L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





Crée le 18 mai 2002

Pour nous contacter : endehors(a)no-log.org



Comment publier un article sur le site ?


Comment publier un commentaire à un article ?


Charte du site


D'où venons-nous ?


Nos références
( archives par thèmes )


Vous pouvez nous soutenir en commandant nos brochures :

Les éditions de L'En Dehors



Index des rubriques

Les collaborateurs et collaboratrices de l'En Dehors

Liens

A noter

Recherche

Archive : tous les articles

Session
Nom d'utilisateur
Mot de passe

Mot de passe oublié ?

Les DIGGERS

Lu sur : FTP « Au XVIIème siècle, en Angleterre, des paysans s'élèvent contre l'Enclosure Act de Cromwell (qui permet aux seigneurs féodaux de morceler et fermer les parcelles cultivables pour leur usage personnel), ce sont les Diggers.

Le nom de ces révoltés provient en fait de leur technique de résistance qui consistait à creuser le sol (dig signifie creuser en anglais) et à auto-cultiver des potagers. Ils développèrent et appliquèrent au quotidien une forme de communisme révolutionnaire et libertaire, avec pour principaux ennemis : l'argent et la propriété privée, sources de l'exploitation et du malheur. Ils squattaient donc des terres, les cultivaient et distribuaient la nourriture ainsi récoltée aux nécessiteux. Malgré tous leurs efforts, les Diggers seront violemment écrasés par l'armée et les religieux protestants.

La "mort de l'Argent et la naissance de Gratuit", c'est par ce happening gigantesque dégénérant en émeute que les Diggers se firent connaître à Haight-Ashbury, le quartier hippie de San Fransisco. Le slogan des Diggers était FREE ! En anglais, le mot free se traduit par gratuit, mais aussi par libre. Dans l'optique de tout rendre gratuit, les Diggers se sont opposés à toutes les formes de trafic, de profit, d'escroquerie... parce que selon eux : "le mode de vie américain est le doudou bourgeois des cadres qui crient dans leur sommeil... Nous devons combattre ceux qui voudraient nous tuer de travail stupide, de guerres démentes, d'ennuyeuse moralité fondée sur l'appât du gain." La gratuité impliquait une remise en cause du fonctionnement global semblable aux "révélations" psychédéliques, courantes à cette époque. La gratuité telle quelle était pratiquée par les Diggers pourrait presque être considérée comme une forme de Terrorisme Poétique de masse, un théâtre vivant avec pour scène la réalité, et pour acteur/trice, chaque individuE. A l'origine, les Diggers étaient une douzaine d'amiEs, oeuvrant dans une troupe théâtrale vouée au happening, sans leaders, ni hiérarchie.

Leur concept de l'autorité sera d'ailleurs développé dans un tract de 1967 imprimé par la Communications Company : "Méfiez-vous des leaders, des héros, des organisateurs. Attention : danger. Méfiez-vous des structuromanes. Ils ne comprennent rien. "Nous savons que le système ne sert à rien, nous vivons dans ses ruines. Ça n’a jamais marché. Ça a toujours donné la même chose que nous connaissons bien. Les héros ne sont que des héros, rien de plus. Quiconque veut diriger est un flic."

Ainsi les Diggers, devenus un groupe anar très débrouillard et actif, mirent en place dès l'automne 66, la distribution gratuite de repas servis trois fois par jour dans le Golden Gate Park. Ils développèrent également un free store = échoppe de "produits libérés", (c'est-à-dire principalement des récupérations et dons des commerçants du coin). Initiative amusante : les Diggers avaient même une caisse d'argent "gratuit" pour les plus nécessiteux. Pour les sans logis, ils avaient réussi à récupérer des locaux qu'ils transformèrent en dortoirs gratuits. Il y eut aussi la free clinic, pour celles/ceux qui abusent d'alcool, d'héro, de coke, qui tripent à l'envers, ou qui ont tout simplement besoin de réconfort,... Les Diggers organise donc la libération des biens grâce à la récupération, au recyclage et à la transformation. Ils éditent même un journal gratuit, le Diggers Papers, où l'on pouvait trouver l'écho de leur réflexion : "la société occidentale s'est autodétruite. La culture s'est éteinte. La politique est aussi morte que la culture dont elle était le pilier. Nous sommes les premières étincelles d'une énorme explosion qui va prendre des proportions universelles."

Largement écolos, les Diggers réagirent à l'invasion du Haight-Ashbury par les véhicules polluants des touristes et en avril 67, ils ferment un quartier de Haight Street à la circulation automobile. Cette fête de rue s'acheva avec la venue des flics en soirée et une douzaine d'arrestations.

Printemps 68

Les Diggers changent de nom et deviennent alors le Free City Collective, publient le journal Free City News, ainsi qu'un manifeste où ils appellent à la constitution d'une coalition de free families, visant à la mise en commun des biens et ressources, de manière à constituer un réseau d'auto-subsistance pouvant soutenir un "effort révolutionnaire prolongé". Dans cette optique FCC pris alors contact avec l'AIM et les Black Panthers, ainsi que les groupes latinos et chinois.

Dans le cadre d'action de résistance à l'oppression policière, le FCC organisa une occupation prolongée de 3 mois des marches du City Hall, en lisant des poèmes, des textes et en distribuant leur journal, tout en pratiquant le happening au quotidien. Ils ripostèrent ensuite à l'électoralisme avec une Free City Convention, parodie de la Convention Démocrate qui se tenait à ce moment là, avec comme slogan "Une voix pour moi est une voix pour vous". Ces dernières actions ne permirent pas de mettre en place définitivement GRATUIT, et bon nombre d'ex-Diggers n'abandonnant pas leurs convictions se tournèrent vers la lutte écologique. »

Lire aussi :

Les Diggers de San Francisco / Californie (1965 1968)

Les Provos

Ecrit par Mirobir, à 13:49 dans la rubrique "Pour comprendre".



Modèle de mise en page par Milouse - Version  XML   atom