Quotidien anarchiste individualiste
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FACE À FACE
Est-il vraiment si difficile de se regarder en face ? De plonger son regard dans le regard d'une glace ? De se tourner vers l'autre et de le regarder de la même façon. Bien au fond. Avez-vous déjà essayé ?
Rapprochez-vous d'avantage, que se soit dans le vôtre ou dans celui de
l'autre. Si vous n'avez pas peur, vous rentrez là, dans le plus vaste
que soi. Mais peut-être ne voudrez-vous pas essayer, parce que vous n'y
croyez pas ou le cherchez ailleurs ? Il est pourtant là. Si vous
essayez déjà dans le vôtre, puis dans l'autre, vous vous reconnaîtrez.
Vous y verrez les mêmes craintes, les même joies, les mêmes espérances.
Souvent aussi, les mêmes pensées cachées, celles qui vous gènes, celles
que vous n'osez dire. Vous y verrez aussi l'amour, la haine, l'envie.
Tout ce qui chaque jour silencieusement en vous, conduit à faire ou ne
pas faire. Vous conduisent-ils vraiment ou vous laissez-vous conduire ?
Nombre d'entre vous ignorant ce passage, vivrons dans les apparences
d'un monde qui n'existe pas. D'un monde inventé par les préoccupations,
les illusions de besoins créés par ces apparences. Il ne vous sera plus
possible alors d'envisager autre chose. Vous ne verrez plus dans
l'autre que ce que vous n'aimez pas en vous, et ne pourrez aimer que
ceux qui vous aiment. Sentiments trompeurs.
Il vous manquera toujours quelque chose. Cela se traduit souvent par un
regard furtif de vous vers l'autre et inversement. Ne vous êtes vous
jamais demandé pourquoi ce regard vous gène ? Souvent pourquoi le
prenez-vous aussi pour une agression ? C'est parce que le regard sonde
l'âme et vous ne voulez pas de ce plus vaste que soi, parce qu'il vous
fait peur.
Vous avez peur que l'on vous découvre, comme de vous découvrir. Vous
avez peur de vos faiblesses et que l'autre le sache. Mais l'autre aussi
a peur car il possède les mêmes. Cela vous conduit tous deux vers la
solitude et de nouveau la peur.
Celui qui ne connaît pas ce plus vaste que soi, qui le refuse, ne
pourra pas s'épanouir. Il cherchera toujours autre chose pour compenser
le vide qu'il ressent. Ce malaise deviendra au fil du temps plus
pesant. Omniprésent. Il essayera de compenser par des plaisirs
artificiels, il se créera son propre monde. Un monde limité à lui-même,
avec ses frontières, ses défenses, ses lois, ses tabous. Un monde dans
lequel il s'enfermera d'avantage chaque jour. Un monde dans lequel
n'entrera que celui qui lui ressemble. Apparemment.
Avez-vous au moins une fois, plongé votre regard dans le regard d'une
glace, puis vers l'autre, et le regarder de la même façon ? Bien au
fond. Il est là, le plus vaste que soi.
C'est pourquoi je ne peux, au nom d'un principe, au nom d'un drapeau,
moi l'indescriptible, rester coi, n'être qu'un étiage sinon je suis
mort. UN CADAVRE !!!