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Devenir un anarchiste personnel

Lu sur Ecology of Mind :
Le terme « anarchie » est généralement utilisé dans le contexte politique, faisant référence à une philosophie qui prône l’abolition de tout gouvernement établi. Ce mot évoque généralement des images d’attentats, de violence, de désordre et de chaos. L’étymologie du mot, cependant, révèle une image plus inoffensive. Ce mot signifie littéralement « sans dirigeant », et une analyse plus profonde du terme montre que la racine « archos », à partir de laquelle « dirigeant » à évoluée, signifiait originellement « premier ». Cette forme initiale a évolué (« archétype ») pour devenir le « modèle », le « patron ». Ainsi, plus fondamentalement, « anarchie » référerait plutôt à un système qui fonctionne sans dépendre de règles établies ou encore de modèles.

Le Principe Anarchiste

L’essence de la philosophie anarchiste (Read, 1971) est le rôle qu’elle donne à la liberté et à l’égalité, qu’elle considère comme des facteurs nécessaires et favorables au progrès humain. Ce dernier se mesure alors par le degré de différentiation et d’articulation jusqu’auquel peuvent parvenir les individus au sein d’une société donnée. On peut retrouver cette définition du progrès dans la proposition de Kelly (1979a) selon laquelle l’évolution humaine va s’accélérant et que les humains y prennent directement part en élaborant continuellement des systèmes constructionnistes dans le but de comprendre l’univers. Pour Read (1971) un tel processus d’élaboration et de différentiation peut permettre à la personne de développer « une appréhension plus large et plus profonde du sens et de la portée de l’existence humaine » (p.37), et de devenir un producteur alors acteur du progrès humain. Selon cette perspective, le groupe social fonctionne comme un moyen, une aide opportune qui peut fournir la base à partir de laquelle l’évolution peut avoir lieu. Le progrès ne survient, cependant, qu’à partir de la scission et de la différentiation d’avec le groupe.

Comme la conscience personnelle s’élabore à partir de la relation établie entre l’individu et le groupe, un sens de la réciprocité et de la compassion se développe, fondé sur la tendance naturelle de l’humain à chercher à découvrir les lois de la nature et à vivre en harmonie avec celles-ci. « La loi la plus générale dans la nature est l’équité – le principe d’équilibre et de symétrie qui guide la croissance des différents composés vers une plus grande efficacité structurelle (Read, 1971, p.41). » Le propos de la philosophie anarchiste est que si l’on suit le principe d’équité, et que nos élaborations correspondent de plus en plus étroitement aux évènements, la conduite de la société humaine sera naturellement « morale » et co-opérative. A l’inverse, un comportement qui ne correspond pas à la nature profonde des évènements conduit à des conflits et à des attitudes « immorales » des uns envers les autres, telle l’hostilité (Kelly, 1971b). Ce sens naturel de la conduite juste à adopter est alors biaisé dès lors que l’on en tire des lois morales, ensuite institutionnalisées en organisations politiques, légales et religieuses. Les « instincts » naturels sont dénaturés en devenant des objets définis de manière rigide et au final inhibés par le poids de la structure :

La vie organique du groupe, une vie autorégulée comme l’est la vie de toute entité organique, est déformée pour s’ajuster au cadre rigide d’un code. Elle cesse d’être vie au sens propre du terme, et son fonctionnement ne devient plus que convention, conformité et discipline (Read, 1971, p.40).

La tendance de l’État à établir un système de lois statutaires pour lesquelles il n’y a plus aucune perspective d’observer le principe fondamental d’équité, qui introduirait plus de souplesse et de flexibilité. Dans un régime anarchiste, le principe d’équité prévaudrait sur les lois statutaires.

Sarason (1976) a résumé les principes centraux de l’anarchisme :

  1. L’État centralisé (et son appareil gouvernemental) de par sa nature propre et sa dynamique propre devient une force étrangère aux intérêts du peuple, et plus fort deviendra l’État, d’autant sera asservi le peuple, en ce sens qu’il sera sommé, et forcé, de faire ce qu’il n’aura pas désiré. En d’autres termes, il y a une dilution du sens individuel de l’autonomie. La rhétorique de l’État est une chose ; ce qu’il fait réellement en est une autre.
  2. Plus puissant deviendra l’État, et plus il sera perçu par le peuple comme la seule source des initiatives envisageables et de l’aide que l’on peut recevoir. Et le sens psychologique de la communauté sera dilué d’autant. Cela revient à dire que plus la vie du peuple est une conséquence de décisions prises dans « Le Château », et plus il est privé de ces liens communautaires et de la responsabilité qui permettent au sens de l’enracinement [dans une communauté] de se construire (p.251)

Une conséquence majeure des principes anarchistes est que toute règle élaborée pour servir les besoins humains doit être par nature adaptée aux circonstances et ne doit jamais pouvoir « s’institutionnaliser ». Or l’on peut observer que cette idée a été particulièrement adoptée parmi les psychologistes de la Psychologie des Constructs Personnels (PCP) [1] qui ont résisté à la formation d’une organisation formelle de la PCP, suggérant que cela aurait mené à l’émergence de caractéristiques institutionnelles qui  auraient été un obstacle à l’évolution naturelle de la théorie. De la même manière, une fois qu’une institution c’est développée, elle doit être abandonnée ou « détruite » pour permettre aux choses de rester dans leur état le plus naturel possible, afin qu’à nouveau elles puissent s’affirmer d’elles-mêmes.

Bien que le concept d’anarchie n’ait été la plupart du temps qu’évoqué dans un cadre politique, on peut étendre plus largement cette idée fondamentale que le progrès humain est ralenti par l’attachement à des lois ou à des règles pour l’appliquer dans différents autres contextes, tels la science ou la psychologie communautaire.

Science et Anarchie

Plusieurs philosophes et historiens des sciences ont critiqué le fait qu’on donne trop d’importance en science en l’adhésion à des règles strictes qui permettraient de décider si on doit accepter une connaissance scientifique comme valide ou non. Kuhn (1970) a cherché à décrire la nature des évolutions dans les disciplines scientifiques et a proposé le concept de « paradigme », qui est en quelque sorte une représentation de la vision globale du monde qui caractérise une discipline scientifique. Entre autres choses, le paradigme intègre les règles selon lesquelles la science doit être menée, des exemples de problèmes « appropriés » et une méthodologie. Polanyi (1958), cependant, en présentant ce qu’il appelait une théorie « post-critique » de la connaissance, a déclaré qu’il n’y avait aucun moyen de spécifier des règles a priori par lesquelles on pourrait accéder à la découverte d’une connaissance nouvelle. Selon l’analyse du progrès scientifique par Polanyi, la découverte scientifique naît de la prise de conscience personnelle du scientifique, qui saisie comment sont reliés de manière cohérente des évènements qui jusque-là étaient perçus comme sans rapport les uns avec les autres. C’est la croyance, que le scientifique maintient profondément au fond de lui, d’observer une entité jusqu’alors inconnue mais potentiellement réelle qui conduit à la découverte scientifique, et il n’y a aucun moyen d’anticiper la survenue de la preuve qui éventuellement justifiera et permettra de soutenir l’idée nouvelle.

Feyerabend (1978) a avancé l’hypothèse que la pratique scientifique qui consistait à lier règles méthodologiques et preuves entravait souvent le progrès scientifique et qu’en fait cela ne reflétait pas la manière dont ce progrès avait eu lieu tout au long de l’histoire. Cet auteur a mené une recherche historique qui n’a pas permis de confirmer l’idée que la science avance selon « …une méthode qui comprend des principes fermes, immuables et absolument incontournables (p.23) ». Chaque règle de ce genre qui a été proposée jusqu’ici a été systématiquement transgressée à un moment ou à un autre, et même il y a des situations dans lesquelles ces infractions méthodologiques ont conduit à un accroissement de la connaissance. Feyerabend a proposé une philosophie de la connaissance, appelée « anarchie épistémologique », qui affirme que puisqu’il est impossible de déterminer quelque règle que ce soit qui pourrait guider la conduite scientifique, « la seule règle qui n’inhibe pas le progrès est que tout est permis (p.23) ».

La tendance à suivre des règles dans la recherche scientifique a été un problème particulièrement important dans le cas de la psychologie. Kelly (1970) a éloquemment critiqué le soucis d’elle-même dont a toujours fait preuve la psychologie, c'est-à-dire sa préoccupation à propos de sa respectabilité scientifique et l’insistance avec laquelle elle cherchait à apparaître scientifiquement rigoureuse. Il a émis l’idée que les psychologues seraient bien plus efficaces s’ils abandonnaient leurs tentatives de suivre des règles de méthodologie fixées a priori, imitant les procédures employées dans les sciences physiques, et usant de toute méthode qu’ils pourraient inventer pour poursuivre leurs recherches en psychologie. Pour lui, si les psychologues parvenaient finalement ne serait-ce qu’à la moindre avancée dans cette perspective, la communauté scientifique seraient bien plus prompte à accepter leurs résultats.

Bakan (1973), dans une critique assez complète de la méthodologie en psychologie, a développé ce thème plus largement. Il a comparé la relation entre la « vrai science » et la recherche en psychologie à celle existant entre les « vrais cow-boys » et des enfants jouant à être des cow-boys. En mobilisant tous leurs efforts pour respecter règles particulières et modèles de méthodologie scientifique, les psychologistes ont imité le comportement des scientifiques en négligeant le plus important qui est au fond ce que font les vrais scientifiques : se confronter directement à leur sujet d’étude avec créativité. Bakan a décrit l’approche de la recherche en psychologie comme étant de la « méthodolâtrie », une pratique qui tient de l’idolâtrie dans la religion. Pour Bakan, l’idolâtrie survient lorsqu’une règle particulière élaborée au cours de la quête de l’humanité pour une compréhension plus profonde de l’univers en vient à être considérée comme une fin en elle-même. C’est cette idolâtrie que du point de vue anarchiste on cherche à abolir en refusant de vouer un culte à quelque règle que ce soit.

Psychologie Communautaire et Anarchie

Entre êtres humains, il existe une assistance mutuelle et des services rendus qui peuvent aussi s’« institutionnaliser », et ce  d’une manière qui peut affaiblir leur capacité à conduire le progrès humain. Sarason (1974) a proposé ce qu’il appelle le « sens psychologique de la communauté » entendant par là le caractère fondamental de la capacité qu’a la société d’entretenir et de développer l’individu, contribuant ainsi à la poursuite de l’évolution de l’humanité. Par ce concept, Sarason se rapporte à l’idée selon laquelle chacun fait partie d’un réseau omniprésent, dont les éléments se soutiennent les uns les autres, et constitué par les relations dont chacun dépend, du moment que la personne n’a ressentie de manière prolongée aucun sentiment d’isolement, qui alors amènerait à des actes ou à un style de vie qui lui permettent de cacher son anxiété et préparerait le terrain pour des angoisses à venir bien plus destructrices (p.1).

Dans cette perspective, n’importe quel type d’aide ou service n’est valide que s’il améliore ce sens de la communauté entre ses membres. La tâche de la psychologie communautaire est de travailler afin de faciliter l’accès à ce sens communautaire, à travers le respect des différences individuelles et en rendant aisé et équitable l’accès aux différentes ressources humaines (Rappaport, 1977). Adopter la perspective de la psychologie communautaire peut conduire à une altération radicale des institutions de service et d’assistance existantes.

Sarason (1974) donne un exemple de la manière dont l’institutionnalisation des services a pu interférer avec la mise en place de services qui étaient vraiment nécessaires, et a affaibli le sens psychologique de la communauté parmi les personnes qui y étaient impliquées. Dans le Connecticut, fut lancée la construction, avec l’aide de l’État, d’un centre scolaire régional pour retardés mentaux. Cependant, tandis que les fonds étaient en cours d’accréditation, et que la construction des équipements avait débuté, il a fallu mettre« temporairement » en place un système qui permettrait de pallier aux besoins des patients inscrits sur la liste d’attente d’urgence. Un groupe de travail a été mis sur pied afin d’élaborer une solution à ce problème, et très rapidement ce groupe, en mobilisant les ressources locales, a pu inventer diverses solutions pour dispenser les services attendus dans les communautés où vivaient les individus à prendre en charge. Au cours du processus, le groupe de travail a découvert qu’il n’y avait vraiment nul besoin d’un centre régional. De plus, la réalisation de ce centre aurait été préjudiciable vis-à-vis des besoins des usagers et de la communauté dans son ensemble, puisque cela aurait pour résultat le retrait des personnes attardées de leur communautés locales, conduisant à la perte d’un bénéfique sens psychologique de la communauté à la fois pour les personnes attardées et les membres de la communauté qui leur étaient venu en aide lors du programme « temporaire ». Lorsque le groupe de travail s’est rendu compte de la supériorité de ce programme alternatif de traitement communautaire, le centre était déjà devenu une « institution », et il est apparu clairement que les besoins de la communauté passeraient en second par rapport au fonctionnement structurel de l’institution. Ainsi, le centre devint une réalité bien que ce fût contre les besoins de la communauté qu’il était supposé servir.

L’Anarchie Personnelle

La discussion précédente a rapidement effleuré les différentes manières dont le construct « anarchie » peut être appliqué dans les champs politiques, scientifiques, et communautaires, mais le but premier de cette discussion était de préparer le terrain pour esquisser une métaphore du social sur le personnel. L’utilisation d’une métaphore comme moyen pour appréhender des points de vue différents sur la condition humaine a une longue histoire dans la Psychologie des Constructs Personnels (PCP) (Mair, 1977b). Les métaphores fournissent un véhicule à travers lequel des phénomènes inconnus ou encore seulement partiellement connus peuvent être propositionnellement construits à l’aide de constructs qui ont déjà un sens et une utilité.

« Science » et « Communauté » sont des thèmes qui ont déjà été utilisés par des psychologistes PCP pour esquisser des connections métaphoriques avec l’individu. Kelly (1955) a utilisé la métaphore du « scientifique personnel », avançant l’idée que l’on peut avantageusement comprendre le comportement des gens en général si l’on admettait qu’ils se comportaient de manière comparable à celle de scientifiques. Il s’agit là du point de départ de la Psychologie des Constructs Personnels. Mair (1977a) a proposé la métaphore de « la communauté du Soi », métaphore dans laquelle l’ensemble des différentes facettes d’un individu peut être vue comme représentant une « communauté ». De manière analogue, la métaphore de « l’anarchiste personnel » propose que « l’institutionnalisation » de nos constructs personnels pourraient aller jusqu’à entraver, plutôt que contribuer à son amélioration, notre capacité à discriminer et à élaborer notre champ perceptif. Dépendre de constructs personnels tels que des « règles » ou des « codes » peut conduire à des difficultés personnelles, des distorsions et des rigidités analogues à celles discutées dans les cadres politiques, scientifiques et communautaires.

Le développement du « Soi »

Le processus par lequel les constructs peuvent devenir une institution est profondément ancré dans leur genèse, et dans le sens de soi qui se développe avec le processus de construction. Le but initial du processus de construction est de servir le désir qu’a la personne de rendre le monde plus compréhensible et de pouvoir anticiper efficacement les évènements. En proposant la PCP, Kelly (1955) a souligné que le processus de construction était un processus pratique dont l’existence s’inscrivait dans un but très appliqué. C’est pour vivre dans un monde réel d’évènements réels que ce processus est mis en œuvre, et, afin que les constructs élaborés demeurent parmi les plus efficaces tout au long de la vie, ceux-ci doivent continuellement évoluer pour correspondre au plus près aux évènements. L’hypothèse philosophique et épistémologique adoptée par Kelly occupe une place centrale dans ce processus dynamique : l’alternativisme constructif, qui met l’accent sur le fait que les idées ne doivent jamais être « institutionnalisées » mais toujours ouvertes à la révision, voire, au remplacement pure et simple, c'est-à-dire que les idées doivent pouvoir être facilement abandonnées pour ouvrir la voie à une nouvelle vision du monde. Cette nature provisoire et circonstanciée (au sens de correctement adaptés) des constructs est clairement à mettre en parallèle avec la conception anarchiste, qui lui est similaire. En outre, l’hypothèse de Kelly d’un univers dynamique, toujours changeant, permet de mieux justifier l’exigence qui pose qu’une élaboration/construction efficace est une élaboration qui doit être flexible, et toujours ouverte au changement.

Un aspect de l’élaboration personnelle d’un construct qui a eu des avantages pratiques positifs est la construction d’un Soi. Afin de pouvoir anticiper les évènements qui vont avoir lieu dans le futur, la personne doit avoir la possibilité d’imaginer ce futur et un rôle personnel dans celui-ci. Ceci requiert un concept, ou construct, du Soi qui expérimentera ce futur. Kelly (1955) décrivait le Soi comme la structure noyau, un ensemble de constructs qui existe dans le but d’anticiper les processus de maintenance personnelle. Il y a deux éléments centraux dans cette conception du Soi. L’un est la notion que le Soi est une partie des processus personnels mais ne représente pas leur totalité. L’autre, que le Soi requiert de la conscience personnelle ; avoir un construct « Soi » est être conscient du Soi en tant que sujet de l’expérience. Dit d’une autre manière, sans le concept de Soi, il n’y a pas de conscience au sens où le terme est habituellement compris.

Il y a un accord général concernant les processus sous-tendant le développement de la conscience de soi. Jaynes (1976) a proposé que la conscience du Soi, en tant qu’agent conscient qui a la responsabilité de faire des choix et de guider les actions en fonction de l’avenir, est apparue plutôt récemment dans l’évolution humaine, peut-être guère plus qu’il y a trois mille ans. Un des points centraux de la théorie de Jaynes sur l’origine de la conscience est qu’elle s’est développée subséquemment à l’usage du langage. Il a avancé un argument convaincant qui démontre que les êtres humains auraient pu exister avec un langage, une pensée, une raison et la capacité d’apprendre, mais sans aucun sens de la conscience de soi ou la conscience d’un «je » qui aurait été responsable des actions.

Wilber (1980 ; 1982), dans des revues de plusieurs théories du développement et de l’évolution, a suggéré également que le Soi est un artefact social qui évolue conjointement avec le langage. Lorsqu’un enfant développe la capacité à utiliser des symboles verbaux, particulièrement ceux qui se rapportent au Soi, l’identité personnelle passe d’un Soi-corps à un Soi-mental. Ce changement indique le début du stade de l’ego dans le développement, le moment où la personne parvient à s’identifier presque exclusivement à son ego mental socialement déterminé, avec les symboles verbaux appropriés, comme un rappel constant de l’identité.

Cette identité émergente en tant que Soi mental est très utile pour accroître la capacité à anticiper le futur, puisqu’elle crée le sens d’une entité fixée, permanente qui expérimentera les évènements futurs. Sans ce sens du Soi, les humains seraient à la merci de leur environnement immédiat, ils suivraient des modèles routiniers de comportement et seraient incapable de transcender leurs besoins immédiats de manière à effectuer des choix ou d’anticiper des évènements dans le futur éloigné. Le développement de cette conscience de soi, alors, a été une étape évolutive majeure dans l’accroissement de la capacité humaine de survivre efficacement dans une large gamme de circonstances environnementales.

Le Soi comme « Institution »

Ce sens de la conscience de soi, cependant, est une lame à double tranchant. Au-delà de son utilité, il y a des risques potentiels d’identification exclusive avec l’ego qui peut obstruer, plutôt qu’améliorer, la capacité à traiter un univers toujours changeant. Angyal (1982) a décrit la tendance du soi à s’efforcer à contrôler et diriger l’organisation de l’ensemble de la personnalité :

Le Soi conscient qui n’est qu’une partie seulement, c'est-à-dire la conscience ou la part symbolique du sujet biologique, tend à établir son propre gouvernement autonome. Ce que nous appelons « volonté » représente la détermination autonome, le Soi-gouvernant de cette conscience étroite ou Soi symbolique. Le Soi symbolique devient un État dans l’État. Ainsi un clivage s’opère dans l’organisation du sujet. Ce clivage est grandement accentué par le fait que le Soi symbolique tend à l’hégémonie, tend à s’emparer du gouvernement de la personnalité dans sa totalité, une tâche pour laquelle il n’est pas armé (p.35-6).

Jusqu’ici, la structure « Soi » a été décrite comme la part consciente, désignée verbalement, de la personne. Une grande part de cette structure, cependant, n’est pas accessible à l’expérience consciente. Kelly (1955) a décrit un grand nombre de manières par lesquelles peut avoir lieu « une construction cachée ». Plusieurs facettes « voilées » du Soi sont particulièrement pertinentes. Premièrement, il y a les constructs associés avec les expériences qui ont eut lieu avant le développement du langage et qui continuent à être utilisé en dépit d’un manque de mots-symboles en adéquation. Kelly les décrits comme des « constructs pré-verbaux ». Deuxièmement il y a les constructs qui se développent ouvertement à un moment de la vie d’une personne, mais qui sont incompatibles avec l’organisation actuelle du Soi. Ces constructs ont été « suspendus » (Kelly, 1955). Bien que la personne n’ait pas conscience de ces expériences, elles continuent à exercer une influence sur le comportement, et peuvent représenter des « règles » inconscientes qui sont suivies automatiquement. Une troisième forme de construction voilée ou cachée et ce que Wilber (1983) appelle « l’inconscient intégré », les « règles » qui gouvernent les opération de la structure noyau qui ne sont pas accessible à la conscience du Soi en raison de la pleine identification du Soi avec ces structures.

Le Soi ne peut percevoir ces structures parce que le Soi est ces structures… Aucune structure d’observation ne peut s’observer en train d’observer. Une personne utilise les structures de ce niveau comme quelque chose avec quoi percevoir et interpréter le monde – mais personne ne peut percevoir et traduire ces structures elles-mêmes (Wilber, 1983, p. 112).

Ainsi, à la fois dans les voies conscientes et inconscientes, le Soi, originellement au service de la personne, devient une « institution » qui a perdu son but initial et demeure un ensemble de règles ou de modèles qui sont suivis sans considérer s’ils sont correctement adaptés aux évènements avec lesquels la personne est confrontée. La tâche de l’anarchie personnelle est de détruire cette institution de telle manière que la personne puisse poursuivre le processus évolutif.

Fomenter une insurrection personnelle.

La philosophie anarchiste fait une distinction entre révolution et insurrection (Read, 1971). Le concept de révolution se réfère au remplacement d’une forme de structure gouvernementale par une autre et le terme trouve son origine étymologique dans le concept de « roulement » ou de « rotation ». En essence, la révolution peut être vue comme un processus circulaire par lequel une méthode ou une forme est remplacé par une autre par une sorte de mouvement giratoire. L’insurrection est une action contre toute forme de structure étatique, et son origine étymologique suggère un « rejet» de n’importe quel type. En discutant diverses méthodes par lesquelles la conscience humaine évolue vers des formes plus élevées, Wilber (1983) trace une distinction similaire entre les changements de forme au sein du même niveau de conscience (interprétation) et l’évolution vers un niveau plus élevé (transformation). Pour qu’une véritable transformation ait lieu, il faut qu’il y ait une « mort du Soi » au niveau immédiat, une insurrection personnelle dans laquelle toute forme de structure « Soi » à ce niveau d’organisation sont renversée afin d’être transcendée.

Avant qu’une structure « Soi » puisse être transcendée, cependant, un Soi organisé et en état de marche doit exister, tout comme il ne pourrait y avoir d’insurrection politique en l’absence d’une structure étatique pré-existante. La structure « Soi » peut être vue dans ce contexte comme une étape universelle dans l’évolution personnelle, qui se développe pour servir des buts utiles et nécessaires, mais peut éventuellement devenir une forme vide qui entrave le fonctionnement évolutif. Cette étape ou ce niveau d’évolution ne peut être évité et donc les approches de l’insurrection personnelles doivent suivre, plutôt que précéder, le développement d’une organisation du soi efficace et qui fonctionne.

Etant donnée l’existence d’une structure « Soi » fonctionnelle, le concept d’insurrection personnelle peut être appliqué à l’affaiblissement ou à la dissolution d’une identification exclusive avec la structure « Soi » symbolisée et consciente, et de ses composants cachés, « inconscient ». Dans un sens, l’insurrection personnelle est une application personnelle de l’alternativisme constructif, en ce qu’elle représente une approche consciente, agressive, en accord avec l’hypothèse de Kelly selon laquelle les constructs peuvent être révisés et remplacés. L’objectif n’est pas de détruire la capacité à traiter efficacement le monde réel. Il s’agit plutôt de faciliter la poursuite d’une différenciation et de l’élaboration du fonctionnement personnel, de l’intégration du Soi symbolisé verbalement avec les processus personnels restant, et un sens de l’identification personnelle qui transcende les limites individuelles. Le but ultime de l’anarchie personnelle est de rester frais et ouvert, continuellement prêt à traiter la réalité moment par moment selon des voies nouvelles et efficaces sans dépendance rigide à des règles préexistantes.

Il y a de nombreuses approches potentielles de ce processus, et seulement certaines d’entre elles seront discutées ici. Leur noyau commun est de mettre l’accent sur la connaissance de Soi dans le but d’une transcendance du Soi. Ce but peut être différencié de celui de l’épanouissement personnel. Alors que beaucoup de techniques et de pratiques peuvent être utilisées pour atteindre les deux objectifs, celui de l’épanouissement personnel est de rendre le Soi « meilleur » tandis que le but de la transcendance de Soi est d’étudier le Soi, de voir sa structure de base pour qu’il cesse ainsi d’avoir son rôle dominant dans la vie. L’anarchie personnelle peut être approchée par le biais de la psychothérapie. Bien que celle-ci soit typiquement utilisée pour assister une personne dans le but de développer une structure « Soi » forte, efficace ainsi que pour dépasser des modèles mal adaptés qui empêchent un fonctionnement sain, la psychothérapie pourrait aussi être utilisée pour aider l’anarchiste personnel à développer une connaissance de Soi qui peut affaiblir l’emprise de la structure Soi sur la personnalité entière.

Les pratiques méditatives, dérivées des perspectives orientales sur la psychologie, représentent un autre outil pour gagner la connaissance du Soi nécessaire à l’anarchie personnelle, et plusieurs aspects de la relation qui existe entre les approches orientales et la PCP ont été décrits (McWilliams, 1983 ; 1984). L’objectif de la méditation Zen, par exemple, est d’étudier le « Soi » pour observer sa nature toujours changeante et la transparence de la construction dualiste. A travers ce processus, le « Soi » est « oublié », permettant à la personne d’exprimer une nature plus fondamentale par une vie en harmonie avec une vie quotidienne ordinaire (Aitken, 1982).

Dans la perspective de la PCP, une connaissance du Soi anarchiste peut être approchée par l’utilisation de techniques orientée par la conversion de constructions cachées en constructions manifestes. Nombres de méthodes dérivées de la technique de la grille de recensement (repertory grid) (Fransella et Bannister, 1977) peuvent être appliquées à cette fin. La mise en évidence des constructs, l’échelonnage des constructs sur-ordonnés et les méthodes d’analyse de grilles qui dévoilent la « meta structure » du système de constructs, tout cela peut être utilisé pour aider à une plus grande conscience des « règles » cachées et de « l’organisation » qui contrôle la (re-)construction des évènements. L’approche de Boxer (1979 ; 1980) avec « l’apprentissage réflexif » représente une méthode par laquelle les technique des grilles de recensement peuvent être dirigées vers l’étude du processus, plutôt que du contenu, de construction.

Quelques commentaires conclusifs

Métaphores et similitudes, paraboles et comparaisons peuvent être utilisées pour décrire tout ce qui appartient au monde relatif, dichotomisé, mais même l’expérience de la réalité la plus simple et la plus commune, la sensation tactile que provoque l’eau chaude, l’odeur du camphre, sont incommunicables par quelque moyen que ce soit ; combien plus la Paternité de Dieu, l’Absence de Signification du Sens, la Valeur Absolue d’un pop-corn… (Blyth, 1976).

Pour être utilisée à son meilleur avantage, une métaphore devrait être prise clairement et rapidement pour telle et au mieux comme une construction incomplète et seulement suggestive. La métaphore de l’anarchiste personnel ne fait pas exception, et son but est seulement de proposer des voies alternatives de constructions de la condition humaine. Quelques techniques spécifiques ont été mentionnées, et cela très brièvement. C’est en adéquation avec l’idée anarchiste, qui est que, à la fin, il ne peut y avoir aucune règle gouvernant un anarchiste personnel.

Spencer A. McWilliams

Références

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Wilber, K. (l980). The Atman project: A transpersonal view of human development. Wheaton, Ill: Quest.

Wilber, K. (1981). ~ from eden: A transpersonal view of human evolution. New York: Doubleday.

Wilber, K. (1983) Eye to eye: The quest for the new paradigm. Garden City, NY: Anchor Doubleday.

Paper presented to the Sixth International Congress on Personal Construct Psychology
Churchill College
, Cambridge, England August, 1985

 

[1] pour une définition des termes constructs, Psychologie des Constructs Personnels (PCP) et Psychologie Communautaire, voir le commentaire ci-dessous.

Traduit par mes soins

Ecrit par Cercamon, à 19:33 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Cercamon
03-04-05
à 19:35

J’ai beaucoup hésité avant de proposer ce texte qui est très contextualisé – il s’agit d’une intervention à un colloque de psychologie – l’auteur s’adresse à donc à des chercheurs ou à des praticiens qui en outre se rattachent à une école particulière : la psychologie des constructs personnels (je donne une brève description plus bas), et pas à des anarchistes. Cependant, alors que je suis tombé dessus par hasard, je trouve les perspectives de ce texte très intéressantes, parce qu’il aborde des sujets qui sont plus ou moins absents (de ce que j’ai pu constater) de la réflexion anar (et qui me semblent pourtant fondamentales) : l’expérience personnelle, la psychologie (hors la sacro-sainte psychanalyse), l’épistémologie (hors la simple histoire des sciences et des techniques)…

Par contre comme il parlent de choses qui sont pratiquement inconnues en France, voici le minimum vital (par un non-spécialiste) pour comprendre certaines références :

constructs : c’est un concept fondamental. Je n’ai pas traduit le mot, et ai conservé au maximum les mots dont la forme en était dérivée (construction, construire, constructionniste…) même si ça donne quelquefois des formulations bizarres en français. Le mot construct peut avoir le sens de concept, élaboration en anglais, mais aussi modèle ou schéma (de pensée). Il se réfère également à quelque chose de composé, de complètement construit (du début à la fin). Je trouve que le mot « élaboration » traduit le mieux ce terme, mais dans le peu de textes en français que j’ai vu qui reprenaient le terme, il n’était pas traduit. On entend donc par construct tout les « objets de la vie mentale » (règles, propositions, concepts, notions, idées, représentations…) qui sont construis par l’individu au fil de ses expériences dans le monde.

Psychologie des Constructs Personnels : il s’agit d’une théorie (je ne sais pas si on peut parler de mouvement ou d’école) de la personnalité élaborée par George Kelly (1905-1967) dans les années 50. Kelly avait une licence de mathématique, une maîtrise de sociologie, une licence « d’éducation » et un doctorat de psychologie. On peut dire que c’est un inconnu en France, ses bouquins n’ont jamais été traduits par exemple. Il a jouit d’une certaine notoriété semble-t-il mais on ne peut pas vraiment dire que ses idées aient beaucoup été reprises. Selon lui, l’être humain adopte un peu le même comportement qu’un scientifique : fondamentalement il cherche à comprendre et à prédire les évènements dont il est témoin, et à faire de cette compréhension quelque chose de cohérent et d’exploitable. Sa représentation du monde et les règles d’anticipation qu’il adopte se construisent au fil de son interaction avec le monde, de ses expériences, d’où l’émergence de constructs personnels. Ces constructs sont donc propres à chacun, tout en étant construit au fil des interactions. Kelly a axiomatisé sa théorie (taper George Kelly ou Personal Constructs sous Google pour plus de détail). Kelly s’est autant consacré au développement de sa théorie qu’à son application dans la pratique. Il a élaboré une méthode (repertory grid) qui permet de lister et de représenter l’organisation des constructs chez une personne.

Psychologie Communautaire : il s’agit d’un courant de la psychologie sociale : l’individu n’est donc plus considéré hors de tout, mais bien inséré dans un environnement social. Pour améliorer la qualité de vie d’un individu, il faut donc agir également sur son environnement social. Il s’agit donc de rendre à l’individu ses moyens d’agir sur son environnement, en modifiant par exemple les modes d’organisations, dans le but de favoriser l’entre-aide et l’autonomie (le pouvoir-agir).

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  Mirobir
04-04-05
à 04:37

Re:

C’est très pointu comme approche de/sur l’individualité, je pense même qu’on peux la « classer » dans celle de type systémique. Le texte apporte, me semble-t-il, une nouvelle « essence » sur la dialectique individu-collectif, une réflexion sur la désindividualisation qu’un système (Une société) crée en la personnalisation (le Soi (tu dois être) mais pas « Soi » - celui qui peut être mis en relation avec l’Individuation mystique de Jung).

En fait pour moi, tout ceci est une « déclaration » généreuse qui explique le déséquilibre de la vie « interne » et celle qui nous est externe. Telle en est du moins, ma compréhension.

Et un énorme travail de traduction, merci à toi ;-)

.

P.s : Cette réflexion est faite sur base d’une première lecture, et qui n’est certainement pas la dernière.

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  cercamon
04-04-05
à 17:38

Re: Re:

Tu as raison d'évoquer l'internalité, c'est effectivement ça qui est à mon sens trop souvent négligé, d'ailleurs le meilleur moyen de ne pas l'oublier est de montrer comment elle est liée à l'externalité, sans se réduire à celle-ci.

Par contre je ne serais pas aussi définitif que toi sur la question du "tu dois être" : ce n'est pas parce qu'il y a déterminisme (social) qu'il y a injonction, même si j'admets que, "phénoménologiquement",  ça se traduit ainsi dans la plupart des cas.

Ce n'est pas la première fois que j'entends l'Individuation de Jung évoquée face à un texte aux relents clairement "post-moderne" (comme l'est celui-ci).

J'ai lu le texte que tu proposes de Jung (dont je n'ai pas lu un seul livre), mais question affirmation gratuite, il y a des trucs qui me crispent un peu, du genre "une telle évolution ne doit pas être encouragée avant 40 ans" (?), on reste dans la perspectives de comportements antagonistes (celui "d'avant" opposé ou appartenant à un pôle opposé à celui "d'après"), plutôt que dans celles de comportements équilibrés.
Et surtout il me semble que le Soi évoqué suite au processus d'individuation est un espèce de Super-Moi certes mystérieux, mais aussi bien solide et pérenne, vu qu'il faut le "servir", et dont le mystère vient alors fort à propos pour ne pas le remettre en cause... Si je puis me permettre c'est une vision plus Védique ou plutôt Brahmanique, et à ce titre, le rapprochement avec Nietzsche n'est alors pas un hasard. Le propos du texte ici est absolument "inverse"...
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  Mirobir
05-04-05
à 03:54

Re: Re: Re:

Je suis désolé de (te) re-confronter (à) cette Individuation, j’avais d’ailleurs annoncé la couleur par la précision de ce que j’ai dénommé être « une mystique » de Jung sur ce sujet.

Quant à l’aspect « quadragénaire » de l’échelle – ou l’âge de la plénitude atteinte comme symbole – il paraît assez évident qu’elle est inhérente à la « morale » d’un mode de pensée. La notion d’ « inverse » que tu aborde sur le parallèle que j’ai fait avec l’individuation est d’ailleurs symptomatique de la relation des systèmes, que d’instinct j’avais dénommé « systémique » dans ma courte réflexion, et qui se concrétise comme « ouvert » dans l’approche qui y est faite par Kelly et la dimension que tu apporte. A l’inverse du « fermé » – sur soi – de l’individuation de Jung.

Pour comprendre le sens donné à la réappropriation du « Soi » de l’étude ci-dessus, il est certain (c'est mon avis) qu’il faut y interpréter  « réellement » que la société telle que dans lequel on évolue n’émancipe pas (ce qui rejoint le « phénoménologiquement »). Que le « tu dois être » n’est pas l’« être » qui pourrait avoir comme définition : reconnaître l’individualité, sa genèse et non sa « banalisation ». C’est un concept simple, mais efficace.

Il n’existait peut-être pas d’analyse à proposer sur une « science » – un nouveau paradigme – dans l’anarchie, mais dans ce cas, le vide se comble.

Ceci dit, une nième fois, la relecture pour une pleine compréhension est nécessaire, en tout cas pour moi :-)

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  Oxixa
25-05-05
à 18:37

Re: Re: Re: Re:

Pour un pauvre débutant anarchiste (sic!) comme moi, ce texte est vraiment obscure. Une petite vulgarisation n'aurait pas été mauvaise car je comprends un peu plus ce texte à chaque fois que je le relis (mais devrais-je le relire ?). En tout cas merci quand même, bien qu'il soit "hard" ce texte n'en reste pas moins intéressant, extremement intéressant.
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  blance
01-06-05
à 22:30

Re: Re: Re: Re: Re:

Je n'ai pas eu le temps de lire le texte d'en haut. Je ne suis pas anarchiste. Mais je ne pense pas le devenir. En effet je ne veux pas avoir d'ennui avec la police. De plus il faut savoir que quelqu'un qui devient anarchiste risque gros face aux policiers. www.blanc.corp.st
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  Anonyme
02-06-05
à 00:05

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

T'as oublié de signer :

Un ami qui vous veux du bien.









J'en suis PTMDR !
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  Oxixa
02-06-05
à 08:47

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

On n'est pas anarchiste comme on est footballeur.
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  blance
02-06-05
à 22:46

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

à bas les aristocrates !

à bas les bureaucrates !

à bas les tous ce qui fini en crates !

à bas les j.o.crates !

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  Anonyme
18-06-05
à 11:49

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Je n'ai pas eu le temps de lire le texte d'en haut. Je ne suis pas anarchiste. Mais je ne pense pas le devenir. En effet je ne veux pas avoir d'ennui avec la police. De plus il faut savoir que quelqu'un qui devient anarchiste risque gros face aux policiers. zzz.blanc.corp.st

La, j'ai vraiment pas compris l'ami! Quelle relation la SEL de Paris à avec tes propos? Propos fortement erroné qui plus est!

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  Jon
18-06-05
à 13:15

L'erreur dans le principe

Je n'ai rien contre l'idée même de l'Anarchisme, je suis moi-même d'un courant libertaire et anti-étatique, mais il y a une erreur dans la base même de l'Anarchisme, une opposition qui est de plus citée dès les premieres lignes de ce document. <br />Il est tout simplement impossible de concilier égalité et liberté. Et ce pour une raison simple, c'est pour qu'il y ait égalité il faut qu'il y ait des contraintes qui soient imposées à certains. Par exemple l'égalité voudrait que tous aient le même genre d'habitation, on verrait comme un principe inégalitaire quelqu'un qui ait une maison en briques solides alors que les autres doivent avoir une maison en terre. Cependant si cette personne a la capacité de se construire un tel bâtiment, pourquoi l'en empécher? Qui pourrait en décider, car personne dans un systême anarchiste ne peut se permettre de prendre des décisions et de les imposer aux autres. De plus, l'Anarchisme c'est aussi l'individualisme, car on ne peut pas s'intégrer dans un systême communautaire, tous simplement parce que la communauté nous enlève toutes libertés. Prenons exemple sur l'URSS, le communisme est le modèle communautaire par excellence, car il devait assurer l'égalité de tous les membres, mais il était totalement anti-libertaire, car les personnes qui étaient contre ce systême étaient tout simplement envoyé au Goulag, ce qui ne me semble pas etre de la liberté.<br />Donc l'égalité et la liberté s'opposent, et on ne peut pas choisir les deux en même temps et à même niveau. Si on choisit plus de liberté, on doit se contenter de peu d'égalité, et si on veut de l'égalité on devra renoncer à la liberté.<br />Personnellement j'ai choisi la liberté, mais mon caractère fait que je ne peux pas laisser certaines personnes dans le besoin et je prend mon plaisir à aider les gens. Cependant je peux y renoncer assez facilement si ma liberté est compromise.<br />
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  Rabat-Joie, le marocain heureux
19-06-05
à 00:50

L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

En effet, l'égalité n'est pas dans la nature. Seule une sorte d'Etat-Providence peut garantir un semblant d'égalité. Cet Etat-Providence peut taire son nom quant il est imploré par les "communistes-libertaires", qui préfèrent changer le nom de leur structure idéale, pensant que la seule mécanique de l'autogestion suffit à garantir la liberté individuelle (?!).

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  omar
22-06-05
à 12:56

constructs

Je ne sais pas ce que je suis, et je ne saurais me définir en fonction de "computs" ou de "constructs", surtout s'ils sont étrangers, extérieurs à ma réalité. Pourtant, j'ai l'impression que nous vivons tous les mêmes angoisses, les mêmes souffrances, de façon cyclique.

A certains moments, un courant, une tendance l'emporte sur les autres, et on peut penser qu'a ces moments la je me définisse soit anar, soit conservateur, soit bourgeois, soit réactionnaire, ou toute autre chose.

J'ai la sensation d'être totalement fragmenté, cassé en de multiples petits morceaux qui, pris séparément, possèdent un sens, une logique propre. Mais je ne puis être ce fragment qu'une courte période de temps, un impératif concret de la vie chassant la logique induite par le précédent, sans que je ne puisse même m'en rendre compte, ou intérioriser cet état de fait.

Ou alors il est déjà trop tard et ma pensée est creuse, elle n'est déjà plus d'actualité et ne me permet pas de résoudre mes problèmes existentiels. Et le cycle continue ainsi depuis longtemps déjà.

Avec une grande attention et beaucoup de calme, je perçois tout de même ces multiples mouvements désordonnés de ma pensée, je ne suis pas dupe...

La pensée est matérielle, elle est déjà morte, elle est caduque, car elle est basée sur la mémoire et le passé dont rien de neuf ne pourra surgir. Cela ne veut pas dire que le neuf n'est pas, bien au contraire, cela veut juste signifier que la pensée n'est pas l'outil approprié pour appréhender le réel, l'inconnu, qui est nouveau par définition, à chaque instant.

De mon parcours chaotique, je peux déduire que la violence "de la société" est en moi. Je suis cette violence lorsque on courtise "ma" femme et je suis la jalousie qui me pousse à tuer en pensée (je ne connais pas les paramètres qui conduisent au passage à l'acte).

Je suis aussi le rasciste xénophobe dangereux lorsque je m'identifie à une culture et que j'imagine celle-ci en grand danger. A l'école, on ne m'a apprit à penser qu'en terme manichéens, avec pour seule règle la dualité.

Comment me défaire de ce poison distillé par l'éducation nationale?
Comment me déconditionner et retrouver un semblant d'être?

Aidez-moi, au secours!!
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  Rabat-Joie
22-06-05
à 13:45

Re: constructs

Par ta reflexion, ta pensée, ta sensibilité...

Bref, Omar, tu es sûrement moins perdu que ceux qui n'ont même pas conscience de tout cela.

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  Jon
26-06-05
à 12:44

Re: constructs

Si tu veux sortir de tout ça, le mieux est que tu apprennes les choses par toi-même, il n'y a rien de mieux qu'une éducation empirique. Tu te feras ton avis sur les choses, et tu sortiras des idées pré-conçues. Et le fait d'avoir des idées qui vienne d'une idéeologie et à la fois d'une autre et une forme de liberté qu'il ne faut lâcher. Si un Anarchiste ne peut pas penser certaines choses parce qu'il est nanar, ou est la liberté?
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  dagost
30-06-05
à 22:24

dagost

exact et logique
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  Delcuse
18-08-05
à 21:40

Re: L'erreur dans le principe

En effet, je pense aussi qu'il y a une antinomie entre liberté et égalité, parce que la liberté détermine une qualité, tandis que l'égalité défini une quantité. Je m'explique sur mon site perso:

http://destroublesdecetemps.free.fr

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  Yo
19-08-05
à 01:39

Re: Re: L'erreur dans le principe

Où sur ton site ? C'est vaste!!
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  Rougeot
30-08-05
à 11:45

C'est quoi cette bouteille de lait ???



Je rebondis sur l'ensemble de vos interventions pour poser une question simple mais fondamentale : pourquoi chercher à opposer individu et communauté ?
Epistémologiquement, la plupart des sciences humaines se fondent sur cette opposition, pourquoi ?

Des travaux assez récents de Morin E. et de Lemoigne J.L. (qui au-delà de son discours, est un personnage exceptionnel, mais Morin est bien plus médiatisable) tente de contourner cette difficulté par une approche systémique qui me laisse bien souvent perplexe…

Sans l’individu la communauté ne peut exister et inversement.

Donc pourquoi choisir une approche plus individualiste (anarchie ??) que holiste (communisme ???)  ?

Pourquoi vouloir partir soit de l’individu pour expliquer le tout social (Boudon), soit du tout  social pour expliquer l’individu (Bourdieu) ?

La réponse est simple : nonobstant la systémique (schéma trop séduisant pour être honnête),  comment faire autrement ?

En ce sens la réflexion humaine me semble atteindre ses limites, or comment politiser une question que l’on n’arrive pas à la formuler correctement ?

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  Anonyme
31-08-05
à 00:06

D'où viennent les bébés ???

‘’Sans l’individu la communauté ne peut exister et inversement.’’ Von Bertalanffy l’avait résumé dans sa Théorie Générale des systèmes par un ‘’les principes qui gouvernent le comportement d’êtres intrinsèquement différent se correspondent’’. Watzlawick (Ecole Palo Alto) par son ‘’Il est impossible de ne pas communiquer’’. Mélèse reconnaît aussi l’individualité dans son Approche Systémiques des organisations : ‘’Il n’existe pas de répliques d’un individu, même si deux individus sont au départ similaires, chacun est le siège d’une évolution singulière’’…

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  Ernesto libertad
03-09-05
à 23:17

Quelles conneries !

Cher blance,

Non mais c'est pas vrai ! Vaut mieux lire ça que d'être sourd...Quoi que là avec de tels commentaires on est dans l'ignorance et la bètise la plus haute...Non seulement tu reconnais que tu ne sais pas de quoi tu parle "je n'ai pas eu le temps de lire le texte d'en haut..."

(je ne crois pas que tu aurais compris le texte plus haut de tout façon) mais en plus tu affirme des conneries plus grosses que toi !

Tu parle du SEL et je vois pas trop le rapport avec le fait qu'on risque gros et que la police fait des misères aux anarchistes, donc tu n'est pas en cohèrence avec ton propos ?

Ta raison mec ne prend pas de risque...Continue ta vie pèpère, en effet tu n'est pas anarchiste et tu ne le sera jamais quoi que tu fasse, car tu es beaucoup trop c.n pour ça...Mais c'est ton droit !

Fait gaffe en venant sur ce site et en postant  ce commentaire tu as été repèrè par la police grace à ton adresse IP !

Ne t'étonne donc pas de  voir débarquer les flics chez toi à 3h du mat et de te fouttre une rangers sur la gueule puis de t'embarque en pleine nuit !

Bon courage...

Moi ben j'aime vivre dangereusement alors je vais continuer à surfer sur les sites anarchistes et même a dire franchement ce que je pense quand je le peux...même si j'ai un peu peur maintenant avec ce que tu as dit !

...Des fois que ma souris me morde !

PS : on ne devient pas anarchiste on l'a toujours été...ou pas

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  Fabrice DANT
16-09-05
à 13:32

Oxixa a raison

Moi, j'ai fait des sciences sociales jusqu'en maîtrise et je sais plusieurs choses : la "balkanisation" des disciplines et la libéralisation de la recherche. Conséquence : des groupes fermés de chercheurs qui s'espionnent parfois car ils sont en concurrence mais qui font l'erreur de s'enfermer dans un langage d'initiés, même quand ils veulent parler de choses simples ou vulgaires (au sens de"populacier, banal").
Personnellement, je comprends bien le texte et je dis "chapeau bas" au traducteur Cercamon. La sociologie constructiviste est très intéressante et je reconnais que les études américaines montrent souvent plus d'ouverture d'esprit que les études françaises qui s'attachent trop à Bourdieu ou au Marxisme (ainsi qu'à Nietzsche et Freud), en tout cas dans les facs de lettres.
Dans l'ensemble, on peut quand même se référer à des études françaises (des années 60-70) menées par M. Crozier sur le phénomène bureaucratique. De même, E. Morin est une figure originale dans la sociologie française.
Ce texte est effectivement trop technique. Du moins, les concepts évoqués sont exprimés dans un langage professionnalisé qui, à mon avis, est une manière de faire un peu plus passer la socio pour une science, une vraie!
Des termes précis, il en faut (quoi d'autre pour qualifier le "déterminisme", le "holisme", les "institutions totales" etc...). Mais justement, il manque des précisions pour qualifier le "moi". On en vient même à penser qu'on a plusieurs "moi" (symbolique etc.) qu'on a du mal et à s'imaginer, et à situer. Qu'on parle de "construct" ou d'"idéal type", on parle bien de constructions mentales. On veut parler de la formation des idées et des représentations mentales, et il me semble que l'idée de "construction" induit l'idée que c'est le "moi" (je dirais la conscience), qui en est l'artisan. Cela vient en opposition avec les idées déterministes où tout se fait de manière quasi automatique dans le cerveau qui ne fait que traiter des données extérieures suivant des fonctions prédéfinies.
Or, le rôle d'une institution, en tant qu'entité supérieure à l'individu, est d'assurer sa reproduction. De ce fait, elle a une position d'autorité sur l'individu qui a pour mission de conserver des valeurs et des savoirs qui appartiennent à cette institution. Ceci voudrait donner raison aux sociologues déterministes qui, eux-mêmes, s'insèrent dans une institution à laquelle ils appartiennent et à qui ils doivent à peu près tout (leur savoir, leur statut social, leur sens dans la vie etc...). Bon, en fait, je sais pas si je suis plus clair.
Je voudrais faire simplement remarquer que de nombreuses institutions se sont formées autour d'idées et de connaissances données par de fortes personnalités très indépendantes (le Christ, Bouddha, pour ne citer que les plus fameux). Or, les institutions sont tenues pour l'essentiel par des "copistes" qui sont assez peu autonomes et créatifs, qui ne font que répéter machinalement les mêmes choses et qui effacent totalement leur propre personnalité. En science ou en religion, c'est pareil à ce niveau. Les meilleures institutions sont simplement tenues par des bureaucrates (ou théocrates), même en sociologie.
L'institution n'est pas un danger pour un individu qui fond ou moule sa personalité en son sein. Mais l'institution est écrasante pour ceux qui se distinguent, ou qui sont différents, autonomes, originaux, indépendants  (comme le Christ : nul n'est prophète en son pays...).
En opposition extrême à cela, il y a les Nietzschéens, les individualistes (qui ne se disent pas égocentriques). Ils sont quand même une minorité chez les vrais intellectuels. Nietzsche est surtout lu par l'élite au pouvoir, les journalistes (ou des gens qui ont une puissante envie de tout niquer) etc...
Par contre, l'épistémologie individualiste, en sociologie, est assez intéressante (quoiqu'en fait, l'individualisme méthodologique renvoie plutôt aux économistes, plus libéraux il est vrai). D'ailleurs, ce sont les déterministes qui ont qualifié cette école "individualiste". En fait, cette sociologie se dit plutôt "compréhensiviste" et aujourd'hui, il y a la branche "constructiviste". On veut se recentrer sur le comportememnt et les décisions de l'homme. La notion de choix et de liberté est très importante, car elle est carrément réfutée chez les déterministes. La liberté serait-elle une illusion ? L'idée de "conscience de soi" semblait parfois saugrenue pour Marx (qui est un déterministe matérialiste, s'opposant au déterminisme religieux ainsi qu'aux anarchistes). Eh, puisqu'on n'a pas été programmés pour faire comme le disait Marx, c'est qu'on a de la liberté. On a même le pouvoir de se mentir à soi-même et de ne pas reconnaître ses actes corrompus (surtout quand on est président de la république). Eh, moi je dirais que le revers de la liberté, c'est la lâcheté. Mais dans une société réellement libre, on a plus de mal à dissimuler ses bassesses (c'est plus facile de condamner la corruption des gouvernants en démocratie plutôt qu'en dictature, non?). Plus la société est aliénante, plus l'homme a le pouvoir de faire passer ses petites et grandes lâchetés, diluées dans un océan de bassesses. C'est normal! Les gens ne vont pas renoncer à ce genre d'acquis sociaux, où l'on peut vite évacuer ses responsabilités. Personne ne veut de l'anarchie. Ca fait peur...
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  Fabrice DANT
16-09-05
à 14:10

Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Il n'y a pas de dichotomie entre liberté et égalité. Il ne faut pas avoir de vision étroite de la liberté. S'il existe des contraintes, nous avons le pouvoir de les surpasser ou de les contourner. Nous avons aussi le pouvoir d'imposer des lois contraignantes émanant du plus forts sur le plus faible. Nous avons aussi le potentiel d'instaurer une démocratie.
Si je me considérais comme un pur esprit, je me dirais que le fait d'avoir un corps et d'être "soumis" à la gravité m'aliène. C'est un point de vue exact. Mais ma liberté repose aussi sur le fait que je puisse me redresser et imaginer des appareils qui puissent récupérer l'énergie gravitationnelle. D'un point de vue métaphysique, assez bouddhiste quelque part, ce sont mes actes et mes pensées qui induiront, par ma volonté, le fait que mon esprit retrouve sa liberté totale en dépit des contraintes physiques.
De ce fait, il n'y a pas d'autant plus de dichotomie entre liberté et égalité que la loi, en vérité, n'interdit pas que l'homme se montre de lui-même plus enclin à partager librement.
L'aliénation est dans l'esprit des gens. Hier, j'ai passé un entretien avec une psychologue du travail et à un moment donné, elle me demande : "si j'étais une fée, quel souhait aimeriez vous que j'exauce?". "euh... chais pas... avoir un logement...". "Pour cela, monsieur Dant, il faut travailler"...
Erreur : Pour disposer d'un toit, il faut passer un contrat (un bail). Si vous trouvez un propriétaire qui veut vous céder son titre de propriété, il le peut. Vous n'avez aucune raison de justifier de bulletins de paie. A côté de là où j'habite actuellement, des Roumains ont squatté une résidence vide. Ils ne payent pas encore de loyer car n'ont pas passé de bail. Le propriétaire sait qu'ils sont là, mais ils ne se décident pas encore à les expulser  (ou à mener la procédure).  J'espère qu'ils arriveront à s'entendre.
Pour ainsi dire, nous sommes les animaux sur cette planète qui gérons le moins bien l'allocation des terres (les biens immobiliers) par pur égoïsme, par soumission à l'ordre établi, par volonté de ne transmettre qu'à ses gènes. Aucun autre animal que l'homme ne possède un Etat et des entités institutionnelles, et pourtant, chacun fait son nid. Des gens n'ont pas de toi du fait que d'autres leurs refusent ce droit. Et en plus, je vous le dis, ce n'est pas la loi qui interdit l'anarchie, c'est les gens. Les gens qui travaillent dans l'administration, les gens qui ont des privilèges et même les gens qui n'osent pas s'imaginer qu'un droit au logement devrait être effectif par l'allocation, non pas d'une somme d'argent pour payer un loyer, mais d'une vraie propriété. Les animaux domestiques finissent par avoir peur de la liberté : ils perdent la faculté de se défendre.
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  etat-pourri
25-09-05
à 12:44

Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

alors bon moi j'arrive juste et sans vexer personne j'ai pas tout lu parce que vos belles phrases d'intellos m'ont un peu blasé j'voudrai quand meme dire que anarchie et comunauté c'est possible parce qu'il y en a qui disent que non, mais pour moi la liberté communautaire, c'est de savoir quand ta liberté personnelle va empiéter sur celle de ton voisin, je suis libre et quand meme des choses que je n'accepte pas que l'on me fasse, donc je ne les fait pas a d'autres sous prétexte qu'ils ne sont pas moi, ce qui ne m'empeche pas de rejetter entierement cette putain de société de merde,(et c'est réciproque, d'ailleurs), en essayant, inchallah, de ne plus utiliser d'argent, mais de revenir au troc au sein d'un groupe d'anarchos-babos-keupons et autres "déchets de la société" (citation du maire du village) qui au lieu de consommer des marchandises les produisent. parfois c'est un peu dur, mais c'est ca aussi d'assumer ses idées, alors quand je lis les phrases du petit crétin de mouton qui a peur des flicards, j'ai un peu envie de jerber! beeeeehhhh! pour finir et en revenir a l'etat et aux flics, je suis un pur produit pacifiste, jusqu'au jour ou on aura vraiment un pouvoir decisionel, et qu'ils essayront de nous flinguer!                           ni dieu ni maitre!

ps: les communiste, meme si l'idée de base etait tres belle, n'ont jamais décidé ensemble, etant donné qu'il y a toujours eu un chef, et par la meme n'ont jamais ete une communauté, mais une masse manipulée!

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  etat-pourri
25-09-05
à 12:52

Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

en plus les cocos ils ont massacré des anarchos en espagne, donc je ne les aime pas beaucoup!

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  Fabrice DANT
25-09-05
à 14:02

Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Du troc, OK, mais des transactions avec monnaie c'est plus simple, donc c'est mieux, non? Ou alors, vous avez trouvé une méthode infaillible d'évaluation et d'échange? Vous faites comment dans votre communauté pour dire la valeur de telle ou telle produit par rapport à un autre? Je veux pas casser les couilles, mais c'est important. 
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  Anonyme
26-09-05
à 01:42

Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Fabrice,si tu ne connais pas, jette un oeil sur ce site:

http://www.infoshop.org/faq/index.html

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  Anonyme
26-09-05
à 01:58

Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Fabrice, j'ai une suggestion : j'ai cru comprendre que tu avais étudié l'économie. Pourquoi tu ne joindrais pas un groupe de recherches anarchistes sur l'économie ? Il est possible qu'il n'en existe pas , mais tu peux toujours en créer un.

A Greenscam  
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  Fabrice DANT
26-09-05
à 12:48

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Ok, mais pas avec des anar nihilistes.
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  Fabrice DANT
26-09-05
à 12:51

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Et puis mon anglais c'est pas encore ça! mais je peux faire l'effort d'apprendre si ça vaut le coup.
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  etat-pourri
26-09-05
à 23:19

Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

des transaction monaitaire c'est sur que c'est plus facile mais les sollution de facilité sont souvent les plus connes, alors bien sur il y a encore des transaction inévitables, mais si moi je fabrique un hamac (c'est un exemple parmi des dizaines d'autres) et que ma voisines fait du fromage, des légumes et des fruits, contre ce hamac elle troque une quantité a peu pres equivalente a la valeur estimée, (on est pas trop pinailleurs quand meme).et si mon autre voisin est boulanger, alors je troque une partie de ce que j'ai troqué contre le hamac de départ contre une baguette un pain au chocolat( obtenu grace a la farine d'un troisieme voisin).ça peu marcher avec un vigneron, un potier, un tourneur sur bois, un cordonier tant que tu rends un service equitable a celui qui te rend service...avec un peu de chance les gens avec qui tu troque sont aussi anarchos que toi, et vous pouvez vous retrouver a faire la fete tous ensemble autour d'une table bien servie, en mangant des produits autoproduits(c'est un peu répetitif comme phrase), tout ca avec la satisfaction innégalable de vivre sans l'aide ni meme le besoin d'etat, ni meme de societe! alors qu'on arrette de philosopher sans avancer, avancons sans philosopher! (et sans parler de commerce et d'economie mais plutot de décroissance et de respect de l'environnement et de l'humain)!!!!!!!!!!!
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  Anonyme
26-09-05
à 23:53

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Euuuuuh, moi j'avais rencontré une petite anar nihilliste ecolo qui etait tres interessante! (et tres jolie aussi d'ailleurs)! bon elle avait quand meme un (petit) defaut elle etait un peu teufeuse sur les bords!
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  etat-pourri
26-09-05
à 23:55

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

scuzez moi je suis pas trop habitué a la technologie, l'ane honyme d'au dessus c'etait moi!

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  Fabrice DANT
27-09-05
à 09:20

Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Les solutions simples sont les plus difficiles à trouver mais une fois trouvées, elles facilitent la vie, pour peu qu'on comprenne comment ça marche.
Le problème avec le troc, c'est que si par exemple je construisais un meuble, je ne pourrai pas le diviser. Or, si j'avais envie de fromage chez le crémier, si j'avais besoin de pain chez le boulanger, je ne pourrai pas leur échanger une partie de mon meuble à chacun, à moins que je ne leur fasse un meuble à chacun et que je leur fasse une sorte de crédit (ils m'échangent mon meuble contre une grande quantité de leurs produits qu'ils me donnent au fur et à mesure).
Les transactions monétaires ont l'air faciles lorsqu'on est un simple utilisateur qui ne se soucie pas d'en évaluer la valeur par rapport à chaque produit. De même, notre société calcule et évalue des "taux d'échanges" entre chaque produit (des taux de substitution). Grâce à la monnaie, on peut immédiatement vendre un produit contre de l'argent, puis faire ses courses après. Mais au départ, les mesures et les évaluations reposent sur des calculent assez floues pour le consommateur.
Il me semble que si vous ne songez pas à cela, la réalité risque de vous apparaître très difficile à la moindre crise. On peut critiquer la philosophie qui ne mène nulle part (comme les nihilistes et les tchatcheurs), mais un grand nombre d'avancées intellectuelles et donc techniques se sont faites grâce à la philosophie, car c'est elle qui a épousé tous les grands logiciens.
Le plus ta pensée sera logique et le plus ton quotidien sera maîtrisé. Moi, je ne refuse pas le rôle de la monnaie dans les échanges, mais l'inégale répartition des richesses reste une injustice. Les idiots sont attirés par le gain et bavent devant un billet dont ils ne comprennent pas le mécanisme, mais dont ils savent que cela leur procurera du bien.
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  Anonyme
27-09-05
à 09:27

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Oui Fabrice, l'anglais peut valoir le coup, et si tu contentes de le lire l'apprentissage est assez rapide.

Pour en revenir à l'économie, tu auras un peu de mal à trouver des anarchistes qui s'y intéressent vraiment, mais c'est précisemment la raison pour laquelle des gens comme toi pourraient etre très utiles.

Encore que si tu contactes des gens impliqués dans des expèriences concrètes (sel, certains squats, tentatives "primitivistes", etc.etc.) tu trouveras, et pour cause, des gens qui souvent ont du bon gré mal gré se résoudre à essayer de trouver des solutions concrètes. Le vrai déficit se situerait plutot du coté de la macro, ou là le retard s'accumule par rapport à ce qui commençe à se voir ici et là (type décroissance) , souvent directement issu de constats écologiques et énérgétiques (A défaut de politique,il est assez clair que la réalité va nous contraindre d'ici quelques décénnies à repenser l'économie).  J'aurais pu ajouter les libertarians (anarcho-capitalistes), qui ne sont pas du tout ma tasse de thé noir (oui, bon :-), mais qui eux aussi sont très pragmatiques.

Je ne sais pas si tu l'a remarqué, mais récemment ont entend des économistes se lamenter de la misère économique à gauche (très à gauche surtout) ou on a le plus grand mal à fanchir le cap de la dénonciation pour aller vers celui de la proposition (plus casse-gueule mais quand meme plus intéréssant). J'en entendais encore 2 il y a pas longtemps sur france-culture.

Et il est d'autant plus urgent que des gens comme toi commencent à fourrer leur nez dans cette affaire, que l'on peut craindre - et moi je le craint beaucoup - que l'on assiste dans un futur pas si lointain  que ça (20 à 50 ans selon que l'on se range dans les très optimistes ou les très pessimistes) à de la décroissance,oui, mais fascisante.             
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  Anonyme
27-09-05
à 09:31

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

J'oubliais : regarde si ce n'est déjà fait, le numéro de refractions sur l'économie, il est  intéréssant et en plus il reflète assez bien les difficultés des anarchistes à aborder l'économie 


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  Fabrice DANT
27-09-05
à 11:31

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Merci,
T'es plutôt encourageant pour m'inviter à réfléchir sur un prochain "cataclisme" :)
Euh, sinon, j'assure que je n'ai plus une thune et les magazines, à part sur le net, je ne peux les lires que dans certaines bibliothèques (donc, les trucs anars...)
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  Fabrice DANT
27-09-05
à 11:33

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Je suis allé sur le site anar en anglais, c'était dense mais bien construit. J'avoue que j'ai décroché assez vite et qu'un petit résumé m'aurait été bienvenu.
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  Anonyme
27-09-05
à 12:54

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

C'est de ça dont tu parles ?

http://www.infoshop.org/faq/index

Y a une version française qui avance.  J'ai plus le lien sous la souris. Google un coup

résumé : il s'agit d'une faq sur l'anarchisme :-)


Si t'a pas une thune :

http://www.refractions.plusloin.org/refractions9/index.htm

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  Anonyme
27-09-05
à 13:24

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

J'oubliais deux liens qui pourraient t'interesser  (et c'est gratuit aussi)

http://fraternitelibertaire.free.fr/liste_des_ouvrages.htm
http://raforum.apinc.org/
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  Fabrice DANT
27-09-05
à 15:24

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

merci
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  Anonyme
27-09-05
à 19:24

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative


Fabrice, tu n'es pas obligé de répondre mais j'ai vu que tu étais d'originaire d'Asie du Sud-Est, et je me demandais s'il t'était arrivé , soit avec ta famille soit avec des amis aux memes origines, d'exposer tes vues anarchistes, et si oui quelles ont été, en général, les réactions. Anarchiste + Economiste + Asiatique = ça courre pas les rues entre Lille et Menton. Il n'était pas vraiment anarchiste mais j'aurais bien aimé rencontrer Ngo Van Xuyet, ça devait etre un sacré bonhomme.

Si par hasard tu lis le vietnamien, ça serait sympa que tu me rendes un tout petit service : faire un coup de google et me dire si tu trouves de la littérature anarchiste en vietnamien.

Tiens, j'ai retrouvé la faq anarchiste en français (mais y a pas tout)

http://www.joe-linux.org/rubrique.php3?id_rubrique=7


        
 
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  etat-pourri
28-09-05
à 13:03

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

evidament, tu ne va pas diviser ton meuble, mais le troc peut aussi passer par des services, si tu me fabrique un meuble, je peux deja te filer un litre de creme fraiche ou bien quelques fromages, mais je peux aussi venir t'aider a traire tes biquettes, ou vendanger ta vigne, ou encore aller faucher ton blé pour faire la farine du pain qu'a nouveau je t'echangerai! encore une fois le tout est de savoir si les deux parties du "marché" sont equitables, respectées et respectueuse! tu sais, si l'argent passe d'une main a l'autre, il n'est pas le seul a pouvoir le faire, les "marchandises" le peuvent aussi! et par contre, quand tu parle de "consommateur", on croirait entendre segolene royale, cette chere gauchiste DE DROITE!!! si tu parlais de citoyens  je t'en voudrais un peu moins! en outre si je suis si refractaire a l'argent, c'est bien que l'on arrive a en avoir tres peu besoin, si ce n'est pour les loyers et quelques petites dépensses, l'eau de pluie etant recupérée, l'electriciée solaire et le chauffage au bois!
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  detred
28-09-05
à 13:58

Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

"des transaction monaitaire c'est sur que c'est plus facile mais les sollution de facilité sont souvent les plus connes" ce n'est pas une solution de facilité, c'est une solution pratique! comment veut tu gérer les échanges de produits, de services et de richesses entre 6 milliards d'êtres humains?

la monnaie a été inventé par l'Homme par besoin purement commercial, car les échanges étant de plus en plus lointains, un marchands ne rencontrant pas forcément ses clients, il était à la base plus pratique de mettre les données de l'échange sur tablette d'argile, qui par simplification dûe au fait que les échanges commerciaux s'intensifièrent, s'est simplifiée au cours des siècles en monnaie.

le capitalisme est le virus d'aujourd'hui, c'est lui qui pourrit l'économie, or, si tu as la migraine, le médecin ne va jamais te décapiter...

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  Fabrice DANT
28-09-05
à 16:55

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Etat Pourri, t'es Ariégeois?
oh, je disais comme ça... En Ariège, il y a pas mal de gens en marge dans les Pyrénées. Ils essayent d'être autonomes, mais c'est la galère.
Le fait que tu te dois de payer un loyer doit te forcer tout de même à faire rentrer de l'argent, donc, tu commerces non? Le mieux c'est tout de même que tu puisses continuer ainsi en étant propriétaire de ton logement et de ton lieu de travail (un atelier si t"en as, ainsi tu pourrais aussi le préter). De ce fait, plus de loyers à payer, et ciao au système libéral. Comment envisages-tu de faire?
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  Fabrice DANT
28-09-05
à 17:11

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Le deuxième défaut du troc, c'est qu'il faut parfois attendre longtemps avant que l'échange se soit totalement terminé. Je veux dire que si on estimait la valeur d'un meuble à plusieurs litres de laits et plusieurs heures de vendanges, cela rend l'échange très long et étalé sur le temps. De plus, il faut avoir confiance en toutes les personnes avec qui on va échanger. Les personnes extérieures à votre communauté qui ne désirent pas s'installer dans le coin mais qui veulent vous acheter quelque chose devront utiliser de la monnaie, car elles ne seront pas toujours là pour rendre service.
Votre type d'échange est dit "informel" car il se fait sans papiers ni écrits, mais juste avec la confiance et la parole des uns et des autres (c'est ce qui manque dans notre système). Ce n'est possible rien qu'entre amis. Cependant, pour rester ouverts, il vous faut un type d'échange "formel" (avec papiers, comptes, billets etc.) qui permet les échanges avec des personnes étrangères à votre communauté. Vous serez amenés à le gérer lorsque vous accueillerez des touristes, par exemple.
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  Fabrice DANT
28-09-05
à 17:56

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

"Anonyme" (merci de choisir un pseudo tout de même, car ça fait beaucoup d'anonymes),
Merci pour tes liens, j'en ai visualisé vite fait, mais je pense que cette semaine j'aurais pas trop le temps (en fait, on m'a un peu confisqué l'accès à internet là où on m'héberge).
La plupart des gens de mon entourage sont très largement apolitiques, pour ne pas dire qu'ils s'en tamponnent. J'ai vraiment choisi mes idéologies tout seul, sans lien avec aucun mouvement. Je suis tout de même assez Proudhonien (et Proudhon lui-même était assez marginal, même s'il a été approché par les communistes et Marx lui-même).
Je ne connaissais pas le nom du Vietnamien dont tu me parles et c'est clair qu'à part des bouddhistes ou des communistes (et encore!), des Viets Anars, c'est clair que t'en trouveras pas pas plus à Lille qu'à Toulouse. Je crois qu'il y a quelques libertaires ou plutôt marginaux en Ariège.
Comme je l'ai déjà dit, je ne force pas mes rencontres.
Je ne lis pas le Vietnamien, à plus forte raison que je ne le comprends même pas. Mes parents sont de la communauté Vietnamienne du LAOS. Donc, je comprends déjà mieux le Lao (sans le parler ni le lire) et les Laotiens. C'est d'ailleurs un phénomène de plus en plus répandu chez les immigrés (ne pas parler la langue maternelle de ses parents). Ya déjà le Français à apprendre et c'est souvent que les parents encouragent leurs gosses à apprendre l'anglais. Pour l'ensemble, le mot "anarchie" reste étranger à un Laotien et à la plupart des Vietnamiens. Par contre ils connaissent tous le communisme.
Pour être franc, et je crois que tu l'auras constaté aussi, les asiatiques de l'immigration sont plus prompts à se donner au travail à la façon des capitalistes grace, surtout, à la diaspora Chinoise. Je pense que sans ces capitalistes chinois, le taux de chomage chez les asiatiques auraient été aussi élevé que pour les autres communautés d'immigrés (j'en suis convaincu puisque je suis de Toulouse et il n'y a pas de communauté chinoise comme à Paris, résultat, je suis RMIste).
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  Anonyme
29-09-05
à 15:05

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

"De ce fait, plus de loyers à payer, et ciao au système libéral."

Sauf que l'assurance est obligatoire...

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  Fabrice DANT
29-09-05
à 16:39

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Je ferai remarquer à l'anonyme que le mutualisme est une bonne idée socialiste (pour ne pas dire Proudhonienne). Les compagnies d'assurance privée libérales appartiennent trop souvent au secteur bancaire et financier. Seule la Sécu est un organisme qui s'approche le plus de la notion de "service public". Le "hic", c'est que la Sécu n'est pas indépendante de l'Etat et ce dernier, lorsqu'il est de droite, a tendance à torpiller la Sécu pour favoriser les assurances privées.
Moi, je suis pour les initiatives privées. Or, on a trop tendance à opposé secteur "privé" et secteur "public", avec dans l'idée que "privé=grandes sociétés privatisées" et "public=Etat". Rien n'est plus réducteur.
Lorsque la droite aide le secteur privé, elle n'aide ni toi ni moi, elle n'aide que les grands propriétaires (les capitalistes et les propriétaires fonciers) qui sont déjà bien lotis et qui ont peur de perdre leur place. C'est une supercherie. Aider toutes les initiatives privées, c'est casser les couilles aux grands capitalistes qui font concurrence déloyale et simplifier le système pour que tu puisses t'y installer librement.
De son côté, la gauche a tendance à nationaliser et devenir omniprésente, renforçant notre dépendance vis à vis de l'Etat (ce qui est d'autant plus à double tranchant lorsque c'est la droite qui revient au pouvoir).

Lorsque l'assurance n'est pas obligatoire, la couverture n'est plus universelle. On est confronté à un dilemme. Souvent, il y a de nombreuses personnes qui n'aimerait pas payer d'assurance se sachant bien sécuridés ou maîtres d'eux (ou alors ils ont pas peur des risques). Les seules personnes qui iraient se couvrir, ce seraient les personnes qui se savent en situation problématique. Or, il faut que tout le monde paye une mutuelle par solidarité.
Quoi qu'il en soit, c'est plus juste et honnête de payer une assurance pour un logement qui nous appartient et sur lequel on serait indemnisé. Ou dans mon idée, le fait d'avoir plutôt un droit absolu à une propriété immobilière, dont la gestion est donnée à un organisme public, te permettrait une substitution immédiate et de retrouver rapidement un autre logement.
Lorsqu'on paye un loyer pendant 20 ans, au bout de ces 20 ans, le propriétaire reste le proprétaire et aura touché votre loyer comme un revenu. Or, si vous aviez payé un logement au même prix pendant 20 ans et que vous en êtes devenu propriétaire, tout l'argent que vous avez investi dans votre logement n'est pas perdu : vous pouvez le revendre, récupérer une somme d'argent et vous trouver un autre logement. Les locataires ne font que perdre leur argent et le donner à des propriétaires qui auront des bénéfices grace à vous puisqu'ils peuvent grace à votre loyer rénover leur propriété et le revendre à bon prix, tout ça rien que pour lui. Merci QUI?
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  CocoAnar
01-02-06
à 19:49

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: L'erreur dans le principe et donc dans l'alternative

Je poste pour répondre à certaines remarques qui m'ont fait sauter venant de la part de certains "anarchistes".
Déjà su la question de l'égalité et de la liberté je reprendrais bakounine (si ma mémoire est exacte) qui disait que l'égalité c'était la liberté (il faut vraiment que je vérifie pour l'instant considérez que c'est un philosophe qui l'a dit quand à savoir si c'est vraiment bakounine qui l'a dit...) et d'autre part reprendre une citation de Malatesta (là c'est sûr) Les seules choses impossibles sont celles que l’on ne désire pas vraiment. et de ce fait j'accuse les dits "anarchistes" de ne pas désirer vraiment la construction d'une société égalitaire et libertaire. j'irais plus loin même! Vous faites le jeu des détracteurs de l'anarchisme qui disent "de toute façon ça n'amenera qu'au chaos si il n'y a plus d'Etat sinon c'est complètement impossible de vivre en communauté".
 De plus les propos sur le communisme prouvent votre ignorance de ce mouvement et de son histoire ainsi que de ses thèses. On peut dire que les communistes autoritaires ont tués des anarchistes durant la guerre d'espagne, mais on peut aussi affirmer dans l'autre sens ce sont des faits historiques. Mais il y a aussi des communistes autoritaires qui ont oeuvrés avec les anarchistes. Maintenant il faut aussi voir les facteurs historiques de l'époques pour pouvoir juger de l'Histoire, bien que le sujet ne soit pas vraiment sur l'Histoire des relations entre le mouvement anarchiste et le mouvement communiste (autoritaire).


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