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Les Jeunes et le Sexe
--> par Michel BONIN
La sexualité commence dès la naissance. Ou même, pour être plus exact, dès que la différenciation des sexes s'est effectuée dans le ventre de la mère. Ce sont là des banalités pour qui regarde un peu la réalité en face.
Mais il y a des portes ouvertes qu'il faut enfoncer et réenfoncer, tant est encore vivace, pour des raisons multiples, la mentalité qui consiste à nier, d'une façon ou d'une autre, la sexualité.


Pour les plus retardés des bigots, la sexualité s'identifie au mieux avec la procréation, au pire avec le célibat des prêtres. Elle commence avec le mariage et rien n'existe en dehors du mariage, ou alors des choses innommables et condamnables.
Pour une quantité de gens, probablement la grosse majorité des couples français, on ne doit pas parler de sexe aux enfants. « Ne touche pas ça, c'est sale », est la grande règle de l'éducation sexuelle enfantine. Les remous provoqués par l'introduction, en classe de sixième (c'est-à-dire vers l'âge de onze-douze ans) de quelques pages d'inoffensive biologie sont révélateurs de ce type de mentalité.
Même les philosophes, psychologues ou pédagogues qui ont le plus insisté sur l'importance de la sexualité infantile semblent s'accorder pour définir une prétendue « phase de latence » entre six ans environ et le début de la puberté. Nous verrons que l'existence de cette phase est discutable.
Il faut être juste : de sérieux coups commencent à être portés contre la niaiserie, l'ignorance et la stupidité dans le domaine sexuel. On commence à s'apercevoir - répétons-le et répétons-nous - que la sexualité commence dès la naissance pour ne s'achever qu'à la mort. Mais certains sujets semblent encore, malgré tout, rester plus tabous que d'autres. Si on trouve maintenant partout des ouvrages parlant de l'amour après quarante ans, ou après soixante, bien peu d'ouvrages traitent de
la sexualité de l'enfant ou de l'adolescent. Et, dans un ouvrage traitant d'une façon générale de l'enfance ou de l'adolescence, on n'est pas toujours assuré de trouver un paragraphe ou un chapitre consacrant à la sexualité sa véritable place.
Il n'est pas question ici pour moi de combler ces lacunes. Cela demanderait tout d'abord une enquête scientifique de longue haleine et toute une documentation que je ne possède pas. Mais il y a une autre raison, qui marque la limite des propos de ceux qui se disent spécialistes. Ceux-ci ont la vue précise, et parfois juste. Mais ils ont rarement la vue large. D'abord parce que leur spécialisation polarise toute leur attention. Ensuite parce que leur réussite a nécessité toute une carrière parfaitement intégrée aux structures sociales, qui sont des structures de classe. Et la réussite d'une telle carrière est conditionnée dans une large mesure par l'acceptation des modes de pensée des autorités établies dans le domaine de chaque spécialité. Le mathématicien lèchera les bottes de tel patron s'il veut avoir sa peau d'âne. Le chirurgien s'accrochera aux bottes de tel autre s'il veut faire son trou. Le psychanalyste sera de l'école de tel ou tel baratineur à la mode, et dont personne de sensé ne comprend ce qu'il raconte, s'il veut être connu. Qui dit lèche-bottisme dit aussi petits coups en vache pour prendre la place du petit copain. On n'arrive pas sans une bonne dose d'égoïsme. Egoïsme et acceptation d'au moins l'essentiel des idées reçues. Le spécialiste ne rencontrera pas de gros problèmes dans l'exercice de sa spécialité tant que celle-ci s'intégrera relativement bien dans les diverses fonctions sociales existantes. Il pourra même se permettre des critiques de détail, voire des critiques plus approfondies dans des domaines qui ne sont pas les siens, avec l'audience que lui donne sa position sociale au sein des classes dominantes. Mais sa critique reste limitée quand le sujet même de sa spécialité touche à des tabous capables de remettre en cause à la fois sa propre situation et plus profondément la structure de la société existante. C'est bien ce qui se passe dans le domaine de la sexualité. Toucher aux tabous sexuels, c'est toucher à une morale de comportement, judéo-chrétienne ici, musulmane là, tribale ailleurs, et cette morale de comportement n'est ici, là ou ailleurs que l'alibi des sociétés d'oppression, qui se trouvent d'un coup toutes remises en cause. Et on verra alors le spécialiste, si prolixe par ailleurs, si enclin à faire étalage de sa science, faire la coquette devant de pareils sujets, prétendre qu'ils sont encore trop mal étudiés (que ne se met-il au travail ?), qu'il n'y a pas encore de thèse faisant autorité. Il avancera comme un animal ayant peur de son ombre. Et le non-spécialiste (à s'en tenir aux conventions de la société existante) décidé, lui, à avancer contre les tabous, les mythes et les mensonges qui sont dans ce cas la seule véritable barrière à la lucidité, fraiera les voies nouvelles souvent récupérées plus tard par les prétendus spécialistes qui s'en attribueront volontiers la paternité.
Essayons donc, dans le domaine de la sexualité des jeunes, moins de faire étalage d'un savoir encyclopédique que de localiser les tabous et d'examiner leurs conséquences sur le comportement de l'individu.


LES JEUX SEXUELS DE L'ENFANCE

Le bébé mâle bande dès la naissance. Dès qu'il sait jouer, prendre un objet et le lâcher, il est capable de localiser sa verge et de la toucher en manifestant bruyamment sa joie. Rapidement, il est capable de se masturber pour atteindre une belle érection. Dès qu'il a un peu de vocabulaire, il crie en même temps « Maman, je bande. » Cette satisfaction semble d'ailleurs lui suffire, le petit enfant ne semble éprouver aucun besoin d'atteindre l'orgasme, contrairement à l'adolescent.
J'avoue que j'écris ces lignes en rêvant d'une vieille bigote qui les lirait et pousserait un «oh ! » indigné. Il y a des gens qui se refusent à accepter cette évidence que la sexualité est à ce point naturelle et aussi simple chez le petit enfant. Il est vraisemblable que ces gens ont eux-mêmes des problèmes sexuels aigus qu'ils se refusent à mettre au jour.
La sexualité du petit enfant est à mon avis un des problèmes les plus simples et les plus faciles à régler à cette époque de la vie : il suffit de la laisser se développer sans lui opposer de contraintes, de ne pas avoir peur des jeux sexuels simples à l'occasion des soins de toilette, de ne pas s'imaginer qu'il y a quoi que ce soit de traumatisant pour un petit enfant de voir ses parents nus, de jouer, nu ou non, avec ses parents nus. Querelles d'écoles que tout le reste ! La seule règle semble être le naturel et la simplicité. Les problèmes posés par l'affectivité (relations avec les membres du groupe entourant l'enfant) et la sensibilité (réaction au monde extérieur) me paraissent bien plus délicats à résoudre que les problèmes sexuels proprement dits. Seules l'affectivité et la sensibilité de l'enfant peuvent justifier quelques limites au comportement sexuel des parents en présence de celui-ci, à l'exclusion de toute morale de quelque ordre que ce soit. Faire l'amour devant un petit enfant, par exemple, n'est pas plus immoral que quoi que ce soit. Mais l'enfant peut se sentir isolé, rejeté par ce jeu sexuel d'adultes qui exige d'eux toute leur concentration sur eux-mêmes. Pour peu que les ressorts du lit grincent, il peut être absolument effrayé par le bruit. Mais que, dire de certaines inepties du genre : « On traumatise un bébé en faisant l'amour dans la chambre où il se trouve, il s'en rend compte même quand il dort » ! La phobie du traumatisme fait monter les tirages de certains périodiques familiaux.
En ce qui concerne les petits garçons, il faut faire fonctionner leur prépuce dès la naissance, d'une part pour assurer les soins de propreté du gland (« maman - ou papa - tu as vu ma petite boule », crie joyeusement l'enfant), d'autre part pour s'assurer qu'une intervention chirurgicale bénigne ne sera pas nécessaire pour supprimer d'éventuelles adhérences - précautions à prendre pour éviter à l'adolescent un pénible et douloureux décapsulage lors du dépucelage. La circoncision n'a aucune justification, ni d'un point de vue hygiénique (le prépuce n'a jamais empêché de se laver) ni du point de vue érotique (la qualité du plaisir des circoncis n'est pas meilleure, et le délicieux glissement du prépuce sur le gland disparaît à jamais).
La sexualité de la petite fille (ne disons encore rien de l'adolescente et de la femme !) est bien un des indéracinables tabous de notre morale sexuelle. La petite fille c'est « celle qui n'a pas de zizi » . Bien sûr, on sait vaguement qu'il y a quelque chose à la place, mais c'est caché, peut être même que ça n'est pas bien propre, que ça sent, alors mieux vaut ne pas en parler. Et on retrouve la même négation obstinée de la sexualité que je mentionnais au début de cet article.
La femme peut atteindre l'orgasme, ou bien par son clitoris, ou bien par son vagin. Le deuxième procédé est exclu pour les femmes possédant encore leur hymen. Les femmes vierges ne sentent pas leur vagin, beaucoup découvrent avec stupeur, après coup, qu'elles avaient là un trou de cette importance. Même après la perte de la virginité, il faut une période de rodage qui peut être assez longue pour éveiller la sensibilité vaginale de la femme et lui permettre d'atteindre l'orgasme vaginal. Mais il reste le clitoris qui, lui, est un organe extérieur accessible en parfait état de fonctionnement dès la naissance chez la petite fille, de même que le membre du petit garçon. En posant son doigt dessus, elle découvre des sensations agréables. Si elle a alors la chance de ne pas être rabrouée par une grande personne (« Ne touche pas ça »), le plaisir éprouvé par ces premières expériences pourra la conduire tout au long de son développement général vers une sexualité épanouie. Si elle a la malchance d'avoir une mère un peu obtuse, elle attachera à son clitoris l'idée de la culpabilité et, pour se déculpabiliser, refoulera l'idée du plaisir et parfois jusqu'au souvenir de l'organe pouvant permettre de le procurer. L'éducation sexuelle, lorsqu'elle est faite, renseigne la jeune fille sur la façon de faire des enfants. Presque toujours, elle se garde bien de parler - ô honte ! de la façon d'éprouver du plaisir. L'existence et le rôle du clitoris sont passés alors sous silence. Cela explique que beaucoup de femmes ne sachent pas s'en servir. Le garçon, soumis à une éducation du même type, a au moins la chance relative d'avoir un organe encombrant, ultrasensible aux excitations même involontaires, et qui ne peut lui laisser ignorer longtemps l'existence de l'orgasme. Impossible pour lui de refouler l'idée du plaisir ni de nier l'existence de l'organe le procurant.
Voici, pour illustrer mon propos, une anecdote dont la vérité caricature les attitudes possibles envers la sexualité de la petite fille. Une vieille dame est en visite chez une jeune maman, dont la petite fille de deux ans se promène, le cul à l'air, le doigt sur le sexe. La vieille dame « II ne faut pas montrer ses fesses, ça n'est pas joli ça. » La mère : « Oh ! ça n'a pas d'importance. » La vieille dame : « II ne faut pas mettre ton doigt là, ça n'est pas beau. » La mère : « Oh ! moi je la laisse faire. » La vieille dame indignée : « Mais elle se tire ! » Il y a vraiment tout dans cette explosion de la moralité indignée : regardons-y de près.
La dame n'aurait pas poussé une telle exclamation si la petite fille s'était tiré un doigt, le nez, n'importe quoi plutôt que le clitoris. Quelle différence, si ce n'est le plaisir procuré ! Le plaisir sexuel, et surtout le plaisir sexuel féminin, voilà bien le véritable tabou, incarné dans le mythe d'Eve mangeant le fruit défendu offert par le serpent (symbole du phallus...) dans la mythologie judéo-chrétienne.
Les jeux érotiques, en dépit des interdictions, se poursuivent tout au long de la petite enfance. On joue à touche-pipi, ou au docteur, chaque sexe explorant alors les organes génitaux de l'autre. Les garçons courent derrière les filles pour leur ôter la culotte. Celles-ci ne se choquent du procédé que pour lui préférer plus d'intimité. Une cave ou un w.-c. feront parfaitement l'affaire. Le jeu prend à cette époque toute son importance. Il est pour l'enfant à la fois le moyen de communiquer avec les autres enfants et d'explorer le monde, de partir à sa conquête en le recréant â sa mesure, puisqu'il se sent encore exclu des gesticulations sérieuses des grandes personnes. On ne dira jamais assez toute la valeur du jeu. Le jeu est mal vu dans notre société de profit où il est considéré comme une perte de temps ; le temps, c'est de l'argent, parce que c'est un temps de travail. Le jeu est mal vu même dans les milieux révolutionnaires parce que jouer, ça ne fait pas sérieux. Et pourtant le manque de jeu, c'est-â-dire une enfance mal vécue, est probablement à la source de la plupart des refoulements, des névroses, des agressivités, des tares psychologiques de toutes sortes, des individus grincheux, imbus d'eux-mêmes ou intolérants que l'on rencontre en pagaille dans la société de notre temps. Lafargue réclamait le droit à la paresse dans une société revendication essentielle, pour les enfants et les adolescents comme pour les adultes.
De même que les premiers attouchements des tout petits enfants, les jeux sexuels de la première enfance sont indispensables à l'épanouissement érotique de l'individu. C'est en plein dans cette période de jeux que les psychanalystes situent une prétendue « phrase de latence b de la sexualité, débutant vers cinq - sept ans. Quelle serait l'explication de cette rupture ? Selon les adeptes de la théorie, il y aurait sublimation, c'est-à dire utilisation de l'énergie provenant des désirs sexuels pour le travail scolaire. Interprétation discutable. Quels sont les faits ? la coïncidence de l'entrée dans la vie scolaire et d'une certaine mise en veilleuse de la sexualité. Voilà bien l'exemple d'une théorie qui atteint sa limite à cause de son étroitesse de vue. Cette hypothèse de sublimation évite soigneusement toute critique du travail scolaire, de peur de sortir du domaine de sa spécialisation. La sexualité ne peut se développer de la même façon lorsqu'elle ne rencontre pas d'obstacles ou lorsqu'elle est soumise à une répression. Si la sexualité conditionne le comportement de l'individu, il est également vrai que toute modification du comportement de l'individu - notamment sous l'effet d'une contrainte ou d'une répression extérieure - rejaillira sur sa sexualité. Y aurait-il une mise en sommeil de la sexualité si on enlevait au travail scolaire tout caractère répressif ? L'expérience de Jules Celma (« Le Journal d'un éducastreur ») semble bien prouver que non. Cette expérience portait sur des classes primaires, en plein milieu de la fameuse période de latence. Celma les laissa s'exprimer (en les poussant même un peu, il faut le reconnaître). Très vite les jeux sexuels devinrent un important domaine de l'expression des enfants, par l'écrit, le dessin, le mime... Ma propre expérience recoupe, dans un autre domaine d'âge, l'expérience de Celma. Les adolescents des lycées, quand on leur laisse à l'intérieur des classes une large liberté, éprouvent une véritable fringale de jeu. Aucun des interdits scolaires ne résiste à ce besoin. Pris par le plaisir de faire ce qu'ils ont envie, les adolescents oublient presque instantanément les répressions qui les effrayaient quelques minutes auparavant. Tôt où tard, les problèmes sexuels resurgissent spontanément. Un tel besoin de jeu ne peut s'expliquer que par un manque tout au long de la période scolaire. On ne va pas à l'école, encore moins au lycée, pour « s'amuser », les bien-pensants de tout bord le répètent à longueur de journée pour pousser les élèves au travail. Il ne s'agit donc en aucun cas d'une sublimation, mais d'un refoulement du jeu, d'une répression organisée par la vie scolaire.
Répression des jeux sexuels par la scolarité, entrave à l'épanouissement érotique de l'individu. L'école et le lycée portent une lourde charge dans le domaine des insatisfactions sexuelles. Le docteur Zwang note à ce propos dans « La Fonction érotique »
« Certains enfants ne se « touchent > pratiquement plus jusqu'à la puberté. Pendant quatre à cinq ans leur sens érotique n'est plus utilisé, et cette fraction d'enfants (le tiers, le quart, la moitié ?) subit une véritable phase de latence. Subit, parce que dans ce groupe se situent en majorité ceux qui auront le plus de peine à recoller le plaisir sexuel de l'enfance avec celui de l'âge adulte. Il s'agit le plus souvent de filles, de celles qui, ne pratiquant pas la masturbation pendant l'adolescence, oublieront complètement l'onanisme infantile, le nieront parfois farouchement, et seront si difficiles à remettre sur les « rails érotiques ».
La phase de latence n'est donc qu'une entrave artificielle au véritable épanouissement de la sexualité. Elle est encore, pour certains psychologues, éducateurs, psychanalystes, une façon détournée de nier la sexualité dans un des ses aspects, de préserver, sous couvert de modernisme, les derniers bastions du puritanisme.

L'INITIATION SEXUELLE ET AFFECTIVE DE L'ADOLESCENCE

Pendant l'enfance, l'affectivité est tournée vers le groupe des adultes entourant l'enfant : père, mère, adultes divers, de la famille ou non, jouant un rôle de remplacement ou de complément. Les relations avec les camarades du même âge - en particulier la sexualité - sont essentiellement du domaine du jeu.
La puberté se manifeste dans le domaine biologique par la maturation des divers organes sexuels, dotant l'individu de son entière capacité ; dans le domaine du comportement, par l'apparition du besoin d'un ou d'une autre avec qui on pourra assouvir le désir sexuel. Dès lors l'affectivité cherche à se tourner vers les compagnons d'âge, le système des relations entre l'individu et les autres est bouleversé, les besoins encore confus transforment les camaraderies en liaisons homosexuelles éphémères.
L'éducation sexuelle, faite par les parents, par les camarades ou au hasard des recherches fébriles dans les dictionnaires aura renseigné, bien ou mal, d'adolescent (e). Mais la puberté lui apprend bien plus, elle lui fait sentir dans tout son corps ce qu'est concrètement la sexualité. Le mot orgasme, lu dans un dictionnaire ou ailleurs, n'aura pour lui (elle) aucune signification jusqu'à ce qu'il (elle) l'ait physiquement éprouvé. C'est la masturbation qui, bien souvent, conduira au premier orgasme. Pas toujours, car un orgasme fortuit se produit quelquefois à la suite d'une excitation non volontaire, dans des circonstances les plus variées. En tout cas, la quasi-totalité des garçons éprouvent l'orgasme par la masturbation à la période de la puberté. Les statistiques indiquent pour les filles un pourcentage beaucoup plus faible. Mais ces statistiques ne sont pas d'accord entre elles. Elles sont sujettes à caution d'abord parce que les jeunes filles ont souvent honte de ce qu'elles font et se refusent à l'avouer, ensuite parce que l'adolescente peut pratiquer l'onanisme sans se « toucher > et sans le considérer comme tel. Pour sa part le docteur Zwang n'hésite pas à affirmer : « Les jeunes filles utilisent l'auto-érotisme à peu près autant que les garçons, avec une fréquence et une périodicité comparables. » Le fait demande à mon avis une enquête plus approfondie, délicate à cause de la culpabilisation attachée à l'acte. Combien d'adolescentes pratiquent-elles régulièrement l'auto-érotisme ? Combien parviennent à l'orgasme à cette époque de la puberté ? Pour combien l'appel du désir se limite-t-il à un besoin physique flou diffusé dans tout le corps ? Une telle étude, menée sans parti pris, apporterait des éclaircissements concernant les inhibitions dont souffre la sexualité féminine.
Quatre vingt quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant.

nous dit Brassens. Quel que soit le pourcentage, il est certain que de nombreuses femmes (là encore une étude sérieuse et des stastistiques précises manquent) éprouvent de graves difficultés à obtenir régulièrement des orgasmes de bonne qualité, quand ce n'est pas à en obtenir un seul. Or ceci ne peut s'expliquer d'un point de vue physiologique : toute femme normalement constituée (ce qui n'exclut qu'un pourcentage infime) peut jouir. Il y a donc blocage, à un moment donné, de la sexualité. Quand ? Tel est le problème. Au niveau de la petite enfance, à cause de parents répressifs ? Au niveau de la période de latence, à cause du rôle répressif du système scolaire ? Au niveau de l'adolescence, où se précisent les interdits de nature sociale ? Tous ces facteurs peuvent s'ajouter, et la femme y sera d'autant plus sensible qu'elle a la possibilité physique de refouler son érotisme beaucoup plus facilement que l'homme. Mais faire la part de chacun de ces facteurs est difficile. Ne surestime-t-on pas (sous l'influence de la psychanalyse classique) les interdits de la première enfance (qui ne font souvent qu'ajouter au désir le goût du défendu, le besoin d'exploration et d'aventure étant une tendance naturelle chez l'enfant) ? Ne sous-estime-t-on pas généralement la mise en sommeil prolongée de la sexualité, sans aucun traumatisme, mise en sommeil due aux influences sociales et qui équivaut à la longue à un blocage (l'épanouissement érotique étant d'autant plus facile que le rodage érotique a été mieux effectué tout au long de l'enfance et de l'adolescence) ? Toutes ces questions ne pourraient qu'être éclairées par une meilleure connaissance de la période où débute pleinement la sexualité.
Or le moins qu'on puisse dire actuellement, c'est que non seulement cette période est mal étudiée, mais qu'elle se déroule sous des auspices qui ne lui sont pas favorables. La scolarité obligatoire jusqu'à seize ans fait que la puberté est vécue dans une atmosphère de conditionnement scolaire. A l'heure où le corps se transforme, où l'affectivité de l'individu cherche sa voie, où l'on se trouve donc confronté à des problèmes entièrement nouveaux, qui exigeraient information, discussion, ouverture de chacun vers les autres et initiation à la pratique, à la fois dans les domaines érotiques et affectifs, le travail scolaire sous la forme d'une quarantaine d'heures de cours par semaine et, théoriquement, d'une grande partie des heures dites libres, accapare l'attention de l'adolescent (e), lorsqu'il (elle) accepte de subir ce conditionnement. C'est donc exactement le contre-pied de ce qui devrait se passer. La société s'impose comme un moule exigeant de s'adapter uniformément aux individus et non pas comme une structure répondant à leurs besoins. Nulle part ailleurs que dans le domaine sexuel la critique individualiste anarchiste ne se trouve mieux coller étroitement avec la réalité. C'est la raison pour laquelle de nombreux jeunes, encore empêtrés dans leurs difficultés sexuelles, ont été et sont toujours attirés par cette critique, même si c'est souvent de façon passagère.
Au conditionnement scolaire s'ajoute un conditionnement moral. La blague archiusée des collégiens « la masturbation, ça rend sourd » est le reflet des contes à dormir debout que l'on a colportés au sujet de la masturbation, masculine ou féminine, cette dernière étant considérée comme le comble de la monstruosité. A en croire certains abrutis, calotins, puritains, bien-pensants laïcs ou en soutane, la quasi-totalité des hommes et un bon nombre de femmes devraient être outre sourds, idiots, stériles ou impuissants (alors que la masturbation est la preuve du contraire) et le monde entier aurait déjà dû s'écrouler depuis longtemps sous les assauts du vice solitaire.
Le progrès aidant, la répression de la masturbation s'est faite un peu plus discrète (et peut-être encore pas partout, tant on rencontre de bêtise), les arguments sont plus subtils, notamment du côté de la religion catholique. Se masturber serait un manque de respect vis-à-vis de son corps, verser son sperme un gaspillage des vies humaines qui y sont contenues en puissance. Arguments tous plus spécieux les uns que les autres qui ne visent qu'à un but : entretenir la honte de la masturbation chez l'adolescent ou l'adolescente.
Cette honte est accompagnée d'un mur de silence autour du sujet qui renforce encore le caractère culpabilisant des informations que l'adolescent (e) reçoit à ce propos. Se masturber est honteux, donc on n'en parle pas sauf pour dire que c'est honteux. Si Pierre et Jacqueline savaient que Jean-Luc, Christianne, Stéphanie, Paul, Jacques ou Lucie se masturbent, s'ils avaient pu en parler sans arrière-pensée, la honte aurait vite disparu.
La vérité est qu'encore une fois les racornis de tout bord poursuivent le plaisir sexuel de leur fiel vengeur. La masturbation satisfait partiellement les besoins sexuels de ceux ou celles qui, particulièrement pendant l'adolescence, n'ont pas encore pu ou su trouver un partenaire sexuel. La masturbation favorise dans un premier temps l'éveil érotique. S'il n'est pas souhaitable qu'elle soit pendant trop longtemps le mode de la satisfaction sexuelle, ce n'est pas parce qu'elle rend malade, mais parce qu'on ne fait pas l'amour à deux comme on le fait tout seul, cela demande d'acquérir de nouvelles techniques, que faire l'amour avec quelqu'un est autrement assouvissant que de rester seul dans son coin, que se masturber ne constitue qu'une réponse d'urgence à un besoin pressant, mais laisse intact le besoin de tendresse. La persistance de ce besoin fait que l'adolescent, après quelques années de masturbation, se sent parfois seul et triste quand il a joui. Mais ce n'est pas à cause d'une quelconque honte.
Et je lancerais volontiers cette boutade, pour faire pendant à la conspiration du silence et de la honte : Adolescents de tous les pays, masturbez-vous!
Je viens d'évoquer le problème de l'insuffisance de la masturbation, et cela m'entraîne vers la dernière forme de conditionnement : le conditionnement social. Entendons-nous bien. La vie scolaire et la morale ne sont en fait que des aspects de la vie sociale. Mais je veux parler ici de ce qu'on pourrait appeler les relations humaines, c'est-à-dire les rapports d'individu à individu qui sont sécrétés par l'organisation même de la société. Ces relations humaines brillent en fait par leur absence. Nous vivons dans une société cloisonnée. Les structures de classe sont doublées de structures en castes, en clans, les barrières de classe pouvant parfaitement passer au milieu de ces clans et inversement. Il en résulte une multitude de petits groupes sociaux qui ne se parlent pas entre eux, qui se connaissent mal, et à l'intérieur desquels les relations se fondent sur des conventions, en aucun cas sur l'approfondissement d'idées, de sentiments, de pratiques de vie. Dans le milieu on parlera voiture et télé. Dans tel autre maison de campagne et cinéma. Dans tel autre thé et petits fours. Heureux encore si l'on parle d'autre chose que de la pluie et du beau temps. Les adolescents se retrouvent encastrés dans ces structures avec en plus la timidité qui est propre à leur âge, un caractère qui est encore mal formé et très souvent marqué par l'absence ou la faiblesse de l'activité. L'adolescent éprouve alors un intense besoin de tendresse. Il a aussi l'impression de se trouver devant un mur. A qui parler ? A qui dire tout ce qu'il ressent ? L'adulte ne l'intéresse déjà plus et puis comment pourrait-il comprendre puisqu'il est vieux et raisonnable ? Le compagnon d'âge semble souvent tout aussi inaccessible. (« Ne va-t-il pas se moquer de moi ? » ). A l'âge où il faudrait oser, l'adolescent hésite, et se referme volontiers (« N'entre pas dans ma chambre ! Fous-moi la paix ! » ). Tous ne sont pas comme cela, bien sûr, dans la mesure où ils ont pu avoir un milieu familial plus confiant, où des circonstances particulières ont pu les doter d'un caractère plus affirmé. N'empêche que rien n'est fait pour favoriser les contacts entre les jeunes. Il ne s'agit pas de préfabriquer des rencontres dans le style des agences matrimoniales. L'adolescent, entièrement démuni de sens pratique, même s'il a beaucoup lu ou beaucoup retenu, a besoin d'une initiation pour s'habituer à l'autre. Les H.L.M. n'ont pas de salle commune. Les villes ont rarement des maisons de jeunes et pas de lieux de réunion accessibles dans chaque quartier. Les lycées ont un foyer pour les internes ouvert uniquement quand on ne peut pas y aller. Et les externes ? Ne parlons ni des usines ni des hôpitaux, et jetons un voile pudique sur les casernes... Et pourtant ! Il suffit d'aller chez les anars pour savoir que cela n'a rien d'utopique ni d'impossible, qu'un fond de cave dans une impasse suffit à créer une fraternité. Pour ceux qui n'ont que la rue pour fuir leur famille, il reste les bandes de quartier, qui se forment et se désagrègent au gré des querelles de petits chefs et des histoires de flirt. Il reste les concentrations motocyclistes, les clans se formant au gré des modes, qui ne sont que des imitations des clans de la société adulte où les jeunes se donnent l'impression d'être libres. Pour ceux qui acceptent de rester chez eux, il y a les quelques copains à qui on passe des disques, le cours de danse ou de violon où on voit Philippe ou Aline, la bataille continuelle pour obtenir les permissions rituelles pour le ciné, la boum...
Et on feint de s'étonner des adolescents qui partent en cavale, ceux qui voyagent par la route ou par la drogue, sur la délinquance juvénile.

LE CHOIX OU L'APPRENTISSAGE DE LA LIBERTE SEXUELLE

Que serais-je sans toi, qui vins à ma rencontre?
(Aragon)

Le contexte est maintenant décrit. A l'intérieur, adolescents et adolescentes qui en même temps se cherchent eux-mêmes et cherchent un partenaire. C'est le temps du flirt, où les garçons cherchent à se «payer» telle ou telle, la moins moche possible, où les filles cherchent à tomber tel ou tel, à se piquer mutuellement leur flirt, où coulent facilement les larmes lors des confidences de dortoir, où le grand amour change de nom toutes les semaines. C'est le temps de la main dans la main et des baisers sur la bouche - faute d'oser et de savoir faire autre chose.
Mais au bout de quelques flirts les exigences s'affirment. On a conscience d'avoir déjà franchi un cap. On n'est plus de la bande des nigauds qui n'ont jamais emballé. Mais on est toujours de celle des puceaux ou des pucelles. Et puis le changement c'est bien beau mais c'est tellement plus rassurant d'avoir une fille ou un garçon pour soi tout seul, le plus longtemps possible. On commence à songer à l'avenir et à faire des rêves bleus ou roses. C'est l'époque où les plus dégourdis et les plus délurés perdent de concert leur pucelage, dans des conditions érotiques médiocres et des conditions contraceptives souvent totalement inexistantes. Le garçon est trop pressé d'en finir avec les pratiques solitaires et la fille, qui oublie un instant tous les conseils de papa et de maman, ne songe plus qu'au « ouf, je ne suis plus vierge ! » qu'elle poussera dans cinq minutes. Ils apprendront peut-être plus tard à faire l'amour, pour l'instant il faut faire d'autant plus vite que le havre de tranquillité dont ils ont profité n'est que provisoire. Le petit frère va revenir des cours, et si la tante faisait à l'improviste irruption ? On n'a pas pris la pilule : on ne prévoit pas le moment où on se décide. Le garçon ignore qu'il y a des capotes anglaises dans la pharmacie paternelle. Et telle qui avait eu ses règles la veille se retrouve enceinte le mois suivant. Et selon les cas, c'est la course aux piqûres achetées en Suisse, l'aiguille à tricoter, ou la bague au doigt quelque temps plus tard.

Heureusement que les pépins
Ne sont pas dans toutes les pommes.


nous rappelle Anne Sylvestre. Et le « ouf, je ne suis plus vierge » sera suivi de quelques autres « ouf ! » de soulagement aux prochaines règles. Jusqu'à la prochaine fois.
Parmi les scandales imputables à la législation concernant la sexualité, il y a celui-ci : qu'une adolescente puisse, quelquefois seulement à cause d'un coup de tête, être enchaînée à un garçon qu'elle n'aime peut-être pas ou passagèrement, ou à un gosse qu'elle n'a pas désiré et qui risque fort de ne pas être heureux. L'avortement n'est pas une méthode de contraception, mais tant qu'il ne sera pas libre et si possible gratuit, même si par ailleurs les méthodes de contraception sont suffisamment répandues (c'est loin d'être le cas), les adolescentes ne seront jamais sûres de pouvoir perdre leur virginité en toute sérénité. Rappelons ici que la peur de la grossesse est la source de bien des blocages sexuels, et que la perte de la virginité est placée sous le signe de l'angoisse aussi.
Heureux les adolescents et les adolescentes qui auront su ou pu tirer les leçons de leur première expérience ! Ils pourront alors amorcer un pas vers l'apprentissage de la liberté sexuelle, et faire, en toute connaissance de cause et après avoir essayé, leur choix.
Ce n'est pas le cas, hélas ! pour la large majorité. On baise deux ou trois coups et puis, hop !, la bague au doigt pour la vie... avec son cortège de divorces, de mésententes familiales, d'insatisfactions de tous ordres qui sortent du cadre de notre sujet.
Pour ceux qui ont fait l'apprentissage de la liberté, ils savent que le choix n'est ni unique, ni définitif. Avoir ou non des enfants, légaliser ou non l'union, vivre à deux ou en communauté, accepter l'éventualité de rompre sans se haïr, pour toutes ces possibilités, la raison viendra prêter main forte au sentiment. Tel qui était coureur de jupons réputé dans son adolescence fera un fade et fidèle mari. Telle qui était fidèle dans son adolescence à un ami de coeur restera célibataire tout en satisfaisant de nombreux amants. On verra des unions libres sombrer dans la monotonie, des mariages de raison s'épanouir dans une joyeuse exubérance. On verra des homosexuels se marier à quarante ans et faire des enfants. Un des traits les plus constants de la sexualité, c'est justement que, bien comprise, elle laisse toujours ouverte cette possibilité de choix, cet irremplaçable exercice de la liberté que les anarchistes savent apprécier à sa juste valeur.

Pour les jeunes et d'une façon plus large tous ceux qui sont décidés à s'opposer à toutes les formes de négation de la sexualité, nous avons découvert au fil de cet article quelques grands axes de lutte, pour la propagande ou pour l'action. Il faut s'attaquer aux attitudes bornées de réprimande des jeux sexuels des petits enfants, de répression de la masturbation des adolescents. Il faut sortir la sexualité féminine de l'étouffement, valoriser l'érotisme féminin. Il faut favoriser l'établissement des liens entre les individus, abolir les systèmes de conventions qui empêchent de briser la glace. Il faut abolir toute législation répressive en matière de sexualité. Je sais que tout cela est bien schématique en ce qui concerne un domaine où il faut se garder de tout jugement définitif et avancer avec prudence et souvent modestie. Mais il me semble indispensable de garder présentes à l'esprit quelques idées simples pour faire face au charabia moralisateur, aux contre-vérités mielleuses ou fielleuses, et parfois à l'orgueil déplacé des petits « m'as-tu-vu-quand-je-baise > . Jamais autant d'affirmations les plus confuses auront été avancées en même temps sur un sujet.
Nous retrouvons ici l'essentiel des préoccupations libertaires, ne serait-ce que dans la lutte contre les idéologies autoritaires et toutes les morales religieuses. Comment concevoir une sexualité libérée dans une société qui ne le serait pas ?
Mais méfions-nous des idées générales ! Chaque individu est un cas et, redisons-le, l'individualisme anarchiste nous sera un élément de réflexion indispensable dans le domaine de la sexualité.
Méfions-nous aussi des demi-mesures ! La libéralisation de la sexualité à laquelle nous assistons actuellement n'est pas une véritable libération. La moitié d'un refoulement sexuel est toujours un refoulement sexuel, et pas toujours moins grave. Il faudra vaincre bien des oppositions, bien des tabous, bien des réticences ancrées par des siècles de morale et ne pas sauter par-dessus les difficultés, croyant pouvoir avancer plus vite. A quand, monsieur le ministre de l'Intérieur, les enfants qui pourront se toucher sans se faire gronder par leur papa C.R.S ? A quand, monsieur le ministre de l'Education nationale, des travaux pratiques d'éducation sexuelle dans les lycées ? A quand, mademoiselle la secrétaire d'État aux Affaires sociales, les adolescents qui pourront faire l'amour en toute sérénité avant de choisir leur voie ? Est-il permis dans ce domaine de rêver à l'âge d'or, comme nous y invite Ferré ?
Nous aurons l'amour
Dedans tous nos problèmes
Et tous les discours
Finiront par je t'aime.


La Rue #17 du 1er trimestre 1974

Ecrit par libertad, à 23:59 dans la rubrique "Le privé est politique".

Commentaires :

  Anonyme
12-03-05
à 09:52

1974...

En quoi la sexualité des enfants regarde-t-elle les adultes ?
Et si on leur foutait la paix, un peu...
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  libertad
12-03-05
à 16:30

Re: 1974...

Décidément il est toujours des sujets dont il ne faut JAMAIS parler : sans doute les enfants ne font pas partie de l'humanité, sans doute n'avons nous jamais été enfants, sans doute les enfants vivent librement leur sexualité, comme ce conte de fée est merveilleux !
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  Anonyme
12-03-05
à 17:30

Re: Re: 1974...

Tout dépend avec qui l'on en parle et comment on en parle...
Les enfants ont une sexualité ; bien. Les adultes doivent veiller à ne pas brimer cette sexualité ; bien.
Après, ils n'ont pas, à mon avis, à la regarder. Il y a un respect à avoir à l'égard du monde de l'enfance et je pense que les adultes devraient se montrer plus modestes.

Il y a dans ce texte une vision de la sexualité qui ne me fait pas "mouiller", voyez-vous... une focalisation sur une dimension technique, froide, fonctionnelle de la sexualité qui m'emmerde... une insistance un peu trop grande sur la masturbation, notamment féminine, un regard arrogé sur l'enfance qui me dérange parce qu'il peut engendrer, à mon avis, autant de blocages que ceux qu'il dénonce. Et je ne suis pas une vieille bigote. Juste une femme qui a un peu trop entendu des mecs parler comme ça.

Le pompon : Même après la perte de la virginité, il faut une période de rodage qui peut être assez longue pour éveiller la sensibilité vaginale de la femme et lui permettre d'atteindre l'orgasme vaginal. Merci de nous roder et de nous permettre d'atteindre l'orgasme vaginal. N'oubliez pas la révision des 10 000 ! Sommes-nous assez lubrifiées ?

NRV
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  libertad
12-03-05
à 21:41

Re: Re: Re: 1974...

"ils n'ont pas, à mon avis, à la regarder" : il ne s'agit pas de regarder la sexualité des enfants, mais simplement d'en parler. En quoi celà est-il problématique ? Des parents par exemple doivent-ils être complètement ignorants de ce que peut être la sexualité de leurs enfants ? Il n'est encore pas question d'y intervenir mais au moins de comprendre, pour ne pas brimer.
" Il y a dans ce texte une vision de la sexualité qui ne me fait pas "mouiller"" : heureusement ! Ce texte n'a pas du tout cet objectif, il est purement informatif, il ne faut pas tout mélanger.
"une insistance un peu trop grande sur la masturbation, notamment féminine" : j'ai du mal à comprendre pourquoi il ne faudrait pas parler de la masturbation, alors qu'elle est tout de même une bonne partie de la sexualité des enfats et des jeunes. Insister c'est justement déculpabiliser.
"Juste une femme qui a un peu trop entendu des mecs parler comme ça." : les hommes n'auraient-ils plus le droit aujourd'hui de parler de la sexualité des jeunes ? Il n'y a rien de tendancieux ni d'ambigue dans ce texte.
"Même après la perte de la virginité, il faut une période de rodage qui peut être assez longue pour éveiller la sensibilité vaginale de la femme et lui permettre d'atteindre l'orgasme vaginal. Merci de nous roder et de nous permettre d'atteindre l'orgasme vaginal. N'oubliez pas la révision des 10 000 ! Sommes-nous assez lubrifiées ?" Je suis d'accord que la formulation de cette phrase est malheureuse.
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  Solveig
01-04-05
à 03:11

Re: Re: Re: Re: 1974...

D'abord, une femme peut perdre son hymen seule, nul besoin du pénis pour cela. Et l'orgasme vaginal, ce mythe des psy, est extrêmement rare, c'est bien triste que beaucoup courrent après, l'organe du plaisir est bien le clitoris pour les femmes, bien que certaines aient besoin de stimultation vaginale aussi. Ensuite, si beaucoup de femmes ne jouissent pas ou rarement, c'est aussi parce qu'elles ont des partenaires masculins qui pensent à leur propre plaisir et que le coït est loin d'être le meilleur moyen d'atteindre l'orgasme, pour la plupart des femmes.
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