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MISERE DE LA CONDITION MILITANTE
Ce texte va me valoir les pires sarcasmes, y compris de la part de personnes que j’aime bien. Ce n’est pas contre elles que j’écris… quoiqu’elles ne le comprendront pas, mais bien au contraire pour elles et celles qui seraient tenter de les imiter. Par contre si ce texte peut porter un coup fatal aux bureaucrates parasites (inutile de citer des noms, regardez autour de vous… et surtout les médias) qui se nourrissent de l’énergie sans limite des honnêtes, mais naïfs, militants… il aura atteint son but.

 

Ce texte est dédié au/à la/ militant-e inconnu-e

Quand on regarde de près l’activité militante politique on ne peut qu’être surpris entre la quantité incroyable d’énergie généreusement dépensée et la maigreur des résultats obtenus. Sans pour cela vouloir appliquer les règles d’optimisation, chères à la gestion, à l’activité militante, un tel décalage mériterait d’être étudié.

Ce gaspillage inouï d’énergie, de temps et de moyens apparaît être une fatalité acceptée par celles et ceux là même qui en font les frais : les militant-e-s de base.

Il est question ici du « vrai » militant, celui qui est désintéressé, animé par des convictions réelles, sincères et qui n’utilise pas le militantisme comme le font les bureaucrates pour asseoir leur pouvoir, trouver un issue socialement favorable à leur médiocrité et leur couardise ou continuer dans des conditions optimales leur petites et grandes affaires plus ou moins maffieuses.


SYSIPHE…


Le militant est une sorte de nouveau constructeur de cathédrale… il érige un édifice avec sa sueur, bénévolement, pour la gloire d’une cause, en fait dans l’intérêt d’une classe parasite  Plus on milite pour un « monde sans exploitation », plus on se fait exploiter par les bureaucrates que l’on sert… et l’on en est fier… et l’on accuse celles et ceux qui refusent cette situation, d’égoïstes, d’irresponsables et, le comble, d’inconscients (?)

Ce n’est plus « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », mais plutôt « mille fois », voire « dix mille fois ». La patience et l’abnégation du militant sont sans limite. Il a toujours une bonne raison dans son raisonnement pour expliquer son échec qui non seulement ne l’abat pas mais au contraire le ressource. Alors que l’échec l’aliène encore un peu plus, il croit au contraire que sa conscience se renforce. Il y a de la mortification dans cette attitude à l’image des croyants qui acceptent le malheur en hommage à la puissance de leur dieu qui les met à l’épreuve.

Le militantisme, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, est une forme de « mortification laïque » permettant de supporter l’échec permanent et de dire, surtout de se dire, que l’on a « malgré tout essayé »… Grandeur morale de l’impuissance ! Pouvoir rédempteur de la flagellation ! Il ne manquerait que les stigmates de la crucifixion !

Le militant a trop tendance à confondre la détermination dans les convictions et l’action et pertinence de la pratique politique. Ce n’est pas parce que l’on croit intensément en Dieu… qu’il existe…. Ce n’est pas parce que l’on va voter et faire voter pour la gauche,… ou autre chimère, que le changement de société va se produire… le militant lui, y croit dur comme fer… et ne pas y croire, pour lui, tient de l’hérésie…. Par contre y croire est un vrai sacerdoce !

Ainsi, le nombre de tracts distribués, d’affiches collées, de cartes placées ou de journaux vendus,… devient une chose considérable, voire essentielle. Cet essentiel doit d’ailleurs se muter en un autre chiffre, celui du nombre de voix obtenues par le ou la candidat-e. L’électorat devient ainsi une sorte de pactole, « peuple de fidèles », que l’on défend bec et ongles contre les prédateurs, les autres organisations… ne dit-on pas « nos électeurs ? » Une variation de quelques pourcentages prend une valeur inestimable… d’ailleurs le militant ne se contente plus des pourcentages au moment du scrutin, il lui faut des chiffres « avant » le scrutin, une simulation, une anticipation que fournissent aimablement les sondages le plus souvent manipulés… portant ainsi les fantasmes au plus au point. Il se dope véritablement à l’adrénaline électorale. On n’est pas loin de la drogue dure.

Le soir des élections c’est la transe… tout est apparemment possible. Pourtant, les jours, les mois, les années passant, les gouvernements changeant, la Droite remplaçant la Gauche et inversement,… rien ne change fondamentalement, voire la situation se dégrade. Alors le militant cherche et trouve des réponses : le contexte international, le retournement de conjoncture, la trahison des partenaires, le sabotage de l’opposition, l’attitude « irresponsable » des abstentionnistes… il n’ose tout de même pas aller jusqu’à soupçonner la Nature ou Dieu… Mais il a réponse à tout. Son courage jamais abandonné, qui est une forme de résignation, lui tient lieu de conscience. Cette certitude proche de la foi, loin de lui ouvrir les yeux, l’enferme et le verrouille dans son monde imaginaire. Fait de lui le moteur d’une autojustification qui lui ferme les portes de la compréhension de la réalité.

Le militantisme boucle sur lui-même. L’important n’est pas finalement le résultat, c’est d’avoir « bien milité ».

J’exagère ?

Mais comment expliquer l’engagement d’hommes et de femmes qui se sont dévoués pendant des années pour des résultats inexorablement remis en question… Pire, les avantages sociaux obtenus ont été dilapidés par les candidats qu’ils soutenaient !. Faut-il donner des exemples ?… Et pourtant ils continuent à soutenir les mêmes crapules qui les ont trahis, les trahissent et sont prêtes à recommencer à la prochaine occasion. Aveuglement ? Amour fou ? Sainteté ?

Celui qui baise la main de son bourreau n’est-il pas un saint ? S’il ne l’est pas il mérite de le devenir. Santo subito !

Le militantisme n’est pourtant qu’un instrument au service d’une cause. Lorsque l’on perd la cause de vue et que le militantisme devient une fin en soi, une manière d’être avant d’être une manière de devenir… alors il y a problème. Problème d’autant plus difficile à résoudre que le mal s’insinue sans prévenir et de manière indolore. Le militant sombre dans une activité qu’il est sûr de maîtriser mais dont il est parfaitement inconscient et dépendant. Il rationalise son attitude et sa démarche en confondant « fidélité » et « obstination », « « alternative » et « alternance », ou encore « marchandisation » et « libéralisme ». Ce qui est plus grave c’est que son statut de militant le convainc de l’inutilité de toute introspection, de toute prise de distance, bref de toute critique… s’enfonçant ainsi toujours plus dans l’erreur et finalement dans le sectarisme. Prendre du recul, se donner le temps de faire le point est impensable, c’est reconnaître, vis-à-vis de soi, mais aussi des autres, que les certitudes sont branlantes, pas sûres, qu’elles peuvent être remises en question… Ce qui est impensable. Il n’y a pas place pour le doute. Oser imaginer que l’on puisse se poser la question est déjà une trahison… en d’autre temps on aurait dit un sacrilège. Le doute ? Vade retro satanas !


… ET SON ROCHER


Sisyphe poussait son rocher, le militant lutte… c’est du moins ce qu’il dit, ce qu’il croit. Le terme « lutter » a d’ailleurs pris avec le temps une signification bien singulière. « Lutter » est devenu un terme « passe partout » qui a été vidé totalement de son sens. N’importe quel homme/femme politique lutte, même les sénateurs disent lutter… c’est dire la dégénérescence du terme. Faire une grève de vingt quatre heures, c’est lutter, appeler à voter untel, c’est lutter… Ne dit-on pas que l’ « Union est un combat » ?… quand on sait à quoi sert l’union et qui en profite !… Même le terme « union » a perdu son sens et ne signifie plus rien.

Curieusement, ce qu’a perdu la plupart du temps le militant, c’est le sens du combat, celui-ci s’est en effet confondu avec l’intérêt de l’organisation et les intérêts des bureaucrates qui la structurent et en profitent. Ainsi, la « victoire de la Gauche » est plus la victoire « en soi », de la Gauche que celle d’un projet de transformation sociale… car il est clair que la Gauche n’a jamais fait et ne procèdera jamais à une transformation des rapports sociaux. Voir son/ses candidat/s arriver au pouvoir, voilà l’objectif, de lutte ( ?), du militant…. Ce que les heureux élus feront du pouvoir est une autre affaire… qui ne rentre pas en ligne de compte pour leur engagement. La preuve ? Si c’était l’inverse il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de militants dans les partis et organisations de gauche.

C’est là que, par une extraordinaire perversion de l’esprit humain intervient la notion de « fidélité », véritable laisse, chaîne qui lie le militant à son « maître ». La fidélité est une qualité humaine incontestable, mais comme toutes les qualités elle a son côté obscur. Comme l’éloquence, la ténacité, le courage, la fidélité n’a aucune valeur en soi, elle n’a de valeur qu’au regard de la cause qu’elle sert et de la pratique qu’elle détermine.

La « fidélité militante » tourne généralement à l’ « obscurantisme politique ». En effet, la perte de sens de la lutte alliée à l’adhésion affective à une organisation qui s’est bureaucratisée aboutit, génère une attitude d’une stupidité absolue qui fait du militant une marionnette qui se croit libre. Un militant, ou alors ils sont rares, est incapable de voir la « dérive » politique, bureaucratique de son organisation. Celle ou celui qui essaye de lui montrer passe pour un traître ou un adversaire. Vade retro satanas !-bis-

La fidélité pour le militant est l’équivalent du « patriotisme » d’autrefois : on se bat on ne sait pas trop pourquoi. On a un drapeau, on se bat pour lui… c’est ça l’essentiel. J’exagère ?

Il n’est qu’à voir les militants qui ont « ouvert les yeux » après des années de fidélité à leur organisation… C’est un véritable drame personnel. Ils ont perdu tous leurs repères… preuve qu’ils n’en avaient aucun en dehors de leur organisation…. Situation typique d’aliénation.

 

Aujourd’hui, le degré de dégénérescence et de déliquescence des organisations politiques est extrême. Repères de professionnels (élus, notables) d’incapables (faut-il citer des noms ?), d’imbéciles (faut-il citer des noms ?), d’arrivistes (faut-il citer des noms ?), voire d’escrocs (faut-il citer des noms ?), la plupart des organisations politiques structurent l’activité politique de ce que l’on appelle, sans rire, les « grandes démocraties ». Des millions de citoyens/nes, certes à défaut d’autre chose, leur confie leur avenir au travers d’élections formellement démocratiques mais, sur le fond, jouées d’avance. Les militants (de base) leur font confiance, aident à leur légitimation et les confortent dans leurs magouilles et pouvoirs.

Comme Sisyphe, le militant roule son rocher sur la pente de ce qu’il croit être le changement. Une fois qu’il croit avoir atteint son but, le rocher retombe et il recommence… indéfiniment.

Les conquêtes sociales obtenues à force de lutte sont incontestablement des acquis. Nombreuses sont celles et ceux qui ont lutté durement pour les obtenir. Mais soyons lucides, que va-t-il en rester dans cinq ans, dans dix ans,… du service public, des retraites, du temps de travail, de la législation du travail ?… Quelle a été au niveau de l’Histoire la portée de toutes ces conquêtes qui sont entrain de disparaître et pour lesquelles les politiciens et bureaucrates syndicaux nous font user nos semelles, inutilement, sur le pavé de nos villes ?

Paradoxalement, les militants ont rarement le sens de l’Histoire, ils l’ont généralement au travers de citations et de slogans milles fois répétés, d’ouvrages dont ils n’ont lu que quelques extraits et encore,… Finalement on pense pour eux… Ils n’ont qu’à adhérer à des courants, des tendances incarnées par des bureaucrates qui font et défont les idées dans les médias et dans l’organisation de congrès préfabriqués aux motions prédigérées. La « pensée politique » des partis est à la pensée, ce que Mac Donald est à la cuisine.

Ils ont bonne mine les militants des organisations de Gauche de se dévouer pour des partis qui n’ont eu de cesse ces dernières années de remettre en question tous ces acquis. De se dévouer corps et âmes pour des organisations qui n’aspirent qu’à une chose : parvenir au pouvoir… Mais pour y faire quoi ? Appliquer un programme ? Mais quel programme ? Et nous savons très bien qu’un programme n’est qu’un chiffon de papier entre les mains des hommes de pouvoir. Combien de fois faudra-t-il qu’ils se fassent avoir pour le comprendre une bonne fois pour toute.

Aucun programme, aussi précis, progressiste, sophistiqué, détaillé soit-il ne remplacera la pratique sociale de millions de citoyens décidés à changer les rapports sociaux. Or, de cette pratique, aucun politicien n’en veut, au contraire il fait tout pour maintenir le « citoyen-militant » dans une pratique infantilisante ou les promesses et les rappels à la fidélité tiennent lieu d’explication et de justification. Votez, on fera le reste !

 

 

Le militantisme est-il à proscrire ? Bien sûr que non, mais entendons nous sur ce que l’on appelle le « militantisme ». S’il s’agit d’une profession de foi telle que nous venons, sans exagération, de la décrire alors oui, il est à proscrire. Si le militantisme est une manière d’être citoyen, au sens originel du terme, une manière d’être critique par rapport à une situation, à toutes les situations, une manière de créer, d’adapter une pratique collective en vue du changement social,… alors OK, je suis partant.


 Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« ILS NE PENSENT QU’A CA ! … »

« LA FOIRE AUX ILLUSIONS »

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

 

Ecrit par , à 14:56 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Yul van Leed
12-06-07
à 11:45

Réponse critique au texte de Patrick Mignard

Précisons avant toute chose que je ne m’inscris pas parmi les procureurs amateurs qui, trop souvent ici, se lèvent le matin en se disant qu’il y aura un nouveau texte de Patrick Mignard à critiquer, et qui voient en lui un bouc émissaire tout trouvé pour leurs réquisitoires idéologiques. L’analyse succincte qui suit n’est pas motivée par quelque « mignardophobie ». Au contraire, je lui présente cette critique car je lui reconnais une certaine capacité de dialogue qui fait souvent défaut dans le champ politique.

Je tenterai donc de me montrer aussi peu sarcastique que possible, d’autant que la « névrose obsessionnelle et maniaque du militant » mérite, à vrai dire, un constat bien plus dur, plus vaste et plus profond encore que ce que nous offre ici PM. Ce dernier ne s’est pas trompé dans son texte, et je l’en félicite, mais n’est à mon sens pas allé assez loin, et bien que le texte ne soit pas lui-même exempt de tout sarcasme, ces sarcasmes se limitent au militantisme des électoralistes, celui des abstentionnistes prétendus « révolutionnaires » (prétention qui ne coûte pas cher à une époque où seul le capitalisme peut s’offrir sa « révolution permanente » sans être inquiété ni par les réformistes ni par les contestataires) échappant à toute critique. Et l’on est en droit de se demander pourquoi, au nom de quelle distinction, le militantisme des anti-électoralistes se retrouve ainsi gracié. Pourquoi les errements de la profession de foi militante ne seraient problématiques que lorsque le militantisme se maintient dans l’espace électoraliste ? On finit par comprendre que ce que dénonce PM dans ce texte n’est pas tant la foi aveugle en tant que telle du militant (car nul courant n’échapperait dès lors à ses constats) que la foi aveugle qu’il ne partage pas (plus ?). Pour développer, je dirais que là où je vois un problème de croyance sur le mode religieux, croyance qui touche toutes les chapelles politiques, PM ne voit que le problème suivant : les fidèles des autres chapelles (électoralistes) nourrissent de fausses croyances au lieu de vénérer fidèlement le vrai dieu, j’ai nommé l’ « abstentionnisme révolutionnaire ». Là où il voit un problème de bonne ou de mauvaise religion, j’y vois plutôt un problème de religiosité tout court qui touche tout militant quelque soit son bord et sa chapelle.

Comme d’habitude, PM s’en prend à ceux qui constituent vraisemblablement son ancienne famille politique : ses ex-camarades de la gauche électoraliste, et plus certainement son extrémité, pour être plus précis. Ceci n’est pas en soi un défaut, mais il est permis de s’interroger alors sur la pertinence de sa démarche. Je m’explique : quel sens prend donc cette critique souvent juste et intéressante dès lors qu’elle est publiée sur un site se réclamant ouvertement de l’anarchisme individualiste ? Il s’agit là de prêcher une écrasante majorité de convaincus, de faire une messe à des coreligionnaires, des fidèles déjà acquis à la cause anti-électoraliste. Voilà comment ce texte tombe lui-même dans les écueils qu’il dénonce. Tout cela sent la facilité, ça ne mange pas de pain, comme une virulente tirade anti-stalinienne publiée dans un canard trotskiste, par exemple.

Tout cela est bien regrettable, dans la mesure où il faut bien admettre que tout, ou presque, de ce qui est dénoncé dans ce texte chez les militants électoralistes s’applique aussi parfaitement aux militants abstentionnistes. On en revient à ce que je développais plus haut : il aurait été plus pertinent d’en faire une critique de la foi militante plutôt qu’une simple critique de la foi ayant court dans les autres chapelles. C’eut été moins facile, moins gratuit, peut-être plus polémique mais bien plus constructif à l’œil des lecteurs anarchisants. Et puis, nous sommes un certain nombre à fréquenter ce site qui avons pris par le passé nos distances avec nos anciennes organisations anarchistes, après avoir observé dans ces dernières les mêmes dérives que celles décrites par PM. Comme disait Ferré, « le drapeau noir, c’est encore un drapeau ! » (…Et basta !).

Par ailleurs, et relativement aux conclusions de ce papier de PM, je m’interroge sur les termes « militants » et « citoyens ».

Etymologiquement, « militer » signifie « prendre les armes ». Est-il donc si contradictoire de voir des « militants » se comporter dans leur mouvement politique avec le même dogmatisme servile qu’un « militaire » dans son Armée ?

Un « citoyen », lui, est celui qui appartient à la Cité, c’est-à-dire à l’Etat (Etat qui n’est pas nécessairement l’Etat-Nation moderne mais l’institution administrant la société). Cette précision faîte, on peut se demander s’il est bien pertinent de ramener le « bon » militantisme à la notion de citoyenneté, surtout quand on prend le parti de dénoncer les militants qui s’inscrivent dans le processus décisionnel de l’Etat.

 

En guise de conclusion, je dirais que ce texte constitue, pour le mieux, une entrée en matière « abstentionnistement correcte » pour qui ne se serait pas encore interrogé profondément sur le militantisme et ses limites. Pour approfondir ces amorces de réflexions, je ne peux que conseiller les lectures suivantes :

http://www.mondialisme.org/article.php3?id_article=217

http://endehors.org/news/le-militantisme-stade-supreme-de-l-alienation

Et pour un point de vue différent mais complémentaire, un texte d’un jeune auteur excellent : http://endehors.org/news/plus-vaste-que-soi

 

Cordialement.

 

Yul van Leed

Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
12-06-07
à 21:41

Re: Réponse critique au texte de Patrick Mignard



Yul van Leed, ce que tu dis est parfaitement exact, ce que j’ai dit sur les militants des organisations politiques électoralistes est tout à fait transposable à propos de nombreux militants libertaires et anarchistes dans des conditions généralement différentes car leur rapport à l’organisation est sensiblement différent… ce qui ne veut pas dire plus sain.

 

Dans une première version du texte ils étaient d’ailleurs tous ensembles mais, les différences qui existent tout de même obligeaient à des rallonges de raisonnement trop lourdes et un texte trop long. . Si j’ai finalement fait ce choix c’est parce que nous sommes en période d’élections d’une part, mais aussi parce que le raisonnement s’adresse à une plus grande quantité de militants encartés. En effet, les militants non encartés, ou encartés dans des organisations anarchistes sont, je pense moins nombreux, mais aussi plus fuyants et, en grande partie, politiquement inaudibles… Certes, nombreux, pas tous non plus, comme tu le dis sont figés dans leurs certitudes et n’hésitent pas à recourir aux vieux grimoires poussiéreux, à leurs références figées et savent aussi se dresser en « procureurs » et autres « commissaires politiques » pour insulter, condamner et jeter les anathèmes… j’en ai d’ailleurs fait les « frais » sur ce site et ne me suis pas gêné pour leur dire ce que je pensais de leurs procédés.

 

Pour ce qui est du choix du site, le texte est sur plusieurs sites et pas forcément anarchistes… Je ne l’ai par contre pas proposé à des sites comme ceux de la LCR, Bellaciao (qui est PC)… et autres qui pratiquent allègrement la « censure démocratique ».

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