L'En Dehors


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L’Homme comme unité
--> … L’individu est sa propre fin, sa patrie, le temps est la durée de son existence, l’histoire son histoire…

Le mobile principal du comportement de la majorité des hommes, sinon de tous est la crainte ou plutôt un ensemble de craintes.

Craintes métaphysique, provoquée par l’inconnu de la mort. Crainte instinctive, provenant des conditions précaires de survie qui furent celles de l’Homme aux débuts de l’humanité. Crainte acquise, souvenir des mauvais traitements subis par le plus grand nombre quand il fut arrivé à une civilisation, c’est-à-dire d’abord à un groupement sous l’autorité d’un chef. Crainte de l’avenir.

Craintes entretenues par la société, les sévices s’abattant sur qui s’écarte des normes fixées par les dirigeants. (*) L’échafaud, la prison et l’hôpital psychiatrique sont les remparts du pouvoir.

La société exploite au maximum ces craintes qui assurent son emprise. Les gouvernés craignent les gouvernants mais ceux-ci ont aussi des raisons de crainte, notamment celle de perdre leurs privilèges qui les pousse à durcir leur autorité.

La crainte paralyse l’individu et l’empêche de se libérer. Il ne trouve généralement qu’à se réfugier dans l’espoir.

L’espoir est habituellement présenté « comme l’attente d’un bien qu’on désire et que l’on entrevoit comme probable ». Définition d’un optimisme de commande. En fait l’espoir est un leurre, une des meilleurs défenses psychologiques des maîtres. Il ne procède pas d’une démarche de l’intelligence mais d’un obscur sentiment de défense. C’est le réflexe de l’être faible contre l’adversité. Il est irrationnel car il fait attendre de l’avenir une compensation à un sort mauvais qu’il aide à accepter dans le présent. C’est le demain du politicien et l’éternité du pontife.

Si la crainte paralyse, l’espoir est stérilisant. Associés ces deux sentiments sont la chance majeure des oppresseurs qui leur ont ajouté une troisième arme : la culpabilité présumée de l’individu. « Nul n’est censé ignorer la loi. »

Or les lois sont innombrables, souvent confuses, parfois contradictoires, il est impossible de les connaître, donc de les respecter toutes. Chaque individu vit dans un état de culpabilité légale permanente. L’ignorance de la loi est le péché originel du chrétien étendu à tous les hommes.

A ce prétendu coupable on apprendra, le plus tôt possible, à révérer les lois de la société. Il est caractéristique que dès les petites classes le récit de la mort de Socrate d’après la version de Platon soit pieusement enseigné : Socrate, condamné à mort, refuse de s’enfuir pour rester fidèle aux lois de l’état. Ces lois, s’incarnant, viennent même lui conter un tissu de sophisme : « … que vises-tu par le coup que tu vas tenter, sinon de nous détruire, nous les lois de l’Etat tout entier… oserais-tu soutenir d’abord que tu n’es pas notre enfant et notre esclave… »

Jamais les cours d’instruction civique ne font allusion au récit de Xénophon d’après Hermogène, disant que Socrate était peut-être las de vivre et qu’il craignait les infirmités de la vieillesse. Encore moins n’évoquent-ils l’hypothèse, plausible, selon laquelle Socrate voulait défier une dernière fois les athéniens dont il s’était moqué tout au long de son procès et leur laisser, pour les générations futures, l’opprobre d’avoir assassiné un juste.

La fable de Platon est la charte de la doctrine qui veut que l’individu doive, en premier, être soumis aux lois de l’état, à l’autorité.

L’autorité donne la possibilité au chef de disposer des autres selon son bon plaisir. A l’origine le chef a tiré son autorité de lui-même. Il a rapidement compris qu’il lui fallait l’asseoir sur des bases invérifiables et il a fait admettre qu’il la tenait d’une divinité. Les prêtres, bénéficiant de son appui ne pouvaient qu’approuver. Les religions perdant progressivement leur emprise il a fallut changer de soutien. « Voix du peuple – voix de dieu » (**). Tel fut le passage. Le peuple, entité déifiée ne confère pas le pouvoir – l’élection est un système fallacieux – mais il consacre.

Une certaine consolidation de l’autorité est toujours aisée. Il suffit au chef d’en déléguer des particules contrôlables. Il y a assez d’hommes ayant des tendances à l’oppression et l’amour du gain facile pour les accepter.

Leur type est ce que l’on nomme dédaigneusement et avec raison « le petit chef », servile et despotique. Aucune autorité, aucun pouvoir, y compris le pouvoir ouvrier, aussi nocif et injustifiable qu’un autre, ne sont légitimes. La seule légitimité est celle des droits de l’individu. L’autorité devient sa propre fin, elle s’exerce à propos de tout et de rien, uniquement pour s’affirmer.

Tout acte autoritaire est une brimade. Nous ne citerons qu’un témoignage de ce à quoi peut aboutir l’autorité. Il semblera mince, auprès de toutes les atrocités qui sont la toile de fond des livres d’histoire, ces martyrologes de l’homme, mais il est caractéristique.

En 1925, un jeune prisonnier détenu au bagne d’enfants de Belle-Île fut puni pour avoir bavardé, durant la nuit, au dortoir. C’était un sourd-muet.

(*) Nous avons employé indifféremment les mots de chef, dirigeant, gouvernant, maître, oppresseur. Ils sont synonymes.

Nous avons agi de même pour administré, gouverné, opprimé, subordonné. Ils correspondent à l’état des personnes qui vivent dans chaque pays : les chefs, le reste de la population. Cette situation a été fort bien définie, au dix-neuvième siècle, par un partisan de l’autorité, Louis de Bonald : … « deux peuples ennemis depuis plus de mille ans, au milieu d’un même peuple… ».

(**) Nous ne prenons pas parti sur la question de l’existence d’une divinité, sa solution étant du seul domaine, irrationnel, de la croyance. Par contre nous sommes plus que méfiant à l’égard du clerc, type d’oppresseur particulièrement dangereux. Le reproche essentiel que l’on peut faire au christianisme n’est pas d’avoir apporté une nouvelle hypothèse métaphysique mais la résignation, contre-balancée par l’espérance élevée au rang de vertu théologale.

Est-ce un hasard si la résignation – « savoir se contenter de son sort » – doit être, selon les chefs, la règle d’or des subordonnées ?

Gustave Arthur Dassonville – L'Homme comme unité : Chapitre premier – Le Brûlot n°100
Chapitre II

Ecrit par Mirobir, à 04:18 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  scatach
19-06-05
à 12:15

heureusement, les femmes c'est pas pareil

"Le mobile principal du comportement de la majorité des hommes, sinon de tous est la crainte ou plutôt un ensemble de craintes." Heureusement, les femmes c'est pas pareil ! ah bon ? euh enfin .. la pétoche, pourtant, on connaît bien ! et pas que des chefs, dirigeants, gouvernants, maîtres, oppresseurs ... on pourrait ajouter les copains, amants, conjoints, époux, maris ... c'est synonyme quand ça cogne.
Enfin, c'est une partie du problème. L'ensemble du problème c'est que l'être humain tout-e seul-e a raison d'avoir la pétoche, et que les mots ne suffisent pas à la conjurer. Elle est où la solidarité inconditionnelle qui est seule à même de rassurer l'animal-e humain-e que nous sommes ? ni le parti ni la fédération ni le groupe ni l'assoc ni l'état ni la commune ni le département ni l'Europe ni ... ne nous l'assure. Alors ? comment résister seul-e à l'oppression ? sinon par la mort ?
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  Anonyme
19-06-05
à 12:32

Re: heureusement, les femmes c'est pas pareil

’’Heureusement, les femmes’’ !? Pourquoi ramener le ’’mobile principale’’ à un seul sexe alors que l’auteur écrit sur L’Homme (comme unité) ? ’’L'être humain tout-e seul-e a raison d'avoir la pétoche’’ Ah bon, faut-il être ’’mort de peur’’ pour exister !?

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