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Une « makhnovtchina » sibérienne

Lu sur : A Contretemps « Si l'existence des idées libertaires et des pratiques anarcho-syndicalistes en Sibérie est signalée dans la très grande majorité des publications universitaires (Paul Avrich) ou militantes (Voline, Grigori Gorelik, Piotr Archinov) (1), en russe ou dans d’autres langues occidentales, l’activité insurrectionnelle et révolutionnaire de l’anarchisme sibérien, en partie comparable à celle de la Makhnovtchina, est, elle, curieusement fort peu connue.

Le grand mérite des travaux d’Anatoli Shtirbul sur l’anarchisme en Sibérie est de combler cette lacune. Très riche en documents d'archives soviétiques (Tcheka, rapports du PCUS) et en témoignages d’époque jusqu’alors disséminés dans différents ouvrages, sa thèse relève d’un véritable travail de « fourmi ». En évitant certains travers méthodologiques – absence d’index général ou de sous-parties dans les chapitres –, elle aurait sans doute gagné en lisibilité, mais on signalera, à l’actif de son auteur, une certaine objectivité dans le traitement du sujet. Si A. Shtirbul est visiblement peu enclin à souligner les aspects constructifs de l’anarchisme, il n’en occulte pas moins son impact parmi les révolutionnaires et la population sibérienne.

Certes, on pourrait regretter une certaine difficulté du chercheur à mettre en valeur son sujet, mais, tout compte fait, il n’est pas vain de saluer un travail qui, vu les conditions de l’actuelle Russie – et plus encore de la Sibérie –, révèle, de la part de son auteur et de l’université d’Omsk, un indéniable intérêt pour un champ d’étude très éloigné des modes intellectuelles en vogue.

L’introduction de l’ouvrage rappelle l’état des travaux universitaires, locaux en particulier, depuis le début des années 90, sur la présence et l’influence anarchistes en Sibérie. Le principal apport d’A. Shtirbul est de mettre l’accent sur la confluence entre la sensibilité libertaire et les traditions séculaires sibériennes : la tendance à l’autonomie anti-féodale des groupes cosaques ; les liens de solidarité entre le banditisme et la paysannerie ; l’anti-étatisme des groupes religieux orthodoxes dissidents (« begunstvo » (2) et l’influence de la religion protestante au XIXe siècle ; l’existence de pratiques coopératives parmi les paysans, mais aussi les ouvriers, d’une ampleur similaire aux communautés d’inspiration religieuse (« doukhobors » et Tolstoï).

En s’appuyant sur les études de V.A. Lojdikov, A. Shtirbul suggère que Bakounine aurait renforcé ses convictions libertaires au contact des Sibériens. Si l’hypothèse est envisageable en ce qui concerne Bakounine, il est, en revanche, certain qu’elle s’applique parfaitement à l’autre grande figure de l’anarchisme russe, Kropotkine. Son séjour en Sibérie ne fut sans doute pas pour rien dans l’écriture de l’Entraide, un facteur de l’évolution (1902). Kropotkine l’admet d’ailleurs lui-même dans ses souvenirs (3) : « Les années que je passai en Sibérie m’apprirent bien des choses que j’aurais difficilement apprises ailleurs. Je compris bientôt l’impossibilité de rien faire de réellement utile aux masses par l’intermédiaire de la machine administrative.

Je me défis de cette illusion à tout jamais. Puis je commençai à comprendre non seulement les hommes et les caractères, mais aussi les ressorts intimes de la vie sociale. […] Je puis dire aujourd’hui que je perdis en Sibérie ma foi en cette discipline d’État [le commandement de type militaire]. J’étais ainsi tout préparé à devenir anarchiste. »

La présence de prisonniers politiques libertaires, condamnés au bagne ou à la relégation, constitua sans doute un des fondements de l’anarchisme en Sibérie. A. Shtirbul y situe l’existence des premiers groupes spécifiquement anarchistes à partir de 1902. La première apparition sociale des libertaires date, elle, des mouvements d’opposition de type insurrectionnel de 1905-1906. Très minoritaires, les anarchistes se cantonnent alors pour l’essentiel à la propagande orale ou écrite. A. Shtirbul note opportunément : « L’échec du mouvement politique [c’est-à-dire des partis réformistes], le renforcement de la répression, une situation économique dégradée qu’accompagne une chute du niveau de vie, tout cela accentue le désespoir et pousse une partie des travailleurs politiquement actifs vers les anarchistes » (I, p. 85). Foncièrement révolutionnaire, le mouvement anarchiste sibérien s’adresse à tous les exploités, y compris les droits communs, adoptant en cela le point de vue de Bakounine. A partir des décisions prises, en 1907, par un groupe de Tomsk, on peut constater qu’il se fixe des objectifs variés : expropriation des biens de l’État et de personnes privées, pratique du terrorisme contre certains individus, agitation parmi les militaires pour préparer une insurrection armée, propagande orale et imprimée, activités légales à travers la constitution de coopératives, de syndicats et de caisses de solidarité. En liaison avec des sociaux-démocrates, des socialistes-révolutionnaires (SR), des sanspartis, différentes tentatives armées ont lieu : l’une avorte en 1907 à Omsk ; l’autre, en 1911, à Tchita (avec 30% de désertion dans un régiment). Les actes d’expropriation et de terrorisme sont également nombreux. En 1914, une conférence anarcho-communiste se tient dans un village de la province d’Irkoutsk. Elle réunit une trentaine de participants et définit une double ligne : la propagande anarchiste et la préparation de « la terreur (le terrorisme) contre les représentants du pouvoir ». Parallèlement, on assiste au phénomène connu de morcellement du mouvement libertaire entre ses trois grandes orientations classiques : l’anarcho-communisme, l’anarcho-syndicalisme et l’anarcho-individualisme. A. Shtirbul émet quelques hypothèses sur le nombre des militants anarchistes. Pour la période 1906-1907, on peut en compter une centaine pour 3 000 sociaux démocrates et 1 000 socialistes-révolutionnaires en relégation (I, p. 93). Les statistiques, cependant, sont difficiles à établir, d’autant que les anarchistes sont souvent itinérants et qu’il n’est pas toujours aisé de situer la différence entre sympathisants et militants. D’après les décomptes proposés par l’auteur, il y aurait eu en

Sibérie, vers 1917, 46 groupes et clubs anarchistes regroupant 800 militants.

La révolution russe de 1917, appuyée pourtant par toute la gauche, tourne sans tarder à l’avantage des bolcheviks, qui détiennent rapidement tous les leviers du pouvoir. Occupées à résister à la contre-révolution de droite, les autres tendances du socialisme tenteront malgré tout de mettre en place des organes du peuple opposés aux prétentions marxistes-léninistes. Durant ce processus, les libertaires se partageront entre pro et anti-soviétiques. En Sibérie, en dépit de certains problèmes internes liés pour beaucoup à la présence de « droits communs » dans ses rangs, le mouvement anarchiste développe une activité créatrice, notamment à travers le syndicalisme non centraliste des mineurs de Keremovo. Plus généralement, en septembre et octobre 1917, les travailleurs s’emparent des usines et des ateliers. Pour caractériser ce mouvement, A. Shtirbul parle d’un « anarchisme spontané » sans liaison évidente avec les organisations libertaires. « La vague actuelle d’anarchie – déclare alors un Lénine qui laisse percer son inquiétude – peut s’avérer plus forte que nous ; les masses affamées et épuisées par la politique du gouvernement provisoire détruiront tout, casseront tout, même de façon anarchique. » A. Shtirbul donne l’exemple du soulèvement manqué de la garnison d’Irkoutsk sous domination de Kornilov, en septembre 1917, mais l’activité des anarchistes au sein des garnisons est également tangible à Tomsk, Krasnoïarsk, Tcheremkhovo, Semipalatinsk (4), Tchita et dans la flotte du lac Baïkal. Alors que l’activité des SR et des mencheviks décroît rapidement, celle des bolcheviks et des libertaires se développe. Ces derniers sont fortement implantés dans les régions de Tomsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk et autour du lac Baïkal (5). La divulgation de la pensée anarchiste prend essor à travers l’édition de livres – Kropotkine, Reclus et Malatesta aux éditions Novomirski – et de périodiques – Sibirskiy anarkhist (l’Anarchiste de Sibérie) à Krasnoïarsk et Buntovnik (l’Insurgé) à Tomsk. Entre autoritaires et libertaires, les conflits se multiplient : pendant l’hiver 1917-1918, les anarcho-syndicalistes de Krasnoïarsk déclarent s’opposer à « la prise du pouvoir dans les soviets » et affirment vouloir lutter contre les partis qui ne laissent pas de place aux « prolétaires révolutionnaires » (I, p. 162). Au printemps 1918, les anarchistes de Tomsk défendent une organisation des soviets conforme aux intérêts des travailleurs. Au cours de l’année 1918, on relève une présence anarchiste à différents congrès de soviets : 7 délégués sur 104 pour la Sibérie de l’Ouest, en janvier, à Irkoutsk. Au-delà des chiffres, certains détails indiquent une influence libertaire dans ce type de structures. Au congrès des soviets de toute la Sibérie, qui se tient, toujours à Irkoutsk, en février cette fois, les délégués anarchistes sont au nombre de 8 sur 202, mais le congrès élit à sa direction 25 bolcheviks, 11 socialistes-révolutionnaires, 4 maximalistes, 4 anarchistes et 2 sociaux-démocrates internationalistes (6).

Tout en épinglant fort souvent des cas d’ivrognerie et de banditisme – vrais ou faux – chez les anarchistes (II, p. 37), voire des conduites despotiques (I, p. 181), comme celles de Peregojine, Bouiski et Smoline dans la région du lac Baïkal, A. Shtirbul reconnaît l’influence grandissante des anarchistes parmi les cheminots et les paysans, renforcée par celle des soldats anarchistes envoyés en Sibérie. Pour l’auteur, c’est l’absence de coordination et un sens tactique défaillant qui empêchèrent un développement de l’anarchisme comparable à celui du marxisme-léninisme à l’échelle de la Sibérie et de la Russie. Le second volume de sa thèse, curieusement, semble hésiter entre la justification des léninistes – exemple (II, p. 6) : « Durant le printemps 1918, le pouvoir des soviets, répondant, d’abord à Moscou, à l’action irresponsable des anarchistes (7), s’est efforcé de les placer sous son contrôle » – et la prise en compte des critiques libertaires contre « la dictature communiste et ses principes obligatoires de centralisme abrupt et de diktat d’en haut » (II, p. 65-66).

Cette évidente contradiction s’explique peut-être par la distance écoulée entre l’élaboration de la thèse et sa publication, puisqu’on peut aisément admettre que, sur cette longue durée, la pensée de son auteur ait pu évoluer au rythme de la liberté d’expression au sein de l’Université de l’ex-URSS.

A. Shtirbul ne souligne sans doute pas assez que le désarmement des unités anarchistes par les léninistes est empêché par l’attaque généralisée des blancs de Koltchak, en mars 1918. Ces unités, de même que celles des SR de gauche, combattent trop efficacement pour que les léninistes s’en privent. Elles sont au premier rang de la résistance clandestine quand les blancs occupent la Sibérie. A l’automne 1918, des guérillas paysannes anarchistes apparaissent dans les régions déjà mentionnées (8). Novoselov, par exemple, conduit une troupe de dizaines de combattants chantant la Marche des anarchistes et arborant des drapeaux noir et rouge sur lesquels on peut lire : « L’anarchie est la mère de l’ordre » (II, p. 36). D’autres détachements anarchistes élisent leurs commandants. Pour A. Shtirbul, une partie non négligeable des 140 000 combattants révolutionnaires de Sibérie était sous influence anarchiste (II, p. 54). Comme les troupes de Makhno contribuant de façon décisive à l’écrasement de Denikine en Ukraine, les partisans anarchistes sibériens (Novoselov, Rogov) favorisèrent l’échec de Koltchak. D’un point de vue strictement militaire, l’apport des anarchistes à la lutte contre les blancs fut indispensable. Cette donnée lui permet d’expliquer pourquoi l’éradication de l’anarchisme, programmée à Moscou, eut quelques difficultés à se mettre en place en Sibérie, les bolcheviks locaux considérant d’abord les anarchistes comme des révolutionnaires honnêtes.

La grave crise politique, économique et sociale que connaît la Sibérie, en 1920, au sortir de la guerre contre les blancs, va avoir des conséquences sur le PC sibérien. A. Shtirbul n’insiste pas assez sur ce « diktat d’en haut » du léninisme. Pourtant, la désignation de dirigeants extérieurs à la région et la nomination d’ex officiers tsaristes comme chefs d’armée (II, p. 68) valident pleinement les analyses des libertaires sibériens sur les manipulations bolcheviques et l’indispensable contrôle de la révolution par les travailleurs eux-mêmes.

L’exemple de la IVe armée de partisans paysans, dirigée par Marmontov, illustre assez bien ce que pouvait être la sensibilité des révolutionnaires « sincères ». A la suite d’une proposition, émise fin 1919 - début 1920 par le commandant M. V. Kozyr, visant à organiser le pouvoir des soviets sans les communistes, la direction du PC l’écarte et nomme un bolchevik à sa place. Immédiatement, une assemblée de garnison vote la résolution suivante : « Les comités révolutionnaires de militaires élus par nous n’ont pas de pouvoir…

Personne ne doit démettre nos représentants et les remplacer par des gens que nous ne connaissons pas. Nous ne l’admettons pas » (II, p. 70). Kozyr, lui-même, avait déclaré : « Nommez partout les meilleurs d’entre vous, choisissez ceux qui méritent votre confiance et qui comprennent vos besoins. Protégez-les contre tous ceux qui les menacent, même sans le dire… » D’autres conflits opposèrent les partisans aux instances dirigeantes du PC. Un rapport de janvier 1920 pour la région d’Altaï souligne : « Les paysans ont espéré “ le pouvoir dans les régions ”. Quand ils se sont heurtés au pouvoir soviétique centralisé, la méfiance s’est tout à coup emparée d’eux. »

Une résistance à la fusion des unités de partisans dans l’armée rouge s’organise autour des commandants Novoselov, Rogov, Lubkov et Plotnikov, dans les régions d’Altaï, de Tomsk et de Semipalatinsk. Les anarchistes mènent campagne pour la création de collectifs paysans autogérés et la libération de Rogov, qu’ils obtiennent en avril 1920. Le 1er mai de cette année est marqué par un grand meeting anarchiste tenu dans le village de Julanikh, à 120 km au nord-ouest de Barnaoul, où les orateurs rendent hommage aux victimes de la terreur blanche. Mille partisans y participent et quelques milliers de paysans y assistent, arborant des drapeaux noir et rouge. Deux jours plus tard, l’heure est à l’insurrection. Elle mobilise une troupe d’environ 1 000 personnes. Novoselov (9) propose la création de la Fédération des anarchistes d’Altaï (FAA), dont font partie Rogov et sept de ses commandants. La troupe s’accroît d’un millier de combattants et reçoit le soutien de milliers de paysans de la région de Pritchensk. Pendant le printemps et l’été 1920, l’insurrection de Rogov se développe, d’après A. Shtirbul, grâce aux complicités de la FAA au sein des corps d’armée, de la milice et de la Tcheka (10). Les partisans anarchistes occupent la région du nord-ouest de Barnaoul et les communes de Biiski, Kuznetsov et Novonikolaev.

Malgré les ordres venus de Moscou, la réaction des autorités bolcheviques locales semblent avoir relevé, dans un premier temps, de l’attentisme, probablement par crainte d’une contagion à d’autres corps d’armée. Une fois l’offensive lancée par l’armée rouge, les troupes de Rogov se divisent en petits groupes qui se dispersent dans la taïga. En juin 1920, Rogov est pris et se suicide. Novoselov, lui, continue la lutte jusqu’en septembre 1920, avant de se cacher avec ses partisans. Au même moment, Lubkov provoque une nouvelle insurrection dans la région de Tomsk. Ses partisans sont au nombre de 2 500 à 3 000 hommes. Vaincu, Lubkov tente de pactiser avec les bolcheviks avant de disparaître dans la taïga avec quelques-uns de ses partisans.

En janvier 1921, Novoselov participe, à Julanikh, à une nouvelle insurrection. Son « armée paysanne » regroupe entre 5 000 et 10 000 combattants. A la différence des mouvements précédents, celui-ci recherche l’appui des anticommunistes, d’où qu’ils viennent, y compris des blancs (11). Le sort des armes lui est rapidement contraire.

Pour A. Shtirbul, tous ces mouvements relèvent d’une « révolution petite-bourgeoise », limitée à une partie de la Sibérie et n’ayant touché que 25 000 personnes – sans qu’on sache si ce chiffre s’applique aux combattants ou à la population concernée. Par ailleurs, cette « makhnovtchina sibérienne » aurait été, selon lui, l’un des facteurs de l’adoption de la NEP. On appréciera, bien sûr, avec circonspection ses interprétations.

L’auteur manque, à l’évidence, de clarté sur l’épilogue de cette histoire. Si certains anarchistes, comme Guistman, Bouisk, Kalandarichvili et Chatov, rejoignent les rangs du PC sibérien – 65 en 1922 –, d’autres en sont expulsés – 70, en 1921, dans les régions de l’Ouest et du lac Baïkal. On peut regretter, enfin, qu’A. Shtirbul n’ait pas su dégager l’influence probable des idées libertaires sur le PC sibérien en 1919-1920, tant sur le plan de l’autonomie fédérale que sur celui du respect des droits des paysans et des partisans.

Si ce travail dément sur bien des points l’historiographie bolchevique traditionnelle – léniniste, trotskiste, stalinienne et post-stalinienne –, qui ne cite que l’Ukraine, Tambov et Kronstadt comme régions en rébellion contre le PCUS, il pêche par une vision un peu étriquée de l’histoire de l’anarchisme sibérien. C’est d’autant plus dommage qu’il n’aurait pas été inutile de corriger les oublis de Voline ou de P. Avrich en la matière.

Notons, pour conclure, qu’A. Shtirbul publie des textes anarchistes russes et sibériens d’un grand intérêt sur le sujet et une bibliographie en russe exhaustive. »

Frank Mintz

1 Aucune mention dans Almanakh, publié en langue russe, Paris, 1909, récapitulatif de l’action anarchiste depuis le début du siècle ; citation d’Irkoutsk – sans rien de plus – dans les Anarchistes dans la révolution russe, de G. Gorelik, publié en juin 1922, en russe, en Argentine, p. 67 dans l’édition d’Alexandre Skirda, Paris, 1973 ; P. Avrich ne cite que Vladimir (Bill) Chatov en Sibérie et ignore tout le reste ; Alexandre Berkman traverse la Sibérie, sans rien apprendre sur les anarchistes (le Mythe bolchevik, journal 1920-1922, La Digitale, 1996).

2 Secte du XVIIIe siècle considérant le tsar, les lois, les impôts, le service militaire comme incompatibles avec les « vrais croyants », in Bakounine, OEuvres complètes, vol. 5, note 118.

3 Kropotkine, Autour d’une vie (mémoires), Paris, Stock, réédition 1971, p. 221-222.

4 Actuellement au Tadjikistan à la suite de la création par Staline des républiques d’ethnies musulmanes dans les années 30.

5 Ces quatre régions sont presque limitrophes et représentent près de 3 millions et demi de km2, sur les 12,7 de la Sibérie.

6 On remarque que 21 élus de la direction, soit 45,6 %, ne sont pas bolcheviks. Les anarchistes y représentent 8,6 %.

7 Lénine avait décidé de se débarrasser des anarchistes et les fit arrêter par sa police, la Tcheka (voir P. Avrich, les Anarchistes russes, p. 211-212, et Voline, la Révolution inconnue, quatrième partie, chapitre 2).

8 A. Shtirbul cite à juste titre l’anarchisme espagnol de 1936 en Aragon, même s’il commet l’erreur d’y inclure la Rioja et la Navarre, alors sous domination franquiste (II, note 164, p. 63).

9 Lors de son combat contre les blancs, Novoselov avait parcouru, de décembre 1918 à décembre 1919, presque mille kilomètres dans l’Altaï et le Kouzbass, avec une centaine de combattants anarchistes.

10 L’auteur n’explique pas un phénomène qui méritait pourtant qu’on s’y arrête : des anti-bolcheviks parmi leurs troupes d’élite !

11 A. Shtirbul remarque, fort justement, que Novoselov se résout à cette alliance contre nature par désespoir politique et il y consent parce qu’il pense pouvoir éliminer les blancs en cas de victoire.

Anatoli SHTIRBUL

Anarkhiskoe dvijenie v Sibiri v I tchverti XX veka (antigosudarstvenni bunt i negosudarstvennaya samoorganizatsia trudiashtikhsia : teoria i praktika (Omsk, Omskii Gosudarstvenni Pedagoguitcheskii Universitet, 1996, tome I : 1900-1918, 205 p. ; tome II : 1918-1925, 174 p.) [Le mouvement anarchiste en Sibérie dans le premier quart du XXe siècle. Révolte anti-étatique et auto-organisation non étatique des travailleurs : théorie et pratique (Université pédagogique d’État d’Omsk.).]

Anarkhiskoe dvijenie v period krizisa rossiiskoy tsivilizatsii (konets XIX- I tchevert XX vv). Utchebno-metoditcheskoe posobie (Omsk, Omskii Gosudarstvenni Pedagoguitcheskii Universitet, 1998, 85 p.) [Le mouvement anarchiste dans la période de crise de la civilisation russe (fin du XIXe siècle – premier quart du XXe siècle). Anthologie de textes méthodique et pédagogique. (Université pédagogique d’État d’Omsk.).]

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A lire aussi : Les anarchistes mystiques russes

Ecrit par Mirobir, à 02:08 dans la rubrique "Pour comprendre".



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