunes générations actuelles. Le sida a très certainement joué un rôle là-dedans et c'est sur cela que s'est appuyé l'ordre moral pour réinvestir les corps mais je ne comprend pas où l'on veut en venir en dénonçant la misère sexuelle de notre époque tout en apportant aucune proposition concrête.
Si certainEs ont d'autres idées qu'illes les expriment, merci.
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  ibubolo
22-02-07
à 00:46

Re: Alors que faire contre cette misère ?

t'es vraiment trop un utopiste...

(je dois tourner à 3 ou 4 grammes... mais j'assure ;- )... je vais esseyer la camomille )

nan mais c'est vrai ! moi je suis un vrai anar ! je reviens du bar !


en fait... plus je parle d'anarchie et moins je ...  

c'est pas que je tienne à ...  mais ...


c'est coincé, on baise là-contre avec quelque co-pinEs, mais sérieux... on ne se fait pas trop d'illusions :

l'anarchie est niaise...


PS : mieux vaut bander mou et plein de drogues que bander tout seul...

PPS : les autres bandaisons, j'en ai rien à foufou....

PPPS : le plus dur, c'est pour l'amour

...et finalement je salue les solitaires qui bandent sans drogue


Précision
: j'avais envie de parler de bite



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  Anonyme
22-02-07
à 01:10

Re: Alors que faire contre cette misère ?

J'ai plutot tendance à accorder ma méfiance aux révolutionaires qui ne parlent que de fesse comme toi Rakshasa, mais ton idée d'orgival me semble bonne.  

Compte tenu de l'état du pays et de son peuplement, j'ai une idée assez précise de comment la chose pourrait se dérouler si elle se arrivait à se dérouler à la barbe des parachutistes rappelés en urgence d'Afghanistan  devant la gravité de la situation.

La présence occasionelle d'enfants sur l'En Dehors m'interdisant évidemment de me livrer à une déscription complète de ce que je vois comme résultat.  

En tout cas, beaucoup plus difficile à organiser qu'une prise de la Sorbonne et même de la Bastille

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  Rakshasa
22-02-07
à 08:25

Re: Re: Alors que faire contre cette misère ?

Quelques flys, une infoline, pas de matos à réunir, tout le monde vient les mains et les préservatifs dans les poches. Pas de lutte armée, on peut même filmer et refourguer le tout sur le net en faisant à coup sûr exploser l'audimat...
"J'ai plutot tendance à accorder ma méfiance aux révolutionaires qui ne parlent que de fesse"
Et bien, je t'avouerai que je n'en ai rencontré que très peu et c'était plutôt rafraichissant. Par contre, je n'ai pas encore rencontré de programme "révolutionnaire" avec du cul. C'est étrange, Hollywood et les publicitaires ont compris les mécanismes de contrôle des pulsions sexuelles et les prétendues orgas révolutionnaires, plutôt que d'envisager leur libération, les ignorent voir les refoulent. Ca existe quand l'ennemi s'en sert, mais chez nous, pas de ça! Incapacité, hypocrisie ou inhibition de moines-militants? Il serait bon de se les réapproprier, comme tout le reste. Jouissons sans entraves qu'i disaient les autres ?
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  folamour
23-02-07
à 07:51

Re: Re: Re: Alors que faire contre cette misère ?

Que le sexe puisse être un élément de subversion, j'en suis relativement convaincu, mais je ne suis pas certain que le "couple" - à distinguer de la famille - soit forcément une structure aliénante, je me souviens en avoir déjà causé ici quelque part, et je me demande si le couple n'est pas aussi parfois une structure de résistance, une cellule communiste de base :-) , qui peut dans certaines conditions échapper un peu, et nous permettre d'échapper un peu, à l'emprise du marché, en tout cas de se reposer du marché.

Il y a aussi la jalousie. J'avoue pour ma part ne pas avoir d'idées tranchées sur la jalousie/"possession", mais empiriquement il me semble que rares sont ceux et celles qui arrivent à échapper à cette forme d'aliénation, en supposant que cela en soit une. Je dirais que globalement j'ai vu, observé, plus de malheurs "individuels" que de bonheurs sortir des tentatives de luttes contre la jalousie. Tentatives qui par ailleurs sont souvent ménées avec des niveaux d'adresse/maladresse, dogmatisme/non dogmatisme, autorité/libre choix, très très variables selon les cas.

Il me serait facile de fanfaronner en clamant ici que je ne suis pas jaloux, mais je préfère dire que je le suis. Je reconnais ma faiblesse en ce sens aussi que j'avoue avoir renoncé
à lutter contre ma propre jalousie, et reporté mes maigres énergies sur d'autres combats qui me semblent, à mes yeux donc, plus prioritaires, et surtout dont je distingue plus clairement les perspectives éventuelles.

Je dois dire aussi, "à ma décharge" , qu'en France j'ai très rarement rencontré des gens qui ne soient pas "jaloux", y compris parmi les combattants anti-jalousie,  sauf peut-être du coté de certains "libertins", mais lesquels ont bien souvent une approche qui ne me plait guère, et qui en tout cas ne me parait pas opérationnelle du tout politiquement.

La "plaisanterie" de Rakshasa, l'idée d'orgival, serait intéressante à développer, ne serait-ce qu'au niveau de la discussion. Evidemment je ne serais pas très à l'aise dans la discussion si je me retrouve seul jaloux entouré de non-jalouses et de non-jaloux :-). Situation qui, du moins  sur l'Internet, peut se produire rapidement :-)

Le cul, au sens gymnastique du mot, c'est relativement facile de le réduire en traités - et d'ailleurs personne ne s'en prive de nos jours semble-t-il - mais les sentiments et les émotions s'accommodent plus mal des formules mathématiques (fusses-t-elles karezzantes)

A chaque fois j'ai dans la tête une personne que j'ai un peu connu , et qui était, en plus d'être un anarchiste des plus solides,  un vrai combattant de l'amour libre, et aussi des orgivals, et dont l'univers s'effondra soudainement le jour ou sa compagne se mit à avoir le palpitant qui fibrillait plus, et définitivement, pour un autre que vers lui. Il est demeuré - je crois, et s'il est encore vivant - un combattant des mêmes causes, mais dans un état de tristesse  et de peine psychique, "aux dernières nouvelles", qui ne peuvent laisser indifférents.

Histoire banale me direz-vous, mais c'est justement la banalité qui m'a incité à en parler.

Je n'en voulait même pas à sa copine de l'avoir réduit dans un état pareil car elle avait beaucoup donné, et longtemps, "pour la cause", et n'avait pas manqué non plus de lancer de nombreux, clairs, et réguliers, appels du pied pour signifier qu'elle tenait à se reposer un peu de ce combat-là.

Pour revenir au couple, je crois que ce serait une erreur d'interpréter uniquement le "retour au couple" -celui qui a succédé aux "glorieuses" :-) années 70 - de la même façon qu'on interprète le baissage de froc des syndicats devant le patronat.   
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  Rakshasa
23-02-07
à 13:25

Re: Re: Re: Re: Alors que faire contre cette misère ?

Pour ce qui est de la jalousie, mon expérience personnelle m'a amené à en faire deuil petit à petit. Pas si évident au début de se "résoudre" à la liberté de l'autre même en prônant cette liberté, puis peu à peu, l'autre libre m'a ouvert les horizons et à ce jour je ne peux l'aimer autrement. Et dans les périodes de troubles, il n'a pas été question de quitter l'une ou l'autre, il a été question de se quitter l'une l'autre, d'un commun accord pendant de longues discussions après les foudres des colères.
Le couple, en tant que groupe de deux individus n'est pas plus enfermant qu'un groupe de taille supérieur. Le couple est enfermant avec les valeurs "Couples" qu'il trimballe aujourd'hui. A chacunE, de ne pas reproduire ces valeurs dans son groupe. On connait des groupes plus larges qui se comportent comme des Couples, notament les clans affinitaires. En somme, c'est peut-être plutôt du côté de la famille qu'il faudrait regarder les enfermements (le Couple comme le clan affinitaire empruntant les mêmes mécanismes de cohésion et d'appartenance au groupe).
Mais l'enfermement vient aussi de la projection faite du Couple par la société sur  les binomes d'individus. Difficile quand on vit avec une personne de ne pas être assimilé systématiquement à l'autre par autrui. Le milieu libertaire, là-dessus n'est pas différent d'un autre: si l'on est "avec" quelqu'un, on le reste et l'on n'est pas avec quelqu'un d'autre. Question de concurrence très certainement, la loterie affective et/ou charnelle se joue aussi chez les anars.
Par contre, sur la place des "femmes soumises aux désirs machistes chez les libertins", c'est encore une grille de lecture victimiste, et c'est une fois de plus dénier à la femme ses désirs. C'est encore une fois, lui refuser sa capacité à décider par elle et pour elle, et sa capacité à influencer un milieu, sa capacité d'y agir de sa propre volonté.
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  folamour
23-02-07
à 19:13

orgival

Rakshasa, je ne peux que te souhaiter de continuer sur ce chemin heureux jusqu'à ton dernier souffle.

En prenant la posture du jaloux, j'aurais peut-être du parler de souffrant. Comment gérer cette souffrance autrement qu'en culpabilisant le souffrant (on culpabilise beaucoup le souffrant).
Or il y a parfois souffrance dans la séparation lorsque l'une des 2 (ou 3 ou ce qu'on veut) parties concernées est moins préssée que l'autre. Cela arrive, parfois, du moins c'est le bruit qui court :-)

Je suis assez tenté par la vision d'une société ou l'on ne se quitterait jamais, bien que je sois incapable de la visualiser précisement sous l'angle pratique, de certains "détails" disons. (Bien sur je parle d'une société de masse, pas d'une société de publiés chez Gallimard)

Sur les femmes et milieux libertins je te rejoins en partie, sauf qu'il y a, je crois, un leger déséquilibre, disons d'ordre numérique, entre le nombre d'hommes "libertins" et le nombre de femmes "libertines" - phénomène dont les causes sont peut-être hors fil -  et que cela perturbe d'une certaine facon et le milieu "libertin" et le jugement que l'on peut s'en faire. Ceci dit il y a chez les libertins, du  moins certains d'entre eux, quelques "avancées" au niveau du sexe, mais je ne sais pas si elles sont vraiment généralisables, ni même s'il est souhaitable qu'elles le soient. On marche sur de la porcelaine avec ces histoires , gaffe aux éléphants (et il y en a)  

A propos de déséquilibre, les remarques que tu fais sur le milieu anar sont intéréssantes, mais le problème c'est que là aussi il y a un déséquilibre "numérique" qui nuit au jugement , et qui peut aussi expliquer en partie  certaines fébrilités et désagrements.
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