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La richesse sociale doit appartenir à ceux qui l’ont créée
--> Le Libérateur - n°2 - février 1834
Si on examine quelles sont les sources de la richesse sociale, on trouve qu’elle réside exclusivement dans l’intelligence et le travail. C’est en effet par le travail et l’intelligence que la société vie et respire, grandit et se développe, et si ces deux forces se retiraient d’elle un seul instant, elle tomberait aussitôt en dissolution, et tous ces membres périraient comme par une soudaine catastrophe.
Mais ces forces ne peuvent agir qu’à la condition d’un troisième élément, inerte par lui-même, et qui sert d’instrument entre les mains des hommes d’intelligence et de travail pour entretenir la vie de la société. Cet élément, c’est le sol.


Il semble donc que le sol doit appartenir à tous les membres de la société qui, de tout leur efforts combinés, exploiteraient les richesses qu’il recèle dans ses entrailles. Cela n’est point. Des individus se sont emparés par la ruse et la violence de cette terre commune que nous foulons de nos pieds et, s’en déclarant les possesseurs exclusifs, ils ont établis par des lois qu’elle serait à jamais leur propriété et que ce droit de propriété deviendrait la base de la constitution sociale ; c’est-à-dire qu’il dominerait tous les droits de l’humanité et qu’il pourrait au besoin les absorber tous ;que, par exemple, il serait dérogé au droit de vivre, que chaque homme apporte en naissant, si ce droit, qui est le droit de tous, heurtait en quelque chose le droit de propriété du petit nombre privilégiés. Puis ce droit de propriété s’est étendu du sol à d’autre instruments de travail qui s’y rattache s’en en faire partie intégrante et qu’on peut appeler du nom générique de capitaux. Or, comme le sol et les capitaux, stériles d’eux-mêmes, n’acquièrent de valeur que par le travail, mais que, d’un autre coté, ils sont ici-même les matières premières qui doivent mettre en œuvre les forces actives de la société, il arrive que l’immense majorité des citoyens entièrement exclus du partage se voit forcé de féconder péniblement un sol dont elle ne récolte point les produits, et d’engraisser de ses sueurs une oisive minorité qui recueille tout. Aussi, les instruments ou les fruits du travail n’appartiennent [pas] aux masses qui travaillent, mais à une aristocratie usurpatrice qui consomme mais ne produit pas. La sève des arbres est absorbées par un luxe de feuilles et de branches gourmandes, au détriment des rameaux fertiles qui s’étiolent et se flétrissent. Le miel élaboré par les abeilles est dévoré par les frelons.

Tel est notre ordre social, fondé originairement par la conquête, qui a divisé les populations en deux catégories, les vainqueurs et les vaincus, réservant aux premiers la propriété exclusive du sol et transformant les autres en un vil bétail déstiné uniquement à labourer et fumer les terres de ces monstres. La conséquence logique d’une pareille organisation, c’est l’esclavage, et nous voyons que le principe de propriété consrtuit d’après une telle ruse n’a pas manqué d’amener cette conséquence. En effet, le sol ne tirant sa valeur que du travail, il est arrivé que du droit de posséder le sol, les privilégiés ont conclu le droit de posséder aussi ceux qui le fertilisent, et qu’ils les ont considérés d’abord comme le complément de leur propriété matérielle, puis, en dernière analyse, comme une propriété personnelle tout à fait indépendante du sol. Toutefois le principe d’égalité, qui travail lentement à détruire sous toutes ses formes l’exploitation de l’homme par l’homme, porta le premier coup à ce droit sacrilège de propriété, en brisant l’esclavage domestique. Il fallut alors que le privilège se réduise à posséder les hommes non plus à titre de meuble mais seulement comme un immeuble qui appartenait à la propriété et non au propriétaire, qui se transmettait avec elle et ne pouvait en être séparé. [encore avons nous vu le droits des propriétés] reparaître au XVème siècle dans toute sa barbarie, en rétablissant pour les nègres l’esclavage absolu, qu’on [a réussi à] maintenir comme un outrage permanent à l’humanité. Car aujourd’hui les habitants d’un territoire réputé français possèdent des hommes qui sont leurs biens au même titre qu’un cheval ou un habit, c’est-à-dire en vertu du droit de propriété.

Louis Auguste Blanqui
Ecrit par lab, à 09:57 dans la rubrique "Social".



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