L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





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Vers la cité future. La communauté de Cotswold*
On nous communique un numéro de la revue The Humanitarian contenant un curieux article sur un essai de communauté qui se poursuit en ce moment dans le Cotswold à Sheepscombe en Angleterre.
« Parmi la petite bande d'enthousiastes qui se livre à cet essai se trouve un docteur en philosophie de l'université de Leipzig, un membre de la Société Royale ( académie de chimie ) et un maître de conférence au collège royal des sciences d'Edimbourg. C'est certainement un fait des plus frappants que ces trois hommes d'une éducation supérieure ( deux d'entre eux sont des gradués d'université ) ayant eu le courage – car c'en était réellement – d'abandonner leur carrière, leur argent, leur position, leur maison, leurs familles, leurs propriétés, pour vivre d'une existence qui n'est pas seulement la plus élevée qu'ils puissent concevoir, mais aussi la seule qui puisse s'accorder, disent-ils, avec leurs principes.

 

Un fermier d'une autre partie de l'Angleterre s'est joint tout dernièrement à eux, amenant avec lui une locomotive et tous ses instruments aratoires; il a, de plus, acquis 40 acres ( 160 ares ) de terres.

Ces disciples de Tolstoï reçoivent chez eux quiconque se présente : honnête ou malhonnête, malade ou bien portant, moral ou immoral.

Ils Ils ne vivent que pour le présent, sans s'occuper de l'avenir, auquel ils laissent le soin de pouvoir ses propres besoins.

Chacun des membres de la communauté à une liberté parfaite d'opinion, de sorte qu'on y rencontre des croyants ou des libre penseurs vivant en parfaite harmonie.

Comme conséquence de leurs principes, ils rejettent le mariage légal. L'amour est le seul lien qui doit unir l'homme et la femme. Il existe dans la communauté deux couples unis de cette façon qui s'entendent à merveille. Les membres de l'association ne semblent pourtant pas être tout à fait d'accord quant à la marche à suivre si l'amour venait à s'éteindre ou en cas d'infidélité. L'opinion de la majorité paraît être que chacun est libre de faire ce qui lui plait dans un pareil cas. Tous se retrouvent d'accord pour admettre que si l'amour cesse, l'union doit cesser aussi.

Leur rejet de toute espèce d'autorité va si loin, qu'ils considèrent comme un mal de donner des ordres aux enfants; à plus forte raison répriment-ils sévèrement les parents qui punissent leurs enfants pour manque d'obéissance.

Ils ne sauraient ôter la vie à aucun être vivant, même à une mouche... ce qui les rend végétariens forcés. Tous les membres de la communauté sont des abstinents complets, bien que l'usage de l'alcool ne soit pas prohibé.

L'argent du docteur a servi à acquérir le terrain où se poursuit ce curieux essai, mais on a détruit de suite les documents établissant son droit de propriété, de sorte que si du jour au lendemain on l'abandonnait, n'importe qui pourrait s'emparer du terrain en question.

Chacun porte ce qui lui plait en fait de vêtements, de montres, de bijoux, etc., mais aussitôt qu'un membre de la communauté s'aperçoit qu'un vêtement, qu'une montre ou qu'une bague établit une barrière entre lui et ses compagnons, il renonce à l'objet en question, car ils considèrent l'amitié de leurs amis comme un gain beaucoup plus important que la possession d'un objet superflu – si luxueux soit-il.

Le vêtement est réduit au strict minimum de la décence. Les hommes portent simplement une chemise de toile et un pantalon ou des caleçons avec des sandales aux pieds, les bras et les jambes nues sont à l'ordre du jour. Les femmes également ont les bras et les pieds nus et portent une simple robe de la forme d'un tablier. Elles sont coiffées d'un chapeau de paille des plus simples, comme ceux appelés chapeau de soleil. Cependant, en plusieurs occasions, fêtes, etc., elles ont recours à leurs anciens vêtements.

Il n'existe dans la communauté ni loi ni règle d'aucune sorte. Chacun se sert de loi à lui-même et tous espèrent que leur principe de bonne volonté envers tout le monde les maintiendra dans le bon chemin.

L'amour, disent-ils, doit gouverner le monde et ceux qui y demeurent. Cependant, remarque The Humanitarian, ils ignorent l'un des côtés de l'amour : la sévérité, d'où il résulte que leur doctrine est basée est basée sur une fausse conception de l'amour, puisqu'ils semblent en ignorer et la vérité et la fidélité. »


L'Ere nouvelle n°6 octobre 1901

*Plus connue sous le nom de colonie de Whiteway

Ecrit par libertad, à 21:26 dans la rubrique "L'En Dehors d'Armand".



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