L'En Dehors


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Le marché vraiment, vraiment libre (et gratuit) : Organiser l'économie du don
--> Pour le capitalisme, on ne rase pas gratis – Avec les anarchistes, ça n'est pas la même chose...
Avertissement : d'après le glossaire capitaliste, le « marché libre », c'est le système économique où les prix sont définis par la concurrence sans restriction entre des entreprises privées. Toute personne intelligente peut comprendre immédiatement qu'aucun être humain ni aucune ressource n'est libre dans un tel contexte ; dans le marché vraiment, vraiment libre, on découvre un marché qui fonctionne selon l'économie du don, dans lequel rien n'est à vendre et où la seule règle est le partage.

Une fois par mois, au moins deux cents personnes provenant de tous horizons se rassemblent sur un terrain public, au centre de notre ville. Ils apportent tout (depuis la bijouterie jusqu'au bois de chauffage) ce qu'ils veulent donner et repartent avec ce qui les intéresse. Il y a des stands où l'on organise la réparation de vélos, la coiffure, même la lecture des tarots. Certains s'en retournent avec des cadres de lit complets ou de vieux ordinateurs. S'ils n'ont pas de voiture pour les transporter, des chauffeurs volontaires peuvent s'en charger. Aucun transfert d'argent, pas de marchandage sur la valeur comparées des objets ou des services, et personne n'a honte d'exprimer un besoin. Contrairement aux réglementation officielles, aucune redevance n'est payée pour l'occupation de cet espace public, et personne n'est 'responsable'. Quelquefois, il y a une fanfare, ou une troupe de marionnettistes ou on ne se met en file pour une dégustation de jus de fruit. Des jeux ou des discussions sont organisés tout autour, et chacun amène un plat de bouffe chaude et un sac de victuailles. Il y a des bannières sur les arbres et des panneaux annonçant « pour tous, sans propriétaires ni bureaucrates » et “NI JEFES, NI FRONTERAS” et une grande couverture est étendue où peuvent être étalés des trucs à lire alternatifs ou radicaux, non indispensables – il s'agit d'une institution sociale, pas d'une manif.
Grâce à notre revue mensuelle « Marchés vraiment vraiment libres » tous les habitants peuvent avoir une idée précise de ce que signifie l'économie anarchiste. La vie est ainsi un peu plus facile pour ceux d'entre nous qui ont peu ou pas de moyens et des contacts peuvent se lier dans un espace où moyens financiers ou classe sociale perdent leur importance, au moins temporairement.

Pourquoi les marchés vraiment, vraiment libres, ça marche

Le modèle des marchés vraiment, vraiment libres a plusieurs avantages pour les anarchistes qui espèrent construire des infrastructures et une dynamique locales. D'abord, comme 'Critical Mass' ou 'Food for bombs', il se prête à une approche décentralisée : tant que l'idée est bien répandue, il n'est besoin ni d'une hiérarchie ni d'une coordination centrale pour organiser un marché vraiment, vraiment libre. Cela rend ce modèle utile pour ceux qui espèrent encourager les responsabilités personnelles et les initiatives autonomes dans leur communauté ; cela veut dire aussi que si les autorités locales veulent causer des ennuis et paralyser les marchés vraiment, vraiment libres, ils ne pourront le faire en arrêtant ou en verbalisant leurs responsables.
Comme moyen de rassembler les gens, 'Food Not Bombs' apparaît contingenté par des limites intrinsèques : couramment, en Amérique du Nord, une certaine honte marque encore la consommation gratuite d'aliments et souvent, seuls des marginaux, des activistes et les vraiment fauchés se montrent prêts à manger en public sans être inhibés par une gêne inévitable. Le modèle du marché vraiment, vraiment libre, au contraire, permet à tout un chacun de participer sans embarras. Dans une société de consommation où le 'shopping' est le principal dénominateur commun de toutes les activités sociales, chacun peut se sentir autorisé à fouiller parmi des objets d'une immense solde et le fait que tout soit gratuit ne fait que faciliter la chose. Les classes moyennes, bien sûr, ont à se débarrasser de plus de choses que les autres : leurs maisons sont bardées d'objets qui leurs sont inutiles et l'occasion de s'en débarrasser leur apparaît alors comme tombée du ciel. C'est très pratique pour les autres ! Ainsi, après le gaspillage de la production de masse, les plus pauvres d'entre les pauvres peuvent accéder à un surplus autrement impensable. Et puis, pouvoir donner quelque chose à quelqu'un est souvent même plus enrichissant que de les recevoir gratuitement : des siècles de conditionnement capitaliste n'ont pas réussi à détruire complètement notre capacité d'entraide.

Quelques marginaux sans moyens parmi ceux qui lisent ordinairement ce magazine sont bien préparés pour les marchés vraiment, vraiment libres. L'habitude de fouiller parmi les détritus fournit souvent plus qu'un foyer peut utiliser couramment ; les marchés vraiment, vraiment libres donnent au fouineurs la possibilité de laisser tout ces trésors à la disposition d'autres communautés. Un accès créatif aux photocopies et du temps libre sont utiles pour faire connaître les marchés vraiment, vraiment libres. Des gens de passage peuvent apporter de nouvelles énergies et remplir temporairement certaines fonctions et réduire la pression supportée par les habitués locaux qui risquent d'attirer trop d'attention négative sur leurs efforts. En commençant par fournir un minimum de ressources aux plus démunis, des groupes alternatifs peu affluents peuvent ainsi construire des contre-structures et finalement apporter un surplus d'abondance, de visibilité et d'intégration sociale.

Le marché vraiment, vraiment libre n'est pas seulement un moyen d'obtenir des trucs sans payer. Une participation prolongée permet de dissoudre le conditionnement qui fait que les gens éprouvent de l'envie pour des produits qu'ils ne peuvent acquérir et démontrent qu'une alternative anarchiste est possible et positive. Elle représente aussi un marche pied avant d'autres luttes : si c'est ce que nous pouvons faire avec les maigres ressources que nous possédons, imaginez donc ce que nous pourrions faire avec toute la richesse de cette société ?


Problèmes

Comme avec toutes les tactiques, le modèle de marché vraiment, vraiment libre peut échouer, s'il est mal appliqué. L'erreur la plus courante est d'organiser un marché libre comme si vous organisiez une manif : avec une annonce publique au baratin hautement politique, en distribuant des tracts avec des A encerclés, ou des mots comme 'justice sociale' ou en associant l'événement à une idéologie ou un groupe quelconque. Tout cela sera inutilement restrictif. Le marché vraiment, vraiment libre, ça marche parce que c'est radical en soi ; insister sur la forme plus que sur le contenu ne peut servir qu'à distraire ou à confondre. Point n'est besoin de cacher vos propres opinions ou appartenances – insistez simplement sur le fait qu'à la base, tous sont invités à partager des choses, tout simplement.
Une autre cause d'échec possible des marchés vraiment, vraiment libres est dans leur identification comme territoire d'une sous culture ou d'un groupe particulier. Si tous les participants semblent avoir la même origine, alors les autres risquent de se sentir exclus ; il faut qu'il y ait assez de personnes provenant d'horizons différents pour que personne ne se sente 'étranger'. Lorsque vous organisez dans votre ville votre premier marché vraiment, vraiment libre, prenez donc garde d'inviter un assortiment de gens aussi divers que possibles. De la même manière, les visiteurs peuvent être plus gênants qu'autre chose si leur nombre est proche de celui des participants locaux. Deux nouveaux marchés vraiment, vraiment libres se sont soldés par des échecs : un événement qui dépend d'une implication locale ne peut réussir s'il est mis en route par des gens de l'extérieur.
Finalement, ne vous attendez pas à faire venir des milliers de gens si votre marché vraiment, vraiment libre ne se produit occasionnellement que sur une base aléatoire. La régularité est l'un des élément les plus importants de tout marché vraiment, vraiment libre. Un calendrier éclectique fera que le nombre de participants sera limité à ceux qui restent proches des réseaux par lesquels vous l'avez annoncé. Un marché vraiment, vraiment libre ne peut vraiment attirer un grand nombre de gens que si le bouche à oreille s'étend au delà des groupes qui l'ont initié. D'un autre côté, un marché vraiment, vraiment libre ne devrait pas avoir lieu si souvent qu'il ne puisse absorber et utiliser de nouvelles ressources et énergies. Chacun doit être pouvoir se présenter comme unique et irremplaçable. Ainsi, les gens viendront toujours pour voir ce qui se passe et éventuellement le prendront suffisamment au sérieux pour donner un coup de main eux-mêmes.
Traduction par Borogove d'un texte paru en anglais sur CrimethInc.

Ecrit par libertad, à 08:41 dans la rubrique "Projets alternatifs".

Commentaires :

  Rakshasa
14-03-07
à 16:48

Donnez donnez donnez, dieu qui est mort vous le rendra !

Je suis heureux de voir qu'il y a d'autres obsédés que moi par l'exigence de ne pas sortir drapeaux symboles et banderoles pour ce genre de pratiques! ouf ! A bas le limitantisme ! (slogan militant anti-limitant...pouf pouf)
Et qui plus est, je trouve excellente cette pratique. Je ne sais pas où en est le magasin gratuit de Bruxelles (je crois que c'est là-bas), mais je pense depuis un certain temps à l'amélioration des zones de gratuité. Pour ce magasin, si je me souviens bien, les gens pouvaient prendre deux ou trois objets. J'avais pensé, que de ne pas mettre les produits en rayon, mais fonctionner comme une casse auto serait peut-être pas mal. C'est à dire que les gens n'ont pas sous les yeux des produits dont ils n'ont pas besoin, et dont la simple vue crée celui-ci. Ils viennent avec l'idée de ce qu'ils ont besoin et demandent s'il y en a en stock, ou s'il y a quelque chose qui s'en rapproche. C'est un peu moins séduisant que des étalages, mais à la fois c'est le but (peut-être à tort, je ne sais pas)
Il y a aussi des sites comme Recup.net, d'annonces de dons. Pour ma part, je refourgue régulièrement des choses dont je n'ai plus besoin et tout le monde est content. On fait parfois des rencontres sympathiques, comme ce jeune homme venu chercher un porte-bébé, ayant ramené une bonne bouteille de pif qui trainait chez lui et que nous avons descendu ensemble agréablement.
Longue vie aux rapports non-marchands !
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  Digger
20-04-07
à 08:20

L'ARGENT EST UN MAL NON NECESSAIRE



Tract digger San Francisco 1967


L'ARGENT EST UN MAL NON NECESSAIRE

Il est accoutumant. Il est une tentation pour les faibles (la plupart des crimes avec violence dans notre ville sont liés d’une façon ou d’une autre à l’argent).
Il peut s’accumuler, bloquant le libre courant d’énergie, et cette accumulation géante d’énergie dans
Montgomery Street causera bientôt  la soudaine et explosive libération de cette énergie piégée, causant beaucoup de souffrances et de chaos.
Comme partie prenante de la campagne municipale pour éradiquer les cause de violence, les Diggers de San Fransisco annoncent une période de 30 jours, à partir de maintenant , durant laquelle tous les citoyens responsables sont priés de se débarrasser de leur argent. Aucune question ne sera posée.
Apportez l’argent à vos Diggers locaux pour une distribution gratuite à tous. Les Diggers libèreront son énergie selon le style de ceux qui la recevront.

Les diggers avaient également créé les "free stores", magasins gratuits où chacun venaient se servir et la distribution gratuite de nourriture dans le Golden Gate Park.

Max Grogan, (digne) fils de Emmett, perpétue la tradition en distribuant gratuitement ses CDs dans les rues et magasins de Montréal, selon le principe digger "It's free because it's yours" - c'est gratuit parce que c'est à toi. La culture n'est pas une marchandise mais un échange.

Digger


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