L'En Dehors


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MORT AUX "SCIENCES SOCIALES"
«Un des aspects de la "réforme" Fillon sur l’Education est d’affaiblir le recrutement de la filière Economique et Sociale. Par le jeu des options, la plupart des élèves ne "choisiront" plus l’enseignement des sciences économiques et sociales en seconde, et le ministère pourra très rapidement limiter les dotations horaires budgétaires. La filière ne sera donc plus accessible que sur les deux années de première et terminale. De plus, dans ce contexte, elle représentera un choix par défaut, l’orientation de tous les élèves qui auront échoué dans l’enseignement scientifique.»


Un spectre hante l’enseignement, celui de la connaissance. Tout comme certains Etats des USA en plein délire religieux qui condamnent l’évolutionnisme dans l’enseignement, le gouvernement français en pleine fièvre libérale raye d’un trait rageur et d’une plume agacée toute connaissance des mécanismes intimes du système marchand.

Ce dont a besoin le système marchand, ce sont des serviteurs, des esprits disponibles qui ont compris ce qu’il fallait faire en fonction de «règles du jeu» qu’il n’est plus utile de discuter, à fortiori d’essayer de comprendre.


UN RETOUR A L’OBSCURANTISME


Exécuter des opérations dans le cadre strict des règles de la logique marchande sans se poser la question du sens de ce qui est fait et de ce à quoi ça sert… tel est le rêve éducatif de celles et ceux qui«pensent» aujourd’hui les programmes de Sciences sociales.

Par exemple: au niveau de l’entreprise c’est maximiser le profit en vue de rémunérer le capital (dividende des actionnaires) et de dégager des possibilités de financer les investissements (quoique l’emprunt puisse en partie y suppléer). Tout le reste, la gestion des moyens, aussi bien physiques qu’humains est de l’ordre du technique strict…. Même l’humain, ramené au juridique est transformé en pure technique («Gestion des Ressource Humaines» et non pas «Gestion Humaine des Ressources»!!! )

Par exemple, au niveau macro économique, maximiser le taux de croissance, en trouvant l’énergie la moins chère, les coûts de production les plus bas, les facteurs de production, techniques et humains, les plus souples et les plus malléables, les matières premières les «meilleur marché», voire gratuites ou presque, les conditions juridiques et «sociales» les moins contraignantes et le marché le plus solvable.

L’obscurantisme c’est ça: réduire la réalité à un cadre préétabli et surtout s’interdire de regarder au-delà.

Quid du devenir social des salariés, de l’équité dans la répartition des richesses, du respect de l’environnement, de la préservation des sources d’énergies non renouvelables, de la santé alimentaire des consommateurs.


L’ART DE L’ESQUIVE…


Il s’agit d’éviter l’essentiel et de ne rester qu’au superficiel

En effet, comment allons nous expliquer à des jeunes qui auront les pires difficultés pour trouver un emploi que:
- l’emploi est une «variable d’ajustement» en gestion de l’entreprise, autrement dit, le salarié est le dernier considéré parmi les «facteurs de la production»?

- le fait de se former est largement insuffisant et que c’est le «marché du travail» qui décide si oui ou non ils auront un emploi?
- la variation du nombre de chômeurs est totalement aléatoire, incertaine et manipulée pour des raisons politiques?
- il faille travailler de plus en plus alors que l’on peut produire plus avec moins de travail?
- les pouvoirs publics ne savent pas et ne peuvent pas trouver une réponse au problème de l’emploi et qu’il n’y en a en fait pas,… autrement dit que le problème du chômage n’a pas de solution?

Comment allons nous expliquer à de jeunes citoyens-nes que:
- la liberté, sur le plan économique c’est celle du «renard dans le poulailler»?

- il est logique dans le système marchand qu’il y ait des pauvres dans un pays riche?
- les acquis sociaux gagnés par les salariés depuis un siècle sont systématiquement remis en questionet que d’ici dix ans ils auront disparus?
- le service public est désormais condamné au nom de la concurrence et de l’«efficacité»?
- il est logique de détruire des richesses qui ne trouvent pas de «consommateurs solvables»… ce que l’on appelle «assainissement du marché»?
- tous les citoyens ont des droits, sauf celui d’avoir un emploi, un logement, bref les moyens de vivre et ce du fait du fonctionnement du système marchand?

Comment allons nous expliquer à la jeune générationque:
- nous avons détruit, en toute bonne conscience, une bonne part de l’éco système dans lequel ils vivront eux et leurs descendants?

- nous avons consommé sans vergogne toutes les ressources non renouvelables pour le sacro saint «taux de croissance»?
- ils n’ont aucune garantie en matière de retraite?
- nous avons pollué les sols, les mers, les rivières, l’air?
- les aliments que nous produisons ne sont que des sous produits de l’industrie chimique et ce pour des raisons de rentabilité financière?

Toutes ces questions sont sans réponses ou ont des réponses inavouables, socialement et moralement.


… ET DU SENS PRATIQUE


On comprendra maintenant que les gestionnaires du système marchand aient tout intérêt à limiter la connaissance dans le domaine économique et social. Comme ils ne peuvent pas le faire ouvertement il donnent l’illusion de la transformation de la matière en …Droit et Gestion. Une telle transformation a deux avantages:
- on évite les sujets qui fâchent… et qui font trop réfléchir…


- on cantonne les élèves dans un modèle normatif dans lequel il ont à apprendre des techniques… ce qui fait que, non seulement ils ne réfléchissent plus sur le sens du système dans lequel ils opèrent, mais ils sont capables de le faire fonctionner avec un maximum d’efficacité… gagnant sur deux tableaux.

Se limiter strictement et techniquement au droit et de la gestion, et pas plus, voilà qui borne parfaitement les esprits, voilà qui les prédispose à ingurgiter des compilations de textes, d’articles, de lois, de ratios, de modèles, de méthodes, de formules directement utilisables par les «soutiers» du système marchand.

Entre une réflexion sur les «conséquences sociales d’un licenciement» et un «ratio de rentabilité» que choisissez vous? et entre le «droit au logement» et la «propriété»?... le marché lui a tout de suite fait son choix… vous savez donc ce qu’il vous reste à faire! Laissez ces problèmes au professeur de philo

Soyons moderne que diable! et ne nous laissons pas distraire par des considérations philosophico-morales sur les valeurs morales et sur les valeurs de la République. «Liberté, Egalité, Fraternité» est une chose, les exigences du marché en sont une autre. Faut pas mélanger les torchons et les serviettes!


L’école de la République c’était bien, quoique certains en aient profité pour lire des tracts, les écrire et en apprenant à compter,…contester leur feuille de paye,… mais c’était autrefois. La modernité exige aujourd’hui une autre efficacité et de ne pas renouveler les mêmes erreurs… On va enfin faire divorcer ce couple infernal du système marchand: l’économique et le social.


Patrick MIGNARD
Ecrit par , à 23:18 dans la rubrique "Pour comprendre".



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