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L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





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Une stratégie de base
--> par Interra Gare'
Les anarchistes de jadis ont amorcé la critique contre les nombreuses institutions dominatrices qui, sous couvert de mandat social ou culturel mais aussi par la force, ont contraint les êtres humains à les accepter. Les mots et les actes de beaucoup de nos prédécesseurs continuent d’inspirer ceux qui tentent de trouver leur propre chemin vers la libération. Les quelques « principes » associés à la théorie anarchiste et à sa pratique comptent certainement parmi les éléments les plus pertinents de cet héritage. Mais ces principes ne sont pas des règles, des accords, des politiques à suivre ; ce ne sont pas des formules à appliquer. Ils sont plus un outil servant à examiner des situations, des idées, des projets et des relations pour que les obstacles existants ou potentiels à l’émancipation générale de tout ceux qui poursuivent le but du retour à l’état sauvage, puissent être mis à jour.

Dans la mesure où le monde est en constante évolution et que la compréhension que nous avons de nous-mêmes à l'intérieur de celui-ci devient (heureusement) meilleure, nos questionnements, observations et critiques ne peuvent tarir. (Même si tout ceci est inutile lorsque ce n’est pas mis en application au quotidien!) C’est tout à fait logique que les nouveaux anarchistes concentrent leur attention, presque singulièrement, sur les structures apparentes de la domination, de l’état, du capitalisme, et – à un degré moindre – de la religion. Au fil du temps – à l’échelle de l’histoire et de l’homme – les mécanismes hiérarchiques et les stratégies soutenant ces institutions sont ainsi remises en question : la bureaucratie, la famille nucléaire, la ségrégation sociale/culturelle (en fonction du sexe, de la race, de l’ethnie, de l’appartenance nationale…) et ainsi de suite. Finalement pour certains, la démocratie – qu’elle soit « directe » ou non – s’est révélée être un piège, tel qu’elle a été conçue. Plus récemment, les critiques élevées contre l'idéologie scientifique, la technologie, l’industrialisme, la notion coexistante de Progrès, et la vision positive du travail n’échappent plus aux langues et stylos acérés, à la lame parfaitement tranchante. De manière logique, cette remise en question a conduit beaucoup de ces anarchistes à une critique et un refus de la civilisation dans son ensemble : la domestication accompagnée de la transformation des êtres humains libres et sauvages en esclaves d'une élite invisible et de son idéal concret, c’est-à-dire les villes (villages, banlieues...). Une masse stratifiée, asservie par elle-même et par les autres. Le résultat est la subversion quasi totale de la libre volonté individuelle.

Tant que l’anarchisme « anti-civilisation » est une discussion et une expérience en cours et pas uniquement une idéologie de plus à adopter – ce qui le conduirait également à sa fin – il demeurera la source d’inspiration la plus pertinente et la plus excitante, dans laquelle puise le mouvement anarchiste depuis très longtemps.
Cependant, il y a un domaine dans lequel les anarchistes, quelque soient leurs convictions et leurs expériences ne semblent vouloir jeter aucun regard critique. Il est intéressant de constater que nos relations – grâce auxquelles la vie avance et sur lesquelles nous pouvons avoir une influence immédiate, directe et durable - ne reçoivent pas de critiques aussi régulières et aussi vives que celles concernant les systèmes "extérieurs" (qui ne sont d’ailleurs pas si extérieurs après tout). Cela nous conduit à tort à croire qu’il existe une tendance à l'abstraction, oubliant et ignorant que "l'ensemble" de la civilisation repose en fait sur des êtres humains. Certaines personnes adoptent, comme étant la leur, la mentalité civile qui à la fois engendre et résulte de stratégies autoritaires parfaitement maîtrisées et jusque là fructueuses. Tant que nous faisons partie ce système, ce peut-il que l’un d’entre nous soit vraiment libre, peu importe la force de notre désir ou l'enthousiasme qui porte nos intentions ? N’est-ce pas ce pourquoi nous nous battons ?

Alors, pourquoi est-ce que la critique soulevée par des anarchistes autoproclamés laisse aussi rapidement place à des réponses primaires, chargées de "discorde", de "sectarisme" ou d'autoritarisme? Pour quelle raison est-ce que des individus forts en viennent à des accusations d'abus, tout en revendiquant plaintivement le statut de victime? Certains insistent même sur le fait qu'il y aurait des préoccupations plus importantes sur lesquelles il faudrait se concentrer, suggérant ainsi « partout mais ici aussi». Ce ne sont que de basses accusations soulevées dans le but de détourner les responsabilités partagées et la critique qui frappe de trop près un monde intérieur inexploré et qui aurait besoin d’être mis à jour tel qu’il est.

Tout d’abord, dans la mesure où il n’y a pas – et n’y aura pas – d’Unité Anarchiste il n’y a rien à diviser. Nous sommes avant tout des individus et l’association volontaire ne signifie rien de plus que cela ; te dire anarchiste ne te lie en aucun cas de manière immuable à un autre anarchiste. Cela n’est pas autre chose que l’affirmation d’un désir présumé partagé d’absence de règle/d’autorité/de hiérarchie/de domination. Le diable, comme Ils disent, se situe dans les détails, ces mêmes détails qui constituent le cœur de nos désaccords et de nos débats.
Les différences qui existent entre certaines tendances – en très étroite relation avec des besoins particuliers, des désirs, une vision du monde et sa place dans celui-ci - ne sont pas à assimiler avec des « sectes » dans aucun des sens du terme. Les sectes conduisent (plus par l'influence qu'elles exercent que par des punitions) d’autres à adhérer de manière nécessaire et dogmatique à l’exactitude d’une pensée et d’actes. Si tu soupçonnes des pratiques sectaires, met les à jour mais soit clair et précis quant aux preuves que tu avances. Alors que la majorité d’entre nous (qu’on soit dominant ou dominé) se bat de temps à autres avec l’autoritarisme au lieu de se focaliser sur son élimination, les points de vue provocateurs et l’expression d’opinions contraires ne peuvent être automatiquement assimilés à l’intention de prendre ou d’user du pouvoir sur autrui. Encore une fois, nous devons nous monter intelligents et directs dans nos critiques.

En effet, l’accusation d’abus est sérieuse et y être impliqué, c'est être un malfaiteur, intentionnel, même s'il est un oppresseur n'en ayant pas conscience et la victime incapable et/ou inapte n'a pas les moyens de reconnaître la force dominante et d'y faire face. Trop souvent, les discussions portant sur ce sujet sensible prennent, au bout du compte, la forme d’une simple répétition de clichés et de rhétorique politisée et n’aident pas ces anxieux à retrouver force et autonomie par le biais d’interactions directes et honnêtes.
Quant à la question revêtant une plus grande importance – à savoir comment peut-on ne pas voir que notre lutte contre toutes les institutions est la même que la lutte que nous menons contre nous–même et les uns contre les autres ? Exposer, défier, et éliminer chacune des menaces à notre libération n’est pas différent (et ainsi ne peut pas être inférieur) du projet de démolir les éléments les plus tangibles, outil de la domination.

Eliminer nos propres présomptions et activités anti-libératoires ne sera pas plus facile qu’"anéantir l'état". Ces deux buts requièrent un degré spectaculaire d’engagement et quelques fois une révolte effrayante contre un ennemi détestable mais cependant confortable. Disséquer un projet, une théorie, un désaccord, un système de croyances, exposant ainsi des affinités potentielles ou réelles, des tensions, ou des changements ; s’informer sur ceux qui souhaitent détruire ou récupérer notre volonté pour résister ; et affiner une pratique de « résolution de conflit » vraiment radicale. Ce qui n’a pas été demandé aux anarchistes est comment « nous » allions traiter les inévitables problèmes qui naîtrons des relations humaines sans que des autorités interviennent. En effet comment ?

Il ne peut y avoir de limites à nos critiques, de veaux d’or ou de points de vue interventionnistes. En considérant une controverse sous de multiples perspectives et en commençant avec les principes sur lesquels nous sommes au moins d’accord – tout en prenant en compte les personnalités uniques, les natures, les expériences, les désirs et les besoins - peut-être continuerons nous de développer une théorie critique qui serve une pratique efficace au lieu de lui tourner le dos.

L’anarchie prendra une forme plus distincte par la pratique de la réciprocité, de l’association volontaire, et des interactions non arbitrées, sans l’intervention de représentants – c’est-à-dire l’action directe. Quoique nous envisagions pour nous-même en définitive, nous pouvons l’atteindre par nos propres moyens. Bien qu'il existe des restrictions externes importantes à l’actualisation de la pensée anarchiste dans son ensemble, il y a des lieux et des moments où les seules réelles limitations se situent en nous-mêmes. Peut-être que l’émergence d’un autre moyen stratégique permettrait aux anarchistes de toutes mouvances de s’apercevoir qu’ils ont déjà parcouru un long chemin sur la route de la trahison, (route) plus séduisante qu’ils ne l’auraient crue !

Remet tout en cause !
Texte en anglais traduit par Anaïs et paru dans Green anarchy #23 - Summer/Fall 2006

Ecrit par libertad, à 22:08 dans la rubrique "Pour comprendre".



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