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Devant le déferlement continu de
l’imbécillité du pouvoir exécutif qui, tous les jours un peu plus, s’approche
du stade de la mégalomanie et de la paranoïa, la classe politique et les
institutions de la République commencent à réagir de manière significative.
Un
exécutif pratiquant le culte de la personnalité, accumulant les gaffes, étalant
une telle incompétence et un tel mépris des principes supposant fonder la
République,… le tout servi par une Cour peuplée de courtisans tous plus serviles
et stupides les uns que les autres, ne peut que faire réagir jusqu’aux hautes
sphères de l’Etat.
Un
frémissement institutionnel qui touche le Conseil
Constitutionnel, le Sénat, la Magistrature – l’Assemblée Nationale étant trop bien quadrillée par les godillots
aux ordres. Cette « fronde » n’a pas échappé à certains médias qui
s’engouffrent dans l’évènement et, comme à leur habitude, le grossissent, voire
en font des scoops.
Et
pourtant !...
REVOLTE ,… VOUS
AVEZ DIT REVOLTE !
La
République dans sa sagesse infinie, et surtout son habileté, a su créer les
véritables antidotes à ses propres dérives,… et ce toujours au nom du Peuple souverain et des principes qui la fondent et l’animent.
Ainsi soit-il !
La
décadence du système marchand, allié à un exécutif
particulièrement dégénéré, font que ce « bel ensemble » qu’est la 5e République, devient peu à
peu un édifice apparemment branlant. La colère
sociale en rajoute pour donner une image de plus en plus dégradée de ce qui
se veut être un édifice démocratique et « moderne » ( ?), mais
qui n’est en fait que le « cache sexe » d’un système marchand
décadent.
Ce
qui peut paraître paradoxal c’est que des institutions aussi poussiéreuses et
rétrogrades que sont le Sénat, le Conseil Constitutionnel, la Magistrature semblent – je dis bien
« semblent » - jouer le
rôle de la subversion.
En
fait, point de subversion pour ces institutions, seulement des craintes,… des
règlements de comptes et des défenses corporatistes qui prolifèrent dans cette
ambiance fétide.
Au
moins pour le Sénat, la contestation
recoupe les intérêts de gangs politiques qui se disputent le Pouvoir.
Véritables sinécure pour politiciens fatigués (des noms ?), jeunes
arrivistes à l’échine souple ou aux intérêts, parfois familiaux, bien placés (des
noms ?), et même politiciens véreux à qui on donne un fromage pour les
faire taire (des noms?), cette « haute assemblée » défend les
intérêts de ceux qui la font exister : les partis politiques et les élus
locaux. Ce qui explique son réveil soudain à propos de la Réforme des Collectivités Territoriales.
Le
Conseil Constitutionnel, que l’on
nous présente, à la fois comme un conseil
de Sages (sic) et comme étant au bord de l’insurrection ( ?) est lui
aussi un panier de crabes – financièrement
juteux, pour politiciens, ou bon
serviteurs, recyclés. Il est de notoriété publique que sa
« majorité » chiraquienne et « anti sarkozy » en fait une « machine de guerre »
dans la guerre de clans que se livrent les fractions du pouvoir.
Quant
à la magistrature, de plus en plus
couchée, voire « carpétisée »,
institution qui n’a jamais brillée par son indépendance et son « esprit de révolte », c’est plus les
intérêts corporatistes menacés par la « réforme judiciaire » - au
demeurant parfaitement scandaleuse - qui la mettent en émoi que l’intérêt réel
des justiciables,… Même si certains magistrats font preuve d’indépendance et
s’en tiennent à une éthique professionnelle qui les honore.
Je
n’aborderai pas le cas de la Police
qui est un cas désespéré et désespérant.
On
comprendra que dans ces conditions, la
Fronde des institutions n’est pas prête d’accoucher d’un changement social.
De
fait, cette « fronde » entre parfaitement dans la stratégie des
groupes politiques qui se disputent le pouvoir.
LE SPECTACLE DE LA POLITIQUE
Cette
« Fronde » n’est qu’une
facette du spectacle de la politique
servant à fois à donner le change à un citoyen naïf qui croit voir là
« fonctionner la démocratie » et aux gangs politiques pour se placer en
vue des échéances électorales, dont les citoyens naïfs seront les pions, pour
fonder la légitimité de leurs nouveaux maîtres.
Paradoxalement,
ce spectacle qui n’est que le reflet de rapports de forces entre représentants
des possédants – les politiciens professionnels – est présenté au bon peuple
par ceux-ci comme le « fonctionnement
normal de la démocratie », et la « garantie des droits politiques et
des libertés fondamentales ». Rien que ça ! Le problème c’est que
ça marche… tout le monde, ou du moins une grande partie, y croit.
Les
groupes de l’opposition officielle – celle représentée dans ces institutions –
font les choux gras de cette « révolte
de palais »… Elle permet de les mettre en scène sans grands risques et de
les faire apparaître comme progressistes,… alors qu’il est évident que les
mesures et réformes prises aujourd’hui seront maintenues quand cette
« opposition » reprendra le pouvoir.
Les
médias toujours à l’affût du sensationnel, en rajoutent, et font de ces
escarmouches entre bureaucrates de la politique la quintessence de la vie
sociale et politique. Profitant de « petites phrases »
habilement distillées par leurs auteurs, sur les conseils de spécialistes de la
communication, elles font de ceux-ci des vedettes médiatiques qui encombrent
les soirées du petit écran dans des émissions « pipeules », ou à
vocation de « débat et réflexions politiques »( ?). Suit un
sondage le lendemain qui dit au peuple ce qu’il pense en réalité ou ce qu’il
« devrait en penser ».
Le
bon peuple « marche », en connaisseur, dans ces nouveaux jeu du
cirque, persuadé qu’il aura le dernier mot. On est en démocratie ou on n’y est
pas ? Et quiconque en doute est un anti démocrate. Ben voyons !
Toute
cette opposition, finalement sans enjeux essentiels, n’a qu’un seul et unique
but : jouer sur les incohérence et contradictions du pouvoir en place et préparer
la nouvelle redistribution des places, des privilèges, des fauteuils et
strapontins du pouvoir,.central ou/et décentralisé.
Cette
fausse ambiance « insurrectionnelle », entretien un climat
d’excitation dans le bon peuple qui le rend plus à même de participer aux « agapes
démocratiques », les élections,… dont seuls les politiciens tirent tous
les avantages, la légitimité et des siège,… et bien sûr le pouvoir.
FAIRE OUBLIER L’ESSENTIEL
Cette ambiance au parfum « fin de
règne » ou décadence d’un système, ne doit pas nous faire oublier
l’essentiel : il n’y a pour
l’instant, aucune alternative crédible.
Toutes
les cartes, ou la plupart, sont entre les mains des pouvoirs institués, ou
institutionnellement potentiels, qui n’ont qu’un seul but : assurer la
pérennité du système marchand.
Les
trépignements médiatiques des « révolutionnaires » et autres
« alternatifs » aboutissement inéluctablement, malgré les « gros
yeux » et les «discours radicaux », et au grand soulagement des
tenants du système en place, à prendre, finalement, le chemin des urnes… même
s’ils s’en défendent. Il suffit de voir comment tous préparent fébrilement,
dans des marchandages interminables, et autres « crêpages de
chignons », les élections en promettant « monts et merveilles »
à l’électeur qu’ils veulent séduire. La
lutte des places, avant la lutte des classes.
Ce
n’est pas en expliquant seulement la perfidie du système, ce qu’il est toujours
bon de faire, ni en adoptant les règles du marketing politique, que l’on
« convaincra » le plus grand
nombre qui, en l’absence d’alternative crédible, se retournera, par faiblesse,
lâcheté et légitimisme vers les maîtres qui le dominent, et d’une certaine
manière, les fascinent, négativement et/ou positivement.
Les
élucubrations des politiciens qui s’agitent et jouent les «
rebelles » sous les lambris des palais de la République, ne sont que les
épiphénomènes des luttes que se livrent les fractions et les gangs pour le pouvoir. Tout cela n’a rien à voir
avec les vrais questions qui se posent à la société civile : la répartition des richesses produites et
leurs conditions de production.
A
la course épuisante, ruineuse et vaine, aux scores électoraux, aux combats à
« fleurets mouchetés » des politiciens, au spectacle mystificateur
des pseudo conflits entre tenants du pouvoir, préférons la création d’alternatives concrètes, sur le terrain
et impliquant toujours plus de monde dans leurs conditions de luttes et de vie
quotidienne.
Janvier 2010 Patrick
MIGNARD
Voir
aussi :
« PEUT-ON
AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »