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LE CHOIX DE LA DEFAITE
--> Quand la réalité resurgie
On dit que la France a perdu la seconde guerre mondiale, en tous cas, c'est ce que les éducateurs de l'histoire nous ont enseignés, eux ils y croient... Ils devraient lire "Le Choix de la défaite", œuvre historique traitant de la fin des années 1920 à 1939, on y apprend que "l'élite" a trahie nos anciens comme elle nous trahie encore aujourd'hui.

Merci à l'inventrice (ou découvreuse des archives) Annie Lacroix-Riz, de nous permettre de publier ce passage. Salut sur toi Annie.

 

A suivre, un passage du Choix de la défaite (d'après les archives RG) d'Annie Lacroix-Riz, page 2 à 4 du prologue LA TOUTE PUISSANCE DU GRAND PATRONAT

 

« Les français n'ont pas été battus : ils ont été trahis […] par le haut patronat, par peur du socialisme et notamment de sa forme ultime : le communisme. Toute la politique mondiale depuis 1917, s'explique par la lutte entre le grand capitalisme international et le socialisme. Le haut patronat international a sa capitale, tantôt dans un pays, tantôt dans un autre. Naguère, c'était Londres, aujourd'hui c'est New York. Les états sont, pour lui, de simples instruments de gestion. Il est au-dessus de nos “patries”. Sa patrie à lui, ce sont les matières premières : l'or, le fer, cuivre, le charbon, le pétrole, etc. Il est contre Moscou, parce que Moscou lui lui a fermé l'accès des matières premières de l'Union soviétique et gère celles-ci sans patrons, avec de simples fonctionnaires. Pour cette raison, il lui fallait l'armée allemande pour battre l'armée russe. Il lui fallait la défaite de la France pour que l'armée allemande ait les mains libres en Russie. Il a organisé la défaite truquée de la France. […]

Rois, parlements, presse, armée, église [...sont] depuis un demi-siècle complètement passés sous le contrôle du haut patronat. On parle souvent de la responsabilité des partis politiques, de la maçonnerie et des syndicats, mais les hommes politiques, les ministres, les vénérables des loges et les secrétaires de syndicats, cela ne pèse pas lourd devant le Comité des Forges et le Comité des houillères, qui sont les organismes qui commandent tous les autres. La moitié des hommes publics importants sont achetés par eux». A la fin du XIe siècle ont été crées de « grandes coalitions patronales, ou trusts […] pour empêcher l'avilissement des prix et pour limiter les revendications ouvrières. Cela les a conduit à organiser, dans chaque catégorie, un contrôle presque total de la production». Ces groupements ont organisé « le débauchage des grands fonctionnaires [,qui] ont su que, s'ils fermaient les yeux sur l'action des grands patrons, ils pourraient obtenir des situations de premier ordre. Un fonctionnaire qui gagnait 50 000 frs au service » de l'état était engagé par eux, avec un traitement de 500 000 frs et bien au-delà, c'est ainsi qu'ils ont ''possédé'' l'Administration française et pris à l'état ses meilleurs fonctionnaires. […] Ils ont pris 70% des sénateurs en leur donnant des places dans les conseils d'administration. Des députés sont devenus avocats conseils des grandes compagnies. Mais les jeunes normaliens, les jeunes professeurs des facultés de droit devenaient socialistes. Le comité des forges organisa le recrutement des meilleurs élèves des grandes écoles, et il les casa, à leur sortie de l'école, à la tête de syndicats avec de gros appointements.

La presse pouvait gêner le haut patronat, il en organisa systématiquement la corruption. Contrôlant les agences de publicité et les messageries de journaux, il contraignit les journaux à un déficit permanent, et leur agents spéciaux, que l'on nomme distributeurs de publicité, mais qui sont, en fait, des organisateurs de silence, apportèrent aux aux journaux des subventions qui comblaient leur déficit et les mettaient à leur merci. En trente ans, le haut patronat français a acquis le contrôle de toute la presse, de l'action française au populaire.

Le haut patronat comprend ce que l'on appelle les ''Deux Cents Familles''. Mais il va bien au-delà. Ses états-majors de premier rang représente cinq mille administrateurs et techniciens, parmi lesquels se recrutent les grands commis qui deviennent parfois les chefs de ces organisations. De cet ensemble directeur dépend ce que l'on appelle «Le Monde » qui vit des dividendes distribués par les trusts. C'est avec « Le Monde » que le haut patronat gouverne les lettres, les arts, l'armée, une partie du monde ecclésiastique, les salons tenus par les grandes dames « du Monde » dont les Académiciens, les Évêques et les généraux.

La police est à la disposition du haut patronat. Aucune grande mesure de police n'est sans concert entre le Préfet de police et les grands Chefs des trusts. Ceux-ci ont, en outre, des hommes à eux parmi les grands fonctionnaires de police. Ils ont enfin, leur propre police; tous les syndicats patronaux leur fournissent automatiquement tous renseignements politiques, économiques ou sociaux.

L'État d'aujourd'hui n'est rien devant les trust. Ni l'État de Lebrun, de Daladier, de Paul Reynaud, ni l'État de Pétain ni de Laval ni ceux de Mussolini, d'Hitler ou de Roosevelt. Derrière tous les Rois, chefs d'État et ministres, il y a le haut patronat, dont le public ne connaît pas les chefs, qui n'aiment pas à se faire connaître». Trônent en son sein les Comités des Forges et des houillères « de beaucoup les plus riches, et qui, sous le contrôle des grande familles, dont la plus puissante est celle de Wendel, sont dirigés par deux grands commis de haute valeur,k Lambert-Ribot pour le Comité des Forges et de Peyerimhoff pour les houillères. Servant de les trusts, lesdeux grandes banques d'affaires, la banque de Paris et des Pays-Bas, présidée par Moreau (ancien gouverneur de la banque de France) et l'Union parisienne (où régnait Schneider du Creusot). Toutes les banques catholiques, juives, protestantes, sont associées aux trusts. Les […] plus actives dans la politique des trusts ont été la Banque de l'Indochine, avec Baudouin (ancien ministre des affaires étrangères) et la Banque Worms, dirigée par Hyppolite Worms, […] la grande organisatrice des gouvernements de Vichy ».8


  1. Rapport cité, sans (sd), 1942 ou 1943, avec « appréciation de XP/150 » (RG), août 1943 : « Assez fantaisiste » mais contenant « des indications dont certaines mériteraient une enquête et des recherches attentives » F7 15343, AN.


 

Ecrit par Yoj, à 22:24 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires :

  satya
12-04-09
à 13:24

il y a une vidéo intéressante sur ce thème d'annie lacroix riz qui était sortie en 2008.
Répondre à ce commentaire

  Totof
12-04-09
à 13:35

Re:

salut,
Je ne comprends pas la note 8. De même, les guillemets contenus texte me perdent. Du coup, je ne comprends pas qui a écrit ce texte. Est-ce Annie Lacroix-Riz ou est-ce une archive?
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  satya
12-04-09
à 14:10

Re:

c'est un extrait de son livre, donc la note 8 y est incluse.
m'enfin c'est ce que j'ai compris :)
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  satya
12-04-09
à 14:11

Re:

Les […] plus actives dans la politique des trusts

ça effectivement ce n'est pas compréhensible!
Répondre à ce commentaire

  Yoj
12-04-09
à 17:14

Précisions

Salut à Zot,

En effet, il s'agit de l'archive d'un rapport des RG sans date (sd) - de 1942 ou 1943 - d'ailleurs cet ouvrage d'histoire est basé sur un travail d'archives et en comporte 3500 (pour la majeur partie des RG et police, mais aussi des fonds diplomatiques : Allemagne, RU et USA).
Ceci dit il y a quelques erreurs dans la retranscription du texte, j'en suis vraiment désolé :
Paragraphe 2, 3ème ligne - XIXè siècle et non XIè ...

"Le Choix de la défaite" est un ouvrage qui met au jour la synarchie (qu'on pourrait définir comme le règne des princes), définit en cinq groupes, l'armée, les politiques, les médias, les industriels et les financiers - qui par peur du socialisme et pour en finir avec le parlementarisme a organisé la corruption systématique des élites dans toutes les sphères de la "démocratie". La synarchie finançait des mouvements clandestins tels que X-crise, E 1950 (Empire 1950), mais aussi des syndicats d'extrême droite et partis (la cagoule Parti social français...),  et contrôlait de grandes figures de la SFIO au syndicats ouvriers. Cette organisation a préparé la "défaite de la France" et placé Pétain au pouvoir. "Le choix de la défaite" a été suivi d'un autre ouvrage traitant de la période 1938/1940, de la même auteure "De munich à Vichy - l'assassinat de la troisième république" toujours chez Armand Colin.
"Le choix de la défaite" nous permet de comprendre le système politique dans lequel nous vivons aujourd'hui, puisque selon les sources de l'auteure la synarchie était composée d'environs 600 membres à l'aube de la guerre et de presque 2000 membres à la fin de celle-ci, on y retrouve des noms connus comme par exemple Edmond Giscard d'Estaing (cagoule) - son fils sera président.

Je vous recommande sa lecture, mais je dois vous prévenir que c'est un pavé, et ce pour deux raisons, d'une part il démontre l'existence de la synarchie (la version scolaire est toute autre) et d'aurte part il est énorme en volume de lecture (600 pages et petits caractères). A noter que ce livre coûte quand même une quarantaine d'euros.

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  Totof
12-04-09
à 21:05

Re: Précisions

salut,
Yoz, merci pour tes explications.
Satya, ça me rappelle une discussion qu'on a eu il y a un certain temps à propos du cercle Bilderberg (pour ceux qui ne connaissent pas, tapez le sur un moteur de recherche), si je me souviens bien. Tu n'étais pas d'accord avec moi quand j'affirmais que nous faisions actuellement face à un complot, le complot d'une classe sociale, la bourgeoisie, contre le reste de la société. J'affirmais que cette classe se concerte en secret de manière à nuire au reste de la société, plus exactement, de manière à exploiter les peuples. Ce qui me faisait dire (de mémoire) que nous faisions face à un complot mondial (alors là, je sais que je marche sur des oeufs mais tu remarques que je ne fais pas appel à une catégorie fantasmagorique genre "complot judéo-maçonnique". Ma crainte est que si nous n'identifions pas correctement les causes du mal, nous ne pourrons pas en venir à bout). Que penses-tu de l'étude d'Annie Lacroix-Riz quand elle-même évoque un complot?
tchao
Totof
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  leobilski
12-04-09
à 21:26

Re: Précisions

pardon pour ce message personnel mais Yoj vivrait comme moi à la Réunion
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  satya
13-04-09
à 00:02

Re: Précisions

hehe, yoz et toz c'est trognon ;)
blague à part, j'ai signalé la vidéo car je trouve les recherches de cette femme vraiment intéressantes; j'ai appris plein de choses avec elle et je pense qu'il est grand temps de parler de tout cela.
je me souviens de notre conversation en effet.
que l'oligarchie politico-financière industrielle trahisse les peuples n'est vraiment pas nouveau; nous leur devons beaucoup de morts et beaucoup de souffrances et c'est loin d'être fini.
on ne peut pas dire qu'ils s'en cachent aujourd'hui moins que jamais!
je ne suis pas mme soleil, je sais seulement que nous avons atteint un niveau de crise mondiale très dangereuse et que comme toute période dangereuse, il existe aussi des espaces de liberté qu'ils nous faudra envahir, occuper pour vivre.
je pense que nous devons rester lucides et être attentifVEs.
quel sera le niveau de conscientisation des personnes, leur niveau de peur et de lavage de cerveau, nous le verrons sous peu car tous les jours la situation se dégrade encore plus.
ils veulent maintenir leur système à tout prix et ils n'hésitent jamais à nous faire payer non seulement par la soumission mais aussi par le sang, l'histoire est longue...
ils nous emmènent vers des combats inévitables en mettant les populations le dos au mur, de plus en plus les gens n'ont plus de choix autre que l'affrontement direct; c'est ce qu'ils veulent leur faire croire en tous les cas, j'espère justement que de plus en plus de personnes vont réaliser qu'elles ont le choix et qu'en faisant ces choix elles plomberont leurs pouvoirs, leur manipulations.
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  TOLKIEN
13-04-09
à 14:29

Re: Précisions



sans forcément vouloir utiliser le terme aujourd'hui galvaudé et tendencieux de "complot" ont peut toutefois affirmer qu'historiquement et systèmatiquement le machiavelisme à toujours été propre à toute forme de structure ou de pouvoir hiérarchique.

Depuis les premiers empires sumériens, egyptiens, babyloniens et romains, l'histoire nous démontre en effet que dans les coulisses du pouvoir de nombreux complots sanglants liés à certains interêts de pouvoir corporatistes existaient déja mais étaient beaucoup plus visibles qu'aujourd'hui (voir antiquité grec et romaine, et la conivence du roi de france avec le pape dans l'affaire des templiers au moyen âge, etc...)
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  Rakshasa
17-04-09
à 20:23

Re: Précisions

Voilà bien une historienne à prendre avec des pincettes. C'est une marxiste-léniniste et elle revendique l'héritage stalinien.
Néanmoins, sans avoir lu son bouquin, cela semble s'accorder avec les écrits du libertaire Daniel Guérin dans "Fascisme et grand capital", qui abordait déjà la question du financement et de la mise en place des fascismes et nazismes, par les gros industriels en Allemagne et aussi par les grands propriétaire terriens en Italie.
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