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LE CAPITALISME S’EFFONDRE ! …PEUT-ETRE !… MAIS APRES ?
Tout un florilège de formules alléchantes fleurit depuis quelques temps sur les sites, dans les journaux et les conversations : « le capitalisme serait à bout de souffle et à l’article de la mort ».

 

Désir ou réalité ? L’histoire des derniers deux cent ans devrait nous faire nous méfier.

 

 

LA PEAU DE L’OURS…

 

Dés le 19e siècle, en pleine Révolution Industrielle, la prédiction a été faite, théorisée, popularisée… « …un tel système ne pouvait pas durer ! Miné de contradictions, il ne pouvait que rapidement s’effondrer,… et ce d’autant plus qu’il portait et nourrissait en son sein le facteur de sa propre destruction, la classe ouvrière ».

 

Or… non seulement il ne s’est pas effondré, mais il a gagné toutes les couches de la société, bouleversant les rapports sociaux, développant des nations qui ont continué à dominer le monde… Sautant par-dessus les frontières, les océans, il a corrompu des continents entiers, détruisant leurs rapports sociaux, asservissant des millions d’individus et est en voie de destruction de notre éco-système planétaire.

 

Ce qui devait constituer la source de sa destruction, la classe ouvrière, non seulement elle ne s’est jamais véritablement donné les moyens de le détruire, mais a au contraire essayé de profiter de son développement pour améliorer, dans les pays où il régnait en maître, les conditions de sa propre existence,… lui donnant ainsi une légitimité qu’il a su utiliser, et utilise encore efficacement.

 

Enfin, les quelques théoriciens de la Révolution qui ont réussi à prendre le pouvoir dans leurs pays,… voient au bout de quelques décennies, leurs efforts anéantis par un capitalisme triomphant qui a mis bas toutes leurs réalisations.

 

On est donc en droit de se poser la question qui fâche : « N’a-t-on pas vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

 

Un tel raisonnement est assurément « hérétique » par rapport à la thèse officielle des tenants du changement radical. Pourtant celle-ci perd, jour après jour de sa crédibilité…. Au point qu’il est parfaitement et historiquement légitime de se poser la question si douloureuse : « Ne nous serions nous pas trompé de stratégie de changement ? »

 

 

UN POUVOIR D’ADAPTATION EXTRAORDINAIRE

 

La brutalité de ses débuts – la condition prolétarienne dans les pays industrialisés – a tout de suite mobilisé contre lui les salariés. Mais les multiples révoltes ouvrières ne l’ont même pas affaibli. Il a su faire face en utilisant diverses astuces :

 

- jouer les ouvriers contre les paysans dans des pays encore majoritairement agricoles – exemple de la Commune de Paris ;

-  fait la guerre pour assurer sa domination locale et mobiliser les exploités pour des causes qui n’étaient pas les leurs ;

- savoir lâcher du lest lors des grandes revendications : pouvoir d’achat, couverture sociale,… Quitte à reprendre un peu plus tard,… ce qui se fait aujourd’hui ;

- utiliser l’appui des richesses coloniales pour améliorer la condition ouvrière – exemple classique de l’Angleterre au 19e siècle ;

- avoir recours à l’Etat fort, voire au fascisme en cas de très grave crise – exemple de l’Allemagne, et d’autres au 20e siècle…. C’est ce qui pourrait bien se reproduire aujourd’hui.

 

L’existence même d’un système soviétique, présenté comme directement concurrent, n’a pas entamé le triomphe du capitalisme. Au-delà des turpitudes idéologiques, de part et d’autre, l’effondrement des pays dit « socialistes » est incontestablement un échec des conditions de construction du socialisme suivant le « modèle standard » et un triomphe au-delà de tout ce qu’il pouvait imaginer pour le capitalisme.

 

La phase néo libérale que nous vivons depuis quelques décennies est, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau d’un capitalisme qui peut aujourd’hui tout se permettre, tout justifier. Ayant acquis une puissance idéologico-médiatique que seule l’Eglise dans l’Histoire, avait maîtrisé, le capitalisme, trompe, truque, manipule des milliards d’individus,… et ça marche !

 

 

UNE CULTURE DE L’IMPUISSANCE

 

 

Face à cette puissance et arrogance,…rien ou pas grand-chose ! Surtout des discours, des déclarations, des manifestations,… rien d’efficace !

 

Adossé aux principes républicains issus de la Révolution Française (entre autres), le capitalisme a su faire face à toutes les offensives qui tentaient de le déstabiliser politiquement et idéologiquement. Ces principes ont été habilement contournés, à son profit, par une bourgeoisie qui n’a eu de cesse de les évoquer pour détourner les condamnations qui visaient ses turpitudes.

 

Il a su constituer et corrompre une classe politique qui, en principe, était issue du peuple et tenait, et tient, sa légitimité de lui. Les éléments les plus contestataires ont été directement et/ou indirectement achetés, installés dans des privilèges, institutionnalisés dans l’appareil d’Etat (des noms ?).

 

Le modèle standard du dépassement du capitalisme, la révolution prolétarienne et/ou ses différentes variantes a subit un double échec :

 

- la faillite généralisée des modèles soviétiques ;

- le fait que ce système d’exploitation, le capitalisme, s’est habilement doté d’une couverture politique qui fonde sur le peuple sa légitimité.

 

Cette situation rend très difficile toute contestation du système qui nous conduit aujourd’hui à la catastrophe… En effet, il est difficile de légitimer la contestation d’un système qui, au grés des élections, voient, par le peuple, reconduits celles et ceux qui en assurent sa gestion et sa pérennité.

 

Le système politique mis en place a efficacement verrouillé toute tentative de changement… et les citoyens étant réduit au simple rôle d’électeurs sont systématiquement piégés. Il n’y a aucune issue dans le cadre des institutions mises en place.

 

Le poids idéologique des mythiques « valeurs républicaines » fait accepter au plus grand nombre sa situation comme inéluctable,… ainsi chacun croit que l’Etat est le garant du bien public, que la Police protège les citoyens, que l’Etat de droit assure « Liberté-Egalité et Fraternité », que le salaire est la juste rémunération du travail, qu’à travailler plus on gagne plus,… et surtout que le vote est un droit et un devoir.

 

Les républicains « poussiéreux » - et au demeurant sincères - qui croient dur comme fer que les valeurs « théoriques » de la République sont compatibles avec le capitalisme entrent dans le jeu pervers de la politique et nous donnent des leçons de « civisme » ( ?). La religion républicaine laïque a aussi ses adeptes.

 

Ainsi le système tourne en boucle, avec la complicité de ses victimes, pour s’arranger au mieux de ses intérêts. Nous venons d’en avoir un exemple avec la crise financière.

 

APRES ? MAIS QUEL « APRES » ?

 

Pour le système il n’y a pas d « après ». Le capitalisme ne se «  dépasse » pas, il se perpétue en se réformant,… c’est du moins ce que l’on inculque à tout citoyen. Les lois du marché sont éternelles, certains, même à « gauche », les comparent aux lois de la gravitation ( ?)… c’est dire la profondeur du mal.

 

Toute réflexion, toute intelligence des situations est stérilisée. Toute tentative d’innovation politique est, soit récupérée, soit réprimée, soit le  plus souvent ignorée par un appareil médiatique, pour l’essentiel, contrôlé par le système.

 

C’est donc en marge du système que l’action doit se mener. L’attaquer de front nous brisera, de même que remettre entre les mains des politiciens parfaitement intégrés notre avenir nous condamne à l’échec… Ignorons les, n’assurons plus leur légitimité !

 

L’important n’est pas de montrer qu’il y a des réformes nécessaires,… il n’y en a pas,… Mais au contraire de montrer par une pratique alternatives que d’autres choix peuvent être faits, que d’autres relations existent et qu’elles peuvent se substituer aux circuits marchands classiques.

 

Ce n’est pas en attendant sans réagir que le système s’effondre que l’on assurera l’avenir. Si nous restons inactifs, il nous entraînera dans des aventures politiques dont le 20e siècle porte à jamais les stigmates. Ne refaisons pas les erreurs du passé et abandonnons nos croyances obsolètes.

 

Ruinons le système, non pas en croyant aux promesses de celles et ceux qui le pérennisent, mais en fonctionnant autrement. C’est dans des pratiques nouvelles que se constituent dans l’Histoire, les nouvelles valeurs, la nouvelle éthique… pas en ressassant de « vieilles lunes » complètement obsolètes.

 

 

Septembre 2011  Patrick MIGNARD

 

 

Voir aussi :

 

« DECADENCE »

 

« TRANSITION »

 

« MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE »

Ecrit par PatrickMignard, à 00:08 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Didier56
08-10-11
à 15:44

Vive l'hérésie

Pas grand chose à ajouter à ces propos. Ou trop.

Depuis quelques jours s’accélère aux Etats-Unis le mouvement Occupy Wall Street, déjà dépassé ou accompagné par d’autres mouvements comme Us Day of Rage, et Stop The Machine.

Ce n’est pas le "Printemps Arabe", ce n’est pas la Grèce, ce n’est pas le mouvement des "Indignés" , c’est inattendu, c’est nouveau, c’est décentralisé, c’est en gestation.

J’ai dit tout le mal que je pensais du mouvement des "indignés" en forçant (un peu) le trait. Le mouvement américain naissant partage quelques caractéristiques avec les "indignés" (le sacro-saint apolitisme, par exemple) mais va aussi au-delà. Tout aussi hétérogène, il reprend dans sa stratégie l’action directe. Qu’il le veuille ou non, l’alternative sera sa disparition ou sa radicalisation. Pour l’instant, c’est un formidable centre de formation et d’expérimentation.

Celle dont parlait Patrick.

Des milliers de gens, que des militants politiques radicaux auraient considérés comme "perdus", s’organisent et se coltinent aux aléas de la démocratie et de l’action directe. Leur politique – dont ils se méfient tant, englobant le milieu radical et ses discours professoraux - s’enracine dans la pratique, y compris celle de la répression par les "défenseurs de l’ordre".

La fin du capitalisme, qui pour eux est représenté par la corruption du système politique ; n’est pas une vue de l’esprit mais un objectif atteignable par l’action directe. Ici et maintenant.

Il existe une idée absurde selon laquelle toute personne devrait, au préalable, connaître et adhérer à un courant de pensée ou une idéologie, pour mettre en place et organiser un mouvement social ou/et politique "crédible"

En quelques semaines, ce mouvement a réalisé plus que n’importe quelle organisation "politique" ou "militante" et il est déjà évident, quoi qu’il arrive à l’avenir ; que ce ne sont pas les acteurs du mouvement qui auront des leçons à tirer de ces organisations, mais bien l’inverse.

Les amis américains, pour la plupart anciens radicaux des années soixante, ne s’y trompent pas. "Quelque chose" est en train de se passer et ils ont choisi de s’y impliquer, comme commencent à le faire des sections syndicales locales.

A mon scepticisme, Devra, une amie proche du mouvement anarchiste et active dans les "nouveaux" Students for a Democratic Society me rappelait que manifester sur un trottoir pour les américains était jusque là un acte révolutionnaire, difficile à imaginer.

J’arrête là. L’hérésie dont parle Patrick, est peut-être en marche. Elle ne se construira pas sur un modèle unique. Elle ne s’arrêtera pas a quelques campements. Elle balaiera les certitudes du passé, les remodèlera selon les exigences du moment.

Le moment est venu des choisir de quel côté nous sommes ; acteurs ou spectateurs, ancrés dans nos certitudes ou ouverts au présent.

Répondre à ce commentaire

  grouchodurruti
09-10-11
à 23:51

Re: Vive l'hérésie

Bonjour Didier56.

Pour ma part je ne partage pas les idées de P. Mignard que je trouve trop vagues, trop scolaires, et trop condescendantes. Mais je l'ai déjà expliqué sur ce site. Donc pas la peine de se répéter.

Cependant, ce dont tu parles à propos des Students for a Democratic Society, Us Day of Rage, Stop The Machine etc, me semble particulièrement important.

Pourrais-tu nous donner des liens sur l'actualité de ces mouvements, ou demander à tes contacts américains de nous transmettre leurs avis et informations sur ce qui se passe là-bas (éventuellement en anglais, on tâchera de traduire) ?

Il me semble qu'effectivement quelque chose d'important pourrait être en train de se passer. A nous de savoir recevoir, accompagner et prolonger au mieux les potentialités de ce mouvement.
Répondre à ce commentaire

  Didier56
10-10-11
à 20:07

Re: Vive l'hérésie

Stop the Machine

http://october2011.org/livewelcome

US Day of Rage

http://usdayofrage.org/about.html

Occupy together qui recense les centaines de villes américaines avec leur propre initiative

http://www.occupytogether.org/

Occupy Wall Street http://occupywallst.org/

Adbusters de là où tour est parti

http://www.adbusters.org/


Les copains américains en questions sont les anciens du SDS des années 60, qui ont quelques expériences en création de mouvement. Tu peux toucher la plupart d’entre eux avec The Rag via les commentaires.

http://theragblog.blogspot.com/

Ils sont soufflés par ce qui se passe, n’ayant rien vu venir. Et comme souvent le désespoir (compréhensible quand on connait un peu la situation aux USA) fait place à un optimisme du moins exagéré sinon prématuré. Ceratins l’assimile au début des annés soixante, pas tant sur le plan purement politique que sur l’apparition du mouvement contre culturel.

Selon les villes, le mouvement est très hétérogène. Le Tea Party, qui se revendiquait comme porte-parole du "peuple" se voit déposséder par un mouvement qu’il ne contrôle pas et qui, tout en ayant des points communs dans les dénonciations, est de nature différente. Ses tentatives d’infiltration (ainsi d’ailleurs que celles de groupuscules gauchistes) ont pratiquement cessé dans la plupart des endroits.

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