L'En Dehors


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Il y a 150 ans : Comment Marx exclut Bakounine de l'AIT
Lu sur [ Actualité de l'Anarcho-syndicalisme ] : "En 1871, l'épopée de la "Commune de Paris" venait de démontrer la capacité spontanée et révolutionnaire du peuple à renverser, par l'action directe, l'ordre établi.Pour Marx et ses partisans, cette démonstration rentrait en totale contradiction avec la trajectoire politicienne et parlementariste qu'ils essayaient de donner à l'Association Internationale des Travailleurs (AIT, première Internaitonale). Pour les marxistes en effet, il fallait organiser des partis politiques qui, par le biais des élections feraient entendre leur voix. Si, dans les faits, la Commune de Paris donnait raison aux antiparlementaristes, son écrasement et le massacre de nombre de révolutionnaires par la réaction allait avoir pour conséquence de "faire passer le centre de gravité du mouvement ouvrier de la France vers l'Allemagne". Pour Marx, la personnalité de Bakounine était la cause principale de l'esprit libertaire au sein de l'Internationale. Cette confusion entre les principes et les personnes était une analyse bien peu marxiste de la crise profonde entre les deux courants d'idées (communisme libertaire d'un côté contre communisme autoritaire de l'autre) qui s'affrontaient au sein de l'AIT. Cette faiblesse dans l'analyse de Marx allait conduire celui-ci à mener cet affrontement de façon manœuvrière et aura pour conséquences d'accélérer le processus de désagrégation de la Première Internationale.

De ce point de vue purement politicien, l'anéantissement par les armes de la Commune de Paris, en provoquant un changement dans le rapport de force interne de l'Internationale (les ouvriers allemands étaient majoritairement influencés par les marxistes) était un moment favorable pour Marx qui voulait en finir avec les révolutionnaires. Marx avait déjà commencé à orchestrer une savante campagne de calomnies contre la personne de Bakounine, l'accusant d'être un agent du Tsar, d'être le "fondateur d'une secte" un captateur d'héritage (lettre dite "communication confidentielle" de Marx à ses adeptes, mars 1870). En 1871, Marx réunit une conférence à huis clos à Londres, au siège du Conseil de l'AIT dont il est secrétaire. Les invités sont soigneusement sélectionnés pour préparer en sous-main le congrès de La Haye et pour se débrouiller pour que, parmi les délégués, les partisans de Marx soient les plus nombreux et qu'ils votent "dans le bon sens". Les objectifs de cette manœuvre misérable seront atteint : Bakounine et James Guillaume sont exclus de l'AIT, les pouvoirs du secrétariat sont augmentés, enfin, le caractère obligatoire de l'action politico-parlementaire est proclamé. La majorité des délégués étant acquise d'avance, cela se fit sans difficulté. Mais l'AIT ne se remis pas de cette manœuvre : la 1ère Internationale de-vait disparaître jusqu'à ce que les anarcho-syndicalistes la recréent en 1922.

Le plus étonnant, dans cette histoire, c'est de voir que toute la "science" marxiste n'a pas suffi à analyser les raisons profondes des divergences. Ces raisons étaient pourtant simples. D'un côté il y avait une analyse mécaniciste de la situation d'où découlait une stratégie de conquête du pouvoir à travers les élections. Tout, des rouages de l'analyse à ses conséquences, semblait logique, sauf que, en s'ancrant dans "le possible", cette stratégie contribuait involontairement aux conditions qui permettent à l'ordre établi de continuer indéfiniment et qui, par conséquent, empêchent toute rupture avec l'ordre dont ce "possible" est issu. Les marxistes devenaient progressivement les endormeurs des exploités et signaient l'acte de naissance du réformisme ouvrier. L'autre vision se plaçait dans le champ de l'utopie, elle faisait confiance aux capacités de l'humanité et n'hypothéquait pas l'idéal révolutionnaire par les possibilités offertes à un moment donné par l'ordre dominant. Les marxistes ont voulu par un congrès gommer l'aspiration fondamentale du genre humain à l'émancipation pour la réduire à des revendications matérielles. L'erreur la plus grossière qu'ils ont commise est d'avoir confondu Bakounine, Guillaume et quelques autres individus avec cette aspiration universelle. Ce en quoi ils leurs faisaient, sans le vouloir, grand honneur. En les excluant de l'Internationale, ils ont cru en finir avec un grand idéal sans comprendre que celui-ci ne venait que d'émettre ses premiers balbutiements.

Archivix
Ecrit par libertad, à 21:58 dans la rubrique "Pour comprendre".



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