L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





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En dehors ! De Mazas à Jérusalem

(…) Autour de la Conciergerie, les petites rues et les quais parlent bas et c'est comme une transition avant la clameur des boulevards.

Les dix-huit mois volés à ma vie sont déjà le passé.

Le présent seul importe.

Qu'à sa première sortie un convalescent soit troublé ; j'ai secoué la léthargie de la prison plus vite parce que ce fut brutalement. Et maintenant les passants que je frôle, le bruit des voitures, l'air vif ne m'étourdissent point. Mon pas est resté familier au pavé parisien.

Où me mène-t-il ?

Rejoindre les anarchistes ?

Ici, je suis forcé de conclure : je ne suis pas anarchiste.

En cour d'assises, à l'instruction comme aux séances, j'ai dédaigné cette explication. Mes paroles de rage ou de pitié étaient qualifiées anarchistes — je n'épiloguais pas sous la menace.

A présent il me plaira de préciser ma pensée première, ma volonté de toujours.

Elle ne doit pas sombrer dans les à-peu-près.

Pas plus groupé dans l'anarchie qu'embrigadé dans les socialismes. Etre l'homme affranchi, l'isolé chercheur d'au-delà ; mais non fasciné par un rêve. Avoir la fierté de s'affirmer, hors les écoles et les sectes :

En dehors.

Les nouvellistes facétieux ont commenté d'une manière plutôt superficielle en s'écriant : « Mais c'est l'En dedans ! » quand on nous jetait en prison.

Et voilà que sur les grisailles de tous les doutes ceci apparaît en l'éclat d'une couleur vigoureuse.

La Volonté de Vivre.

Et vivre hors les lois asservissantes, hors les règles étroites, hors même les théories idéalement formulées pour les âges à venir.

Vivre sans croire au paradis divin et sans trop espérer le paradis terrestre.

Vivre pour l'heure présente, hors le mirage des sociétés futures ; vivre et palper cette existence dans le plaisir hautain de la bataille sociale.

C'est plus qu'un état d'esprit : c'est une manière d'être — et tout de suite.

Assez longtemps on a fait cheminer les hommes en leur montrant la conquête du ciel.

Nous ne voulons même plus attendre d'avoir conquis toute la terre.

Chacun, marchons pour notre joie.

Et s'il reste des gens sur la route, s'il est des êtres que rien n'éveille, s'il se trouve des esclaves nés, des peuples indécrassablement avilis, tant pis pour eux ! Comprendre c'est être à l'avant-garde. Et la joie est d'agir. Nous n'avons point le temps de marquer le pas : la vie est brève. Individuellement nous courrons aux assauts qui nous appellent.

On a parlé de dilettantisme. Il n'est pas gratuit, celui-là, pas platonique : nous payons...

Et nous recommençons.


Alphonse, alias Zo D'Axa

 

Ecrit par Mirobir, à 02:34 dans la rubrique "Le privé est politique".

Commentaires :

  Anonyme
22-04-05
à 23:44

Un bel ouvrage, piqué d'humour et d'humanisme. Une note fraiche dans un monde blasé. Si vous en avez d'autres du même tonneau, n'hésitez pas à les faire connaitre.

 
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