L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





Crée le 18 mai 2002

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L'inconnue du bar...
Lu sur Mytilène : "Il fait froid ce matin sur Paris mais malgré cela, beaucoup de badauds marchent en faisant du lèche-vitrines le long de la rue de Rivoli.Les avenues et les façades des magasins brillent de mille feux. Dans huit jours c’est Noël et, comme à l’accoutumée, je sens poindre en moi une irrépressible envie de pleurer.Je n’ai jamais aimé les fêtes de fin d’année, comme nombre d’enfants pour qui l’expression "vie de famille" n’a jamais eu de sens. Je regarde les volutes blanches sortir de ma bouche et je souffle sur mes doigts. J’essaye de me réchauffer, en vain. Il me faut quelque chose de chaud. Je m’arrête à une terrasse de café de la place du Bourg-Tibourg et je commande un chocolat liégeois. C’est pas génial pour la ligne mais, ça me fera du bien.Tout en menant la tasse à mes lèvres, je l’aperçois dans le fond du bar. Ses yeux pétillants me rendent toute chose. Elle est seule…

Elle porte une chemise très cintrée et un pantalon noir. Je finis ma tasse. Elle a depuis longtemps fini son expresso et pourtant, elle est toujours là, attablée, à me regarder d’un air intéressé.

L’inconvénient de ces bars situés non loin du quartier gay c’est que l’on ne sait jamais si on va tomber sur une fille homo ou sur une hétéro curieuse. Mais aujourd’hui, mon radar me dit que je ne n’ai pas de soucis à me faire. Elle doit-être homo.

Je me lève pour me rendre aux toilettes, je passe devant elle, je sens son parfum pour la première fois. Elle me regarde passer devant sa table, je lui souris.
En remontant l’escalier, je jette un œil à sa table. Elle n’est plus là. La déception doit se lire sur mon visage. Je retourne toute penaude m’asseoir à ma place quand tout à coup, je vois quelqu’un de dos non loin de l’endroit où j’étais installée.

Je me dis que ça doit être un effet de perspective, que cette personne doit être assise juste à côté mais pas à ma table, ce n’est pas possible.

Plus je m’approche, moins il y a de doutes. C’est bien elle ! Elle est assise face à moi maintenant. Je suis très gênée et mes joues me brûlent.

"Salut je m’appelle Nora et toi ?

- Moi c’est Eva…

- Je t’offre un verre ?

- Volontiers!"

Alors que je me noie dans la carte et que les lignes de boissons défilent devant mes yeux, j’entends Nora me souffler :

"Je te conseille la cucaratcha, ça réchaufferait un mort !"

Comment lui dire que je n’aime pas l’alcool ? Comment lui dire qu’après un chocolat je m’imagine mal me faire arracher l’œsophage par un breuvage à plus de cinquante degrés ?

Les seuls mots qui sortent de ma bouche sont :

"Ok ! Va pour une cucaratcha !"

Qu’est-ce qu’on peut être conne des fois !
Quand nos verres arrivent nous sommes déjà en pleine discussion. On a déjà passé le sujet du "qu’est-ce que tu fais dans la vie ?", du "Tu as quel âge ?" et du "Tu es célibataire ?"

Autant dire qu’on avait fait le tour des questions d’un premier rendez-vous.

Alors que nous finissons notre deuxième verre, je ne me sens pas très bien. Moi qui ne bois jamais, je me sens incapable de maîtriser mes gestes et ma langue se fait très pâteuse. J’ai envie de vomir.

Je laisse Nora payer l’adition et je cours à l’extérieur du bar. L’air glacial me remet vite les idées en place. Ma belle inconnue me frotte le dos et me demande si ça va aller.

"Je suis désolée, je n’aurais pas du te forcer à boire cette merde !

- Mais tu ne m’as pas forcée…

- Tu veux venir reprendre tes esprits chez moi ? J’habite rue Rambuteau"

Nous traversons le Marais et arrivons chez Nora. Un petit appartement plein de charme au premier étage. Une décoration dépouillée mais très sympathique. Tout est blanc, pur, zen…

Je lui demande où se trouve la salle de bain et je cours me passer le visage sous le robinet d’eau froide. Nora hurle par la porte :

"T’es sûre que ça va aller ?!

- Oui oui !"

Quand je sors elle est là, elle me tend un verre rempli de bulles.
"Tiens c’est une aspirine, ça te fera du bien !"

Nous rions.

Je m’assois sur le lit. Nous reprenons notre discussion. Au fur et à mesure, l’effet du cachet se fait sentir. Je me sens nettement mieux.

J’ai juste une barre au niveau de la nuque qui ne veut pas s’estomper.

"Tu veux que je te masse ? " me propose Nora.

Je décide de me laisser faire. Rien que l’idée que ses mains parcourent ma peau me donne des frissons.

Nora passe derrière moi et pose doucement ses doigts sur ma nuque. Ses mains sont douces. Elles courent le long de mon cou, tantôt maintenant une pression ferme, tantôt jouant avec mes sensations comme avec une harpe.

Je me sens m’abandonner. Je résiste quelque peu mais toutes mes bonnes résolutions volent en éclat au moment même ou elle entreprend d’ôter mon pull.

Ses bras m’entourent, je suis en soutien-gorge. Maintenant c’est sa langue qui explore chaque pore de ma peau.

Je sens sa poitrine saillante sur mon dos, son souffle sur ma nuque. Je fonds comme neige au soleil. Moi qui voulait être réchauffée, je suis gâtée !

Je me tords la tête dans tous les sens, je cherche ses lèvres, je veux l’embrasser. Elle se laisse faire. Alors, je me retourne.

Nous sommes maintenant face à face. J’enlève sa chemise et je commence à lui mordre le cou. Je suis féroce, je suis vorace, j’ai envie d’elle.
Nora laisse échapper de petits gémissements qui sont autant de promesses de plaisir pour les minutes à venir.

Nous dégrafons ensemble nos soutiens-gorge. Nos seins sont maintenant libres de toute entrave et déjà nos tétons sont durcis.

Nora me caresse. Elle a le regard d’un enfant découvrant ses jouets au pied du sapin. Elle me lèche les seins avec application, passant de l’un à l’autre avec maestria.

J’ai hâte que ça se termine. Non pas que ce ne soit pas bon, mais justement parce que c’est trop bon. Je ne sais pas si je vais pouvoir retenir ma jouissance.

Alors je la repousse et je pars à la découverte de son corps. J’enlève son pantalon et je lui butine le ventre, les hanches. Je fais une pause autour de son nombril, jouant avec malice avec la boule de son piercing.

Nora pousse ma tête jusqu’à son sexe. En bonne élève que je suis, je ne me fais pas prier plus longtemps. Sa culotte en coton blanc est déjà toute humide.

Je commence à la faire glisser le long de ses jambes mais, je suis prise d’une peur. Je sais ce que je vais faire, elle sait ce que je vais lui faire.

Et si c’était une habituée du sexe facile ? Et si elle était plombée ?

Je sais que le cunnilingus est une pratique à risque, j’en ai déjà parlé avec une amie volontaire chez AIDES. Comment aborder le sujet avec elle sans la vexer ?

Nora me regarde interloquée. Elle me demande pourquoi j’arrête. Je lui explique. Elle comprend. En tant que lesbienne, elle n’utilise pas de moyen de protection, mais apparemment, elle sait quoi faire.
Elle ouvre le tiroir de sa table de nuit. Elle en sort des ciseaux et une capote. Elle se met à la couper dans la longueur. Pendant ce temps, je lui caresse la vulve.

Je sais que je ne crains rien car je n’ai aucune blessure. Le fruit du désir ne cesse de transpirer de son sexe. C’est doux, c’est chaud…

Alors qu’un de mes doigts est parti à la visite de sa terre promise, Nora me tend le préservatif transformé en digue dentaire. Je le colle sur son sexe et me mets à le lécher avidement.

Nora se tord de plaisir sur le lit. Elle s’accroche au traversin vers anis jusqu’à s’en casser un ongle. Elle gémit, ça m’excite au plus haut point. J’ai toujours aimé les femmes expressives pendant l’amour. Surtout lorsque ce n’est pas feint.

Sentant Nora prête à jouir, je retire la carré de latex et j’ai inséré deux doigts dans son orifice d’amour. C’est la première femme que je pénètre.

Je suis très impressionnée mais pas autant qu’elle qui se laisse aller complètement, n’émettant aucun refus.

Son bassin bouge en rythme. Je décide d’accélérer la cadence, elle apprécie. En moins d’une minute Nora jouit en hurlant de plaisir. Elle reste épuisée et haletante sur le lit.

"Ha non, ce n’est pas le moment de dormir madame !"

Je lui saute dessus et la secoue. Alors elle fais mine de se venger et me plaque sur le dos. Elle me chevauche. Je fais semblant, je me débats. Notre bagarre dégénère rapidement.

Nora retire mon jean. Elle me demande de ne pas bouger. Elle sort un deuxième préservatif de son tiroir magique et le coupe en vitesse.
Elle ôte ma culotte, de sa langue, elle remonte de la plante de mes pieds jusqu’à mon sexe déjà offert.

Elle l’habille de latex et fais pénétrer sa langue en moi. Pendant qu’elle s’occupe du bas, je me pince les seins et je me caresse. Je n’ai jamais eu honte de me donner du plaisir.

Nora lève la tête et me voit en train de me caresser. Elle a l’air d’apprécier cette initiative.

Sa langue experte a presque raison de moi quand soudain je sens quelque chose de plus vigoureux et de plus rigide entrer dans mon antre. Ce sont ses doigts. Un, deux ou trois, je ne sais pas.

Ce que je vois c’est que Nora tient d’une main le latex en place et que de l’autre elle me martèle. Je ne parviens plus à gérer mes spasmes. Je suis stupéfaite de me donner à une inconnue de cette manière.

J’ai un peu honte mais c’est tellement bon que je viens sur ses doigts encore en moi.

Nous sommes dans les bras l’une de l’autre. Dehors, il fait nuit.

Le primeur ferme son store. La musique du coiffeur branché de Rambuteau continue de rythmer la rue. Les vendeurs de fleurs au black remballent leurs cartons.

Dans huit jours c’est Noël et jamais je n’ai tant aimé les fêtes de fin d’année.


Source : http://fr.gay.com/ ".
Ecrit par libertad, à 18:44 dans la rubrique "Le privé est politique".



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