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Biométrie : Appel au soutien financier des opposants du lycée de Gif-sur-Yvette
Lu sur A voix autre : "Le 17 novembre 2005, des clowns munis de tracts et de marteaux faisaient irruption dans ce lycée, cassaient les machines biométriques et s’expliquaient auprès des élèves présents. Trois personnes ont été arrêtées, condamnées à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende et dommages et intérêts.

En 2004, les industriels de micro-électronique (Gixel) publiaient leur Livre bleu conseillant au gouvernement de faire accepter la biométrie par le conditionnement des plus jeunes et prescrivant une « éducation dès l’école maternelle. Dès 2005, cette propagande par les faits se matérialisait sous forme de bornes biométriques à l’entrée des cantines scolaires, notamment au lycée de Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne. Le 17 novembre 2005, des clowns munis de tracts et de marteaux faisaient irruption dans ce lycée, cassaient les machines biométriques et s’expliquaient auprès des élèves présents. Trois personnes ont été arrêtées, condamnées à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende et dommages et intérêts.

Depuis, la biométrie s’impose peu à peu comme moyen de gestion électronique des humains, s’intégrant aux équipements de sécurité, aux objets de consommation, aux passeports, et bientôt à notre carte d’identité… Le principe de la biométrie est l’enregistrement de données corporelles dans des ordinateurs, ce qui fait en soi froid dans le dos. Et les papiers d’identité biométriques vont clairement dans le sens d’un recoupement des différentes bases de données (physiques et administratives) disponibles sur les individus. Mais force est de constater que jusqu’ici, la diffusion de cette nouvelle technologie n’a rencontré ni difficulté pratique majeure ni opposition organisée d’ampleur. Les premières bornes ont trouvé des acheteurs empressés (proviseurs, syndics, etc.), encouragés par les pouvoirs publics et leurs subventions.

Ne nous voilons pas la face : il existe une demande sociale en faveur de ce type de contrôle, réputé infaillible. Et comme pour les GPS ou les caméras de surveillance, cette demande n’émane malheureusement pas que des flics et des patrons. Nous sommes partout rivés à nos portables, ce qui permet à la police de toujours nous localiser.

On peut aussi retracer la journée du citadin moderne grâce à sa carte bleue [ndAVA : sa carte de banque], son pass Navigo [ndAVA : l’équivalent parisien de Mobib], la consultation de son courrier électronique. La dure réalité est que nous avons déjà accepté dans ses grandes lignes une société de contrôle. L’arrivée de la biométrie constitue moins une rupture qu’un révélateur : révélateur des empiétements déjà opérés par l’Etat et le marché sur les existences individuelles, avec notre consentement voire notre contentement ; révélateur d’un projet politique, qui est de faire de l’humain un produit industriel comme un autre. Comme n’importe quelle marchandise dont il faut assurer la traçabilité, il sera géré par ordinateur, grâce à des puces, des capteurs et des bases de données en réseaux. Aboutissement logique d’une trajectoire technique qui a vu l’informatique prendre une place gigantesque dans l’infrastructure capitaliste de production et d’échange, et dans nos vies.

Tantôt au nom de la menace terroriste, tantôt simplement parce que « c’est plus pratique comme ça », les bureaucraties petites et grandes, étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de l’économie ; rien ne doit obscurcir la transparence du contrôle.

Le langage et le rapport sensible, trop lents, trop ambigus, sont évacués au profit de la surveillance électronique. La gestion des populations s’automatise et devient à elle-même sa propre fin. Conformément aux pires anticipations cybernétiques, il semble de plus en plus admis que l’existence n’est qu’un prétexte à la production et à la circulation de l’information. C’est ce que rend possible la biométrie, en faisant de la vie elle-même la matière première de sa version artificielle et programmable.

L’opposition à l’identification électronique doit désormais dépasser la préoccupation de quelques cercles d’amis, personnalités et associations. Nous appelons en conséquence à un large soutien des trois inculpés de Gif, y compris sous la forme la plus triviale, à savoir donner de l’argent pour les aider à faire face à leurs frais d’avocat. Que toutes les personnes qui expriment ainsi leur solidarité s’approprient cette question.

Pour le soutien financier : « Le Cheval noir » : 131, rue du Cherche-Midi, 75015 Paris (chèques à l’ordre du Cheval noir).

[Santé-Social RP] dans « Le Combat syndicaliste » d’octobre 2008.

Ecrit par libertad, à 17:19 dans la rubrique "Actualité".



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