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POPULISME,… VOUS AVEZ DIT « POPULISME » ?
Définition : « Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population».(Wikipédia).

Le qualificatif de « populiste » est aujourd’hui assurément, sinon une insulte, du moins un terme des plus péjoratifs qui allie, dans le moindre des cas, l’inculture politique de celui qui en est qualifié à, dans le pire des cas, sa complicité avec l’extrême droite.

 

En fait, ce n’est pas aussi simple, et l’usage abusif de ce terme permet à certaines et certains de camoufler une réalité peu ragoûtante de la/leur pratique politique. 

 

 

UNE CLASSE POLITIQUE SUR LA DEFENSIVE…

 

 

En Décembre 2010, une proposition de loi écologiste qui demandait aux parlementaires de faire toute la transparence sur leurs frais professionnels, et au sujet desquels aucun contrôle n’existe sur cette allocation défiscalisée, a été rejetée avec mépris par une écrasante majorité. L’orateur de la majorité – Claude BODIN - a même osé déclarer : «Ce serait présumer les élus coupables». ( ?). Réponse surprenante quand il s’agit tout simplement de l’argent public et… réponse qui serait déclarée, à juste titre, irrecevable pour toute autre catégorie de citoyens.

 

Toucher à la classe politique est devenu aujourd’hui un tabou. Celle-ci a réussi le tour de force d’apparaître aux yeux des citoyens comme l’incarnation de la démocratie et des valeurs de la République. Elle a pour cela un argument de poids : la légitimité qu’elle tient du peuple.  

 

Ainsi, à partir de cette légitimité, tout lui est permis, et toutes les critiques qui porteraient sur ses comportements, en contradiction avec l’éthique, ne peuvent être que les instruments d’une entreprise de déstabilisation de la démocratie… Rien que ça !

 

Ce qui est en fait en voie de déstabilisation c’est le statut de la classe politique qui, depuis des décennies, et au mépris de toutes les valeurs d’égalité et d’éthique sociale, reproduit ce qu’étaient les privilèges de l’Ancien Régime. Il faut dire que très tôt, dès 1790, les nouveaux dirigeants, la bourgeoisie, ont accaparé les rennes du pouvoir, ont mis en place un système de mystification démocratique, et ont confisqué le pouvoir aux profits de professionnels de la politique – voir les critiques à l’époque de Babeuf. D’ailleurs le terme de « professionnel de la politique » est parfaitement assumé par les politiciens. Dans leur discours, cette situation, ils la considèrent comme parfaitement « naturelle » et est même dans leur bouche, un critère de compétence ( ?).

 

Les élus qui, à l’origine, n’étaient que des représentants du peuple, ont très vite pris goût au pouvoir et à tous les privilèges qui lui ont été peu à peu attachés.

 

« Le pouvoir est corrupteur ». C’est une vérité établie depuis des siècles (voir les expériences de la Grèce antique). La Révolution Française, comme toutes les autres n’a pas fait exception… et le système politique qu’elle a engendré a reproduit, et reproduit, ces tares.

 

Cette caste conservatrice – les élus - a fait des partis politiques, dont ils sont issus et qui ne devraient être que des clubs de réflexion - des officines qui se sont, de fait, arrogé le pouvoir et en contrôlent l’accès. Ce sont, évidemment, au travers de ces partis que doivent passer, avec toutes les dérives afférentes,  celles et ceux qui ambitionnent de jouer un rôle politique.

 

Ce désir de contrôle, qui agace tant les élus, est pourtant une démarche citoyenne essentielle. Qu’est ce qui pourrait, en effet, justifier un quelconque secret, concernant la mise à disposition de deniers publics, aux élus du peuple ?

 

Le refus de ceux-ci de se prêter à un exercice, qu’ils exigent du reste la population, ne peut, évidemment, que jeter la suspicion sur l’ensemble.

 

 

… ET QUI PASSE, BASSEMENT, A L’OFFENSIVE

 

 

Mal aimée, discréditée, soupçonnée, la classe politique – quelle que soit la tendance - a la réplique facile : populisme.

 

Le terme populiste est devenu une véritable insulte dans la bouche du politicien et doit faire fermer celle de celui qui lui demande des comptes.

 

Dans cette offensive, la classe politique trouve des alliés inattendus, les « vieux républicains poussiéreux », celles et ceux qui croient dur comme fer que les politiciens incarnent ad vitam æternam  les « valeurs de la République ».

 

Ensemble ils accusent les troublions populistes (en fait ce qui demandent des comptes) de faire le jeu de… l’extrême droite ( ?)… pas plus, mais pas moins !

 

Historiquement la critique est en partie, sinon fondée, du moins expliquée. Il est, en effet, vrai que la réaction monarchiste, au moment de la Révolution Française et dans les années qui ont suivi, a couvert de boue les républicains – représentants du peuple - présentés comme des « parvenus »… et tout ce qui pouvait leur permettre d’agir était à condamner. Souvent sans richesse personnelle, leur allocation leur permettait d’exister…. Allocation suffisante pour éviter de tomber dans la dépendance et la corruption. Les mouvements réactionnaires ont perpétué cette tradition avec comme point culminant l’émeute du 6 février 1934 où les ligues factieuses ont essayé d’envahir l’Assemblée Nationale aux cris de « Tous pourris ».

 

Dés lors, dès qu’il s’agit de demander des comptes aux élus, ceux-ci font systématiquement, implicitement, l’amalgame avec cet épisode pour couper court à toute discussion. L’argument est facile et parfaitement malhonnête.

 

L’extrême droite, si elle a critiqué, et critique les élus, c’est tout simplement pour prendre leur place et agir de la même manière et même en pire. L’Histoire l’illustre abondamment.

 

L’extrême droite agit par démagogie, opportunisme, nationalisme, racisme (théorie du bouc émissaire) pour accéder au pouvoir.

 

Les fascistes, néo fascistes, factieux, réactionnaires, nationalistes, aujourd’hui le Front National, développent un populisme qui n’a rien à voir avec l’indispensable contrôle des élus et le fait de leur demander des comptes.

 

Notons tout de même que les « républicains poussiéreux », voulant moduler leur jugement ont inventé, sans rire, le concept de « populisme de gauche »… merci pour cette générosité.

 

 

 

La démocratie est aujourd’hui malade des élus, c’est un fait indubitable et reconnu par toutes et tous. La couardise et l’indécence civique de la plupart d’entre eux ne peut, ce qui n’est pas grave, qu’accroître la suspicion à leur égard, mais surtout, ce qui est beaucoup plus gênant, écoeurer le citoyen des affaires de la cité… ouvrant la voie aux pires aventures.

 

La période de grave crise que nous subissons met aujourd’hui en lumière les tares d’un système qui se dit démocratique et qui finalement ne l’est pas. Manifestement l’élu ne représente pas la volonté du peuple, en tout cas pas ses intérêts, même si officiellement il tient de lui sa légitimité.

 

Il est temps de repenser les bases d’un fonctionnement démocratique.

 

 Avril 2912  Patrick MIGNARD

 

Ecrit par libertad, à 20:05 dans la rubrique "Pour comprendre".



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