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QUO VADIS ?
--> UNE CRITIQUE POSITIVE DE LA « CHARTE POUR UNE ALTERNATIVE AU LIBERALISME »
La Charte pour une Alternative au Libéralisme s’auto proclame dans son introduction « évènement politique important ». C’est je le pense beaucoup trop lui donner d’importance sous réserve de définir un contenu précis aux termes « évènement » et « important ».

Voir le texte de la charte sur : http://www.la-gauche.org/article.php3?id_article=336

SUR LA CRITIQUE DU SYSTEME ACTUEL

Il n’y a rien à dire, je partage intégralement le constat.

SUR LA PROBLEMATIQUE DE LA CHARTE

Là réside le vrai problème, celui qui a la fois détermine la faute stratégique et l’impasse à venir.

D’abord et cela figure dans l’introduction, on fait une part disproportionnées à deux évènements : le référendum sur le TCE le 29 mai 2005 et la lutte contre le CPE en mars-avril 2006.

Le référendum sur le TCE, quoique la victoire du NON soit un point positif est à largement relativiser… N’oublions pas qu’une partie de la droite et toute l’extrême droite ont voté NON… ce qui fait électoralement pas mal de monde. N’oublions pas non plus qu’une partie d’électeurs favorables au changement social ont voté OUI… mais oui ! Ce référendum n’est donc pas un indicateur fiable sur le degré de conscience des citoyens, à fortiori de leur combativité.

La lutte contre le CPE a été une victoire certes, mais bien maigre… Rien n’est résolu dans le domaine de l’emploi. Le CNE est maintenu. Les CDD et la précarité se généralisent. La déréglementation du marché du travail s’accélère,… La aussi, faire de cette victoire un moment essentiel et fondamental de la prise de conscience est aller un peu vite en besogne.

Après la cascade permanente de défaites depuis des années, mettre sur un piédestal ces deux évènements est humainement compréhensible, mais ridiculement et politiquement dangereux.

C’est aussi prendre ses désirs pour la réalité lorsque l’on écrit : « les forces politiques, associatives et syndicales qui ont été motrices de la victoire du Non au référendum, il y a un an, se retrouvent aujourd’hui pour proposer les bases communes d’une alternative au libéralisme. », alors que l’on sait que la division règne entre tous ces acteurs de la vie politique, syndicale et associative, alors que l’on sait que ces bases communes sont tout, sauf … communes.

Cette attitude est significative du « rêve éveillé » que vivent nombre de militants alternatifs et contribue à les maintenir dans une croyance béate en une improbable victoire électorale.

SUR LES PROPOSITIONS


Soyons clairs, formellement de telles propositions devraient, au bas mot, récolter environ 80 % des suffrages… et je suis sérieux en disant cela. En effet ces propositions sont un catalogue complet de ce que à quoi aspirent la plupart des femmes et des hommes de ce pays. Et pourtant, ce qui est épouvantable c’est qu’un tel programme ne va avoir les suffrages que de quelques pour cent du corps électoral… et ce, malgré des efforts inouïs, je leur fais confiance, des militants qui vont s’en saisir. Est-ce une vision pessimiste ? Bien sûr que non, et la plupart de celles et ceux qui lisent cet article, savent, au fond d’eux-mêmes, que j’ai hélas raison.

Le problème, le vrai problème est là : comment un texte aussi clair, aussi précis, aussi convainquant, ne va convaincre que… les convaincu-e-s ?

Pourquoi en est-on là ? Que se passe-t-il ? Où est ce que ça bloque ? Qu’est ce qui bloque ?

Ces questions pourtant essentielles, personne, apparemment, ne se les pose. Les militants alternatifs les plus sincères, et j’en connais, ils sont nombreux, font comme si de rien n’était, s’emparent du programme et foncent tête baissée dans la campagne électorale, surs qu’ils sont d’avoir raison et que s’ils gueulent bien fort, font beaucoup de meetings, collent beaucoup d’affichent et distribuent beaucoup de tracts,… eh bien, ils arriveront à faire un bon score.

Quelle naïveté ! Décidément les erreurs du passé ne servent à rien.

SUR LE CONTENU DES PROPOSITIONS

J’ai eu la curiosité de refeuilleter un vieil ouvrage couvert de poussière sur les rayons de ma bibliothèque, le PROGRAMME COMMUN DE GOUVERNEMENT DE LA GAUCHE – il date de … juin 1972…. Ça ne nous rajeunit pas, du moins certains. J’ai été frappé par la similitude de ton et des propositions. Bien sûr, les deux documents ne sont pas identiques, les situations pas tout à fait non plus, mais il y a un petit air de famille.

Rappelons nous l’immense espoir qu’a soulevé ce document… Il a fallu tout de même attendre 9 ans (1981) avant que la Gauche arrive au pouvoir et y reste presque 20 ans.

Que reste-t-il de tout cela en 2006 ? Pour éviter de vous démoraliser en cette rentrée je préfère vous laisser doucement deviner.

°

Il n’est pas possible dans un article de reprendre toutes les propositions de la CHARTE, mais examinons en quelques unes, les plus significatives.

Par exemple sur les salaires :

« Une nouvelle politique fondée sur des principes clairs.

Il faut rendre effectif le droit à l’emploi. Pour cela, un nouveau statut du salariat est nécessaire, reposant sur trois grands principes : continuité du contrat de travail, obligation de reclassement, financement mutualisé à la charge des entreprises »…..

Dans le système du salariat le droit au travail est un leurre. Mais que veut dire « « un nouveau statut du salariat »... au sein même du système marchand salarial ?

Une telle mesure nous est présentée comme une évidence, comme quelque chose de « technique » qu’il suffit de décider… Même si formellement cela semble « couler de source », le problème est beaucoup plus complexe car derrière une entreprise, et l’emploi il y a toute la logique d’un système dont l’objectif n’est absolument pas de satisfaire le salarié, le reclasser et faire payer l’entreprise pour assurer son confort social. En l’absence de toute dynamique de remise en question de ces principes, cette proposition est un « vœux pieux ».

« Mais, va-t-on me rétorquer, les salariés sauront bien faire valoir leurs droits » ! Ah bon, et comment ? En faisant grève, en occupant l’entreprise, en séquestrant le patron, en manifestant dans la rue, en portant une motion au préfet, … Allons, soyons sérieux ! Et après que fait-on si le patron refuse et délocalise ? On demande un nouvel investisseur comme on le fait aujourd’hui ?

Comme le dit la CHARTE, « Les principes sont clairs », ça c’est bien vrai, le problème c’est que la stratégie globale pour les faire appliquée, elle, ne l’est pas du tout, je dirais même qu’elle tout simplement inexistante.

°

Le passage sur les licenciements est particulièrement intéressant :

«… Les licenciements boursiers seront interdits par voie législative et les licenciements abusifs frappés de nullité avec obligation de réintégration… »

Qu’est ce qu’un « licenciement boursier » ? C’est un licenciement consécutif à des exigences de rentabilité imposé par un nouvel actionnaire et qui entraîne des restructurations, voire la disparition d’un ou plusieurs secteurs de l’entreprise.

Soyons clair, cette mesure est une atteinte directe à ce qu’est le capitalisme : rentabilité du capital et liberté de décision des actionnaires.

On peut bien sûr être pour, le problème est tout de même comment le faire respecter et surtout comment faire en sorte qu’il n’y ai pas un véritable boycott de l’espace économique soumis à une telle règle.

Si le capital international « retire ses billes » de l’économie française, le remède sera pire que le mal. Je rappelle que les capitaux étrangers représentent au bas mot 40% du capital des entreprises du CAC40 et que l’essentiel du capital français est privé.

A-t-on les moyens politiques d’affronter une telle situation ? J’en doute.

Je constate d’autre part que le terme de « licenciement économique » n’est pas utilisé. Quel lien fait-on avec les « licenciements boursiers ». Est à dire qu’en dehors des deux types de licenciements cités, on acceptera tous les autres ? Comment va-t-on faire la différence ? Comment va-t-on identifier des licenciements dits « abusifs ». Le fait de rechercher la rentabilité du capital est-ce un abus ?

°

Le sort des délocalisations pose également quelques questions…

« …Les délocalisations doivent faire l’objet d’un contrôle, avec, là aussi, création d’un droit de veto suspensif des représentants du personnel, et d’un droit de préemption, voire de réquisition par les salariés et/ou la collectivité des entreprises abandonnées par leurs patrons pour cause de délocalisation ou de suppression d’activité. »…

Il est évident que ce « droit de veto » des représentants du personnel condamne toute délocalisation. Quant à la préemption, c'est-à-dire la confiscation, se fera-t-elle avec ou sans indemnisation ? Cette décision, si elle est prise par un loi (votée par qui ?) sera invalidée par le Conseil Constitutionnel… Irons nous jusqu’à passer outre de cette décision ? Dissoudrons nous le Conseil Constitutionnel ou changerons nous la Constitution… décisions qui devra être pise en Congrès du Parlement. Le Sénat sera hostile, supprimerons nous le Sénat ?

Outre ces problèmes de droit, se posera la question de la réaction du capitalisme à l’échelle internationale et sa défiance qui va être particulièrement virulente.

Ce que je dis là est très sérieux, c’est le contexte dans lequel nous sommes et qui va se créer.

La question est encore une fois : a-t-on les moyens politiques d’enclencher un tel rapport de force qui ira au conflit social et politique majeur?

°

On pourrait continuer à passer en revue toutes les propositions, en particulier sur les salaires, le chômage,… Se serait long et fastidieux.

A toutes les étapes de la CHARTE, à propos de toutes les propositions et en particulier sur le plan économique la question est et demeure :

Dans l’état actuel du pays, de notre société, de la conscience collective, peut-on assumer et dépasser ce genre de situation conflictuelle qui s’instaurera ?

La réponse, pour ma part est négative, car la CHARTE oublie l’essentiel.

L’ERREUR STRATEGIQUE DE LA CHARTE

En introduction, la CHARTE, suite à une longue et tout à fait juste liste des méfaits du système en place annonce :

« C’est cela qu’il faut changer. Cela suppose de contester la logique du libéralisme et de lui opposer d’autres finalités et d’autres méthodes ».

Cette phrase est lourde de sens. En effet, dit comme cela c’est faire du libéralisme, un système… ce qu’il n’est pas. Le système, c’est le système marchand, avec sa logique, ses principes et ses lois. Le libéralisme n’est qu’une manière de concevoir la gestion de ce système. Confondre les deux c’est passer à côté de l’essentiel et glisser du côté de la gestion, pas du changement.

Ce qui est contesté ici c’est la gestion du système, pas ses principes. Là est l’erreur fondamentale. Car une telle conception implique une attitude politique concrète, celle d’être à même de rendre compatibles les principes de fonctionnement du système et les propositions… ce qui est, l’Histoire nous le montre, illusoire.

Ce type de raisonnement aboutit à dire des choses aussi rocambolesques que « Interdiction des licenciements » ou « L’augmentation des salaires va relancer l’activité économique ». Ces deux slogans sont certes politiquement et électoralement parlant, porteurs, mais totalement illusoires… ce que la Droite et les sociaux libéraux ne vont pas, à juste titre, manquer de souligner.

Sur un plan stratégique la CHARTE n’a pas plus de valeur que le programme du PS. Pourquoi ? C’est très simple :

Le PS sait qu’il peut être amené à accéder au pouvoir, il sait que, se faisant, il respectera les principes du système marchand, il fait donc des propositions qu’il sait compatibles avec le système sinon il ne tiendra pas deux mois au pouvoir… il a déjà fait l’expérience du pouvoir et connaît les limites de la gestion.

Les partisans de la CHARTE, du moins les leaders, déclarés ou non, savent, à moins qu’ils soient totalement naïfs, qu’ils n’iront pas au pouvoir, se faisant ils ne remettent pas en question les principes du système marchand, mais ils peuvent faire n’importe quelle proposition sachant qu’ils n’auront pas à se confronter à la réalité du système marchand en situation de pouvoir.

Les problématiques, dans les deux cas sont identiques : faire des propositions dans un cadre que, concrètement, par une pratique sociale effective, on ne conteste pas. Dans les deux cas les démarches sont électorales. Dans les deux cas propagandistes avec la différence que le PS est prudent alors que les « chartistes » peuvent se laisser aller.

Cette CHARTE, particulièrement alléchante est en total décalage avec non seulement le système marchand dominant, mais aussi avec les capacités politiques de changement de la population.

Le « mouvement social » n’est en rien un mouvement de contestation globale du système, il est simplement un mouvement revendicatif, pas homogène, n’ayant comme expression que des formes désuètes à efficacité limité : manifestation, grèves le plus souvent sectorielles, pétitions,…

Nous n’avons pas un peuple de citoyens au sens plein du terme, encore moins de révolutionnaires, nous avons un peuple d’électrices et d’électeurs, c’est à dire des gens passifs, parfois revendicatifs mais essentiellement passifs, qui se déterminent depuis des années en fonction de propositions, de promesses faites par des marchands d’illusions. L’expérience du Front Populaire, de la Libération, de Mai 68 sont là pour nous le rappeler.

Même dans le cas hautement improbable ou un-e candidat-e unitaire serait élu-e et voudrait appliquer la CHARTE, non seulement les mécanismes nationaux et internationaux du système l’empêcheraient, mais la majorité de celles et ceux qui l’ont élu ne se donneraient même pas les moyens de garantir cette application. Ceci est tellement vrai que la plupart le ressentent et voteront autre chose.

ALORS ?

Ce qui vient d’être dit est peut-être terrible et affligeant, mais c’est la triste réalité. Vouloir et s’obstiner à ne pas la voir nous réduit à l’impuissance et nous fait courir à la catastrophe.

C’est à une remise en question totale de la pratique politique à laquelle nous devons procéder et pour cela inutile de compter sur les organisations politiques traditionnelles qui sont beaucoup trop intéressées aux cuisines politiciennes et électorales et structurellement déterminées à une pratique politique conforme finalement aux intérêts du système que nous voulons abattre.

Il faut se rendre à l’évidence et tirer les enseignements de l’Histoire, le changement de système ne peut pas avoir lieu spontanément. Ce n’est pas à la suite d’une quelconque grève générale, encore moins d’une hypothétique insurrection, sans parler d’une élection que l’on peut changer de système. Changer de système, fonctionner sur d’autres valeurs ne se fait pas du jour au lendemain, cela demande une évolution des esprits, des consciences et cette évolution ne peut se faire, s’acquérir que par une pratique sociale

L’Histoire nous montre en effet qu’un système est remplacé par un autre système et que le nouveau système fait « ses armes » dans l’ancien… c’est comme cela que la Bourgeoisie, après avoir pris le pouvoir économique, a pris le pouvoir politique,… pas l’inverse.

Le système marchand, et plus particulièrement dans ce que furent les pays industriels développés est entré en décadence, ne serait ce que parce qu’il est de moins en moins capable de créer du lien social, il ne crée plus seulement de l’exploitation mais de plus en plus d’exclusion. Il perd son sens aux yeux de plus en plus de gens. Il n’est plus capable, du fait de la mondialisation des marchés, de s’acheter la paix sociale si nécessaire à son fonctionnement. Là est sa faiblesse principale.

Vouloir l’affronter brutalement sans préparation finira dans un bain de sang et vue sa configuration mondiale, rien ne dit que nous serons capables, en cas d’hypothétique, et peu probable, victoire, d’édifier ce que nous souhaitons… Là aussi, l’Histoire nous recommande d’être prudent.

Dans sa décadence le système induit de nouvelles structures et doit susciter, involontairement, de nouvelles structures. Certaines sont déjà anciennes et n’ont jamais fait véritablement leurs preuves dans un capitalisme triomphant, comme par exemple les coopératives. Ces nouvelles structures, ces nouvelles manières de fonctionner, de repenser l’activité économique, qui se trouvent aujourd’hui essentiellement dans l’agriculture doivent être encouragées, popularisées, aidées. Là peut se forger concrètement de nouvelles solidarités. Le développement, la fédération de ces structures pourra par exemple être d’une aide politique et économique inestimable dans le cas ou, dans l’industrie des salariés reprendront leur usine. L’expérience accumulée dans les secteurs où fonctionnent ces structures sera déterminante dans l’âpre lutte qui s’annonce contre le système.

Un changement de système ne se fait pas, pas plus par un claquement de doigt que par une majorité électorale. Arriver au pouvoir sans préparation d’une pratique sociale abouti soit à la gestion du système en place (expérience des Gauches), soit au totalitarisme (Révolution russe, chinoise,…).

En conclusion de tout cela. Il est évident que c’est l’échec électoral assuré… une nouvelle fois et ce, qui que ce soit qui soit porteur d’un tel programme… l’hypothétique et improbable candidat unitaire alternatif et altermondialiste.

Tant que nous nous obstinerons à poser le problème du changement social de cette manière, nous n’avancerons pas… la voie électorale a toujours été une impasse, elle le demeure.

Faire confiance aux organisations politiques est politiquement suicidaire. Pourquoi ? Mais elles sont incapables de penser le politique autrement qu’au travers de la politique, qu’au travers de leurs magouilles ridicules d’appareils, maquillées en débat politique, qu’au travers d’une stratégie électorale par ambition du pouvoir.

Personnellement je ne gaspillerai pas la moindre énergie pour faire passer cette « CHARTE ». Je ne me déplacerai même pas le jour des élections… j’ai une trop haute opinion de la fonction de citoyen pour la dénaturer dans ce genre de stupidité.

Patrick MIGNARD
Ecrit par , à 19:26 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Anonyme
18-09-06
à 11:48


Intéressant, comme toujours. Et, hélas, probablement visionnaire.

Alors quoi ? Tout le monde en "coopérative" c'est ça l'alternative ? Bof. Un peu court, non ? Et guère enthousiasmant. Et aux élections on regarde et on compte les points. C'est sûr que comme ça le candidat unitaire risque pas de faire un gros pourcentage. Mais même si, par miracle selon PM, il était élu, il serait coincé par l'économie mondiale, donc c'est même pas la peine d'essayer. Je veux bien. C'est sans doute vrai. Mais ça s'appelle du défaitisme. Et à ce compte les luttes ne méritent même pas d'être menées : ça sert à rien puisqu'elles seront rattrapées par la réalité économique. C'est ça ? OK. C'est en gros le discours de Jospin quoi. Encore un visionnaire, celui-là...

Il me semble pourtant que 36... Il me semble aussi que 81 (certes pas longtemps, disons 2 ans)...Dans ces 2 cas est-ce qu'on peut dire que ça n'a rien apporté ? La baisse du temps de travail, les congés payés, la retraite à 60 ans etc gadgets que tout cela ? Chaque fois ce fut un ballon d'oxygàne. Et pourtant les seuls timides socialos étaient aux manettes. Imaginons que cette fois ce soient ceux vraiment à gauche qui le soient, même si ça ne dure pas le peu de temps suffira pour mettre en place de vrais changements qu'il sera ensuite difficile, impossible même, de remettre en cause. Est-on revenu sur la suppression de la peine de mort ? Sur les congés payés etc etc ?

Ce dont il va s"agir pour ces présidentielles c'est de transformer la France en laboratoire et voir ce qui se passe. Toi tu refuses toute expérience, l'idée m^me de l'expérience. C'est dommage. Mais je suis certain qu'une fois le chantier ouvert tu y participeras. Et tant mieux.

Il faut qu'on se fasse confiance. Et, même si ça foire, on aura bien rigolé. Et, au moins, on aura essayé



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  Anonyme
18-09-06
à 11:59

Re:


Le commentaire ci-dessus, n'est pas "anonyme" mais de moi : Marie-France G-TOURRE

Et mon adresse mail  : mfgtour2@yahoo.fr

(j'ai essayé de m'inscrire mais je ne comprends rien à la procédure )


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  Abdel Issieux
18-09-06
à 16:39

Il n'y a qu'en ne faisant rien qu'on ne fait pas de connerie

Pour les coopératives, c'est clair que c'est un peu mince! Je travaille dans une SCOP, et même s'il y a un semblant d'égalitarisme là-dedans, le réalité de la chose est qu'ainsi on peut mieux se permettre de rendre ridicules les salaires sous prétexte qu'ils sont complétés par une (encore plus ridicule) prime de participation aux bénéfs. Et les hiérarchies, les classes sociales se reproduisent comme dans le reste de la société, à l'image de l'égalité politique qui ne se fait juste grâce au suffrage universel.

La démarche de ce texte est d'être très critique vis-à-vis de la Charte. Très bien, les arguments sont recevables. Sauf que, comme remarcqué dans le commentaire précédent, ces mêmes arguments appliqués à quoi que ce soit d'autres produiraient le même effet. On ne peut pas attendre la perfection d'une démarche pour s'y inscrire, car la perfection n'existe pas. On peut être critique sur tout, on doit l'être. Mais la posture hypercritique qui débouche systématiquement sur l'inaction et le non-choix ne nous apporte pas grand chose, si ce n'est peut-être de la bonne conscience idéologique.

Dommage, le mouvement "antilibéral" ne manque peut-être que de quelques P.Mignard et autres anars ou assimilés pour devenir un jour un vrai mouvement anticapitaliste.

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  Patrick MIGNARD
18-09-06
à 17:48

Re: Il n'y a qu'en ne faisant rien qu'on ne fait pas de connerie

J’entends parfaitement les remarques qui sont faites sur ce texte.

 

Quelques précisions.

 

Je ne porte pas au pinacle les coopératives. Je n’en fais pas le de « ex machina » du changement social en demandant une organisation sociale sous la forme de coopératives. Il ne faut pas entendre mes propositions et les exemples que je prends comme un programme. Ce que je veux dire c’est qu’il est aujourd’hui urgent de mettre en place des structures alternatives, une dynamique d’alternative, ce qui se fait d’ailleurs un peu partout, en France mais aussi dans d’autres pays, qui correspondent aux principes et valeurs que nous souhaitons. Il est bien évident que l’ « esprit des coopératives » participe à cette évolution des mentalités et reste un référent. Cela dit, il est bien évident que le fonctionnement des coopératives  a entraîné, et entraîne, dans le contexte du système marchand, des dérives soulignées fort justement dans les commentaires. Il n’empêche que les principes sont toujours valables.

 

Il ne s’agit pas d’autre part d’attendre la « perfection » pour « faire », bien au contraire, une telle attitude entraînerait évidemment l’immobilisme, au contraire, il faut « faire » et c’est dans les erreurs, analysées et comprises, de ce « faire » que nous nous perfectionnerons.

 

Pour ce qui est du « défaitisme »… je ne pense pas l’être. Je ne fais que dire qu’il faut être extrêmement prudent sur la portée des victoires à propos des luttes que nous menons. Mener des luttes certes et évidemment, ne pas arrêter d’en mener bien sûr, mais en ayant conscience des limites de ces actions et ne considérons pas comme des « acquis définitifs » ce que nous aurons obtenu… ce que l’on a tendance à faire depuis un demi siècle. Il n’y a pas de « défaitisme » dans cette attitude, mais au contraire de la prudence due à une conscience de la portée relative des luttes dans le cadre d’un système.

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  libertad
18-09-06
à 18:43

commentaire technique sur l'inscription

Marie France, pour t'inscrire tu vas dans la colonne de droite, rubrique "session", tu cliques sur le lien "s'incrire", ensuite tu remplis le formulaire ( tu peux t'inscrire sous un pseudo, tu n'es pas obligée de mettre ton nom ) et tu valides. Tu recevras un mail de confirmation. Quand tu posteras un commentaire, il faudra que tu mettes ton nom d'utilisateur et ton mot de passe dans la rubrique "session"
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  Abdel Issieux
18-09-06
à 19:20

Re: Re: Il n'y a qu'en ne faisant rien qu'on ne fait pas de connerie

Patrick, les luttes se situent toujours "dans le cadre du système", même les expériences les plus alternatives comme les milieux libres. Le "système" en question est planétaire, c'est d'ailleurs ça le plus triste. Qui peut se vanter de se situer "en-dehors" sans se mettre le doigt dans l'oeil? Je ne pense pas qu'il faille confondre les luttes portant des valeurs alternatives avec un concept de facto imaginaire de lutte "hors-système", ex-nihilo pour ainsi dire.

Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
18-09-06
à 20:08

Re: Re: Re: Il n'y a qu'en ne faisant rien qu'on ne fait pas de connerie

Mais l’on est bien d’accord, les luttes « se situent toujours dans le cadre du système », et même les « expériences alternatives »… je ne vois d’ailleurs pas comment il pourrait en être autrement. Je n’ai jamais parlé de luttes « hors système ». Bien au contraire je pense justement, et l’Histoire nous le montre, que ces luttes « dans » le système sont des réactions salutaires de celles et ceux qui les mènent et que les « expériences alternatives » sont partie intégrante, à la fois de la décomposition du système et des solutions que l’on trouve pour finalement le dépasser… l’expérience de la Bourgeoisie est lumineuse à cet égard, elle a construit l’embryon de son système « dans » l’ancien système et l’a complètement pourri.

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  Abdel Issieux
19-09-06
à 02:30

Changer de l'intérieur puisqu'on ne peut s'en sortir

C'est justement la stratégie qui motive cette Charte.

Pour en revenir à celle-ci, je me dis qu'avec le glissement rapide vers la droite des responsables politiques, avec la disparition du contrepoids soviétique au monde occidental et son remplacement dans ce rôle par des intégristes religieux, avec ce constat d'une suprématie mondiale du capitalisme financier, avec le recul vertigineux de la conscience de classe, avec disons-le, cette régression politique globale, il est devenu plus difficile de faire la fine bouche. Le sentiment d'urgence prédomine. L'unité anticapitaliste n'est pas prête à se faire sur des bases anarchistes, malheureusement. Mais à refuser toute alliance avec l'extrème-gauche, toute compromission pragmatique, j'ai bien peur que l'anticapitalisme finisse par n'avoir plus qu'à rentrer au musée. Et comme Marx se trompait en prétendant que le capitalisme dépérirait de lui-même, un constat d'urgence s'impose. Les rapports de force ne sont plus ceux d'il y a 30 ans. La marge de manoeuvre est plus que jamais étroite. Les lacunes de la Charte m'apparaissent alors comme secondaires. Pas négligeables, mais secondaires.

Cordialement.

Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
19-09-06
à 10:04

Re: Changer de l'intérieur puisqu'on ne peut s'en sortir

Il s’agit d’analyser sérieusement la situation actuelle et les conséquences des modifications que tu soulignes mais, ce n’est pas parce qu’il y a urgence, et sur ce point je suis d’accord, l’urgence, qu’il faille faire n’importe quoi et en particulier ne s’en tenir qu’à des considération de stratégie électorale (rallier des électeurs, battre la droite,…).

 

Je pense que ce que j’appelle les « sens » de l’Histoire, qu’on peut appeler aussi la « dialectique » de l’Histoire, est la pratique sociale, la « praxis », c'est-à-dire l’élaboration et la pratique de nouveaux rapports sociaux. C’est au nom de cette conception, que je crois juste, que je refuse l’électoralisme qui réduit cette pratique à de « bonnes intentions ». La CHARTE est de ce point de vue un excellent catalogue de bonnes intentions, je n’en disconviens pas, mais elle ne s’adosse à rien de concret, elle n’est l’expression de rien de concret sinon d’un ras le bol vague qui ne sait pas comment concrètement s’exprimer. Les lacunes de la CHARTE ne sont pas secondaires, elles sont stratégiquement fondamentales.

 

Imaginons un seul instant qu’elle rallie une majorité… et alors ? L’inexistence d’engagement pratique de cette majorité, ce qui est le cas général aujourd’hui, va faire tomber « à plat » ces bonnes intentions dans un monde marchand qui ne fera pas de quartier… qui peut dire comment on réagira… j’ai les pire craintes dans ce cas. Doit-on recommencer les mêmes erreurs du passé mais chaque fois avec quelques variations qui font croire que « celle fois c’est possible » ?

 

Tu dis qu’il y a urgence… c’est vra,i raison de plus pour ne pas retenter chaque fois des solutions hasardeuses et de poser une bonne fois pour toutes les bonnes questions pour y apporter de bonnes réponses.  °

 

 

Répondre à ce commentaire

  Abdel Issieux
19-09-06
à 10:59

Décloisonnement

Ca va certainement t'étonner, mais je partage l'intégralité de ton propos. Je ne suis pas dupe des limites de cette Charte. Je ne lui prête pas de faculté révolutionnaire intrinsèque, simplement car elle n'en a pas. Jusque là, nous sommes d'accord. Alors, quel intérêt, me diras-tu? Le seul intérêt concret, palpable, constructif que je peux voir dans cette démarche, est le suivant: donner une visibilité aux forces anticapitalistes. Envoyer ainsi un message au plus grand nombre (car si c'est pour prêcher des convaincus...), que chacun sache qu'au moment où le capitalisme célèbre sa victoire sur la planète, il y a des gens, nombreux, aux aspirations divergentes, mais capables de se serrer les coudes pendant qu'il est peut-être encore temps.

La stratégie électorale n'a en elle-même aucun intérêt. Un pôle antilibéral élu ne nous apportera rien en lui-même. Et puis, il ne sera pas élu, c'est clair. Simplement, un échec cuisant de cette tentative unitaire aurait pour effet un affaiblissement des luttes à venir. Le but est, disons-le, purement "publicitaire" (j'utilise volontairement un gros mot). Je ne veux pas que les libéraux de droite et de gauche qui nous gouverneront l'an prochain partent en roue libre. Dans le théâtre de marionnettes qu'est la campagne électorale, j'aimerais que la voix de ceux qui luttent sur le terrain soient entendues. Pour que justement, les gens n'en restent pas au suffrage universel, pour que ce dernier soit l'occasion pour eux d'entendre une voix qui leur rappelle qu'en dehors des urnes, la lutte politique existe. Que cette lutte est la leur. Qu'il la rejoigne avant qu'elle ne soit définitivement désertée. Bref, ma perspective est très pragmatique, à l'image de ces libertaires qui présentaient des "candidatures abstentionnistes" il y a + de 100 ans, juste pour obtenir le droit d'affichage qui allait avec. Stratégie purement propagandiste.

Comme tu le rappelles judicieusement, les gens qui adhéreront à ce mouvement en y croyant dur comme fer vont connaître une belle désillusion. Si à leurs côtés il n'y a que des électoralistes convaincus, comment viendront-ils un jour jusqu'à nous? Doit-on les mépriser? Doit-on leur reprocher de n'avoir pas su entendre une voix que nous avions nous-mêmes choisi de ne pas porter jusqu'à leurs oreilles? A nous d'aller chercher ces gens, à nous de leur montrer qu'au-delà des élections, des partis, il y a des pratiques à mettre en place, des luttes à mener. Mais pour aller les chercher, il faut commencer par faire un pas vers eux, non?

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  Anonyme
19-09-06
à 11:48

Re: commentaire technique sur l'inscription


Mais on me demande de m'inscrire à un truc qui s'appelle "joueb.com" !!!

Quel rapport ?

mfgtour2@yahoo.fr
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  Anonyme
19-09-06
à 12:05

Re: Re: commentaire technique sur l'inscription

Petit commentaire en passant : je ne suis pas très sur de cette histoire de Charte
et de non-soutien mathématique des votants.

Nous ne sommes pas en Amérique Latine, mais des élus qui auraient vraiment
du courage (tout est relatif)  pourraient trouver du soutien dans la difficulté si la politique ménée était radicalement de gauche. Celui ou celle qui aurait les c...... de s'attaquer réellement  aux repus pour donner aux affamés prendrait des risques mais pourrait trouver du soutien

Pas de pétrole mais pays très riche, la France peut se payer une petite révolution.   
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  Patrick MIGNARD
19-09-06
à 12:29

Re: Décloisonnement

Je comprends parfaitement ce que tu dis et pense que nous sommes tout à fait d’accord sur l’essentiel, c'est-à-dire sur l’aspect stratégique de la question.

 

Reste un point de désaccord, celui de l’utilisation tactique des élections. Ce que tu dis est tout à fait cohérent, ce qui ne veut pas dire juste et pertinent… sinon, si je le voyais comme cela, j’y adhèrerai bien entendu.

 

Quelles sont mes réticences ?

 

J’émet des doutes sur la « visibilité aux forces anticapitalistes »… non pas que je doute de la sincérité du discours de celles et ceux qui ont écrit la CHARTE, j’en connais et parfaitement honnêtes, mais une telle prose va être assimilée à un discours électoral comme on en a entendu durant un siècle… dans le style « demain on rase gratis » (j’exagère mais à peine). J’entend les réflexions autour de moi « c’est bien beau mais irréaliste, irréalisables, utopistes », dans le pire des cas « encore des promesses électorales ». Pourquoi a-t-on ces réactions ? Parce que les gens sont saturés de belles promesses et qu’ils n’arrivent plus à distinguer ce qui est sérieux de ce qui est de la « confiture pour électeur »… ils vont donc « voter utile ».

 

Si ceci est vrai, tu comprends bien que la dimension « publicitaire » tombe… et même le remède risque d’être pire que le mal… la suspicion est alors jetée sur les forces anticapitalistes. Il ne faut pas oublier que le discours dominant n’est pas le notre, pas plus que la maîtrise des vecteurs qui le portent. Seule la pratique sociale peut à la fois nous distinguer fondamentalement et crédibiliser ce que nous disons.

 

Tu as tendance à dire que finalement participer aux élections « ça ne mange pas de pain » et ça permet de pouvoir s’exprimer… d’une certaine manière c’est vrai, mais l’interprétation que peut en avoir la majorité risque d’être meurtrière pour ce que nous défendons dans la mesure où elle y verra autre chose que ce qu’il y a, que ce que nous y mettons.

 

Et puis la dernière réticence : imagine les résultats d’un échec le lendemain d’élections pour ces « forces anticapitalistes ». Perdre les élections c’est perdre le dernier espoir en l’absence de toute autre pratique… ce qui est bien le cas de figure actuel Va falloir remonter la pente, les organisations vont s’entredéchirer se faisant porter la responsabilité de l’échec les unes sur les autres… bref la panique.

 

Non, je pense que cette histoire de CHARTE, emmanchée comme elle est une tactique risquée. On est passé une fois encore à côté de l’essentiel… et on va le payer très cher en démobilisation et démoralisation.

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  Abdel Issieux
19-09-06
à 18:00

Re: Re: Décloisonnement

"Perdre les élections c’est perdre le dernier espoir en l’absence de toute autre pratique"

Mais n'est-ce pas là le problème de ceux qui n'ont pas d'autre pratique, justement? J'aimerais voir les choses autrement, mais entre le pas grand chose et le rien du tout, le pas grand chose me semble être la seule optique vers l'un peu plus. Si ne serait-ce que quelques miettes pouvaient retomber de tout ça, je ne cracherai pas dessus.

Concernant le probléme de la "confiture pour électeur" et du "vote utile", à bien y regarder, chaque candidature fait se confiote, et chaque "vote utile" appelle aussi une déception.

Rayon confiote: Le Pen est un menteur avec une vision fantasmée de la France, pourtant son électorat lui prête une sincérité que n'auraient pas les autres. Villiers: idem, la chouannerie en plus. Chirac: sa réputation de menteur donc d'"excellent candidat" n'est plus à faire: il a été réélu malgré ça. Sarkozy: le VRP speedé qui se dresse en dernier rempart contre l'insécurité mais qui a des résultats piteux en tant que 1er flic de France -les violences augmentent toujours plus vite- mais plus c'est gros plus ça passe. Royal: politique capitalo-centriste, bref du Chirac pour gens vaguement de gauche, du Mittérand en femme, donc pas une référence en terme de crédibilité, mais une candidate maligne en marketing (l'art de séduire à grande échelle). Si l'un de ceux-là doit incarner un "vote utile" opposé aux "belles promesses" des antilibéraux, c'est le monde à l'envers, tu en conviendras. Je ne pense pas qu'une candidature Bové, par exemple, soit à ce titre plus inutile qu'une autre. Je ne pense pas qu'une non-candidature soit d'une efficacité transcendante non plus, ni qu'elle donne unsentiment de réalisme et d'utilité aux sceptiques auquels tu fais référence.Mais j'en connais aussi qui voteront PS dès le 1er tour par "utilité" (syndrome 2002, Hollande a des adeptes!), alors je reconnais que la logique là-dedans...

"Seule la pratique sociale peut à la fois nous distinguer fondamentalement et crédibiliser ce que nous disons"

Je suis bien d'accord. Mais encore faut-il que ces pratiques soient visibles ailleurs que dans des milieux de gens déjà convaincus. Encore faut-il que quelqu'un entende ce que nous disons pour nous juger crédible ou pas. Notre culture, ultra-minoritaire, est de facto élitiste (une sorte d'élitisme "à l'envers"). Combien de gens en France savent qu'il existe quelque chose au-delà de l'extrème-gauche? Pour passer d'une berge à l'autre, il faut des ponts. Et pour construire un pont, encore faut-il savoir qu'il y a quelque chose de l'autre côté de l'eau. Pour faire une autre image, j'ai le sentiment que nous mettons la charrue non pas avant les boeufs, mais que nous partons avec la charrue sans rien pour la tirer. La charrue peut bien être belle, si elle ne mène nulle part...

Quant à ta dernière réticence, c'est ma première: les luttes de chapelles. C'est déjà ce qui se passe. Mais tant qu'on ne mettra pas les pieds quelque part à cause des chapelles politiques, on ne pourra qu'être spectateur des luttes d'influences entre celles-ci.

Aucune stratégie n'est viable à coup sûr. Aucune n'est parfaite. Aucune ne se réalise sans compromis. La stratégie du "hors-jeu" qui est la nôtre jusqu'à maintenant est aussi très limitée. J'en conclus que tout est bon à prendre quand on a faim, même les miettes. Reste à ne pas se satisfaire des miettes.

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  Patrick MIGNARD
20-09-06
à 10:00

Re: Re: Re: Décloisonnement

« Il vaut mieux ça que rien »… oui c’est une manière de voir les choses que je comprend parfaitement et probablement pas mal de gens vont raisonner en ces termes… trop peu certainement pour assurer la victoire des « alternatifs ».

 

A court terme on peut tout à fait tenir ce raisonnement, mais je pense qu’il faille désormais avoir une amplitude de vue plus vaste et autonome par rapport à la soupe politique que l’on nous sert. Bien sûr il ne faut pas élaborer une stratégie uniquement entre « militants convaincus », cela ne servirait à rien.

 

Cela dit il faut bien commencer par un bout et je pense que si l’on met en place des structures, de réseaux alternatifs il faut bien commencer par celles et ceux qui sont intéressés, motivés… A nous de développer, de populariser, de fédérer tout cela. Ces structures existent déjà, modestes, peu connues, peu fréquentées c’est vrai, mais elles sont significatives d’une prise de conscience, d’une volonté de changement qui n’a rien à voir avec la dynamique débile des élections.

 

Je pense que c’est sur cette base qu’après les élections il faudra essayer de reposer le problème pour remobiliser et dépasser la démoralisation.

 

C’est un travail de longue haleine, mais je ne pense pas que l’on ai encore le choix… il faudra passer tôt ou tard par là.

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  Abdel Issieux
20-09-06
à 20:44

Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Nous sommes d'accord sur le fond, même si nos actes formels divergeront peut-être à propos de cette Charte et des élections qui vont avec. Disons que traditionnellement, l'anarchisme vit la question des élections bourgeoises (parce que le vote en soi, c'est-à-dire le choix, c'est quand même notre culture) et des pratiques alternatives en terme de "l'un ou l'autre". Aujourd'hui, j'en suis venu à vivre cette question en terme de "l'un et l'autre". Sans naïveté, sans être dupe, mais sans m'attacher non plus à une certaine forme de puritanisme idéologique que tu as dû remarquer toi aussi chez nos "camarades". Malgré nos divergences apparentes, cette démarche est, je le pense, proche de la tienne.

Merci Patrick pour cet échange, à mon sens, constructif. Je te salue sincèrement.

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  Patrick MIGNARD
20-09-06
à 23:02

Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Je tiens tout de même à te signaler que je ne suis pas, organisationnellement, anarchiste, je n'appartiens à aucune organisation. Je ne fais pas de cet état une qualité intrinsèque. Cela dit, j'ai trouvé dans ce site une qualité de discussion et d'échange particulièrement intéressante et qui est confirmée par l'échange que nous venons d'avoir et dont je te remercie à mon tour.

Si tous les sites étaient de cette qualité, peut-être que les idées progresseraient plus vite et de manière plus efficace.

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  Anonyme
21-09-06
à 07:33

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Le fait que la position dominante chez les anarchistes sur le sujet vient d'une époque ou la perpective de la révolution semblait plus proche et ou le jeu éléctoral n'était pas tout à fait le même  qu'aujourd'hui - rien que le vote des femmes pour ne citer qu'un exemple - compte aussi.

Le fait est que les discours anarchistes continuent de se construire à coté de ce qui est le repère politique du plus grand nombre. L'anar est compromis jusqu'à l'os, du moins individuellement, dans les rouages du système, et le non vote d'origine anarchiste - hélas minoritaire sinon nous serions 1 sur 2 et non moins d'1 sur 100 - n'est pour partie qu'une illusion de pureté à peu de frais ... qui rachète les écarts par ailleurs ?

Quelles pourraient, à part l'abstention, être les insertions de l'anarchisme ? On peut en imaginer, et de fort originales par les temps qui courrent.

Et attendant, l'inévitable  se produit : il y a déjà des gens qui se disent libertaires qui se présentent aux élections. Et, malgré nos haussements de sourcis - peu visibles dans l'obscurité qui nous fait office de nid - il y a déjà des gens qui votent facteur en croyant voter libertaire.  Et ce n'est qu'un début.      

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  Anonyme
21-09-06
à 20:15

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Encore qu'à bien y regarder, le facteur n'est pas moins libertaire que nombre d'anarchistes labellisés...
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  Rakshasa
21-09-06
à 23:03

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Et l'anonyme du dessus n'est pas moins trotskautoritaire que le petit facteur!
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  Anonyme
22-09-06
à 20:16

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Utilises des mots dont tu connais les définitions, et on pourra peut-être se comprendre. Mais non, puisque comprendre l'avis d'autrui ne t'intéresse pas.
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  Rakshasa
22-09-06
à 21:29

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Parce qu'il y a des mots que j'utilise et dont je ne connais pas la définition? Lesquels s'il te plait? Tes propos sont vagues.
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  Anonyme
24-09-06
à 10:08

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Décloisonnement

Trotskyste, autoritaire.
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  Véronique
24-09-06
à 11:59

Débat avec Mignard

Quel plaisir de découvrir un débat de qualité où l'on dialogue avec des arguments propres à construire une réflexion collective. Merci à Mignard, à Abdel et aux autres de nous faire partager ce questionnement nécessaire. Ca donne envie de faire connaître ce site à l'extérieur ... de l'en-dehors.

Et merci à quelques amis égarés dans la polémique stérile qui tombe "comme un cheveu sur la soupe" d'apporter, malgré eux, quelques notes d'humour un peu décallé.
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