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L'art de l'extase spirituelle : le tantrisme
Lu sur L'information 100senssûrs : "Il est difficile de dater avec exactitude l'apparition des pratiques tantriques en Inde. Le tantra aurait existé avant l'invasion des Aryens sur les peuples autochtones, les Dravidiens.Les premiers étant nomades et guerriers apportent avec eux le patriarcat, le culte des héros et des dieux mâles en plus de leur livre sacré, le Rig-Véda. Les Dravidiens, quant à eux, soutiennent le culte de la déesse-mère, la vision que la femme est la prêtresse par excellence, libre sexuellement, épanouie et qu'il n'y a pas de dichotomie entre la spiritualité et la sexualité. Ainsi les envahisseurs auraient bouleversé la vie des peuples dravidiens, entre autres, en imposant le système de classes rigoureux, les castes, en modifiant le panthéon existant pour y inclure leur dieux et en refoulant les pratiques tantriques au maximum.Les pratiques tantriques continuèrent malgré tout mais elles furent cachées ou modifiées afin de respecter les optiques de la classe dirigeant (Les Aryens). Ainsi peut-on soumettre l'hypothèse de la mauvaise réputation de certaines pratiques tantriques au fait de l'arrivée du culte patriarcal sur le matriarcat. Comment alors expliquer que le tantrisme, en général, soit vu d'un si mauvais oeil par la population? Découlant de cette vision, la principale division du tantrisme se met en place. Le premier s'appele le tantrisme de la voie sèche, ou dite "de la main droite", consistant à un tantrisme plus ascétique. C'est-à-dire que le pratiquant n'a pas besoin de partenaire. Il sagit d'un ascèse solitaire, d'une sublimation totale de la sexualité et de son énergie. L'individu recherche d'une certaine façon un mariage intérieur de ces polarités masculines et féminines. Cette forme d'illumination permet d'atteindre des niveaux de conscience supérieurs, grâce à l'énergie ainsi sublimée, d'atteindre la transcendence totale. Celui de la voie humide, ou dit "de la main gauche", demande que l'on pratique certains rituels sexuels avec une partenaire (le travail est ici plus opérationel). Il est à noter que cette voie est celle que l'on retrouve le plus fréquemment en Occident. Cette voie est assez répendue mais également l'une des plus bafouées et modifiées par rapport à son sens originel. Souvent, on confond la course à l'extase et à l'orgasme au tantrisme. Ainsi ce qui devrait servir de tremplin pour atteindre un eveil spirituel, un contact avec l'infini, se transforme en un banal orgasme sexuel. Selon M.-A. Deschamps, on retrouve trois sortes de tantra: le rouge, le noir et le blanc. Le tantra blanc consiste en un travail symbolique sur soi, sans partenaire physique réel, avec divers yogas, mantras (formules sacrées), purifications et diverses techniques de prises de conscience. Il serait le seul à être pratiqué officiellement en Inde ou au Tibet. C'est dans cette catégorie que l'on situe le tantrisme tibétain appelé le Vajrayâna où se confondent les pratiques yogiques, le culte de la sexualité magique et la tradition bouddhiste. Le second, le tantra noir, consiste en un ensemble de viol de tabous et de pratiques interdites, comme s'enduire de sang, boire de l'alcool ou du sang dans un crâne, faire des cérémonies macabres très proches de la sorcellerie ou du cannibalisme. Ces rites sont adressés à la noire déesse Kali, autre figure où l'on peut retrouver la Shakti. Il est à noter que l'on retrouve dans les écrits tantriques de nombreuses allusions à Kali. On dit que lorsque le rituel tantrique est manqué ou mal fait, ce n'est pas Shakti qui devient présent mais Kali, la noire, qui s'approprie de l'énergie du pratiquant. Le dernier tantra, le rouge, est le tantra sexuel proprement dit. L'acte sexuel n'est pas une course à l'orgasme mais un moyen de faire monter l'énergie sexuelle (la kundalini) le long de la moelle épinière, où l'on retrouve selon la tradition, un canal central. Chaque fois que l'énergie monte a travers ce canal, elle transperse les sept chakras (centres d'énergies subtiles de l'humain) et va toucher l'univers par le chakras coronal (sur le crâne). Selon cette tradition, on l'appelle rouge parce que la maithuna (l'acte sexuel) doit se faire lors de la plus grande journée de flux (de menstruation) de la partenaire, c'est à ce moment que son énergie est la plus haute. Après avoir fait ainsi le tour des différents tantras et de leurs classifications, passons au but du tantrisme. Il est dit que le tantrisme est une méthode plus dangereuse parce que l'éveil de la kundalini peut entrainer des séquelles psychologiques au pratiquant lorsqu'il n'est pas bien préparé. (La tradition parle plus des pratiquant que des pratiquantes dans ces différents écrits) Le pratiquant s'appelle un tantrika. Il doit passer de nombreuses années de préparation comprenant des méditations, des yogas, etc. (comme dans le tantra blanc) avant de pouvoir passer à la maithuna comme telle. La préparation d'un tantrika peut aller de trois à douze ans. On doit également trouver la partenaire et la former pour la future maithuna. Ensuite, on la transforme de mortelle en déesse. Un rite consacre chaque partie de son corps, selon leur appartenance à une divinité donnée, avec l'aide des mantras. Après les mois de préparation et de consécration, elle est honorée dans une cérémonie où on lui rendra hommage. Ensuiet, le tantrika se couche à sa droite sans la toucher, puis à sa gauche pendant un certain temps. Seulement après tous ces rituels et ses préparations, le couple peut accéder au rituel de la maithuna. Dans la maithuna, tout est ritualisé. La maithuna n'est pas une relation sexuelle comme les autres. Elle possède un caractère autant magique que sacrée. Elle est le point culminant de tout le culte de la Shakti. C'est pour cette raison que l'on y retrouve les cinq éléments essentiels de celle-ci soit: le vin, la viande, le poisson, les mûdras (positions symboliques des mains) et la maithuna(N.B. en sanskrit, ces cinq éléments commencent tous par un "M" soit madya, mâmsa, matsya, mûdras et maithuna. Souvent on parle de la présence des cinq M et certains sont interdits en Inde comme manger de la viande). Le déroulement d'une maithuna va permettre au couple, à travers diverses positions, de passer de la sexualité animale à une sexualité alchimique. Quand cette étape est passé, la dernière position exécutée est celle de la jeune femme assise sur les genoux de son partenaire et face à lui. Sans oublier que pendant toute la durée du rituel, les deux partenaires prononcent des formules spécifiques à leur ouverture de conscience aux niveaux supérieurs. Toute cette ritualisation sert d'étincelle et de moteur afin que l'énergie, la Kundalini, monte le long de la colonne vertébrale, procédant à l'éveil des différents centres chakrals mais également à ce que le pratiquant puisse atteindre le sommet de l'ascension, le centre psychique supérieur (le chakra coronal) où l'attend le bonheur suprême du samarasa (l'identité de jouissance). Ainsi peut-on résumer le tantrisme classique et non occidentalisé. Je sais que pour plusieurs, cela peut sembler incongru. Mais qui sommes-nous pour juger telle ou telle pratique. Il nous suffit de garder l'esprit ouvert et attentif face à notre société qui évolue, se transforme sous nos yeux. J'espère que vous avez eu plaisir à découvrir cette tradition. par Nancy Shaink, sexologue-éducatrice, M.A. sciences des religions Pour en savoir plus vous pouvez consulter les ouvrages suivants: Deschamps, Marc-Alain, Corps et Extase: Les techniques corporelles de l'extase., Guy Trédaniel Ed. Paris, 1992, 251pp. (Vulgarisation de diverses techniques d'extase). Hutin, Serge, L'amour magique: révélations sur le tantrisme. Ed. Savoir pour Etre, Coll. La Grande Initiation Secrète, Belgique, 1994, 190pp. Van Lysebeth, André, Tantra: le culte de la féminité., Ed. Flammirion, Lausanne, 1988, deuxième éd. 1992, 464pp. (L'un des ouvrages les plus complèts sur le sujet). Pour ceux qui voudraient avoir une petite idée de la préparation au tantrisme occidentalisée: Ma Premo et M. Geet Éthier, La célébration sexuelle., Le Jour Editeur, Montréal, 1990, 311 pp. Naslednikol, Margo Anand, L'art de l'extase sexuelle: La voie de la sexualité sacrée et du tantra pour les couples occidentaux. Guy Trédaniel, Ed. Paris 1989, 572pp. Il y'a même une section sur une sexualité (safe-sex).
Ecrit par , à 18:28 dans la rubrique "Le privé est politique".

Commentaires :

  OTTO BERTIN
24-03-04
à 17:55

DEPUIS LONGTEMPS JE CHERCHE DES INFORMATIONS
ICI JAI TROUVE CE QUE JE VOULAIS, C EST UN RESUME DE CE QUE J AVAIS DEJA LU, BIEN FAIT ET COMPLET DE L ESSENTIEL
MERCI
Répondre à ce commentaire

  moa
12-11-05
à 19:43

Re:

c ta life sa!!!!! dxe la par de ton espri !!!

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  moa
12-11-05
à 19:45

Re: Re:

c toujour ta life !!!
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