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QU’EST-CE QUE CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE ? (4)
--> Echec de la mondialisation, échec à la mondialisation
La mondialisation marchande est un échec dans tous les domaines, économique, éthique, social et écologique ; mais cette mondialisation non seulement domine mais fait peur par sa globalisation.

Qui n’a pas entendu maintes fois la remarque suivante, ou à quelques variantes près : « le système est mondial, on n’aura jamais les moyens de l’affronter et de l’abattre »

Pourtant, si l’on regarde l’Histoire, il en a été de même pour tous les systèmes dominants qui apparaissaient indépassables,…. Tous ont tout de même disparu malgré leur puissance apparente.

UN SYSTEME APPAREMMENT VERROUILLE

Il est exact que le système marchand, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité est un système à l’échelle planétaire. Rien ni personne n’en est à l’abri. C’est un système totalisant (global), et totalitaire, en ce sens qu’il ne laisse, à priori, aucune autre alternative et semble capable soit d’absorber toute nouvelle structure, soit la dénaturer au point de la faire disparaître.

Considéré dans sa totalité et sa logique il apparaît comme indépassable ce qui est à l’origine du sentiment d’impuissance et de désespérance pour celles et ceux qui souhaiteraient « changer ». Les autres sombrant dans une forme de fatalisme qui en assure la pérennité.

Jusqu’à présent, toute tentative, réformiste comme révolutionnaire a échoué. Le système « retombe toujours sur ses pieds » avec encore plus de vigueur. Même ses crises structurelles, aussi bien économiques, financières, qu’idéologiques ne l’ont apparemment pas affaibli.

Hors du capitalisme point de salut ?

Il est évident qu’avec les moyens dont nous disposons, avec la stratégie – si tant est que ce soit une stratégie- de changement que nous croyons avoir,… on ne pourra rien changer, on ne pourra que subir,… ce que nous faisons depuis des années. Nous n’avons aucun dispositif qui soit capable d’enrayer les mécanismes de marché et de bloquer rapidement son fonctionnement… sinon une bonne volonté (boycott par ci, boycott par là !), qui n’est jamais, dans les faits, collective donc jamais opérationnelle.

Pourtant, un système dominant n’est indestructible qu’en apparence… l’Histoire nous le démontre à tous les stades du développement des civilisations humaines.

Ce serait cependant une erreur de ne compter que sur le développement ultime de ses contradictions,… et espérer par là même un changement, une alternative. Ceci est d’autant plus vrai, dans le cas du système marchand, que le stade ultime du développement de ses contradictions ne peut déboucher que sur la « barbarie sociale » et la mort de la planète. L’action politique est donc indispensable… et même urgente.

UTILISER NOTRE FAIBLESSE COMME UNE FORCE

Ce n’est pas qu’une technique d’arts martiaux… l’Histoire nous montre que ce sont les petites structures, insignifiantes à une époque, qui ont réussi à supplanter et à carrément évincer des systèmes qui apparaissaient comme indestructibles.

Face à l’énormité du système, un affrontement direct est voué à l’échec et ce pour deux raisons essentielles :

 - il s’est doté d’une défense (militaire, policière, idéologique) qui dépasse largement nos capacités offensives ;

- nous n’avons, concrètement, rien d’alternatif à proposer,… sinon nos idées et notre « bonne volonté »… on sait ce que ça a donné dans le passé.

Notre faiblesse est constituée par quoi ?

 - nous n’avons pas le pouvoir, eux l’ont… mais ça n’est paradoxalement pas le point le plus important ;

- nous sommes « verrouillés », conditionnés, déterminés dans des rapports sociaux qui sont les leurs… et là est leur force essentielle.

Si le système marchand, par son histoire, par sa logique et par le fait qu’il existe en fait et est dominant, arrive à « structurer » l’ensemble de la planète, nous, à notre niveau et avec nos forces, nous en sommes bien incapables…. Et tous nos prédécesseurs depuis plus d’un siècle en ont été incapables.

Envisager d’emblée une stratégie et une action à l’échelle mondiale est totalement irréaliste, cela voudrait dire que nous ayons des outils à la dimension du système que nous combattons,… ce qui n’est pas le cas… Rappelez vous des « Internationales », des « Forums Sociaux Mondiaux » qui ont fait long feu !…

Il nous faut apprendre à être plus modestes pour être plus puissants.

Notre force réside dans la réalité sociale que nous sommes capables de créer…. En marge, en parallèle, voire en opposition avec la réalité sociale marchande - voir QU’EST-CE QUE CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE (3).

C’est ce « penser global, agir local » que le mouvement altermondialiste, qui le rabâche dans ses discours, est incapable, depuis dix ans, de mettre en pratique. Pourtant les éléments nous les avons « sous la main ».

Cette stratégie déroge effectivement aux vieux schémas allégoriques du « grand soir » et des « épopées révolutionnaires ».. c’est vrai ! Mais quand on sait ce qu’ont donné ces pratiques…

Posée ainsi, la stratégie politique peut aller à la « conquête du monde », mais pas comme on l’avait imaginé – à tord – jusqu’à présent.

Une telle conception stratégique permet en effet, à la fois de fonder une pratique alternative en respectant les spécificités locales – la culture, les rythmes, les particularités, les expériences,…, et de s’auto éduquer à de nouvelles relations sociales, à une nouvelle éthique.

Fédérée nationalement et internationalement, en respectant les rythmes forcément différents, une telle conception constitue une stratégie face au Capital. Pas une stratégie de contournement, au contraire, une stratégie qui le prend sur son propre terrain celui de l’organisation de la vie quotidienne… prouvant ainsi peu à peu que les lois, les principes, l’éthique qui sont les siens sont aujourd’hui obsolètes, dangereux et insatisfaisants.

Mais comment se sont constituées les grandes civilisations, les grand systèmes dans l’Histoire, sinon ainsi…

Arrêtons d’avoir une « vision hollywoodienne » de l’Histoire qui nourrit nos fantasmes de grandeurs et nos appétit de pouvoir absolu.

Arrêtons de reproduire les mêmes pratiques qui ont toutes conduit à des erreurs tragiques.

Face à la mondialisation marchande, imposons par notre pratique, à notre niveau et en concertation avec les autres régions du monde, l’autosuffisance alimentaire dans un premier temps, une collaboration plus large par la suite.

Vue sous cet angle, la domination du Capital apparaît comme dépassable.

La volonté d’en découdre globalement avec le système nous condamne à l’échec. Les générations qui nous ont précédé ont payé très cher cette vision aberrante du combat politique et des lois de l’Histoire. Il est temps de repenser notre action.

 

 Patrick MIGNARD

Avril 2008

 

Voir aussi :

 

QU’EST-CE QUE CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE ? (1) (2) (3).

 

« MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE »

 

Ecrit par PatrickMignard, à 16:52 dans la rubrique "Pour comprendre".



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