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Reconnaître la souffrance des animaux : une révolution copernicienne
L’esprit humain ne parvient à se représenter la souffrance d’autrui que par rapport à la sienne. Ils ne reconnaît d’abord chez les êtres qui lui ressemblent que les souffrances qu’il a déjà vécues lui-même, puis, au fur et à mesure qu’il se découvre des ressemblances avec des êtres différents, il perçoit aussi leurs souffrances. Mais si l’humain commence à se reconnaître une filiation avec le monde animal, il ne reconnaît pas encore les souffrances qu’il lui inflige.

L’animal sacrifié à la grandeur humaine

Depuis le Siècle des Lumières qui vit la philosophie humaniste gagner l’Occident, l’animal pensant que nous sommes se sent transporté par le caractère sacré qu’il attribue à sa propre humanité. C’est qu’il a constaté que lorsqu’elle n’était pas instinctive comme celle de la chatte protégeant ses chatons, l’abnégation consciente et délibérée ne se rencontrait que chez ses propres congénères. Fort de cette gratifiante certitude, on a pris l’habitude de qualifier l’altruisme de qualité “ humaine ”. C’est ainsi que l’on parle d’aide “ humanitaire ”, ou de “ l’humanité ” dont font preuve les héros du dévouement. C’est oublier bien vite que faire preuve “ d’humanité ”, c’est aussi gazer des soldats dans leurs tranchées, brûler des incroyants sur la place publique et vendre des mines anti-personnel sous prétexte de “ création d’emplois ”. Le sadisme, lorsqu’il n’est pas instinctif comme celui du chat jouant avec la souris, est lui aussi spécifiquement humain : il n’a de ce point de vue rien à envier à l’abnégation altruiste.
Mais celà n’empêche nullement l’humain de considérer “ l’humanité ” comme la qualité estimable entre toutes. Ne doutant pas un instant que le statut privilégié qu’il s’octroie sur ce principe lui vaut d’infinies faveurs, l’humain n’envisage même pas de comparer sa valeur à celle des autres animaux. Dire qu’un seul humain vaut dix mille vaches, cent mille chimpanzés, ou même tous les animaux de la Terre, c’est encore blasphémer : l’humanité se refuse à figurer sur la même échelle de valeurs que l’animalité, qu’elle sacrifierait sans hésiter toute entière pour sauver un seul des siens. D’une façon plus ou moins avouée, creuser le fossé entre humain et animal, c’est renforcer la grandeur humaine. Multiplier les plus cruelles expérimentations animales scientifiques, pharmaceutiques ou cosmétologiques, c’est célébrer la transcendance humaine par le sacrifice animal.
C’est peut-être aussi ce que ressentent ceux qui n’ont jamais songé à compter combien d’animaux sont morts pour les nourrir ou pour tester leurs gels douche. Ils ont pourtant tous déjà rencontré des végétariens mais ne les ont pas vus. Ils ont aussi tous entendu parler de tests alternatifs pour les cosmétiques et les produits d’entretien, mais ne s’en souviennent plus.

L’indifférence des dominants
Cette solide indifférence ressemble fort à celle que le corps médical éprouve à l’égard des nourrissons. Parce que les nourrissons sont comme les animaux privés de la possibilité d’exprimer leurs souffrance dans un langage qui nous frappe, elle est tout bonnement ignorée. Il aura fallu les progrès de certaines psychothérapies, qui sondent les souvenirs les plus profonds et font rejaillir en pleine conscience adulte l’intensité des blessures de l’enfance, pour amorcer une lente prise de conscience dans le milieu médical. On commence à comprendre ce que signifie une naissance sans violence. On commence à hésiter avant d’opérer un nourrisson sans anesthésie. Mais un long chemin reste encore à parcourir : en 1987, un anesthésiste britannique, le docteur Anand, consuslta quarante articles relatant une opération bénigne mais nécessitant l’ouverture du thorax sur un prématuré. Seuls neuf nouveaux-nés avaient été anesthésiés, les trente-et-un autres furent simplement paralysés par du curare, avec l’aide, pour certains, du protoxyde d’azote, un analgésique léger.

La souffrance ignore la frontière humain-animal
Mais une souffrance ne perd rien de son intensité parce qu’elle est cachée.
Certains êtres humains, les enfants sauvages, ont vécu dans des conditions de vie semblables à celles des animaux. Parce qu’ils sont humains et que certains d’entre eux ont été capturés, apprivoisés et “ humanisés ”, rien ne nous permet plus de douter de la réalité d’une souffrance qu’ils ont fini par pouvoir exprimer. Mais accepter d’ouvrir les yeux sur cette souffrance, c’est déjà accepter de porter sur le monde animal le même regard que celui que nous portons sur le monde humain.
C’est pour cette raison que le Docteur Itard, qui a soigné Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, doutait de la réalité des souffrances de l’enfant. Il ne pouvait se résoudre à porter son regard à travers cette brèche ouverte entre le monde animal et le monde humain. Il raconte que peu après sa capture, Victor semblait insensible au chaud comme au froid. Il prenait a mains nues des charbons ardents ou des pommes de terre qui cuisaient dans l’eau bouillante et les mangeait sans attendre qu’elles refroidissent. Petit à petit, à force de bains et de massages, Itard a réussi à faire émerger la sensibilité étouffée de Victor. Au bout de quelques semaines, ce dernier manifesta une préférence pour une température douce de l’eau de son bain. Avant sa capture, il avait passé sans vêtements des hivers particulièrement rigoureux dans les Monts de Lacaune. S’il n’avait pas pu à ce moment-là étouffer sa sensibité pour affronter le froid, la neige, la faim et les blessures, il en serait mort. Sa peau portait plus de 23 cicatrices plus ou moins larges et même des traces de brûlures.
Amala et Kamala, élevées par des loups en Inde, marchaient à quatre pattes au moment de leur capture. Leurs avant-bras étaient couverts de plaies profondes qui mirent plusieurs semaines à cicatriser. Elles aussi étaient insensibles au chaud comme au froid et buvaient la même quantité d’eau quel que soit le temps.
Sans notre certitude que ces enfants appartenaient à l’espèce humaine, n’importe quel observateur aurait décrété que leur capacité à courir sur des membres blessés, leur indifférence au froid, au chaud et à la soif, indiquaient qu’ils n’en souffraient pas. Tout comme les médecins qui imposent aux nourrissons des souffrances qu’il n’envisageraient jamais pour des adultes, car un adulte “ ne les supporteraient pas ”, croient que puisque les nourrissons semblent s’en remettre c’est qu’ils en souffrent moins que nous et qu’ils finissent par les oublier. Diverses techniques psychothérapeutiques montrent aujourd’hui qu’il n’en est rien. Même refoulé, un violent traumatisme de l’enfance n’a rien perdu de son intensité et continue d’exercer une action morbide sur le psychisme adulte.

L’amorce d’une révolution copernicienne
Il aura fallu des siècles à l’humanité pour admettre que la Terre n’occupait pas le centre de l’Univers. Combien faudra-t-il encore de temps aux adultes pour admettre que leurs problèmes et leurs souffrances n’occupent pas le centre de l’Univers mais n’en constituent qu’un atome ? Déjà quelques voix s’élèvent dans le monde médical pour le respect du nourrisson. Déjà certains éthologues découvrent tant de similitudes entre les comportements sociaux des humains et ceux des chimpanzés que Franz de Waal n’hésite plus à écrire :
“ Si nous plongeons notre regard dans les yeux d’un chimpanzé, nous y rencontrons une personnalité intelligente et indépendante. Si ce sont des animaux, alors que sommes-nous ? Toute une série de faits, bien connus à présent, réduisent le fossé entre humains et animaux. ”
L’éthologie, science maudite lorsqu’elle prend le nom de sociobiologie à cause de l’utilisation eugéniste que certains en font, devrait-elle également son éxécrable réputation à ce qu’elle nous révèle de notre similitude avec le monde animal ? Le violent procès qui lui est intenté descendrait-il en partie de celui qui fut intenté à Darwin ? Parler d’une part de biologique dans notre comportement n’est-ce pas détruire l’illusion de la grandeur humaine ?
À propos du film Primate de Frederick Wiseman, documentaire sur l’expérimentation animale, Catherine Humblot écrit :
“ Wiseman “ voit ” la soufrance des primates, en même temps que les gestes précis de chirurgiens. Ces corps impuissants, malmenés, utilisés rappellent à l’évidence l’univers concentrationnaire. (...) C’est le moment que choisit Wiseman pour révéler l’enjeu de ces travaux. (...) Il s’agit de comprendre (entre autre) ce qui s’est passé il y a quelques dizaines de millions d’années, quand l’ancêtre de l’Homme a commencé de se relever pour marcher. (...) Ces hommes, ces femmes qui disposent des corps des primates, c’est l’Homme occidental avec ses rapports de classe, de race, c’est l’Homme primitif qui a dominé son voisin. Il y a une scène extrêmement révélatrtice. Un chirurgien soulève un orang-outang sur la table d’opération. Il prend dans ses bras la bête endormie, que l’on voit de dos. Une moitié du corps de l’animal a été rasée. Cette moitié qui révèle la peau est très exactement celle d’un être humain. Vision saisisante, qui dit l’histoire de la famille, l’Ordre des pouvoirs et la violence exercée par des vivants sur d’autres. ”

Cette philosophie humaniste dont nous sommes si fiers n’est-elle pas au fond basée sur un malentendu ? N’est-elle pas tout simplement la naïveté de l’enfant gâté qui croit que tout lui est dû et qui situe son propre nombril au centre de l’Univers parce qu’il ne s’est pas encore ouvert au monde ? Sa découverte du monde sera pour lui un traumatisme lorsqu’il cessera d’en occuper le centre. Reconnaître la souffrance cachée des êtres qui nous entourent engendrera une véritable révolution copernicienne. L’âme humaine y perdra le monopole du plaisir et de la souffrance, pour ne plus en constituer qu’un atome. Partager le romantisme avec les animaux, quoi de plus révoltant ? La philosophie humaniste, édifice central de la pensée occidentale, risquera de s’effondrer comme un château de cartes. Cette révolution copernicienne est peut-être à venir pour l’Occident. Surviendra-t-elle quand les manipulations génétiques ouvriront de nouvelles brèches dans la frontière humain-animal ?

Philippe Laporte

1.Pour des informations pratiques sur ces questions, on peut commander le “ Guide Koala, ” 15 F port compris chez K.O.A.L.A., BP 9-6034, 35060 Rennes cedex 3.
2.Annie Gauvain-Piquard, Michel Meignier, La douleur de l’enfant, Calmann-Lévy, 1993, page 27. Voir également, de Thierry Delorme, La douleur, un mal à combattre, Gallimard, page 40.
3.J. A. L. Singh, R. M. Zingg, L’homme en friche, de l’enfant-loup à Kaspar Hauser, Editions Complexe, Bruxelles, 1980, pages 241 à 245, et Lucien Malson, Les enfants sauvages, Union Générale d’Editions, Paris, 1964, pages 137 à 148.
4.L’homme en friche, de l’enfant-loup à Kaspar Hauser, déjà cité.
5.Frans de Waal, La politique du chimpanzé, Odile Jacob, 1995, pages 31 et 32.
6.Pierre Jaisson, La fourmi et le sociobiologiste, Odile Jacob, 1993, pages 263 à 268.
7.Catherine Humblot, Le Monde, supplément Télévision Radio Multimédia, 19-20 juillet 1998.
Ecrit par libertad, à 00:23 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Anonyme
29-09-05
à 21:30

ses vraiment debil de faire soufrire des animaux san defances

les animaux on rien a voir avec les maquillages ils sen moquent eux ce qu'il veulent c'est vivre avec de l'amour(etre aimer)et pas subire des horreur telles que se faire projeter contre le mur,ou etre priver d'oxigene,qu'on leurs ouvre le crane ou leurs arracher leurs chaires vivant...personnes aime souvrir,etre malheureux,les animaux sont pateil...c'est pour sa qu'il faut arreter sa tout de suite!personne ne doit etre malheureux,meme les animaux qu'elle qui soit...ils sonts s'en defenses,et ne merites absolument pas sa.PS:sa serer plutot au hommes(se qui aime ou qui inflige ses horribles douleurs aux animaux)en leurs faisant les meme "experiences"douloureuses en plus juste pour que les starts ou meme nous :cachions nos boutons nos rides ou pour nous faire "plus beaux"eux s'en moquent ils veulent simplement etre aimaient comme qui conque sur TERRE voila encore de l'argent gaspilliers pour rien,si rien qu'a faire soufire des etre sans defances.alors continuez a ouvrir des cervaux,mais dans ce cas la faitent le sur des animaux MORTS et belle et bienMORTS
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  Anonyme
29-09-05
à 21:37

Re: ses vraiment debil de faire soufrire des animaux san defances

ouais ta reson,moi je rajoutes ce qui fonts sa VOUS ETENT VRAIMENT DES PAUVRES CONS ET SES PLUTOT A VOUS DE FAIRE DES HORREURS PAREILS LES ANIMAUX N'ONT JAMAIS ET NE DEMAUDERONS JAMAIS DE LES FAIRENT SOUFFRIRENT POUR UN MONDE QUI SE BAR BIEN EN COUI....!!!!!!!!!
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  Anonyme
29-09-05
à 21:44

Re: Re: ses vraiment debil de faire soufrire des animaux san defances

je me rend compte que les hommes sont vraiment degelases,et ouais c'est belle et bien a c'est hommes qui fonds souffrirent les animaux de leur fairent les meme horreurs les meme souffrances ces pauvres betes s'en defances moi je les aiment qu'il soit beaux ou moches moi je les adorent et je vais meme a dire je les aimes!!!

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