L'En Dehors


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DES GOUTS ET DES ODEURS
Les poubelles, comme les toilettes, ont cela de paradoxal que leur odeur nous pousse à nous en détourner tout en reconnaissant qu’elles sont incontournables. C’est à peu près la même chose quand les médias – certains plus que d’autres – traitent des relents nauséabonds de notre société, se vautrant dans les immondices pour mieux s’en offusquer.

 

Trois cas d’école illustrent parfaitement, ces derniers temps, le phénomène : « MERCI POUR CE MOMENT » de Valérie Trierweiler, « LE SUICIDE FRANCAIS » d’Eric Zemmour et  « SOUMISSION » de Michel Houellebecq.

 

Ai-je lu ces trois livres ? Non… et j’avoue que je ne les lirai pas. Je n’ai pas besoin de fouiller les poubelles ou les fosses sceptiques, ni d’y goûter, pour savoir ce qu’il y a dedans,… l’odeur me suffit. L’odeur, ce sont les médias qui, faisant les choux gras de cette matière, la diffusent abondamment au point de nous faire vomir. A ce titre-là, et à celui-là seulement, on peut leur reconnaître une certaine utilité. Le problème c’est que ce sont eux qui incitent à la production d’une telle fange, car s’ils n’ouvraient pas complaisamment leurs studios et leurs pages à ce genre d’auteurs, ceux-ci ne se sentiraient pas encouragés à satisfaire les plus bas instincts d’une espèce humaine malmenée par les aléas de l’Histoire,… de sa propre Histoire.

 

La période de crise est propice à ce genre de dérives et de pratiques. Il est beaucoup plus simple d’accuser l’Autre d’être à l’origine de ses propres difficultés que d’agir en tant que sujet conscient dans l’Histoire, de prendre des initiatives, de faire des choix, de prendre aussi des risques. L’achat et la diffusion de tels ouvrages, qui ont évidemment le droit d’exister, est le degré zéro de ce qui voudrait avoir la prétention d’être une prise de conscience.

 

Refuser de les acheter et de les lire, c’est courir le risque d’apparaître comme sectaire, voire non objectif et même, en forçant un peu, contre la liberté d’expression ( ?). Les acheter c’est cautionner, financièrement, une opération politiquement condamnable et commercialement juteuse. Entre ces deux attitudes, mon choix est fait.

 

Ce n’est pas au nom de la liberté d’expression que les médias agissent, même s’ils disent le contraire… Leur démarche est purement commerciale (voyez l’audimat !).  L’important n’est pas le contenu du discours ou de l’écrit, mais le réflexe pavlovien qu’il provoque à l’évocation de certains thèmes… Le cul- souvent triste – la peur et la haine de l’Autre font vendre, attirent la publicité. En l’absence de tâches politiquement nobles, de projets alternatifs à une société qui se délite, d’une classe politique respectable, ce qu’il y a de plus faible dans la masse citoyenne se corrompt, comme le désespéré sombre dans l’alcoolisme.

 

Si l’Histoire n’était pas ce qu’elle a été, gageons que MEIN KAMPF aurait été un succès médiatique et son auteur un pilier des studios de télévision.

 

11 janvier 2015                                                                                                Patrick MIGNARD

 

 

 

Note : Ce texte a été écrit avant la journée tragique du 07 janvier.

Ecrit par , à 19:28 dans la rubrique "Pour comprendre".



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