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Critique d'un féminisme qui enferme les genres
Lu sur Indymédia Paris : "Je ne suis pas bien placé pour écrire ce texte selon des féministes " radicales ", qui m'apprennent que je suis bien un garçon. En tant qu'individu supposé genré " garçon " je n'ai pas à critiquer ne serait-ce qu'un des aspects du féminisme.

Attention, il ne s'agit pas là d'un texte d'attaque contre les mises en lumière féministes des comportements normaux hommes/femmes et des oppressions que les individus avec un sexe mâle opèrent de façon normée sur les individus avec un sexe femelle. Le féminisme est à la base des réflexions sur les questions de genres. Mais justement ces questions là ont aussi une histoire au sein du féminisme et du post-féminisme. J'espère être compréhensible aussi par celles qui trouvent dans le féminisme une prise de conscience et de force par rapport aux oppressions qu'elles vivent de la part d' individus avec un sexe mâle. Je n'écris pas ce texte pour assouvir une vengeance personnelle contre les féministes qui m'entoure ou contre des personnes en particulier. Je n'en veux à personne, je veux simplement avancer sur certaines questions sans devoir me plier à une norme théorique. Ce texte c'est une prise de parole intime sur le problème délicat de l'identité.



Me persuader moi-même que je suis un garçon me demande trop d'effort et de souffrances déjà dans les milieux hostiles (comme ma famille, mes anciennes fréquentations maintenant tellement viriles, et les centres ville par exemple) pour que je souhaite ne pas devoir subir ça aussi dans le petit milieu squat/féministe que je traverse à Grenoble depuis un an et ailleurs.

Moi je ne suis pas fondamentalement hétérosexuel ni homosexuel, ni un garçon ou une fille. Bien qu'ayant des relations sexuelles avec des individu-e-s au sexe mâle et des individu-e-s au sexe femelle , et le féminisme le plus "radical" que j'ai approché à Grenoble dans les squats m'a laissé un sale goût d'exclusion et de froideurs théoriques qui se fout des vécus des " corps de garçons ", et que j'ai ressenti malgré tout comme un rejet dans un rôle d'ennemi sans le dire en face et sans l'expliquer, parce que j'ai un corps de garçon.

Dans ce féminisme tout se résume à un monde divisé en deux parties, hommes et femmes, dominants et dominées, vision aussi réductrice et attrophiante que celle qui divise le monde seulement en bourgeois et prolétaires, exploitant-e-s et exploité-e-s. Malheureusement pour ces théories, et heureusement pour moi tout n'est pas aussi simple et ces catégories (homme/femme et bourgeois/prolétaire), si elles existent socialement par ailleurs, ne sont pas aussi distinctes et étanches qu'on voudrait me le faire croire. Et surtout elles sont bien plus facilement dépassables qu'on veut bien le dire.

A celles et ceux qui me répondront malgré tout que je n'ai pas à prendre la parole pour critiquer ces aspects du féminisme (que je relève d'après mon expérience et pas uniquement sur le mode "affrontement de théories"), je dois dire aussi que je ne suis pas le seul à soulever ces problèmes, ni ici, ni aujourd'hui, ni dans ce sexe là, ce n'est pas seulement le problème " d'un garçon ", c'est un problème de représentations du monde, de théories qui deviennent une sorte d'idéologie. Et puis les questions "transgenres" dont je parle dans ce texte ont été aussi largement théorisées par des individu-e avec un sexe femelle, alors pas la peine de me renvoyer l'argument classique " encore un garçon qui parle " pour me reprocher "d'invisibiliser les femmes". Merci. Et surtout pas de confusion, je ne veux pas enlever aux individus avec un sexe femelle le droit de se défendre contre les individus avec un sexe mâle. Les problèmes d'attaques sexistes même dans les milieux soi disant antipatriarcaux étant encore une réalité, je le sais bien, je n'écris pas sur la question des genres pour qu'on oublie de parler de ça, ni pour qu'on arrête de relever les remarques lourdes des mecs sexistes, les comportements des dragueurs hétéros insistants, ou les agressions verbales des machos dans la rue et ailleurs. Il n'est pas question de nier la nécessaire prise de conscience des comportements genrés qui oppressent un sexe au profit de la domination d'un autre. Mais il est question de dépasser une certaine vision des genres et des sexes, et surtout de dépasser la (gué)guerre des sexes.

Les questions de genre ne se résument pas uniquement à des questions de dominations.

Et le genre viril si oppressant est un rôle pas une fatalité. C'est une construction sociale mais c'est le patriarcat (c'est-à-dire le sytême de domination du sexe mâle sur le sexe femelle) qui a créé la séparation de genres homme/femme basée sur le sexe biologique des corps. Et c'est là que commence toute la difficulté de savoir ce que l'on est. Car tout n'est pas aussi simple que cette séparation basique qui semble être la base même de notre vie sociale.
 

QUEL EST MON GENRE


Alors les questions de rapports normés commencent avec cette question : quel est mon genre ? A grenoble on m'avait déjà répondu : tu es un garçon, parce que tu as un sexe de garçon et que tu as donc reçu une éducation de garçon, pour dominer les filles. Bien, le problème c'est donc l'éducation, qui donne le genre à un individu sexué, qui le forme, le réduit ? D'accord. On peut peut-être parler de mon éducation personnelle alors, des rôles de dominants que j'ai appris ou pas à jouer, et de ceux que je n'ai peut-être pas pu jouer ou simplement jouer grossièrement en ayant conscience de les jouer seulement, comme des rôles dans une pièce de théatre. On peut peut-être discuter ensemble de ce que j'ai intégré ou pas durant mon éducation. Non. En fait on m'apprend aussi que c'est plus compliqué que ça (déjà je ne trouvais pas simple de déterminer mon genre avec mon " passif ") et que j'ai l 'air d'un garçon ( de surcroit blanc) donc que j'ai des avantages évidents dont je bénéficie en permanence, que n'ont pas les femmes (ou même d'autres garçons). Je vois. Là on va bien en arriver à une approche concrête de mes comportements "genrés", d'après les faits ? Mon attitude vis-à-vis des autres, comment j'occupe l'espace, comment je prend la parole, monopolise l'attention, comment je fais circuler des savoirs pratiques, si je m'impose comme (petit) chef, volontairement ou de fait, comment je suis avec un groupe de garçons, quand il y a une ou des filles, est-ce que j'ai l'air de draguer l'autre sexe, quelle est mon orientation sexuelle manifeste etc.

Moi mon genre c'est plutôt de fermer ma gueule quand les autres parlent. C'est garçon ou fille ça ? Mon genre c'est plutôt d'être tranquille dans un coin à pas prendre trop de place, surtout quand je connais pas grand monde. C'est garçon ou fille  ?

Mon genre c'est d' avoir été incapable de bricoler sérieusement, de faire du sport ou de me battre, jusqu' à 21 ans (et de baiser jusqu'à 23 ans). C'est fille, c'est garçon ? Et aussi par exemple un truc clair c'est que j'ai encore peur des groupes de filles, vers lesquels je ne vais quasiment jamais. Et en général je ne vais pas voir une fille seule non plus pour plein de raisons accentuées encore par l'effet de clan femmes/hommes...)

Je cite ces exemples non pas pour prouver que je suis un " bon " garçon mais parcequ'ils sont significatifs d'une certaine position sociale qui a souvent dérangé des groupes dominants de garçons, me mettant moi-même en danger et en position de dominé.

Un exemple récent, petite histoire qui m'est arrivée (et je sais que quand on ressemble à une "vraie" fille des histoires comme ça arrivent beaucoup plus souvent qu'à moi) :
mercredi 23 juin 2004

Ce soir je viens de passer 2 heures horribles avec un ancien ami à moi que j'avais pas vu depuis 4 ans et avec qui j'avais commencer à faire de la musique. On est allés à l'enregistrement d'une émission de radio internet HIP-HOP à genève dans une salle du squat ARTAMIS. 2 heures d'homophobie et de mysoginie, 6 garçons plus moi. En rentrant dans le bâtiment j'ai droit à une main au cul de la part de mon pote et un échange édifiant :

lui - tu serais pas un peu bissexuel sur les bords ?
moi - ben ouai...
lui - non tu déconnes... sérieusement ?
moi - tu veux vraiment le savoir ?...
lui - ah putain...

A un moment il avoue que ma veste elle fait pédale, mais qu'il aime bien, il l'essaie.

Je passe toutes les blagues grasses, sur les transexuels au chili (un type en revient) et au micro les femmes qui sont que des salopes, bonnes à baiser etc.

A la fin quand je sors de la voiture parcequ'il m'a ramené vers chez moi il finit par "on s'appelle hein, je te prendrais...(il mime qu'il m'encule en rigolant) allez salut..."

Deux heures violentes. Je suis triste et soulagé en même temps.
-fin de l' anecdote)

Les pièges maintenant : J'ai eu au moins une relation sexuelle notoire avec une personne de l'autre sexe dans le milieu squat-féministe que je fréquente : ça c'est genré garçon hétéro. Je suis donc bien un garçon dominant (ironie ici). Mais alors qu'est-ce qui se passe si j'aime aussi me faire enculer par des garçons ? Il faudrait que je ne jouisse plus du double avantage d'avoir des relations sexuelles avec les deux sexes ? Ouai j'aime bien me faire enculer par des garçons (et aussi par des filles). Est-ce que avoir des relations sexuelles avec quelqu'un c'est juste une forme de pouvoir quand on a un sexe de garçon ?

Pour moi l' "orientation sexuelle" ce n'est pas quelque chose de naturel ou de prédéfinit. Quand j'ai commencé (bien plus tard que la moyenne) à avoir des relations sexuelles ça ne m'a pas semblé être quelque chose de naturel, autant avec des filles que des garçons, mais plutôt quelque chose de "technologique", un ensemble d' "actifs", dont les expériences sont autant de processus par lesquels on intègre des comportements sexuels et familiers. C'est vraiment comme ça que je l'ai ressentit. Rien n'est figé, rien n'est permanent. Avec le temps, les expériences, on évolue, nos envies aussi.

 

"PEUPLE FEMME"


Lors de l'écoute collective d'une émission de radio féministe pendant un "festival" anticapitaliste En avril/mai 2004 j'ai put entendre un morceau de rap chanté par des femmes et dont le refrain s'adressait au "peuple femme" ("oyez oyez peuple femme").

Outre que l'émission du jour (qui s'appelle "dégenrées") en elle même m'a particulièrement déprimée en parlant des genres uniquement dans le registre des dominations genrées des garçons sur les filles, ce refrain à ce moment là m'a vraiment choqué. Je l'avait déjà entendu avant mais là je l'ai trouvé aussi affreux que n'importe quel mouvement identitaire nationaliste ou ethnique.

Alors je me demande, est-ce que ça ne choque que moi ?
 

LA NON-MIXITÉ...


L'organisation sociale traditionnelle par la séparation de deux types biologiques de corps sexués, autrement dit la non-mixité femmes comme la non-mixité homme (qui accentue et manifeste l'attribution des rôles sociaux depuis bien trop longtemps) s'est elle aussi basée sur cet aspect physique érigé en identité : les femmes ont un corps de femme, différent de celui des hommes, et elles connaissent mieux leurs propre corps que les hommes, donc elles doivent développer une solidarité spécifique pour mieux s'aider (même chose chez les hommes, la solidarité masculine) et surtout s'aider à perpétuer la vie.

À ce point de ma réflexion j'ai plusieurs arguments féministes entendus qui me reviennent à la gueule pour me faire comprendre que même une analyse concrête de mon attitude perso vis-à-vis des femmes ne peut pas suffire à me "dégenrer" aux yeux des féministes " radicales ". Voilà les citations classiques :" Moi aussi je peux te parler de culture d'un point de vue que tu n'as pas imaginé, que tu n'as jamais ressenti. Que tu ne peux pas imaginer ni ressentir. C'est normal et c'est simpliste, tu es un garçon. "1 " Je serai toujours du parti des filles, contre les garçons. " " Tous les hommes sont des violeurs potentiels " (à quoi il faut répondre que tous les hommes sont des hommes potentiels, et que c'est le genre de leur éducation virile intégrée qui en fait des violeurs, pas leur sexe en érection)

Voilà qui m'enfonce à un état basique et sans nuances d' " ennemi " de classe sexuelle. Déprimant. L'essentiel de ce que je retiens des réflexions sur les genres dans le milieu féministe à Grenoble où je vis me déprime, parce qu'on a réduit ma pensée et mes questionnements sur l'identité sexuelle à une guéguerre binaire. Le genre y est abordé comme un problême, traité en négatif, pas comme une/des ouvertures. Je récapitule ce que les féministes m'y ont appris : Le genre d'un-e individu-e avec un sexe donné est censé ne pas provenir d'attributs naturels liés à ce sexe, mais à sa lourde et longue éducation. Mais comme cette éducation est liée de manière inévitable au sexe biologique (société patriarcale oblige), il en résulte que tous les mecs sont des dominants, dont une bonne solution pour venir à bout est la réclusion en non-mixité.

Moi qui pensait que la non-mixité pouvait servir d' outil pour des femmes affaiblies et construire leur force personnelle avec l'expérience de celle d'un collectif protégé des attaques machistes qui sont une réalité dans certains milieux, je m'aperçois maintenant que ce qui a transpiré des groupes non-mixtes et des féministes qui les organisaient à Grenoble c'est plutôt un moyen de construire/affirmer une identité indépassable d'individu femme avec un corps de femme, se posant en adversaire de l'homme avec un corps d'homme que de réelle déconstruction du/des genres. Cette impression a été parfois théorique dans des discours ou parfois physique dans la séparation et aussi dans l'effet de clan en dehors des groupes non-mixtes femmes. Ce qui m'a donné l'impression que la non-mixité est la continuité du rôle réducteur de l'éducation genrée ne séparant pas les rôles des corps, construisant des victimes et des ennemis sans donner de perspectives pour sortir de ces deux rôles, puisque la séparation des sexes devient un moyen de lutte, voir une fin en soi. Je ne dit pas que des moments de non-mixité entre femmes ou entre garçons sont toujours forcément inutiles. Mais je pense qu'il faut sérieusement reconsidérer ce que cela veut dire par rapport à des personnes sans identité sexuelle fixe et quel impact ça a quand on vit en mixité, et prendre en considération que ça n'est pas adapté à toutes les situations et pour tout le monde.

En certaines situations particulièrement hostiles je peux bien imaginer la nécessité d'un groupe de vie non-mixte femme, quand un milieu ne permet pas d'ambigüités sur les questions de genres et que les individu-e-s au sexe de femme sont les cibles d'aggressions évidentes de la part des hommes.

Mais si dans les milieux anti-autoritaires ou même anti-patriarcaux il y a encore du sexisme des hommes envers les femmes, ce n'est pas simplement parce qu'il y a trop de garçons, c'est aussi parce qu'il n'y a aucune représentations réellement "dégenrées" ou "autrement" genrées. On en reste à deux corps, deux genres. On ne parle pas des garçons qui ne sont pas vraiment des garçons , qui aiment jouir et faire jouir autrement, avec des filles ou des garçons. Surtout on ne parle pas des garçons né gouine avec un pénis, ou des femmes pédé avec un vagin. On n'ose à peine en parler si ces personnes ne sont pas transexuelles, parce que c'est une atteinte à l'identité de la Femme, surtout si ces personnes dites "trans" ressemblent encore à des garçons ou des filles en revendiquant une autre identité.

 

...ET LA PEUR DE L'AUTRE


Vraiment j'en peux plus de sentir avec les féministes (comme dans la société patriarcale) que l'on est d'abord regardé comme un homme ou une femme. J'en peux plus moi même d'avoir peur de vivre des choses, de parler à certaines personnes parce que je les considère d'abord comme des femmes du fait de leur féminisme, que je les considère comme le contraire de moi même avant tout, et pas comme des personnes, ce qui fait que j'ai peur de dire ou de faire des choses parce que avant tout je crois qu'elles sont fondamentalement différentes de moi, donc que je ne peux pas les connaître, donc j'ai peur. C'est pas vivable. C'est le même problême avec tous les principes identitaires. On crée des autres, des étranger-e-s, voir des ennemi-e-s, et inévitablement du rejet, et de la peur. Et dans ce problème Homme/Femme, il n'y a pas que des individu-e-s avec un corps d'homme qui peuvent éprouver ce rejet, parce que cela dépasse le problême du sexe. Des individu-e-s génitalement femelles aussi éprouvent dans cette séparation de classe sexuelle un malaise. Parcequ'elles n'ont pas envie d'avoir peur encore des autres, parcequ'elles aiment bien aussi les garçons, parcequ'elles ne sont pas sûres d'êtres des femmes peut-être.

Est-ce qu'on parle de ça aussi dans les groupes non-mixtes ? J'ai déjà participé à des groupes non-mixtes garçons. Mais tout ce que je sais des groupes non-mixtes femmes c'est qu'on y informe les femmes sur leur sexualité, on leur apprend à se battre, on leur permet l'accès à des documents, une visibilité lesbienne. L'accès y est réservé à des personnes sur la base du sexe qu'elles ont entre les jambes. C'est très bien si les individu-e-s avec un sexe de femme en savent plus sur leur sexe, si elle savent se battre, si elles sortent de la norme hétéro. Mais ça ne change rien au problême du sexisme si ça reste une "affaire de femmes", si même dans les luttes antisexistes on maintient, on accentue la différence individu au corps d'homme/individu au corps de femme, en le justifiant par l'inévitable éducation genrée. C'est maintenir un clivage, des différences, un rejet, des peurs profondes.

 

GARÇON JUSQU'À PREUVE DU CONTRAIRE


Dans la "société patriarcale" quand un garçon dit qu'il ne veut pas être un garçon on lui répond que de toute façon il est garçon et qu'il a un problême, une déficience, une maladie, ou qu'il délire. Des féministes et pro-féministes m'ont quand à elles/eux dit que ce n'était pas une maladie, mais que c'était un caprice de dominant. A cause de l'éducation, de l' apparence etc... Dans la "société patriarcale" quand une personne doute de son identité d'homme ou de femme, on ne respecte pas ce doute, ou sa recherche d'identité, on prend le droit de lui apprendre si elle est homme ou femme, en justifiant ça par la nature. A Grenoble (et ailleurs) des féministes et des pro-féministes prennent le droit d'apprendre aux personnes si elles sont homme ou femme, en justifiant ça par la position sociale, bref la classe à laquelle tu es sensée appartenir à cause de ton sexe. Et si ce n'est pas dit aussi explicitement pour ne pas avoir l'air transphobe, on attend en tout cas de toute personne de sexe masculin qui exprime des doutes sur son identité des efforts permanents et manifestes pour faire oublier qu'il ressemble à un garçon.

Pourtant l'éducation c'est pas une fatalité incontournable, et on n'a pas tou-te-s eu la même, aussi étroite, virile et dominatrice qu'on le prétend pour tous les garçons. Les vécus et les doutes des personnes que l'on a en face de soi sont souvent bien plus complexes que les théories féministes qui tournent en boucles dans certains milieux. On n'est pas juste un garçon ou une fille, hétéro ou homo ou lesbienne dans la vie. Sinon ça ne sert à rien de parler "des genres" si c'est pour ne rien imaginer d'autres que ce qui existe normalement. Nier les remises en question transgenres des personnes avec un sexe de garçon (ou un sexe de fille), qu'ils/elles parlent de se faire opérer ou hormoner ou pas, c'est aussi oppressant que le sexisme ordinaire que les féministes dénoncent. Et dire cela ce n'est pas nier le sexisme ordinaire que les féministes dénoncent par ailleurs. Celles/ceux qui ne se revendiquent pas du féminisme ou pas du même féminisme ne sont pas forcément des ennemi-e-s de la lutte antisexiste.

 

SUBVERSION ET INVERSION DE L' OPPRESSION


Dans ces questions de genres posées par des féministes on ne m'a pas parlé des comportements de femmes qui créent de l'oppression, plus ou moins volontairement sous prétexte d'inverser les rôles. A certains moments certaines oppressions de personnes avec un sexe femelle sur des personnes au sexe mâle sont taboues, on ne peut pas en parler, parce que les personnes avec un corps de femme font partie d'une classe "historiquement dominée". Et cet argument peut servir les milieux féministes à justifier leur mépris de personnes au sexe de garçon, leur reproduction du sexisme dans leur lutte contre le sexisme. C'est pas un peu ridicule ? Ou alors il y a que moi qui trouve ça incohérent... Le problême c'est que quand des personnes avec un sexe femelle ont les mêmes comportements excluants que ceux qu'elles dénoncent chez les hommes, elles créent de l'oppression sur les individus avec un sexe mâle et aussi, ça arrive croyez-le ou non, sur les individus avec un sexe femelle. Mais ça c'est censé être dégenré puisque ce n'est pas normale pour une femme ? Parce que les comportements pourris d'indifférence, de mépris, de méchanceté, d'effet de clan, de préjugés physiques et autres étaient jusque là réservés aux hommes ?

Les comportements que l'on ne devrait pas reproduire dans nos relations, que l'on ait un sexe femelle ou un sexe mâle, ce sont la possessivité, la jalousie qui va avec, les abus de positions de pouvoir acquises par le sexe, ou par plus de force, plus d'autorité, plus de maturité, plus de confiance, une meilleure situation financière ... C'est l'absence d'écoute, le fait de ne pas pouvoir/oser dire ce qu'on ressent, de ne pas pouvoir dire oui ou non. C'est également l'exclusion sur des critères physiques, de beauté, de sexe, de validité physique etc.

Je pensais qu'avec des personnes féministes qui parlent de déconstruction des genres je pouvais espérer évoluer autrement qu'en simple antithèse du sexe féminin, mais en fait on n'arrête pas d'exiger de moi un très long travail de déconstruction " masculine " avant que je puisse formuler la moindre réflexion " transgenre " osée. Un long travail de pénitence en somme, entre l'effacement dans les milieux féministes et la posture théorique anti-patriarcale, mais pas trop pour ne pas être plus féministe que les féministes.

Moi je pense que c'est pas parce que j'ai l'air d'un garçon que je ne peux pas dire que j'en suis pas un. C'est pas parce que je met mon pied sur la table que je suis une oppression virile. (C'est pas non plus parce qu' une fille s'habille comme une fille qu'elle ne peut pas dire qu'elle n'est ni une fille ni un garçon) Ce sont les comportements virils et sexistes que l'on doit combattre, parcequ'ils créent des situations d'humiliation, de rejet/exclusions, d'effets de groupe, pas parce qu'ils sont le fait de garçons. Sinon on oublie qu'un groupe de femme peut par exemple reproduire dans un lieu les mêmes oppressions qu'un groupe d'hommes qui parlent fort, prennent de la place, ont des discussions affinitaires qui ne permettent pas aux autres de participer, sont jugeant, méprisants ... pas parcequ'elles sont femmes ou hommes mais parcequ'elles sont un groupe qui établit des normes mêmes temporaires. Si l'on combat les discriminations sexistes que beaucoup d'hommes opèrent sur des femmes ce n'est pas pour en créer d'autres inversées. Sinon le mot "antisexiste" n'a pas de sens. En dénonçant les oppressions des groupes sociaux "garçons" (ce qu'il faut faire) le féminisme "radical" que j'essaie de décrire dans ce texte met l'accent sur les êtres sexués au lieu de le mettre sur les oppressions sexistes elles-mêmes. Si on faisait un peu plus attention aux types de rapports oppressants au lieu du sexe des personnes on verrait sûrement certaines choses différemment et peut-être qu'on pourrait vraiment travailler sur les genres et pas sur les différences de sexe biologique. Quand on justifie toujours la séparation de classe Homme/Femme avec le prétexte de l'éducation genrée, comme si elle était incontournable/indépassable ou trop dure/trop longue à déconstruire pour les "garçons", on en revient à une position quasi naturaliste (c'est-à-dire dans laquelle on considère les attributs d' une personne selon son sexe qu'on suppose "naturel"). Même en revendiquant une posture anti-naturaliste avec les théories de genres. Et malgré toutes les ouvertures qui ont émanées des questionnement féministes je pense que les luttes antipatriarcales en sont à une perception binaire du monde, celle de l'"autre" par opposition à ce que l'on identifie "même". Très souvent c'est comme si on disait que les garçons sont des ennemis parcequ'ils ont un sexe biologique différent de celui des femmes. ("normal pour un mec", "ça ne m'étonnerait pas venant d'un garçon", "de toute façons les garçons c'est des oppresseurs..." etc...)

 

JE NE VEUX PAS D'IDENTITÉ


Moi j'arriverai jamais à ne pas douter de mon identité de garçon. Mais ça pour pouvoir le dire à des féministes/pro-féministes , il vaudrait mieux pour être pris un minimum au sérieux que je renonce de façon très ostentatoire à paraître un garçon, et que je sois en permanence en danger de me faire traiter de sale pédé dans la rue. Sinon j'aurai beau dire, tant que je ressemblerait (trop) à un garçon j'aurai les avantages implicites qui font de moi un dominant. Et un dominant ne peut pas dire qu'il n'est pas sûr d'être un dominant. Un garçon qui n'a pas fait longue pénitence ne peut pas dire que parfois il a l'impression d'avoir jouit comme une femme (horreur pour les féministes ?) et qu'il aime ça, ou que l'autre jour en voyant son reflet dans la rue il avait vraiment l'impression d'être une femme dans un corps d'homme, et qu'il avait l'impression d'être bien plus qu'un individu genré, peut-être un androïde sexuelle chargé de testostérones au regard de femme (le maquillage ça aide). La seule chose dont je suis sûr jusque là c'est que je suis un être en construction permanente, et que je n'ai pas d'autres d'identités que celles que je me crée ou dans lesquelles je suis trop baigné.

Je pense que ma construction est continue, qu'elle peut aussi changer profondément en fonction des vécus et des ressentis et qu'on ne peut pas exiger de moi un travail de pénitence parce que j'ai un corps de garçon.

 

CONCLUSION


-Se sentir homme ou femme est le premier résultat de l'éducation genrée, lemieuxintégré, le plus automatique . Le supprimer ne veut pas dire se permettre d'agresser des personnes de sexe féminin ou des personnes faibles, d'avoir du pouvoir sur elles ou des comportements oppressants, et discriminants. Dépasser les identités sexuelles qu'on nous a assigné à la naissance ne veut pas dire ne pas faire attention aux souffrances et aux positions de faiblesse induites par l'éducation des personnes de sexe féminin et des personnes de sexe masculin dans nos relations. Ça veut dire apprendre à ne plus se considérer selon les images, les représentations et les postures de la catégorie sexuelle à laquelle on est censé-e appartenir, ce qui fait déjà beaucoup avancer les choses en matière de comportements sexistes, virils et autres. Dépasser les identités sexuelles, donc dépasser leur genre et l'éducation genrée c'est possible, et ça veut dire aussi qu'on doit faire attention à toutes les personnes indifféremment de leur sexe, pour ne pas reproduire des oppressions/exclusions/discriminations types du sexisme, du machisme, du virilisme.

-la non-mixité appliquée dans les milieux où les moments de critique de la norme patriarcale/hétérosexuelle, où des personnes se posent des questions de genre, peut être d'une grande violence et un facteur d'oppression pour des personnes de sexe masculin ou féminin cherchant à ne plus correspondre à une identité précise. Et très concrètement dans les mêmes moments/milieux, réserver l'accès de certains lieux, certaines discussion uniquement à des individues avec un sexe de fille ça peut poser un gros problême lorsque des personnes transgenres doivent justifier si elles ont sexe de garçon ou un sexe de fille entre les jambes, ce qui est loin d'être une situation improbable, réveillez-vous. Il y a beaucoup plus de personnes transgenres (confondantes ou pas) que l'on veut bien le croire. C'est d'ailleurs pour ça qu'on parle d'évolutions du féminisme, et de post-féminisme. Des choses ont bel et bien changées depuis les années soixante. Demander à quelqu'un dont on doute du sexe de se justifier est pour moi une forme de fachisme et une preuve de perte de sens des théories de genre dans le féminisme actuel. Ce n'est pas un cas extrême ; on ne peut pas faire comme si le problême d'appartenir malgré soi à une classe sexuelle n'avait jamais été posé auparavant, comme si c'était trop nouveau pour être pris sérieusement en considération dans les luttes antisexistes. Il faudrait quand même arriver à parler de ce qui peut se passer dans la tête de personnes à qui on rappelle ce qu'elles sont biologiquement parcequ'on pense qu'elles ressemblent trop à des garçons ou à des filles (trop en tout cas pour douter qu'ils/elles se posent de sérieuses questions d'appartenance à une identité sexuelle).

***

J'attends des critiques constructives par rapport à tout ce que j'ai écris là, sur des trucs précis avec arguments svp, des exemples, des histoires perso ... mais je ne suis pas prêt à discuter avec des personnes en colère qui réagissent comme si j'avais commis un sacrilège parce que j'ai écris sur le féminisme alors que je suis de sexe masculin. J'espère que ce texte pas facile à écrire suscitera autre chose que des joutes théoriques et qu'on en arrivera enfin à parler de vécus et de ressentis, d'expériences " dégenrées " entre nous sans s'enfermer dans des identités sexuelles.
Si en le lisant vous avez pensé à des situations vécues, ou si vous avez cru vous y reconnaître faites-le-lire autour de vous, forwardez ce mail, etc...
Il faut qu'on avance sur ces questions de genres si on ne veut pas se prendre dans la gueule les reproches de celles/ceux dont les doutes sont brimés par des théories réductrices, moi le/la premier-e.

 :Serpillière : juin 2004
[pour m'écrire : serpilliere@no-log.org]


référence :
1 " Manifeste contre la culture de l'irresponsabilité affective "
( http://www.antipatriarcat.org/hcp/html/manifeste.html )

Ecrit par libertad, à 21:43 dans la rubrique "Le privé est politique".

Commentaires :

  Anonyme
14-09-04
à 16:59

Classique, la passe de se présenter comme victimisé pour invalider d'avance toute critique d'un texte qui ne ménage aucun effet de manchettes pour parodier grossièrement et tenter de discréditer des analyses féministes auquel il prétend "répondre", mais dans un milieu antiféministe plutôt que dans un réel dialogue avec d'autres personnes souffrant de l'assignation de genre ou la lui imposant (comme son "ami"). Dommage. On comprend pourquoi des misogynes applaudissent ci-dessous.

En fait, je trouve que "Serpillère" se montre extraordinairement contrôlant en définissant d'avance ce qu'on est en droit de penser de son texte et de lui répondre. Quoi qu'il en dise, c'est bel et bien en tant qu'homme ("garçon") qu'il "drague" le lecteur vers la défense de ses privilèges, que je persiste à reconnaître comme masculins, bien que revus et améliorés, et qu'il tente de museler toute réticence à avaler la 'bouillie pour les chats' qu'il nous sert en abondance.

Personnellement, je trouve plus crédibles (et honnêtes) les analyses qui vont au-delà de pareilles prétentions à mettre une posture personnelle (de "garçon" non genré ou uniquement genré par l'analyse féministe "radicale") à l'abri de toute assimilation à d'autres conduites de pouvoir masculin tout aussi culpabilisantes et violentes que la sienne.

Libre à lui de (continuer à) accoller aux gens que ses accusations ne convainquent pas les étiquettes dévalorisantes qui serviront sa stratégie ; une autre passe simpliste. Tout ce que je retiens de ce monologue compassé, c'est une longue tentative pour *interdire* d'avance toute critique et tout dialogue avec d'autres personnes souffrant comme lui de l'assignation de genre, mais qui auraient le toupet de soupçonner en lui un homme protégeant des privilèges masculins - virils ou libertaires - et s'en servant lorsqu'il appelle à la guerre sainte antiféministe.

Contrairement à ce qu'affirme tout ce texte, il faut rappeler que ce sont d'abord et encore les féministes qui sont quasi-seules à nous rappeler qu'il n'y a PAS que deux sortes de gens, que le genre n'est PAS biologique, même si l'adhésion aux privilèges de genre ou la tentative d'y accéder demeure, même s'il le nie, le fait de la quasi-totalité des hommes (le texte de "Serpillère" en est d'ailleurs une splendide illustration).

Car il ne suffit pas de dire que le genre est arbitraire, assigné et qu'il faut le dépasser. Il est trop facile de prétendre que notre cas personnel, notre image de soi, nos voltiges théoriques invalident aussitôt énoncés une analyse réaliste du pouvoir de genre, tel qu'il s'exerce même en milieu dit progressiste (mais souvent rageusement misogyne).

Il est tellement plus facile de tirer sur le pianiste - ce dont "Serpillère" ne se prive pas - que de (réellement) écrire et vivre une nouvelle partition.

Imaginez un texte de la même eau écrit par un Blanc qui, à cause de ses conceptions ou perceptions de soi personnelles, ne se "reconnaîtrait" pas dans une critique du racisme de sa société et 'vargerait' de tout son privilège de race sur les Noirs qui oseraient voir en lui un Blanc, encore un Blanc, menant une politique de Blanc en interdisant toute généralisation critique...

Je crois qu'il faut avoir l'humilité de voir dans une telle non-reconnaissance de sa position (encore) privilégiée - même si on est opprimé comme bisexuel - un élément du problème plutôt qu'un bon contre-argument valable. Je crois qu'il faut chercher des solidarités avec les principales opprimées de genre plutôt que contre elles. Pas facile, mais nécessaire si l'on ne veut pas ajouter à l'oppression machiste qu'on subit parfois avec elles.

Martin Dufresne (qui ose signer contrairement à l'auteur)


http://www.cmaq.net/fr/node.php ?id=18097
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  Yvan Grozny
14-09-04
à 19:02

Le sujet qui fache

L'auteur laisse son mail pour débattre: on ne peut guère faire plus "ouvert" comme signature. On n'est pas en présence de quelqu'un qui voudrait se cacher derrière sa critique, comme ça arrive parfois.

Ce texte (celui de Serpillière) est intéressant; il dénote une réelle volonté de remise en cause, non pas des luttes, mais des schémas de pensée, des idéologies contradictoires sous-jacentes chez certains (et donc certaines, grammaire oblige) qui "mènent" ces luttes. Une remise en cause visant à aboutir à une pensée plus radicale, finalement -"radical" au sens littéral, pas à celui du féminisme dit "radical".
Sa vision idéaliste du genre est trop simpliste, certainement. Mais je ne pense pas qu'elle le soit plus que beaucoup d'autres plus communément admises chez les militants (résonnement strictement binaires...). Pour le reste, ses développements sont lucides, et ses intentions ne me semblent pas négatives, bien au contraire. Ce n'est pas non plus la première fois que l'on entend parler du contexte grenoblois sur ce thème (j'ai lu un autre texte qui évoquait les mentalités particulièrement sectaires de certains militants antipatriarcaux locaux; j'aimerais me rappeler lequel).
Comme d'habitude, on refuse à certaines critiques du ou des féminismes l'accueil analytique sage, sincère et dépassionné que mérite un texte de cette tonalité.
Ce texte a été très bien accueilli par certains lecteurs "genrés" XX et XY sur Indymedia-Paris, malgré d'autres levers de boucliers (pour sauver quoi?).
Peut-être qu'avant de prêter rapidement une attitude et des écueils à Serpillière, il serait intéressant de dialoguer via son mail, non?
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  Anonyme
14-09-04
à 20:08

Re: Le sujet qui fache

Je comprend aussi aisément la situation de "serpillère" pour avoir vécu des situations similaires. Considérer que tous les hommes sont sexistes par nature c'est un peu comme reprocher aux allemands leurs ancêtres nazis.
Ca me rapelle un collectif émancipation, normalement mixte, mais en fait composé essentiellement de femmes, féministes radicales. Ce collectif n'était à l'origine pas seulement féministe mais devait regrouper toutes les luttes anti-oppression de l'individu. Directement concerné par les problêmes de manipulation mentale sectaires, j'avais à l'époque proposé une journée d'action et d'information sur la manipulation. Ma proposition avait été immédiatement réduite à une journée d'information sur la place de la femme dans les religions. C'est juste un exemple du réductionnisme qui peut s'oppérer dans une lutte spécialisée, le féminisme n'étant pas la seule touchée par ce phénomène. Me retrouvant seul entouré de personnes que visiblement je n'intéressait pas, j'en suis parti. J'ai quand même eu le temps de profiter des blagues entre copines du style "faut leur couper les couilles", blagues que je prenais pour du second degré mais qui à la longue, tout comme n'importe quelle beauferie, rend mal à l'aise.
Enfin, je me suis embrouillé avec des copines nouvellement entrées dans ce collectif car elles nous reprochaient d'être sexistes parce que dans le groupe politique dont je faisais partie il n'y avait que des mecs, pourtant la porte était grande ouverte. En fait, le sentiment que je n'étais pas le seul à avoir, c'était d'être pour ces féministes, l'individu masculin disponible pouvant être harcelé à souhait qui allait payer pour tous les autres. Dans le même ordre d'idée, plus question de séduction homme/femme, les hommes étant flippés de passer pour des machos s'ils avaient un geste affectueux envers une fille.
Quand je décris une parcelle de mon vécu, je ne généralise pas et surtout je ne me pose pas en victime, car je n'ai été victime de rien. La question qui se pose dans ce genre de situation c'est effectivement l'identitaire féministe et le comportement mysandre de certaines militantes. D'autant plus qu'il était relativement pervers de nous reprocher de ne pas s'associer à ce collectif, et d'autre part de nous coller tout le sexisme du monde quand on s'y associait.
Donc pour revenir sur le texte de "serpillère", je comprend son rejet du costard de mâle sexiste que voudraient lui faire endosser certain(e)s féministes, d'autant plus s'il s'inscrit dans cette lutte et opère une réflexion sur le problême et lui-même.

"Imaginez un texte de la même eau écrit par un Blanc qui, à cause de ses conceptions ou perceptions de soi personnelles, ne se "reconnaîtrait" pas dans une critique du racisme de sa société et 'vargerait' de tout son privilège de race sur les Noirs qui oseraient voir en lui un Blanc, encore un Blanc, menant une politique de Blanc en interdisant toute généralisation critique... "

Tu associes "blanc" et "raciste" comme certains associent "allemands" et "nazis" ou encore "homme" et "sexiste"
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