L'En Dehors


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Los Arenalejos
--> Collectivité libertaire andalouse

Lu sur Alternative libertaire Belgique : Ils sont une poignée à vivre cette aventure au cœur de l'Andalousie. Tout a commencé il y a douze ans. Nous en avions alors ras-le-bol de vivre dans une société qui nous proposait, pour tout projet de vie, la prostitution du salariat et la compétition de tous contre tous. À l'horizon donc, aucun imaginaire social bien réjouissant. En tout cas, rien à mettre en œuvre dans le présent, car si les paradis (libertaire ou autres) ne manquent pas, ils sont toujours remis aux calendes grecques.


Il y a douze ans donc, nous débarquions dans cette superbe vallée andalouse proche de Malaga : mille cinq cents oliviers à l'abandon, des terres en friche, les ruines d'un moulin à huile protégées par l'ombre d'un palmier, des restes de canalisation d'irrigation à quelques centaines de mètres d'un rio. La beauté d'un site à l'état pur...
Nos conditions de vie étaient particulièrement rudes. À l'époque, nous étions six, cinq adultes et un enfant. Puis d'autres enfants arrivèrent, d'abord une petite fille, suivie de deux garçons. Joie et beauté en plus. Qu'allait-on leur offrir sur cette enclave de quinze hectares ?
Nous avions besoin d'une cohérence pour vivre ensemble des relations que nous voulions égalitaires et harmonieuses au sein du groupe, mais aussi avec notre environnement écologique et social. Et même si nous avions de bons rapports avec les voisins des villages aux alentours, cette cohérence n'en serait pas une si elle restait limitée à notre collectivité, entre nous, même si c'était au milieu de la plus belle des natures et avec la plus satisfaisante des activités. Nous risquions d'étouffer, de nous recroqueviller. Il nous fallait trouver la charnière qui nous ouvrirait au monde. Après des débats qui durèrent trois ans, tout en continuant notre pratique agricole quotidienne, c'est dans la tradition libertaire que nous avons trouvé le fil conducteur : Kropotkine et l'entraide, Élisée Reclus, les naturalistes libertaires espagnols et les réalisations des collectivités de 1936-1939, en passant par Mai 1968, pour en arriver tout naturellement à l'écologie sociale de Murray Bookchin. Notre projet se structurait, il s'inscrivait, tout comme celui de Comunidad del Sur (Uruguay) dans une perspective communaliste libertaire, partie intégrante du projet d'écologie sociale.
L'importance du pari en faisait tout son intérêt. Comment créer une contre-culture vivante, riche, variée et complexe comme la vie elle-même, si ce n'est en s'enracinant dans un quotidien qui expérimente les bases d'une société écologique qui ne peut qu'être libertaire ?
Un imaginaire social de libération ne peut plus se nourrir d'une simple prise de parole qui, finalement, n'est pas très différente des discours politiciens. Il nous faut dépasser le discours de "propagande" moraliste ou protestataire, caractéristique du mouvement libertaire, si nous voulons séduire plus largement que les cercles de convaincus, car il n'y a pas de création sans séduction préalable. Notre recherche voulait embrasser tous les domaines de la vie et c'est sans doute celui des relations humaines qui nous a ouvert les portes de nouvelles connaissances. Car, ce sont bien les relations entre les humains, déterminées par la société qui, à leur tour, remodellent sa structure. Celle-ci n'étant, en fin de compte, que la somme et la manière dont s'articulent ces relations.
Kropotkine disait que l'origine de l'exploitation de la nature se trouvait dans l'exploitation de l'homme par l'homme. Mais cette dernière ne commence-t-elle pas et ne se perpétue-t-elle pas dans la domination de l'enfant par l'adulte ? N'est-ce pas dans l'inconscient (les deux tiers de la personnalité, dit-on) que s'installent les valeurs ...........
piliers de la société par l'organisation de la carence dans l'abondance ? Et surtout, la notion de propriété, qui est à l'origine de l'aggressivité, le nerf de la guerre économique capitaliste.
Ces réflexions, nées de nos difficultés relationnelles avec les nombreux visiteurs et du trop peu de candidats à l'intégration dans le projet, nous ont permis de comprendre que le succès d'une révolution, certes indispensable, ne sera pas le fruit, comme d'aucuns l'annoncent d'une façon simpliste, d'un simple changement des seules macro-structures. De plus, s'il est relativement facile de s'unir contre ou autour d'un drapeau, il en va tout autrement quand il s'agit de s'unir pour créer, pour inventer de nouvelles manières de vivre. D'où l'indispensable changement parallèle des micro-structures psychiques qui déterminent nos comportements. C'est sans doute dans la première enfance que se situe la clef de ce changement, d'où l'importance de notre activité en faveur d'une grossesse désirée, d'une naissance à la maison et d'une relation amoureuse sans entrave entre l'enfant et la mère.
Les bases d'un être humain nouveau, avec une infinie confiance dans la vie et dans ses propres capacités relationnelles étant posées, il nous faut ensuite, avec beaucoup d'attention, apporter les "matériaux" adéquats, les plus riches et les plus variés possible pour qu'il ou elle se construise. C'est tout le but d'une pédagogie libertaire qui s'adresse non seulement à l'enfant mais également à l'adulte, pour apprendre à devenir le plus autonome possible, car c'est aussi grâce à notre capacité créative que nous devenons libres de faire le choix de nos solidarités. C'est ça, l'école de la vie.
Voici donc résumées très brièvement ces années de réflexions au milieu d'une activité (trop) intense tous azimuts. Il nous aura fallu toutes ces années pour restaurer le "cortijo", un ancien moulin à huile d'un étage et d'une surface au sol de 150 m2; construire un atelier de céramique avec deux tours et un four. Le tout éclairé par une éolienne et des panneaux solaires.
Ces infrastructures sont néanmoins insuffisantes, car nous avons bien compris que si nous voulions vivre en collectivité à plusieurs "familles", un espace propre et indépendant pour chacune d'entre elle est indispensable. C'est la fonction des maisons individuelles que nous avons commencé à construire (l'une d'entre-elle accueillera une nouvelle famille en octobre). Nous réserverons pourtant toujours un espace commun qui servira de centre d'accueil et d'hébergement pour les visiteurs, ainsi que de lieu d'apprentissage pédagogique et de centre de production.
De ces terres abandonnées que nous avons trouvées en arrivant, nous avons fait un jardin avec ses potagers et ses deux cents cinquante avocatiers et manguiers sur trois hectares. Le tout cultivé en agriculture biologique grâce à un système de permaculture et de canalisation.
Mais, quand nous parlons de nos réalisations, nous nous devons d'insister sur le fait que celles-ci ne sont pas seulement le fruit de notre travail mais aussi de celui d'un vaste réseau de compagnons qui de France, de Belgique, de Hollande... ont apporté leur pierre à l'édifice. Dès le début, nous reçu le soutien des anarcho-syndicalistes de la CGT espagnole et de la CNT. Une souscription lancée par cette dernière nous a permis d'acquérir un tracteur. Des maçons de la CNT nous ont aidé à restaurer et à construire des bâtiments. Les liens restent d'ailleurs très étroits avec le mouvement libertaire ibérique et nous pouvons dire sans prétention que nous sommes une référence pour de nombreux libertaires et écologistes espagnols.
Nous avons également, petit à petit, tissé des relations avec d'autres initiatives alternatives comme l'école libertaire Bonaventure en France ou votre journal, Alternative Libertaire, en Belgique.
Dans le registre des projets, il nous faut également vous parler de la création de notre fondation, la Fundacion Los Arenalejos para la invvestigacion y el desarrollo de la Ecologia Social qui devrait nous permettre de jeter un pont supplémentaire entre ceux qui habitent ici, en Andalousie, et les autres compagnons qui veulent explorer cette nouvelle démarche. La vocation de cette fondation est, comme son nom l'indique, la recherche et la diffusion de l'écologie sociale par tous les moyens possibles et imaginables, le premier étant celui de notre propre pratique. Mais nous voulons également communiquer avec le mouvement social, c'est pourquoi nous co-éditons des livres (notamment les textes de Bookchin en espagnol) et nous éditons une feuille d'information, La Hoja, qui nous permet de diffuser le fruit de nos recherches, la chronique de nos activités et les évolutions dans notre façon de vivre et nous organiser.
Parallèlement nous cherchons à élargir et à consolider la collectivité en accroissant progressivement le nombre de ses membres. Ces nouvelles intégrations se faisant, aujourd'hui, plus par une approche et une connaissance mutuelle à partir des activités concrètes que par une simple discution idéologique. Sur cette terre, pourraient vivre en harmonie entre vingt et trente personnes.
Mais nous ne voulons pas en rester là. Notre propos, certes ambitieux, c'est la création d'une communauté de communautés, comme disait Kropotkine, afin de tisser cet indispensable réseau du quotidien libertaire, ce bouillon de culture vivant fait de toutes ces différences qui n'en finissent pas de s'enrichir.
.
Los Arenalejos
Lista de correos
29567 Alozaina (Malaga)
00.34.95.211.25.30
arenalejos@mail.litefeanjo.es

http://es.geocities.com/arenalejos/


Si vous désirez vous rendre à Los Arenalejos, n'oubliez pas de prévenir à l'avance. L'accueil de nombreux visiteurs n'est pas chose facile pour cette collectivité qui vit principalement en autarcie et dont les capacités "monétaires" sont plus que limitée. Certaines périodes de l'année les "visites" sont par ailleurs "suspendues" pour leur permettre de se retrouver...

Alternative libertaire #210 octobre 1998

Ecrit par , à 16:25 dans la rubrique "International".

Commentaires :

  libertad
13-06-04
à 16:40

Ce texte semble provenir du journal Alternative libertaire Belgique ( ancienne formule, je pense donc datant un peu ). La personne qui l'as mis en ligne pourrait-elle donner la source ?

Le site web de la communauté n'est plus mis à jour depuis un an, quelqu'un a-t-il des nouvelles fraîches ?

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  Yvan Grozny
13-06-04
à 20:46

Re:

Pas de nouvelles fraiches malheureusement... Je vais essayer de trouver des news sur le "RA forum"...

Sinon, ça vient bien d'AL (n°210). Idem pour "transformation sociale et transformation culturelle". La prochaine fois, j'ajoute la source au début de la zone de texte?
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  libertad
13-06-04
à 22:08

Re: Re:

oui c'est mieux je préfère que la source soit indiquée.
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
14-06-04
à 00:11

Re: Re: Re:

A mon avis, ils sont morts depuis !
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  Anonyme
14-06-04
à 00:12

Re: Re: Re: Re:

Mangé par des chèvres sauvages !
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  Yvan Grozny
14-06-04
à 02:19

Re: Re: Re: Re: Re:

Non, mais connaissant un peu leurs soucis liés au manque d'eau, la canicule de l'an dernier n'a pas du leur faire du bien. Dans ce coin de l'Andalousie, "on se tire dessus" pour l'approvisionnement en eau, aux dires d'un habitant de l'éco-village.
Par contre, ils manquent de bras en général pour ramasser les fruits (des hectares...). Si y'en a qui ne savent pas quoi faire de leurs vacances...
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