L'En Dehors


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Anarchiste maintenant
--> (Juste un billet d’humeur)
Quelqu’un qui méprise la police ne peut pas être un mauvais homme. Qu’y-a-t-il de plus abject que de faire un métier qui use de la force, du matraquage, de l’emprisonnement, voire du meurtre « accidentel », le plus souvent sur des personnes démunies, pauvres, et même sur des enfants ? En constatant que, de plus, ces gens-là se bardent d’un attirail répressif outrancier et agissent dans la violence la plus effrénée, on ne saurait oublier la vilénie de l’idéologie punitive, discriminante, et parfois xénophobe qui est distillée dans ces arrière-cours. Ne faut-il pas s’avérer bien paranoïaque pour consacrer sa vie à surveiller les autres et bien vicieux pour vouloir punir ? Rien que l’ignoble et systématique « garde à vue » exerce, à elle seule, un démenti cinglant à la déclaration des droits de l’homme. Comment s’étonner que ces adeptes des « marches au pas » soient la cible des rebellions immédiates puisqu’ils s’adonnent à édifier le mur de protection du système. Et que dire de ces flics silencieux qui fichent et contrôlent les habitants d’ici comme des ennemis intérieurs. A quand le courage minimum d’en finir avec ces polices secrètes et d’état ?

 

 

Il y a plus méprisable cependant. Il y a ceux-là même qui font profession d’exercer le pouvoir. Cette oligarchie qui fait son métier d’être des élus. Ces élus professionnels ne sont en rien respectables. Ils ne sont en rien le peuple, ni même les représentants qu’ils se déclarent être. La démocratie, là, n’existe que le bref instant où le citoyen croit encore détenir son bulletin de vote, ce bout de papier dérisoire qui hésite un choix entre charybde ou scylla. De démocratie, elle n’a que la fonction élective provisoirement accordée, sinon, elle n’est qu’une oligarchie au service des exploiteurs, et aujourd’hui, une quasi-monarchie grotesque. Une monarchie sans royauté héréditaire (c’est sa seule limite à un absolutisme des oukases), mais une mono-archie emplie de ces roitelets impudents qui décrètent plus de répression, jugent qui peut passer les frontières ou décident à notre place de la vie future.

 

Il faudra un jour qu’ils rendent des comptes, ces professionnels de l’élection, ces prétendus chefs de quelque chose comme s’il suffisait de se targuer d’un pouvoir qui n’est pas à eux. Il faudra qu’ils expliquent la prétention de leurs actes et l’infamie de leurs décrets. Qu’il prenne garde que le peuple ne leur demande de quel droit ils ont ainsi disposé de nos vies. Oui, ils vivent de nos abdications, mais ils exploitent surtout nos épuisements. Les voilà qui fomentent des expulsions, des frontières, des contrôles. De temps à autres, bien sûr, le système crapuleux que certains ont mis en place devient visible lors d’un procès ou d’une « affaire », mais ces déboires masquent mal que l’oligarchie se nourrit des autres…Et quand bien même, ces élus professionnels construiraient une aimable politique, leur seule prétention de détenir nos vies, de décider à notre place reste une immondice. La seule démocratie est directe, et ne connait que des délégués révocables à tout moment.

 

Et puis, il y a ces accapareurs. Ceux-là qui prennent sur les autres, ceux-là qui font faire leur sale besogne, parce qu’ils prétendent s’approprier pour eux seuls un morceau de la planète terre. Ni le monde ni l’humanité ne sont à vendre. J’ai lu, bizarrement dans le Monde Libertaire, les errements « politiques » de certains appelant à associer les mots capitalisme et libertaire. Ceux-là se gardent bien d’user du mot d’anarchiste. Il leur faut une idée simple et le terme libertaire a toutes les connotations plaisantes à leurs yeux. En utilisant la crainte que les communistes révolutionnaires eux-mêmes ont de l’individu, en citant Proudhon, Bakounine, on peut réduire l’anarchie à l’absence de pouvoir, mais surement pas au désordre. Au désordre de quel ordre, d’ailleurs. L’anarchie est l’absence de pouvoir et c’est cette idée simple non-autoritaire, mais extraordinaire qui vaut contre tous les oppressions.

 

Il y a au moins un malentendu, sinon une imposture. Le capitalisme n’existe pas en soi, seule existe l’exploitation capitaliste. Pas de bourgeois sans exploités. Le jour où un type s’est enrichi en se déclarant propriétaire, il l’a fait sur le dos des autres. Le monde marchand vendrait sa propre mère et demande à chacun de s’y consacrer. Rien de plus ignoble que le processus d’héritage qui décide de l’inégalité des êtres humains. Le capitalisme est à vomir parce qu’il n’est qu’une exploitation à l’échelle planétaire. C’est ce que l’idéologie du « développement durable » prétend prolonger encore en dépit du désastre. Ces gens-là font de l’argent le fondement des relations, et de l’exploitation la seule qualité de la richesse. Ils prononcent les mots emploi, recherche et développement et ces termes ont dans leur bouche toute l’amertume des années d’oppression. L’humanité au contraire se pratique gratuitement. Même une recherche scientifique ne se brevète pas, elle se publie librement.

 

Chacune de nos résistances constitue une incroyable performance. Chacune de nos rebellions génère un immense espoir. Du moins, il y a ceux qui refusent de devenir ces auxiliaires de police qu’on nous demande de plus en plus d’incarner, à l’école, au lycée, à l’université, au supermarché, dans la rue même. Il y a ceux qui se battent, sabotent l’organisation policière du monde, offrent des refuges aux exclus de la vie de quelques horizons qu’ils soient. Ce monde ne tournera pas rond si facilement. Il existe une colère qui réintroduit la liberté dans les révoltes, une perspective libertaire contre le capitalisme, une alternative anarchiste contre le monde marchand…

 

Décidemment, oui, je me sens anarchiste, aujourd’hui et maintenant.

 

Thierry Lodé

Professeur d’Écologie Évolutive

Ecrit par ThierryLode, à 19:29 dans la rubrique "Social".

Commentaires :

  dgino82
11-02-10
à 11:11

merci pour ce ptit texte qui nous réconforte dans notre anarchisme et nous redonne l'envie de rebellion, qu'on a tendance à nous faire perdre par l'usure
Répondre à ce commentaire

  satya
11-02-10
à 14:14

Re:

oui, tu as raison, cela fait du bien à lire :)
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  Rakshasa
11-02-10
à 18:13

Nouveau ! Avec encore plus d'anarchisme dedans :) !

Oui, moi aussi j'ai trouvé ce texte plutôt bien. Mais dès la fin de sa lecture, il m'est apparu que Thierry tu n'abordes pas la question de l'enseignement, question par laquelle tu es d'ailleurs directement concerné:
- Le rôle de l'enseignement scolaire, universitaire comme outil de reproduction des classes sociales et d'intégration à la société du travail.
-La hiérarchisation des rôles dans la transmission du savoir. La spécialisation comme vecteur de concentration de pouvoir, d'autorité.
-L'infantilisation des individus par l'évaluation par épreuves, classements, examens.
-La compétition permanente, le règne des experts.
-L'absolu absence de démocratie dans l'enseignement qui fait plus penser à de l'enrégimentement pour une préparation au STO.

Il me semble qu'une critique de l'école, de l'enseignement aurait pu avoir sa place dans un tel texte.
En somme, comme le flic, le curé, le patron, le professeur aussi est une figure de l'autorité et un acteur majeur de reproduction des inégalités et de restriction des libertés dans notre société.
Tout ça pour te poser une question: comment composes-tu avec une telle contradiction, entre le sentiment d'être anarchiste et le fait de faire partie de l'élite ?
De quoi se sentir un peu plus anarchiste encore ;) !
Répondre à ce commentaire

  ThierryLode
11-02-10
à 19:37

Re: Nouveau ! Avec encore plus d'anarchisme dedans :) !

Merci de ces commentaires.
J'ai déjà un peu écris sur l'éducation http://endehors.org/news/l-ecole-fabrique-de-l-inegalite.
Mais, en effet, il y a tant à dire...
 
Répondre à ce commentaire

  Mirobir
16-02-10
à 15:52

Effectivement, partant du postulat que tout individu armé (au sens littéral comme figuré) est potentiellement dangereux pour les autres ainsi que pour lui-même, on ne peux qu’acquiescer au contenu de ton billet. Il y a là une forme de schizophrénie de l’absolu que de vouloir appartenir à ce monde « Politico-judiciaire ». N’en vouloir accepter les avantages du statut sans les inconvénients est symptomatique du discours ; le non savoir-faire (appelons-le l’incompétence), qui résulte sans doute de millénaire d’écrasement de l’Homme par l’Homme (Religion, politisme, éducation, ...) : Il faut dominer, et par la force, son meilleur outil.

Si on rajoute, comme tu le souligne, que l’« individu » agit sur ordre, ou par pulsion destructrice - on en connaît les conséquences.

Hormis le castor (mais sans nuire à son biotope), l’humain n’est-il pas le seul animal de cette planète à vouloir changer son environnement (pour son unique profit d’ailleurs), et à ne jamais savoir s’y adapter…

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  ThierryLode
17-02-10
à 08:44

Re: le castor est un ingénieur

En fait, la plupart des animaux modifient leur milieu et non seulement les "animaux-ingénieurs" tel que le castor, l'éléphant etc...c'est le concept évolutif de "construction de niches" qui résulte de la compréhension que les animaux sont actifs, aussi bien en disposant leur gite qu'en protégeant leurs oeufs par exemple. Ainsi, les mares creusées par les éléphants favorisent même l'évolution des différentes espèces... de poissons. Le jeu des interactions entre les espèces génère l'évolution à travers des micro interventions, y compris "volontaires".
Si l'homme a une particularité, ce n'est donc pas d'aménager son environnement, d'ailleurs de nombreux peuples premiers (pense aux papous, aux Bushmen) n'altèrent pas beaucoup leur milieu de vie. Je pense qu'il n'y a pas de propre de "l'homme", d'"essence cachée", sinon l'art de discuter, le langage, la palabre.
Mais il y a bien un enjeu de l'exploitation capitaliste du travail humain, qui organise le pillage de la planète. (Ce qui a ému pour un temps les écolos qui souhaitent maintenant "réguler" cela comme d'autres veulent "réguler" les salaires des patrons)...et l'autoritarisme des états et des polices est construit précisement pour protéger cette exploitation. Merci pour ton mot.
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  nana-infernale
22-03-10
à 15:25

un billet d'humeur pareil, ça met du baume au coeur...Marsssi

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