L'En Dehors


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Quelques voix du Wood Squat de Guelph

Le Wood Squat de Guelph, en Ontario est le squat d’une portion d’un parc public. Quoi que peuvent en penser les fonctionnaires du gouvernement, si le terme « développement durable » existe vraiment, c’est probablement dans un habitat de ce genre. Les gens qui y squattent ont cultivé un grand jardin, ont installé des bâches pour s’abriter et ont même transformé un vélo pour qu’il produise des smoothies. Récemment, ils et elles ont entrepris de construire des fondations de béton avec de la paille pour pouvoir y habiter durant l’hiver.

Voici la traduction d’un texte posté sur friendsofgrassynarrows.com, le 26 août, intitulé « A Few Voices From the Woodsquat in Guelph ».

« Premièrement, nous voudrions affirmer que le texte suivant a été réalisé par quelques individus qui ont prit part à l’occupation de l’espace squattée et ne représente personne à l’exception des auteur-e-s du texte. Nous voudrions rendre clair qu’il y a plusieurs d’entres nous d’impliqué-e-s dans cet espace et qu’aucune transmission médiatique ne représentera jamais toutes les personnes du squat. Aussi, il devrait être mentionné que nous ne croyons pas en la médiation de nos communications et que nous n’aimons pas les reportaires. Nous aimerions illustrer les limitations de l’utilisation des médias, et les fausses conceptions qu’ils créent, et donner une autre perception de ce qui est arrivé durant la journée notifiée d’éviction du lundi, 25 août.

La nuit avant l’éviction, nous avons passé du temps avec nos ami-e-s et amoureux/euses à chanter et rire autour d’un feu de joie. Nous avons été chercher de l’eau à la rivière et à la source, sous des constellations d’étoiles pas encore effacées par le couvert de pollution lumineuse. Lorsque nous sommes allé nous coucher, la lueur incandescente de la lune nous a embrassé alors que nous dormions dans un endroit empli des mémoires des expériences que nous avons partagées ici, ensemble.

Le matin est arrivé tôt avec les gens mettant en place le spectacle qui était prévu rassembler tout-e-s nos ami-e-s de la ville et des autres villages. Quelques un-e-s d’entres nous ont dormi pendant que les médias sont débarqués sur les lieux à la recherche de scoops à sensation qui réduiraient notre lutte et nos vies à un article de première page dans le torchon local.

Après le spectacle, nous nous sommes promené autour, l’excitation était dans l’air. La police n’était pas encore arrivée, et nous savions qu’elle pouvait arriver à n’importe quel temps qu’elle voudrait. Gardant cela à l’esprit, nous avons refusé la concession de stagnation et de défense. Marchant ensemble avec nos proches nous appuyant, nous nous sommes dirigé vers le centre-ville dans une ambiance festoyante de colère.

La première chose que nous avons faite fut de prendre d’assaut le commissariat de police et de pénétrer dans le hall d’entrée. Ils nous y ont enfermé, tout en nous regardant à travers le verre teinté de leurs deuxièmes portes. Cette fois-ci, Cst. M. Gazzola ne se sentait pas assez brave pour marcher vers nous avec ses notices d’éviction. Il sait peut-être que son deuxième « bottage de fesse » est sur la planche de travail. Incapable de communiquer directement avec leurs faces, nous avons à la place laissé notre message affiché partout sur leur bâtiment. « Prenez note que toutes structures ou propriétés personnelles sur ces terres de la ville doivent être enlevées et devront être éliminées si elles ne sont pas enlevées d’ici au 6 septembre 2008. »

Ensuite, nous avons marché jusqu’à l’hôtel de ville, et avons monter les escaliers jusqu’au bureau de la mairesse. Elle n’était pas dans le coin mais, Jim Stokes, le directeur des services immobiliers, y était. Il est l’exécutant (civil) qui avait d’abord dit que nous n’avions pas à avoir de souci de se faire expulser même si nous vivions là-bas, mais qui fut plus tard trouvé en train de clouer des indications d’éviction sur les arbres près de notre squat. Au menteur fut remis une notice d’éviction, et nous nous sommes assuré d’en marteler quelques unes sur la porte d’entrée alors que nous sortions.

La ville a donné l’ordre de nous expulser autour du 25 août et la police n’a montré aucune hésitation dans leur plan pour nous déplacer par la force. On a nulle part où aller. La ville, ses planificateurs, ses directeurs immobiliers, et ses développeurs ont fait en sorte de construire et de redévelopper chaque espace de Guelph pour l’utilisation des riches. Les coûts de la propriété et des loyers continuent d’augmenter, alors que nous sommes littéralement établi-e-s dans un lieu de vie. Nous ne devrions pas être obligé-e-s d’« avoir les moyens » de quoi que ce soit et nous ne sommes pas intéressé à « avoir les moyens » de vivre. Les coupables, qui font en sorte qu’il n’y ait aucun espace nous permettant d’exister, sont clairement visibles. Ce n’est pas seulement notre situation, il y a les autres qui se font déplacé-e-s partout parce qu’ils et elles n’« ont pas les moyens » de vivre ; c’est nos voisin-e-s, la nature, les forêts et les plantes, c’est la vie elle-même qui n’« a pas les moyens » de vivre avec ces abus systématiques. Alors, le 6 septembre, nous prévoyons lancer le début de notre offensive ayant pour but d’exécuter la dernière éviction que cette ville aura vu !

C’est intéressant de voir comment les médias ne comprennent pas ce que ce squat est. Ils essaient de trouver des causes arbitraires à l’intérieur desquelles ils peuvent nous juger et nous comprendre, comme comment « Guelph manque de logement abordable et plusieurs des individus au squat finiront dans la rue, au centre-ville. » Ou que « si les gens ont besoin d’aide pour trouver une place où vivre, la Wyndam House, un organisme local de charité qui fait de l’hébergement, a volontairement offert ses services ». Mais ils font ainsi parce qu’ils ne nous comprennent pas. Ils ne comprennent pas ce que ça signifie de créer nos vies sur nos propres termes, sans la monotonie journalière de l’esclavage salarié, sans l’anxiété menant à l’assaut mensuel des factures et des paiements. Ils ne peuvent pas comprendre comment on se sent de vivre socialement, sans l’atomisation de la culture automobile et des banlieues, sans l’isolation des unités familiales, et l’interminable barrage des rôles sociaux publicisés. Comment peuvent-ils ? Ils vivent avec des caméras surveillant leurs mouvements, des policiers/ières croisant leurs chemins, et une vie précaire qu’ils ont continuellement à « avoir les moyens » de se permettre.

Toutefois, la seule chose que nous pouvons les aider à comprendre est que notre rassemblement avec la communauté du centre-ville planifié le samedi, 30 août, n’a jamais eu pour but d’être invitant pour les fonctionnaires de la ville. Les seuls mots que nous (ceux/celles qui ont écrit ce texte) avons pour eux et elles sont : « sortez vos cochonneries hors notre nouveau squat pour le 6 septembre, ou nous nous reverrons bientôt. »

Nous aimerions finir en exprimant notre plus profonde gratitude et amour à tout(e) ceux et celles qui sont venu lundi pour célébrer tout ce que le squat vit pour et signifie pour elles et eux. Similairement, nous étendons nos remerciements et notre compassion aux individus qui ont porté des actions de solidarité avec nous. Continuez-les, vous savez que nous continuerons ! »

De quelques personnes du Wood Squat

(traduit par le chaperon rouge)

Actions de solidarité :
Guelph, Ontario: McDonalds attacked
http://confrontation.wordpress.com/2008/08/27/guelph-ontario-mcdonalds-attacked/
Santa Cruz: 2030 North Pacific Vandalized Twice (August 24, 2008)
http://www.indybay.org/newsitems/2008/08/25/18529708.php

Ecrit par , à 19:59 dans la rubrique "colonies et communautés anarchistes".



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