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La marchandise contre la citoyenneté

Il est de bon ton, par les temps qui courent, de se gausser du terme « citoyen » qui fait aux yeux de certain-e-s un peu vieillot et poussiéreux. Il faut dire que le terme a été largement galvaudé, détourné (il n’est pas le seul) par des personnages politiquement peu recommandables. Mais même, dans la bouche de personnages au dessus de tout soupçon il flotte, à son évocation, un parfum d’anachronisme.



Comme celles et ceux qui critiquent la défense des droits de l’homme on inventé par dérision le néologisme de « droit-de-l’hommisme », celles et ceux qui tiennent pour obsolète la citoyenneté, ont crée le « citoyennisme » faisant ainsi de la défense de la citoyenneté un idéologie dérisoire et dépassée.

Leur erreur c’est que leur critique de la citoyenneté se fait au nom de valeurs qui justement fondent celle-ci, montrant ainsi qu’ils n’ont rien compris ce qu’est véritablement la citoyenneté et n’ont pas fait l’effort nécessaire à l’analyse indispensable à la compréhension de l’ambivalence au centre de laquelle elle se trouve.


CITOYENNETE ET SALARIAT


Le citoyen n’est pas un être abstrait, c’est d’abord et avant tout un « être social », c'est-à-dire un individu qui se situe, et n’existe, que dans une relation sociale à/aux l’autre/s. La citoyenneté n’a de sens véritable qu’au regard de la nature de cette relation sociale. C’est elle qui en dernière analyse est déterminante. Dissocier les deux, la citoyenneté et le statut social, c’est diluer la réalité de ce qu’est l’individu dans une « vision borgne » source de toute les interprétations et dérives.

Il est vrai que tout le discours officiel, et en général celui des politiciens, sur la citoyenneté, est purement mystificateur. Celui-ci en effet ne retient de la réalité sociale que ce qui l’arrange, autrement dit ce qui arrange et est conforme aux intérêts du système marchand. Par exemple il nie la précarité et les conditions salariales, ou les considère comme « naturelles » et « intransformables » et met l’accent sur le statut de citoyen qui, en principe, fait de l’individu le fondement de tout pouvoir. Ainsi, il ne reste plus, aux yeux du discours officiel que « le citoyen », être doté de tous les pouvoirs et donc « responsable » de la situation qui est la sienne. Or, réduire l’individu-social au simple citoyen est une mystification. C’est en effet faire fi de la réalité sociale qui constitue l’essence même de l’existence de tout individu. Cette réalité sociale est déterminée par le rapport marchand dans lequel domine le rapport salarial. Et que stipule ce rapport ? Que la force de travail de chaque individu se négocie sur un marché dit « du travail », qu’elle n’est utilisée que si le système de production en a besoin, les conditions de l’embauche dépendant donc d’une chose étrangère au salarié : les conditions de valorisation du capital. Cette réalité économique relativise grandement la réalité politique qui fait de chaque individu un citoyen.

Cette contradiction éclate de manière dramatique dans le cas du chômeur et/ou l’exclu. En effet, comment concilier un statut social totalement « excluant » et un statut politique parfaitement « intégrant » ? Que signifie le statut de citoyen pour un individu qui n’a plus les moyens de gagner sa vie au nom des intérêts d’un système dont on lui dit qu’il est le fondement du pouvoir ????


LA CITOYENNETE FAIRE VALOIR DU SYSTEME MARCHAND


Cette dissociation, du statut de citoyen du statut de salarié, est systématique de la part de l’Etat, et pour cause. Elle permet en effet de créer et de maintenir le mythe du respect des valeurs qui fondent la citoyenneté : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, dans une société qui, par ses principes de fonctionnement économique ne peut que les nier. On comprend dés lors pourquoi tout le discours politique est essentiellement axé sur la notion de citoyenneté. C’est elle qui, dans l’idéologie de la démocratie marchande doit non seulement constituer l’essence même des rapports entre les individus, mais aussi doit justifier le fait que l’on ne touche pas à ce qui est pourtant essentiel : les rapports marchands de production et de distribution des richesses.

Ces rapports étant déclarés « naturels » et donc intouchables toute la dynamique sociale s’élabore sur un mythe, celui de la citoyenneté.

L’action citoyenne, la pratique citoyenne, se résumant quasi exclusivement à l’élection de représentants, le système se reproduit en donnant l’illusion d’un changement alors que seul le personnel politique change, laissant intact ce qui détermine en fait la vrai nature de la société : les rapports sociaux.

Du fait de la dégradation des conditions sociales (exclusion, remise en question des acquis sociaux, juridiciarisation des conflits,…), la citoyenneté apparaît, à juste titre, comme un élément de la mystification sociale puisqu’elle est un véritable « faire valoir » d’un système qui opère derrière ce paravent. En fait ce n’est ni elle, ni les valeurs qui la définissent qui sont à condamner mais le système qui l’utilise… « ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ».


COMBATTRE POUR LA CITOYENNETE C’EST COMBATTRE CONTRE LA MARCHANDISE


Le combat pour la citoyenneté n’est donc pas un faux combat ou une lutte dérisoire. Combattre pour la citoyenneté c’est se battre pour le respect de valeurs, d’une éthique fondée sur le respect de l’individu. Mais ce combat ne peut évidemment pas se faire en dehors de toute critique du rapport marchand qui le dénature. Elle ne peut d’ailleurs se faire qu’en combattant ce rapport marchand. Les véritables défenseurs de la citoyenneté ne sont pas celles et ceux qui l’on pris comme porte drapeau pour aggraver les conditions sociales des citoyens-nes. Leur puissance médiatique et leur pouvoir de pollution idéologie donnent l’illusion de la pureté de leurs intentions et de la justesse de leurs positions. Il n’y a qu’à cependant voir leur pratique du pouvoir politique pour mesurer le gouffre entre l’illusion qu’ils donnent et la réalité de ce qu’ils sont et font.

Le combat pour la citoyenneté est indissociable du combat contre la marchandise. Une des illustrations concrètes de cela est la lutte pour la défense du service public (voir l’article « LUTTES SOCIALES ET DEFENSE DU SERVICE PUBLIC »), cette lutte montre en effet comment les conditions de la production marchande sont en parfaite contradiction avec le respect des individus, donc en parfaite contradiction avec les valeurs qui fondent la citoyenneté.

La défense de la citoyenneté est indissociable de la lutte contre la marchandise.



Ne nous trompons donc pas de combat. Agissons en connaissance de cause. Ne nous laissons pas mystifier au nom d’une juste démystification que nous devons mener. Les valeurs qui fondent la citoyenneté sont nos valeurs mais elles ne prendront un véritable sens social, une signification politique que dans le cadre de rapports sociaux en conformité avec leur éthique. A nous de les construire pour faire vivre cet idéal.

Patrick MIGNARD

Ecrit par , à 08:20 dans la rubrique "Pour comprendre".

Commentaires :

  Anonyme
02-09-04
à 05:19

Allez, je donne une définition de dictionnaire de "citoyen-enne":
membre d'un Etat considéré du point de vue de ses devoirs et de ses droits civils et politiques.
Donc ne défendons ni la citoyenneté, abolissons l'Etat
et combattons la marchandise pour abolir le capitalisme.
Sacré Patrick, toujours à trimbaler tes concepts soce-dem et défendre des valeurs dont ne voudrait pas le plus "anar de base"! Je vois que les vacances ne t'ont pas fait perdre tes vieux rêves de renouveau républicain.
L'année prochaine on te fera des mots-croisés pour que tu puisse réviser tes définitions sur la plage et qu'un jour peut-être tu franchisses le pas de la volonté d'émancipation. Sacré défenseur de l'Etat!
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
02-09-04
à 05:34

La rentrée du citoyen Patrick

Ah! j'oubliais, la définition de "citoyen-ne" vient du Petit Larousse.
Sacré Patrick!
Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 08:51

Re:

Allez, je donne une définition de dictionnaire d' "anarchie": "Etat de trouble de désordre du à l'abscence d'autorité politique, à la carence des lois" "Etat de confusion générale".

Donc il faut prêcher le désordre généralisé.

Sacré anonyme, toujours à croire ce qu'il y a dans les bouquins, et même dans le dictionnaire... pour un anarchiste c'est pas mal !
Je vois que les vacances ne t'on pas eclairci les idées.

L'année prochaine, je propose de ne surtout pas prendre un dictionnaire pour y apprendre les définitions qui y sont inscrites et te propose de faire toi même la démarche de définir les concepts que tu utilises.

Sacré farceur.
Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 08:54

Re: La rentrée du citoyen Patrick

Ah ! j'oubliais, la définition vient du "Petit Larousse" 2000-page 64.

Sacré anonyme !
Répondre à ce commentaire

  Anonym3
02-09-04
à 11:09

Re:

diogéne se revendiquait "citoyen du monde", il me semble...
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
02-09-04
à 12:23

Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Sacré Patrick! Toujours à tout déformer à son avantage! Et tu peux en donner une autre de définition du citoyen? Tu connais un tas de citoyens qui s'accordent sur une définition autre que le Larousse. Et puis regarde la définition n°1 du Larousse de l'anarchie, sacré Patrick, ils le disent, il faut aller voir à anarchisme! Et tu veux savoir ce qu'ils disent à anarchisme?
anarchisme: "n.m.doctrine politique qui préconise la suppression de l'Etat et de toute contrainte sur l'individu.syn: anarchie."
Sacré Patrick! Toujours à vouloir jouer au plus malin, à celui qui sait mieux! Sacré citoyen!
Allez, pour te cultiver un peu je te conseille la lecture de Gaston Couté, un poète anar du début du 20eme. Ses poemes "Môssieu imbus" ou "les électeurs" te vont comme un gant.
Tu peux les lire sur:http://www.chez.com/gcoute/
Sacré Patrick! Aux armes citoyens! armez vos bataillons!
Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 13:49

Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Mais je ne déforme rien du tout... je ne prend pour référence que tes propres références, en l'occurence le LAROUSSE que tu as cité le premier... tout ça pour te montrer qu'il faut se méfier des "définitions officielles".

Je suis d'accord avec toi sur la définition que tu donnes de l'anarchie mais soyons sérieux, le dictionnaire des anarchistes n'est tout de même pas celui que l'on retrouve le plus souvent dans les cartables des écoliers et dans les bibliothèques scolaires et familiales. Pour la plupart des gens c'est celle du Larousse qui prime,... tu t'en fout peut-être mais c'est cela la réalité... il y a donc quelques précautions à prendre si l'on veut être compris.

Quant à la définition du terme "citoyen" il a été également suffisamment galvaudé pour se préter à toutes les définitions. Quand on l'emploie, encore faut-il savoir exactement ce que l'on y met derrière... tout comme "anarchie".
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  Anonyme
02-09-04
à 13:55

Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Patrick, la définition que je te donne d'anarchie vient du Larousse! Il y est dit que pour le premier sens d'anarchie il faut aller voir à anarchisme. Cette définition sort d'un cartable d'écolier!
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  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 14:21

Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Exact... autant pour moi... toutes mes excuses.
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
02-09-04
à 14:46

Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Bah, c'est pas grave, ça arrive à tout le monde, surtout en ces temps de confusion généralisée. Bon, néanmoins la question de la préservation de l'Etat se pose régulièrement à la lecture de tes textes. Tu sembles comme je le disais plus haut de manière ironique, pour une sorte de renouveau républicain ou quelque chose dans le genre. Je dis ça en croisant la lecture de plusieurs de tes textes. Pourrais-tu approfondir cet aspect là de ta "démarche".
Comme tu l'auras compris, pour ma part, comme tout bon anar qui se respecte, je suis pour l'abolition du système étatique au profit d'un système de fédération de Conseils de Démocratie Directe (CDD). Cette dernière tendance pour les conseils est personnelle, d'autres anars sont pour d'autres manières d'autogouverner et d'autogérer. Donc ne t'attend pas forcemment à des approbation en faveur de l'Etat de la part d'un anti-étatiste et anti-hiérarchiste convaincu. J'ai plutôt tendance à préférer les projets d'avenir...
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  Anonyme
02-09-04
à 16:43

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Choisir de mettre en avant le terme de "citoyen" (comme choisir le terme de marchandise)c'est choisir un terme consensuel qui favorise les confusions.

C'est précisemment pour cela que les étatistes l'utilisent. Ils jouent sur l'ambiguité du terme(un sens positif: la participation à la vie de la cité et un sens autoritaire: le citoyen sujet de l'Etat) pour ratisser large.Mais en définitive, c'est bien les intérêts de l'Etat que la notion favorise.
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  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 18:30

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

La question de l’Etat est à la fois simple et compliquée.

Simple parce qu’il est évident, (quoique l’immense majorité en est loin d’être convaincue) et l’on sera d’accord là-dessus, l’Etat est, pour faire vite, l’expression politique des rapports sociaux dominants. En ce sens la remise en question des rapports sociaux remet en question l’Etat.

Compliquée parce que se pose deux questions : comment se détruit l’Etat ? puis, quelle structure, quel système se met en place ?

Je n’ai pas d’avis tranché sur la question, en ce sens que pour répondre à la question je me réfère à ce que peut-être une dynamique de changement social. Pour être plus clair, les structures de production et d’échange qui apparaîtrons et qui seront discutées détermineront le système à mettre en place. Je pense que le système étatique tel qu’il existe aujourd’hui est absolument incompatible avec cette dynamique et sera rendu obsolète par la dynamique sociale de changement (l’Histoire nous montre comment change les structures étatiques)… maintenant, ce que sera le nouveau système je ne sais pas. Fédération probablement, de conseils ou autres, certainement… y aura-t-il un système de représentation ou pas, je ne sais pas… démocratie directe ? faudra voir comment ça fonctionne ! Je pense qu’il ne faut pas partir sur des schémas stricts et préétablis, mais, tout en étant évidemment ferme sur des principes, permettre une structuration qui convienne à l’ensemble. Evitons tout sectarisme, toute idée arrêtée, qui conduit inévitablement à l’autoritarisme.

Pour ce qui est des termes comme « marchandise » ou « citoyen »… je ne partage pas tout à fait ton point de vue. Dans ce que je dis et écris, ce ne sont jamais des termes « consensuels » à priori, en ce sens qu’ils ont un sens précis. Je pense qu’il est indispensable de redéfinir les termes, et en particulier ceux là, parce qu’il sont précis. Une de nos tâches est de leur redonner leur véritable sens. Redéfinissons le terme « citoyen » s’il s’avère qu’il fait référence (ce que je ne crois pas) à l’idée de soumission… je pense que ce terme, même s’il était faisait référence à l’Etat-nation est beaucoup plus large… comme on l’a fait remarquer, on a parlé de « citoyen du monde »… synonyme d’individu libre ! ! !
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  Anonyme
02-09-04
à 19:03

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

D'accord avec toi sur le processus révolutionnaire.


En ce qui concerne l'emploi du mot citoyen, n'oublions pas que Ernest-Antoine Seillière est aussi un citoyen. Toutes les personnes de nationalité française peuvent se prévaloir du titre de citoyen, quelle que soit leur classe sociale, leur place dans les rapports de production et dans la division du travail politique. L'égalité citoyenne, la belle arnaque qui occulte la lutte des classes!
Répondre à ce commentaire

  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 19:25

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Tu as raison… Sur un plan juridique et constitutionnel, nous sommes tous-tes citoyen-e-s, et ce sans distinction de classe, de situation sociale,etc… là réside une mystification que nous devons dénoncer. Il est vrai que ne s’en tenir qu’à cet aspect de la définition de citoyen, occulte les rapports de classes. et donne évidemment une fausse représentation de ce qu’est l’individu dans cette société (d’où d’ailleurs tout le sens de mon texte). Par contre sur un plan éthique, moral, la définition du citoyen ne me gène absolument pas, pas plus que les valeurs sur lesquelles il se fonde.

Je pense que, pédagogiquement, pour être compris, il vaut mieux définir, redéfinir, insister sur le contenu des termes plutôt que de les jeter aux orties sous le prétexte qu’ils sont usés et galvaudés.

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  Anonyme
02-09-04
à 20:18

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Approfon-dire ce qui n'est que superficiel a-t-il du sens ?
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  Patrick MIGNARD
02-09-04
à 20:31

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

"Marchandise" et "citoyen" ne sont pas des concept superficiels, même si leur utilisation, par certaines et certains, l'est.
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  Anonyme
03-09-04
à 08:33

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Patrick, ça fait des décennies que le mouvement anar a fait la critique du citoyennisme. On va pas la refaire, l'expérience ne peut que la renforcer. Alors sincérement, on s'en fout du mot citoyen et de ce qu'il trimbalerait ou pas, parce que le mouvement anar à vraiment d'autres choses à foutre que de réutiliser des concepts qu'il a rejeté depuis longtemps. Je ne prétend pas représenter le mouvement anar, mais celui qui le connait juste un peu, sait très bien que le genre de propositions que tu formules quant à la redéfinition de ce vocabulaire, personne n'en veut, à part quelques amis ou connaissances à toi qui sont bons public. On va pas tirer non plus un trait sur l'histoire de l'anarchisme comme ça juste pour s'amuser à refaire un nouveau dictionnaire où tous les mots seraient beaux et où l'on y mettrait que ce que l'on veut y voir. On va pas essayer de se convaincre que le citoyennisme ça peut être merveilleux alors que l'histoire, les faits, nous ont déjà montré ce que c'est. Pourquoi ne pas donner dans le révisionnisme pendant qu'on y est. Et puis tant qu'à faire, les anars n'ont qu'à se battre pour le renouveau de la République. Ah! mais pas celle qu'on connait, non, non. Celle qu'on redéfinirait. Une république qu'on se réapproprierait, une République avec des valeurs d'anar! Cte blague, qu'est-ce qu'on s'amuserait, hein Patrick?
Faut peut-être arrêter de délirer à un moment. Le milieu anar, et beaucoup de camarades en conviendront certainement, c'est pas que des petzouls qui débarquent. Alors évidemment, tu n'es pas anar, mais ça serait sympa de te remettre à niveau si tu veux réellement contribuer à la construction de la critique sociale et aider au changement de l'ordre des choses.
Sois sympa! instruit-toi un minimum sur les anars, stp. Intéresse-toi au moins aux gens avec qui tu converses régulièrement sur ce site anarchiste, stp, ça nous éviterait de devoir, primo te supplier de te cultiver, secundo de croire que tu le fais exprès de pondre des textes soce-dem juste pour voir quelques anars de bonne volonté t'expliquer le b.a-ba de l'anarchisme.
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  Anonyme
03-09-04
à 10:23

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: La rentrée du citoyen Patrick

Les étatistes jouent sur l'ambiguité du terme "citoyen" parce que la force de l'Etat repose à la fois sur des citoyens obeissants et sur des citoyens qui participent, qui légitiment et qui relaient.

L'Etat doit trouver un équilibre entre deux nécessités, l'obeissance et la participation,,parfois contradictoires mais plus souvent complémentaires. D'où la grande utilité du citoyennisme.
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  Yvan Grozny
03-09-04
à 11:19

Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

Citoyenneté? Oh, le vilain mot pas beau!

Au sein du mouvement libertaire, des militants utilisent toujours le concept de citoyenneté. Et pas besoin de remonter à Mathusalem, puisqu'au sein du Réseau No Pasaran, par exemple, certains militants ont développé le concept de "citoyenneté active", par opposition à la citoyenneté passive, celle qui ne s'exprime que par la "représentation démocratique" des urnes d'une part, et la consommation d'autre part. A ce titre, on peut se replonger dans les anciens numéros de No Pasaran, ou dans un Reflex contenant un dossier spécial à ce sujet, datant de 1992, si mes souvenirs sont exacts.

Sur ce, je demande sollenellement à la Cour de suspendre toute poursuite contre le présupposé coupable de mauvaises intentions, j'ai nommé Patrick Mignard.
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  Yvan Grozny
03-09-04
à 11:25

Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

"Ne nous trompons donc pas de combat. Agissons en connaissance de cause. Ne nous laissons pas MYSTIFIRE AU NOM D'UNE JUSTE DEMYSTIFICATION QUE NOUS DEVONS MENER. Les valeurs qui fondent la citoyenneté sont nos valeurs mais elles ne prendront un véritable sens social, une signification politique QUE DANS LE CADRE DE RAPPORTS SOCIAUX EN CONFORMITE AVEC LEUR ETHIQUE. A nous de les construire pour faire vivre cet idéal."

Ca semblait pourtant clair. Le grand tort de Patrick Mignard est sûrement d'avoir signé de son nom propre...
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  libertad
03-09-04
à 11:27

Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

Je demande à la cour de considérer que si Patrick Mignard n'est pas anarchiste, aucun élément ne prouve qu'il est social démocrate et donc de l'acquitter de cette accusation dont aucune preuve n'est apportée et de pousuivre le débat sur le fond
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
03-09-04
à 15:40

Re: Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

Que le réseau no pasaran reprenne le concept, ce n'est pas étonnant:ils reprennent régulierement les nuisances idéologiques à la mode(Empire, Multitude, altermondialisme..)

Cela n'enlève rien au fait que le citoyen est d'abord le sujet de l'Etat et que l'égalité républicaine censée se manifester par la citoyenneté n'est qu'une grossiere supercherie.

Mais l'Etat a aussi besoin de gens qui participent, donc de citoyens actifs...
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  Anonyme
03-09-04
à 17:43

Re: Re: Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

A ma connaissance, Jacques Ellul est, avec Chomsky, celui qui a le mieux analysé la propagande. Voici ce qu'il écrivait il y a plus de quarante ans sur le sujet qui nous préoccupe, plus que jamais d'actualité:

"La propagande est, suivant les circonstances, créatrice de politisation ou de privatisation. Tout d'abord, il est évident que la propagande doit amener l'individu à participer aux activités politiques, a s'y dévouer. Elle ne peut être efficace que si derrière l'homme s'est découvert le citoyen, que si l'individu a la conviction que son sort sa vérité, sa légitimité, sont liées à l'activité politique, ou même davantage: qu'il ne s'accomplit que dans et par l'Etat, qu'il ne trouve une réponse à son destin que dans la politique.A ce moment, l'homme est une victime parfaitement préparé a subir toute impulsion de propagande."

"Un Etat moderne ne peut fonctionner que si les citoyens lui apportent leur appui. Cet appui ne peut être obtenu que si l'on combat la privatisation, si l'on arrive par la propagande à politiser toutes les questions, à passionner les individus pour les problèmes politiques, a les convaincre que tel est leur devoir."

Répondre à ce commentaire

  Anonyme
03-09-04
à 17:51

Re: Re: Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

Aux citoyens copains de Patrick!
Vous avez raison, les anars sont vraiment des ...
Ils disent que des conneries depuis 150 ans
Mais heureusement vous êtes là, la bande à Patrick,
Pour les remettre dans le droit chemin, le votre.
Le politburo qui use d'ironie en inversant les rôles,
A décidé qu'a partir d'aujourd'hui, toute reflexion,
Issue de l'histoire anarchiste
Sera suspectée d'autoritarisme, surtout si elle va à l'encontre,
Des principes et pratiques du vieux monde et de la République.
Répondre à ce commentaire

  Anonym3
03-09-04
à 19:08

Re: Re: Re: Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée puriste "plus libre que moi, tu meurs"

A ma connaissance, Jacques Ellul est, avec Chomsky, celui qui a le mieux analysé la propagande.

Mais qui a donc analysé la propagande de chomsky ?
C'est une chose intéressante à lire, et ça existe en partie...
Répondre à ce commentaire

  Anonym3
03-09-04
à 19:23

Re: Re: Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste

Le fond ne serait il pas justement la question des mots utilisés?
Les anarchistes ont un vocabulaire particulier (+/- différent selon la tendance, mais basé sur des principes politiques, chose qui les réunissent) basé sur une longue histoire, la mouvance, disons, "altermondialiste" (sauce attac, bové et compagnie) a son vocabulaire particulier aussi. L'utilisation de "marchandisation" ou de "citoyen", pour lutter contre l'un et se battre pour l'autre, n'améne pas les armes critique contre un monde qui nécéssite des moyens politiques pour se défendre. et dire maintenant les moyens à mettre en place appartiennent aux citoyens, c'est se refuser au débat de "qu'est ce tu veux?", donc des moyens possibles d'organisations de la déstruction de ce systéme moribond.
Le fond ne serait il donc pas justement la question de l'idéologie?
Car faire de la contre idéologie/de la contre propagande idéologique, c'est bien (ce que fais P.M), mais il n'y a décidemment rien de politique dans cet article. Il y a un dicton qui dit "si tu ne fais pas de politique, la politique le fera à ta place". l'anarchisme est fondamentalement politique. On ne se bat pas que contre ce systéme, on se bat aussi pour une autre forme d'organisation politique, sociale et aussi économique, et il y a une profusion de proposition organisationnelle dans le mouvement anarchiste (selon les tendances), qui datent ou non, mais qui sont toujours valables.
Alors que le texte pose une réalité, une analyse de la situation avec en toile de fond, "il y a un faux citoyennisme" et d'autre part "il y a un vrai citoyennisme" et il faut se battre pour "le vrai citoyennisme" et contre "la marchandisation", et ceci en faisant de la bouillie idéologique (qui peut plaire aux socialistes ou aux démocrates) sans poser de moyens politiques, ça laisse penser que la politique est laissé aux politiques d'État ou aux libertaires, que le meilleur gagne, donc pas de prise de parti (c'est une position apolitique ou technicienne).
Personnellement, je dirais que c'est la position d'un scientifique ou d'un universitaire qui fait une analyse (c'est connu que les scientifiques et/ou les universitaires utilisent le plus possible des mots neutres, bien qu'en fait, ils soient tout, sauf neutres).
Mais bientot, vu le marasme idéologique, culturel et politique dans lequel on est, on va arriver à dire qu'il suffit, de ne pas voter aux éléctions, d'étre contre la marchandisation, d'étre contre le FN, d'étre contre les églises, pour le féminisme et pour la liberté de l'individu, bref d'avoir les bonnes idées pour pouvoir se dire anarchiste, alors que la maitrise de son avenir par des moyens politique, donc matériels, tel le mandatement impératif, l'unanimisme (même si il y a des critiques à en faire), l'abolition du salariat, le fédéralisme des diverses organisations libertaires et/ou révolutionnaires, est elle, franchement plus clair que la lutte pour le vrai citoyennisme... AMHA.

Ce texte déposé par mirobir sur "la communication et ses effets pervers" (http://endehors.org/news/5841.shtml) est vraiment trés intéressant. Ça rejoint d'ailleurs quelque peu la question du signifié et du signifiant quant au mot "citoyen".
Répondre à ce commentaire

  Anonyme
04-09-04
à 03:20

Avec les interventions du club des amis de Patrick, j'avais perdu le fil de tes propos, Patrick (comme quoi ce n'est pas forcemment tes détracteurs qui t'empècheront de t'exprimer ...). Tu écrivais donc "La question de l’Etat est à la fois simple et compliquée", et tu apportait ton questionnement, notamment "comment se détruit l’Etat ? puis, quelle structure, quel système se met en place ? "
En fait, je pense que ces deux questions n'en font qu'une. Il semble que pour détruire l'Etat il faille lui opposer un autre systeme, une autre organisation de la société. Cette nouvelle pratique de la société, imprégnant tous les aspects de la vie pousse alors au pourrissement des vieilles structures. Donc pour s'opposer à l'Etat, il faut dès à présent avoir d'autres pratiques. Il ne s'agit pas de d'abord renverser l'Etat et de ce questionner ensuite sur la manière de s'organiser en société. Il faut donc oeuvrer directement et dès maintenant, en adoptant des pratiques de conseils de démocratie directe par exemple (ça c'est ma proposition, pas une obligation, néanmoins un désir), dans toutes les activités que l'on peut avoir au quotidien au travail, dans les assos, les quartiers...

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  Anonyme
04-09-04
à 03:27

Re:

La nouvelle société émerge alors avec l'extension de ces pratiques et c'est par celles dont elles s'était dotée dès le début qu'elle peut alors encore évoluer. Si ces pratiques ne sont pas suffisament émancipatrices, la nouvelle société voit une autre révolution se profiler à l'horizon ou dans le pire des cas une contre-révolution.
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  Patrick MIGNARD
04-09-04
à 07:04

Re: Re:

Tout à fait d'accord.
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  libertad
04-09-04
à 08:14

Re: Re: Re:

Je pense comme l'anonyme précédent que ces pratiques fondées sur de nouveaux rapports sociaux vont nous conduire vers une certaine forme d'organisation sociale. L'un des acquis théoriques des anars est justement de ne pas distinguer les moyens et la fin et de dire : les moyens que nous allons utiliser vont nous conduire inéluctablement vers un type de société donné. Or il me semble Patrick que dans tes textes si tu ne défininis pas précisément ce que sera l'organisation sociale future ( ce qui n'est pas forcément un mal ), tu ne choisis pas non plus entre les différentes pratiques en gestation dans le mouvement social, ou plutôt tu choisis négativement. Je veux dire que si on lit tes textes, tu critiques les Verts, les trotskystes, ATTAC, les réformistes ( entre pararenthèse je n'ai encore vu nulle part que tu critiquais les anars ) mais il me semble manquer une alternative plus positive, une définition plus claire des moyens parmi ceux proposés par les diférents courants qui interviennent dans la lutte contre le système capitaliste ou marchand, car au fond c'est la même chose.

Je me demande aussi s'il n'y aurait pas une certaine forme d'idéalisme à vouloir renouveller la défintion du concept de citoyen, alors que la pratique sociale qui tourne autour de ce concept ne semble pas être celle que tu souhaites, dès lors pourquoi s'attacher à ce mot qui reste quand même très lié à celui de le révolution française ?

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  Patrick MIGNARD
04-09-04
à 11:03

Re: Re: Re: Re:

Effectivement je ne peux pas définir l’organisation sociale future parce que je ne sais pas ce qui se fera. Par contre je pense qu’il faut définir des principes de fonctionnement et en particulier poser le principe de la non instrumentalisation de l’individu par un autre, la production suivant des principes fondés sur les besoins démocratiquement déterminés et la répartition équitable (je ne dis pas égalitaire) des richesses produites. Je pense que c’est la pratique alternative qui précisera les contours de la société nouvelle.

Je ne critique pas les pratiques ou plutôt la « praxis » des différents mouvements… ils n’en ont pas !. Je veux dire par là, qu’en dehors d’une spéculation intellectuelle ou d’une pratique politique, plutôt politicienne, ils ne font, en tant qu’organisation politique, rien qui aille dans le sens du changement des rapports sociaux.

Quant aux pratiques alternatives ou à tendances alternatives qui existent dans le « mouvement social », j’y ai fait allusion dans mes textes (SCOOP, CUMA, SEL, Rapports directs producteurs-consommateurs,…). Toutes ces pratiques sont a examiner de prés, à évoluer, à perfectionner, certaines à abandonner, à faire connaître, à fédérer… pour en faire un jour une véritables alternatives aux rapport marchands. Je pense que LA pratique politique aujourd’hui est là, essentiellement là.

Concernant le concept de citoyen, on peut y voir de ma part une « forme d’idéalisme », c’est possible. Dans mon esprit il s’agit de tout autre chose… c’est plus un démarche pédagogique (déformation professionnelle diront certains !). Je ne m’attache pas de façon « morticus » au terme mais, le concept de citoyen a un contenu très positif dans le sens des Lumières, dans le sens du respect de l’individu et de sa liberté. Je sais qu’il y a aussi le sens d’appartenance à un Etat-nation avec tout ce que cela implique (voir les commentaires d’Anonyme). Mais je crois qu’en ces temps de remise en question de l’Etat-nation, la partie positive du concept peut (je me trompe peut-être) nous servir dans les luttes qui se mènent et les perspectives de changement que nous souhaitons.
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  Jefferson
04-09-04
à 11:32

Re: Re: Re: Re: Re:

Et puis, au fond, c'est quoi un "citoyen"? Ce n'est qu'un habitant de la Cité, non?
Je ne comprend guère que ceux-là même qui fustigent le terme "citoyen" utilisent le terme "politique": la Cité serait-elle à bannir, alors que la Polis serait acceptable?
Parce que tant qu'à pinailler, autant ne pas le faire qu'à moitié, et pas seulement quand ça arrange le pinailleur...

PS: remarquez qu'à montrer tout le temps Patrick Mignard du doigt, ce sont ses détracteurs qui sont en train de le "stariser": ironie du sort, n'est-ce pas?
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  Anonyme
04-09-04
à 11:43

Re: Re: Re: Re: Re:

La partie positive du concept permet surtout à l'Etat de vitaliser et d'unifier le corps social, de trouver des relais, d'entretenir la mythologie républicaine et donc de souder derrière les représentations dominantes c'est-à-dire derrière les représentations de l'Etat, en l'occurence de l'Etat libéral issu de la révolution française.
La partie positive du concept renforce l'Etat-Nation.
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  Cercamon
04-09-04
à 14:05

Re: Re: Re: Re: Re:

Patrick, il me semble que tu te places dans une perspective, je dirais méthodologique, intermédiaire entre l’individualisme méthodologique et le refus du réductionnisme (autonomie du social), qui serait proche de celle de J.P. Dupuy par exemple (et de sa théorie de l’auto-organisation du social). Pour reprendre ses propres termes, « ce sont les individus qui « agissent » les phénomènes collectifs ».
C’est donc l’éternelle question du matérialisme/déterminisme social (ce qui ne le rend pas forcément prévisible, ce qui est l’élément original de cette théorie).
D’emblée cette perspective implique qu’il ne peut y avoir de projet politique prédéterminé (i.e. connu à l’avance pour obtenir tel ou tel résultat). Ce que Anonym3 pointe avec justesse (comme souvent). D’un certain point de vu, c’est donc normal  que de tels propos, en relation avec la question du déterminisme social et historique, déchaînent les passions chez les anarchistes (par exemple, voir le récent Libertarian Marxism’s relation to Anarchism de Wayne Price, ça fait un mois que je dois relire la traduction que j’en ai faite pour la poster ici, bientôt peut-être). Par contre je suis moins surpris, je dirai même qu’il est naturel, que ce genre de propos soient appréciés par les individualistes, car il donne et légitime l’importance de la pratique individuelle (en gros : « on a le système politique qu’on mérite ! »).

Quand à la réappropriation de termes tels que citoyens, etc. on peut avoir raison de dénoncer la confusion possible. Mais on a raison aussi de lutter contre la constitution d’identités figées. Je trouve qu’une bonne partie de l’animosité dirigée contre P.M. vient de ce qu’il ne s’identifie pas comme anarchiste, et qu’au niveau formel il utilise des termes sensément représentatifs des socio-démocrates. A se demander si cette hygiène linguistique n’est pas symptomatique du fait que l’activité anarchiste est toute dirigée à se constituer en groupe qui ne cherche qu’à affirmer son identité plutôt qu’à « ouvrir » la société…

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  Anonyme
04-09-04
à 14:28

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Et oui, "la partie positive du concept" c'est l'emballage publicitaire, le bon côté propagandiste.
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  Anonyme
04-09-04
à 16:31

Il n'y a pas à se "réapproprier" le terme de citoyen. Il na jamais été à nous:c'est un terme qui a été diffusé par et pour la classe dirigeante.

Ensuite, je ne vois pas en quoi le citoyennisme devrait séduire davantage les individualistes que les autres. Stirner et Nietzche ont largement et très bien démythifier ces conneries républicaines. Le comble, c'est de les voir réapparaitre sur un site anarchiste individualiste.

J'apprecie L'En dehors pour son absence de sectarisme. Mais il ne faut pas confondre absence de sectarisme et conformisme.

Le citoyennisme, c'est le sens du courant, on est dans l'air du temps, on surfe sur la vague. Par contre iL est vrai que prêcher la citoyenneté sur un site anar, c'est être anti-conformiste...C'est ça qui plait aux individualistes?

J'espère que L'En dehors ne deviendra pas L'En Dedans.

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  Cercamon
04-09-04
à 17:04

Re:

je ne vois pas en quoi le citoyennisme devrait séduire davantage les individualistes que les autres

?? J'ai dit que ce qui pouvait séduire des individualistes dans ces propos c'est la relation établie entre pratique individuelle et organisation sociale/politique. J'ai renvoyé la question de l'usage du mot citoyen dans le second paragraphe.

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  Yvan Grozny
06-09-04
à 03:34

Les mots

La liberté est aussi un concept usurpé et diffusé à gogo par la bourgeoisie. La "politique" -comme ç'a été dit plus haut-, et la "démocratie directe" aussi. Pourtant, on ne rentre pas dans le lard de tous ceux qui utilisent ces mots. Tout dépend de ce que l'on y met derrière... Idem pour "anarchiste" et "anarchie".
Et puis, les néologismes, ça sonne comme des aboutissements, des concepts qui se "figeraient" (pour reprendre l'expression de Cercamon). Utiliser le même mot oblige à constamment s'interroger sur la définition particulière qu'on lui donne, en parallèle à la critique que l'on peut en faire dans son sens autoritaire. En ce sens, ça peut aussi être constructif.
Comme il peut être constructif d'avoir des points de vue ne se revandiquant pas anar sur un site qui se présente comme tel.
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  Anonyme
06-09-04
à 07:25

Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

t'as vu ça où que la bourgeoisie utilise les termes "démocratie directe"? Les soce-dem utilisent "démocratie participative" dans laquelle l'électeur n'a qu'un droit de proposition mais pas de décision. Tu vas peut-être nous raconter que l'action directe c'est aussi une pratique bourgeoise, pronée par la bourgeoisie? Et non le sens des mots ne dépend pas de ce qu'on y met derrière, ça dépend de ce que l'histoire a mis dedans.
La liberté est un concept aussi vieux que l'esclavage, la citoyenneté ça apparait avec la révolution française, qui est comme chacun le sait une révolution bourgeoise. Donc je ne vois pas le bien-fondé de tes réflexions sur le sujet.
On a qu'à se mettre d'accord sur un dictionnaire, le Larousse par exemple ou le petit Robert. Comme ça à chacun de trouver les mots qui correspondent à ce qu'il veut dire pour se faire comprendre clairement des autres, un peu comme un dico de langue. Ca vous évitera de refaire toutes les définitions de la langue que nous parlons, et puis ça nous fera gagner du temps et vous vous perdrez moins dans des histoires pseudo-importantes de pseudo-réappropriation de mots.
Et puis ça évitera à Libertad de mettre un dico spécial "club des amis de Patrick", parce que si tous ceux qui passent sur ce site doivent d'abord apprendre votre langue, ça va pas être facile.
Je pense qu'ici, il y en a qui parle beaucoup, mais qui n'ont pas un chouhia de pratique. Ils se poseraient moins la question des mots, car leur sens leur apparaitraient clairement s'ils agissaient un peu. Quand on fréquente les milieux militants (souvent limitants) on a vite compris qui est qui, entre les poseurs anars, les anars qui font ce qu'ils peuvent avec sincérité et le reste de la clique des différents partis soce-dem. N'importe quel activiste, même à la masse, sait reconnaitre d'où émane les discours citoyennistes.
Des dicos pour le club des amis de Patrick!
Des dicos pour le club des amis de Patrick!
Des dicos pour le club des amis de Patrick!
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  libertad
06-09-04
à 08:16

Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Je propose qu'on enlève "soce-dem" du dictionnaire pour le remplacer par social-démocrate, je sais ça va pas être facile car "soce-dem", ça fait branché, mais enfin ;-)
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  Yvan Grozny
06-09-04
à 12:20

Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Qui es-tu, pauvre "anonyme", pour préjuger de qui est qui ici? Un RG qui connait mon histoire de militant? Moi, -puisqu'il faut sombrer dans le sempiternelle "moi je, mais pas toi, mécréant"- je préfère pour ma part, ne pas trop préjuger des gens que je ne connais point.
Des anars usaient de la citoyenneté quand tu chiais encore dans tes couches, si ça se trouve. Au fond, je me contrefous du concept de citoyenneté, mais quand il s'agit de lyncher sur la place publique le premier venu qui n'embrasse pas tous les concepts de la "ligne dure".
Il n'y a qu'à lire le mépris dont tu fais preuve envers tes interlocuteurs pour comprendre que ta "pratique" ne vaut que l'orgueil que tu y prêtes.
Et tu peux bien insulter -assez "finement" pour éviter la censure-, ça n'a pas force de conviction.

PS: la democratie directe, ce n'est pas la bourgeoisie qui l'a récupérée, certes.
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  Anonyme
06-09-04
à 16:08

Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Mais non Yvan, ce n'est pas Patrick qui est "lynché". Lui, si une question peut poser problême (celle du vocabulaire en l'occurence), a bien compris que l'on pouvait débattre de l'Etat et des perspectives de renversement. Ceux qui finissent par être "allumés" (et non pas lynchés) sont ceux qui déterrent la hache de guerre que d'autre se sont appliqués à remettre en terre, ceux qui crient vengeance pour leur copain Patrick, malmené dans les premiers posts mais en duel loyal.

"Un RG qui connait mon histoire de militant?"
Tu peux aussi me traiter de nazi si ça te fais du bien. Néanmoins, tes propos peu assurés sur quel concept est récupéré ou pas, feraient effectivement douter le plus spectateur des militants anars quant à ta connaissance des luttes.

"Des anars usaient de la citoyenneté quand tu chiais encore dans tes couches, si ça se trouve."
Mais quels anars?

"Il n'y a qu'à lire le mépris dont tu fais preuve envers tes interlocuteurs pour comprendre que ta "pratique" ne vaut que l'orgueil que tu y prêtes."
Oui, je méprise les embrouilleurs et les dealers de citoyenneté. Tout comme je méprise les révisionnistes. Quand, des individus se prétendant anars essaient de te refourguer du citoyen, tout en dégommant ce pour quoi ils se battent, la liberté, la démocratie directe, l'anarchie...c'est douteux. Et encore une fois, non ce n'est pas Patrick qui est douteux, lui ne se prétend pas anar.

Libertad:"Je propose qu'on enlève "soce-dem" du dictionnaire pour le remplacer par social-démocrate, je sais ça va pas être facile car "soce-dem", ça fait branché, mais enfin ;-) "
Tiens, un trait d'ironie qui va faire plaisir aux soce-dems! Pourquoi leur faire plaisir?
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  Anonyme
06-09-04
à 17:51

Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Il ne s'agit das de s'enfermer dans une "identité figée" mais de choisir les concepts les mieux adaptés à nos buts.

Si les buts sont le combat contre l'exploitation et la domination politique, alors le terme de citoyen doit être écarté,non par attachement affectif à un patrimoine historique mais parce qu'il est nuisible dans la lutte actuelle.

Maintenant, si le but est de vitaliser et relégitimer la "démocratie", c'est autre chose...
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  Yvan Grozny
06-09-04
à 18:29

Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Qui détère la hache de guerre!??? Relis ma première intervention et la tienne qui suit, s'il te plait, qu'on se comprenne.

"Oui, je méprise les embrouilleurs et les dealers de citoyenneté. Tout comme je méprise les révisionnistes. Quand, des individus se prétendant anars essaient de te refourguer du citoyen, tout en dégommant ce pour quoi ils se battent, la liberté, la démocratie directe, l'anarchie...c'est douteux."
Embrouilleur, pourquoi pas, c'est assez subjectif après tout. Pour le reste, je ne me sens pas visé: je n'ai rien "dégommé" de tout cela.

"si le but est de vitaliser et relégitimer la "démocratie", c'est autre chose"
Je n'ai pas le souvenir d'avoir décelé cela dans toutes les interventions précédentes.

Le but de ma petite intervention visait à signifier que l'essentiel n'était pas le signifiant mais le signifié, chose qu'un militant peine parfois à concevoir. Le ton de suspicion obsessionnelle généralisé qui émane de nombre d'interventions m'est pénible, et je l'assimile plus à la pathologie de l'anarchiste moyen qu'à une démarche critique intéressante.

Sur ce, j'abandonne donc les embrouilles et laisse les intellectuels calmes et autres énervés dépositaires patentés du langage libertaire reprendre leurs débats. Mieux vaut parfois être spectateur qu'investit dans une bagarre à qui pisse le plus loin.

PS: Libertad veut faire plaisir aux soc-dems??? On aura tout lu, ici...
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  Anonyme
06-09-04
à 22:06

Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

"Petit rappel au détenteurs autoproclamés de la pensée anarchiste"
Ca c'est le titre de ta première intervention, Yvan. Tu ne penses pas que ça vaut son pesant de condescendance, de mépris et aussi d'injustice. Définir les choses avec justesse en rendant à l'histoire et donc à la mémoire humaine le sens précis (toujours dans le sens de l'histoire) de certains concepts, tu appelles cela être "détenteur autoproclamé de la pensée anarchiste." Moi j'appelle ça lutter contre le révisionnisme, voilà ce qui nous sépare.

"...à la pathologie de l'anarchiste moyen..."
et c'est moi que tu traites de RG?
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  Yvan Grozny
07-09-04
à 13:12

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

On en reviens toujours aux mêmes guéguerres, cf http://endehors.org/news/5352.shtml, conclu ainsi par PM:
"Jeter, sans trop y regarder, le concept de citoyenneté c’est jeter, pour celles et ceux qui nous écoutent, aussi les valeurs éthiques qui le sous tendent, ce qui est une erreur car ces valeurs sont, si je ne m’abuse, des valeurs que nous partageons. D’autre part, je pense qu’il est plus « pédagogique », d’expliquer l’ambiguïté de l’emploi du concept de citoyenneté, tel qu’il est fait aujourd’hui, plutôt que de le condamner sans explication."

On peut ne pas être d'accord, et expliquer pourquoi. Mais traiter de soc-dém ou de révisionniste une personne développant ce point de vue n'est qu'un acte de mauvaise foi caractérisée.
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  libertad
07-09-04
à 13:36

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

J'aimerais que cette discussion tourne moins à la foire d'empoigne et que l'on échange des arguments et pas des noms d'oiseaux :"t'es ceci, t'es celà " ça ne faire guère avancer.
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  Anonyme
07-09-04
à 13:56

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

A propos de la nécessaire adéquation entre les moyens et les fins dont tu parlais Libertad, je te pose directement la question:le concept de citoyen est-il adapté à la lutte contre l'exploitation et la domination politique?

La réponse à cette question pourrait clore le débat.

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  libertad
07-09-04
à 14:04

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

Le concept de citoyen n'a guère d'utilité de mon point de vue, je me réfère au concept d'individu
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  Anonyme
07-09-04
à 22:15

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Ceux qui ne savent plus où ils habitent.

2 derniers commentaires : "A propos de la nécessaire adéquation entre les moyens et les fins dont tu parlais Libertad, je te pose directement la question:le concept de citoyen est-il adapté à la lutte contre l'exploitation et la domination politique?
La réponse à cette question pourrait clore le débat."

Reponse : "Le concept de citoyen n'a guère d'utilité de mon point de vue, je me réfère au concept d'individu"

Voilà ! Toute cette énergie, tous ces mots, tout ce temps gaspillé pour en revenir LA ! A chacune de mes visites sur ce site je suis de plus en plus consterné. Ca barre en couilles, ça pisse dans les violons, y'a des intervenants je comprends que la moitié de ce qu'ils écrivent (et ça ne peut être réduit à de l'anti-intellectualisme, je vous vois venir...), alors je ne vois même plus comment intervenir dans la mélée, pour que ça permette d'avancer, donc je me tais, et je me consterne, et enfin, après 40 commentaires dont certains longs comme une journée de travail salarié, on en arrive à :
"Le concept de citoyen n'a guère d'utilité dans la lutte contre l'exploitation et la domination politique, je me réfère au concept d'individu"

AAAHHH !!! Merci Libertad (Mais POURQUOI avoir initié ce bordel stérile ? Je veux dire : "la réflexion sur les concepts d'un marxiste recyclé tel que Patrick Mignard est-elle adaptée à la lutte contre l'exploitation et la domination politique? La réponse à cette question pourrait clore le débat.")

L'Unique, anti-citoyen parce qu'anti-social, anti-social parce qu'individualiste, militant syndicaliste révolutionnaire actif parce que concrètement le temps libéré par tous les moyens nécessaires (grèves, sabotage, etc) par la force collective se retrouve à la libre disposition des individus, et c'est ça qu'est bon ! Ex-nihilo.
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