L'En Dehors


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COMMENCEMENT DE LA FIN OU FIN DU COMMENCEMENT


Le mouvement social actuel vit un paradoxe : être à la fois un mouvement massif, populaire, mais, du fait de son originalité et de ses exigences, incapable de développer une stratégie claire. Il est toujours très vivant, mais n’avance pas.


Cette situation n’est pas sans conséquence pour l’avenir.


Le caractère répétitif des actions, masque mal l’hypothétique progrès des revendications. Certes l’obstination et le mépris du Pouvoir de même que  la violence de ses réactions expliquent à la fois la durée et la dureté de la lutte… mais cette situation n’explique pas tout.


Le Pouvoir a fait le choix de NE RIEN CEDER,… c’est d’ailleurs la seule ligne claire qu’il ait. Ceci est dit et répété… Manifestement le Pouvoir a fait aussi le choix du pourrissement du mouvement, répression + fatigue pouvant, à ses yeux, avoir raison de la mobilisation. Pour le moment c’est pour lui un échec.


Mais l’environnement, autour du mouvement, évolue…


Le Pouvoir, avec son « Grand Débat National » essaye à n’en pas douter de gagner du temps et de noyer les revendications dans des palabres sans fin. La multiplicité des revendications, leurs natures différentes,… fait qu’au niveau national, l’opération est ingérable. Le Pouvoir le sait et essaye d’orienter les questions,… et les réponses qu’il a déjà, … ce qui va le conduire à un nouvel échec.


Le danger pour le mouvement est ailleurs…Il est dans sa dynamique interne et dans la stratégie des partis politiques.


Sa dynamique interne fait qu’en l’absence de stratégie claire, les forces ont tendance à s’éparpiller, s’autonomiser. Certes, le phénomène est encore marginal, mais amplifié par les médias et la pression des partis politiques, des éléments connus, médiatiques essayent de tirer leur épingle du jeu et de se construire des carrières politiques. Ceci est un mauvais signe auprès de l’opinion, mais aussi auprès des femmes et des hommes mobilisés.  


Ce phénomène est amplifié par la stratégie des partis politiques qui tous, surfent démagogiquement sur le mouvement pour essayer sinon de le contrôler, du moins de phagocyter certains de ses « leaders » pour les intégrer dans leur stratégie électorale… pur marketing électoral.


Les partis de la droite classique (LR en particulier) ont une position ambiguë, de vrais « faux culs ». Leur soutien au Mouvement est purement formel,… étant pour l’essentiel d’accord avec le Pouvoir,… ils ne veulent que simplement prendre sa place.


L’extrême droite qui ne sait progresser que sur le fumier de la crise sociale et politique  en rajoute dans le soutien au mouvement tout en étant d’une prudence extrême concernant les violences policières… elle sait qu’un jour, celles-ci (les forces de répression) seront sa force de frappe et, pour certains, ses supplétifs. (voir les années 30 du 20e siècle). 


Les partis de gauche eux, sont carrément absents : pas d’analyse, de stratégie, un discours sirupeux, rien !… ils attendent les élections. Seul, Mélenchon entretien une ambiguïté totalement contreproductive.


Les timides interventions syndicales pourraient présenter un intérêt de renforcement du mouvement… mais c’est bien timide, d’un côté comme de l’autre.


Le Pouvoir quant à lui, outre la grossière manipulation du Grand Débat National, commence apparemment à modifier le rapport de forces qu’il entend opposer au Mouvement. Dans sa « Lettre Aux français », Macron caresse la partie la plus réactionnaire du Mouvement, dans le sens du poil, en faisant référence à l’immigration,… thème qui n’existe pas sur les « ronds-points. Un appel du pied à l’extrême droite, éternel recours pour casser tout mouvement de révolte, voire un recours (Etat fort) en cas d’effondrement du Pouvoir… des officiers de haut rangs ne commencent ils pas à pointer le bout de leur nez ?


Le mouvement se poursuit donc, s’avançant vers les prochaines échéances électorales qui vont, c’est un risque évident, peu à peu le faire se décomposer, se disloquer. Toutes les forces politiques, sans exception, vont dans ce sens : faire rentrer ce mouvement dans la résolution classique des conflits de société : les élections. Alors tout sera dit et tout recommencera comme avant. A moins que,….


Toulouse, le 15 janvier 2019                                                                              Patrick MIGNARD


Voir aussi : http://fedetlib.overblog.com/2019/01/demain-se-construit-aujourd-hui-suite.html


Ecrit par libertad, à 21:24 dans la rubrique "Pour comprendre".



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